SUJETTE MILIAIRE
phoïde), dans la scarlatine, dans la rougeole, dans la pleuropneumonie, dans la péritonite, et surtout dans la péritonite puerpérale. Il ajoute l’avoir observée, mais très rarement, dans quelques maladies (pii n’offraient aucune gravité , dans des fièvres intermittentes et des entérites légères. Il poursuit ainsi : « Les sudamina apparaissent « presque toujours en même temps que les sueurs abon- » dantes; mais j’ai vu dans la dothinentérite leur dévelop- » pemen tn’être précédé d’aucune augmentation sensible de » la transpiration. D’un autre côté , j’ai souvent observé des » sueurs très abondantes sans développement de sudamina, » soit chez des phthisiques , soit chez les sujets atteints de » suette miliaire , en 1821. »
On voit par ce qui précède qu’il restait à déterminer la véritable loi qui préside à l’éruption des sudamina. Or, après avoir, depuis douze ans , étudié attentivement cette question sur presque tous les malades soumis à mon observation, tant à rbôpital que dans la ville, c’est-à-dire sur quelques milliers d individus, sans préjudice des recherches antérieures que j’avais laites sur le même sujet, je ne crains point de poser en principe cliniquement démontré que , chez un individu donné, les sudamina sont dans un rapport constant avec les sueurs ; c’est-à-dire que, toutes choses égales d'ailleurs , ils sont d'autant plus abondants que les sueurs ont été plus abondantes et plus prolongées, et réciproquement.
Pour cette loi générale comme pour les autres du même ordre, les exceptions elles-mêmes sont au fond une véritable confirmation.
Il n’est pour ainsi dire pas de maladies , quelque différentes qu elles soient entre elles sous certains rapports, comme, par exemple, l’ictère, le diabète, la pneumonie, la variole, la tuberculisation pulmonaire, le rhumatisme articulaire aigu , etc., dans le cours desquelles nous n’ayons rencontré des sudamina chez les individus qui avaient sué abondamment et pendant un certain temps. Voilà donc la
•2:»G l’iiuicMASirs et ihiutations en rAimcci.ira. grande loi qui préside à l'éruption des sudamina. AJais une foule de conditions particulières peuvent concourir ou nuire, au contraire, à l’accomplissement de cette loi; et, par exemple , il est certain que , suivant telle ou telle disposition individuelle, les sueurs ayant été les mêmes chez plusieurs malades, tous n'auront pas peut-être des sudamina , et parmi ceux qui en auront , les uns en auront plus, les autres moins , etc.
Moi aussi |’ai rencontré des sudamina chez quelques individus atteints d’une dothinentérite qui ne présentaient pas actuellement de sueurs; mais je n’en ai pas conclu, comme d’autres observateurs, dont l’autorité est d’ailleurs d’un grand poids, que leur développement n'avait été précédé d'aucune augmentation sensible de la transpiration. En interrogeant attentivement et à diverses reprises les malades de cette catégorie, presque tous ont fini par répondre qu'ils avaient sué à une époque antérieure à celle ou on les examinait. Quant au très petit nombre de ceux qui ne se rappelaient pas avoir sué , il était rigoureusement possible qu’ils eussent sué sans y faire attention. Mais en admettant qu’il n’en fût pas ainsi , ces faits ne seraient que de très rares exceptions, et comme je l’ai dit un peu plus haut, de telles exceptions sont de celles dont on ditqu’e//es confirment la règle au lieu de la détruire.
Les faits particuliers sur lesquels repose la loi que nous venons d’assigner au développement des sudamina sont rapportés en détail ou analysés dans ma Clinique médicale. Depuis la publication de cet ouvrage, il ne s’est pas écoulé un seul jour oit je n aie, à la visite des malades couchés dans mon service, trouvé l’occasion de montrer la confirmation clinique de cette loi.
sj ÏÏI. Pronostic et traitement.
Considérés en eux-mémes, les sudamina n’ont réellement aucune valeur sous le point de vue du pronostic des
SUKTTE MIUA1IIK.
maladies dans le cours desquelles on peut les rencontrer. En tant que phénomènes critiques, on peut leur appliquer ce que nous avons dit des sueurs.
Après avoir rapporté que quelques auteurs ont. regarde les sudamina comme un signe J adieux, M. Rayer ajoute qu’iV est incontestable qu'on les observe plutôt dans les maladies graves que dans celles qui n offrent aucun danger. La remarque de cet excellent observateur n’est guère propre à résoudre positivement la question qui nous occupe, il ne s’agit pas précisément, en effet, île savoir si les sudamina se rencontrent plutôt dans les maladies graves que dans celles qui n’offrent aucun danger, mais bien si, considérés en euxmemes, les sudamina constituent quelque chose de grave, ou bien encore si leur présence dans le cours de certaines maladies est d'heureux ou de sinistre présage. Or, l assertion de M. Rayer ne répond précisément ni à l’une ni à l’autre de ces questions.
Si l’on était disposé, avec AL Louis, à croire que les sudamina ont quelque chose de spécifique dans l'affection typhoïde , attendu leur fréquence dans cette maladie et leur rareté dans les maladies aiguës non typhoïdes , on pourrait, dans certains cas, concevoir quelque inquiétude de l’apparition de ces sudamina. C’est précisément ce qui arriva, eu 1 838 , à l’un de nos confrères, M. le docteur
M , affecté d’une pleurésie pour laquelle je lus appelé
à lui donner mes soins: il était depuis quatre à cinq jours dans un état sudoral continuel, lorsqu’il s’aperçut d’une éruption de sudamina; il me fit part de l’impression fâcheuse que lui inspirait cette éruption , et je la dissipai en lui signalant la loi ci-avant exposée, contradictoirement à l’opinion erronée d’après laquelle il avait formé son pronostic.
Les sudamina ne réclament par eux-mêmes aucun traitement; ils se dissipent spontanément chez les individus qui guérissent des maladies pendant le cours desquelles
23 8 l’HLKGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, ils se sont développés, et ils ne concourent en rien ù la mort de ceux que ces maladies peuvent emporter. Quelques bains seulement peuvent être utiles pour nettoyer la peau , à la suite des sueurs abondantes dont ils ont été un des accompagnements.
B. Suette miliaire , lièvre miliaire , ete.
Considérations préliminaires.
Rien ne me paraît plus incertain que l’existence de \'entité pathologique décrite sous les noms divers de suette , de suette miliaire, de suette anglaise, de fièvre miliaire (ou fievre rouge et blanche ) , de fièvre sudatoire , etc. ( i). En effet , lisez les principaux ouvrages publiés sur cette prétendue maladie, lisez en particulier la monographie de Pujol , de Castres , et vous ne tarderez pas à rester convaincu de cette vérité, savoir, qu’on a décrit sous ce nom diverses maladies dans lesquelles se manifestaient des sueurs abondantes avec ou sans éruption de miliaire et de sudarnina. Malheureusement, cet estimable praticien, au , lieu de nous faire connaître , par des observations exactement recueillies, la maladie épidémique à laquelle il donne le nom de fièvre miliaire, nous expose quelques vagues généralités sur divers points de son histoire. Pourquoi faut-il que les observateurs qui, plus tard, ont traite le même sujet, aient suivi une pareille méthode? Cette mé-
(xj Les auteurs 11e sont pas d’accord, je le sais, sur l’identité des maladies désignées sous ces différentes dénominations. Pujol de Castres, par exemple, ne veut pas que la suette anglaise soit la même maladie que la fièvre ou suette miliaire observée par lui dans le Languedoc, et qu’il enseigne être la même que la suette ou fièvre miliaire (le Picardie. M. Rayer, qui a observé l’épidémie qui régna dans celte dernière contrée en 1821 ( Histoire de l'épidémie de suette gui a régné dans le départ, de i Oise , Paris,
1 82 2,in-8), déclare formellement que cette maladie est la même que la saette anglaise (sudor anglicus). Comment, an reste, les auteurs auraient-ils pu s’accorder sur l’identité ou la non-identité des maladies dont l’histoire ou la description a etc faite jusqu’ici d’une manière si incomplète, si peu exacte ?
su i: in: mi liai ni:.
thode est tics commode, ii est vrai, tandis que celle qui consiste à fonder une monographie exacte sur un nombre suffisant d’observations détaillées bien recueillies, est extrêmement laborieuse, et partant à la portée et du goût de peu de personnes.
Avant le règne de la fièvre miliaire épidémique de 178a, observée par A. Pujol dans diverses contrées du Languedoc , cet observateur avait rencontré dix fois une autre espèce de miliaire qu’il désigne sous l’épithète de cristalline, et qui lui paraît être la même que celle décrite par les Allemands sous la dénomination de miliaire blanc' e (purpura a/ba). Pujol la considère comme une fièvre éruptive des plus malignes. Mais il est évident que cette prétendue fièvre éruptive, loin de constituer réellement une maladie distincte, indépendante, une véritable entité morbide qu’on ne doit confondre avec aucune autre et vraiment essentielle, n’était autre chose qu’un accompagnement de certaines plïlegmasies fébriles avec sueurs abondantes. Le fait suivant qu’il rapporte confirme pleinement cette opinion : « J’étais tout rempli, dit-il, de » la lecture d Allioni sur la miliaire, lorsque trouvant un «jeune pleurétique qui, parmi des moiteurs perpétuelles,
» était travaillé de picotements incommodes de la peau ,
» 1 idée me vint d’examiner les téguments antérieurs de » cette partie. J y vis avec une espèce de saisissement les » petits boutons cristallins dont j’avais soupçonné l’exis- » tence. Ce fut là le premier sujet chez lequel je rencon- » trai la miliaire. » èi’est-il pas clair comme le jour nue cette éruption 11’était ici qu’un accident, d’ailleurs très innocent, qu’un épiphénomène d’une pleurésie pendant laquelle il était survenu cette diaphorèse que fauteur désigne sous le nom de moiteurs perpétuelles ? Chez combien de pleurétiques qui nous avaient présenté des sueurs abondantes et prolongées, n’ai-je pas vu et montré à une foule d’assistants l’accompagnement signalé par Pujol
2UQ PHLEGMASIBS ET HtUlTATIONS EN PAHTICUI.IKR .
comme une chose si étonnante, qu’à sa vue il fut ft'appé d'une espèce de saisissement ? Au reste , à quelques lignes du passade qui vient d’être cité, Pujol fuit bon marché de la doctrine qu’il avait avancée :« Je dois dire, ajoute-t-il,
» que toujours j’ai trouvé la miliaire cristalline combinée » avec quelque inflammation locale des viscères. » Comment peut-on considérer comme maladie principale une éruption de miliaire ou de sudamina qui se manifeste ainsi dans le cours d’une phlegmasie fébrile , avec diaphorèse abondante et suffisamment prolongée (i)? Voici un autre fait cité par Pujol : « Je viens de voir, dit-il , une fille de six ans, attaquée depuis treize jours d’une de ces fièvres miliaires cristallines. Cette maladie était compliquée d’une inflammation aux méninges, et vraisemblablement la suppuration s’était déjà établie clans quelque portion de la substance cérébrale. Cette enfant est morte le quatorzième jour avec tous les signes apoplectiques ou fortement comateux. . Si je n’eusse été appelé auprès de cette fille, on eût ignoré de quelle maladie elle était morte. Le médecin ordinaire ne se doutait même pas de la miliaire, parce qu’il n’avait plus vu de sa vie une pareille espèce de fièvre. »
Cette prétendue espèce nouvelle de fièvre n’était probablement autre chose qu’une méningite ordinaire, accom-
(i ) Ce qui prouve combien Pujol était encore peu initié dans l’élude de la miliaire et des sudamina, c’est qu’il déclare n'avoir jamais rencontré celte éruption dans les fièvres qui surviennent aux femmes en couc/ies. Ou Pujol lie s’est pas donné la peine d’examiner la peau des femmes atteintes de fièvre puerpérale, ou s’il l’a examinée, c’est avec bien peu d’attention. En effet, dans les fièvres puerpérales que j’ai eu occasion d’observer, j’ai souvent rencontré des sudamina, avec ou sans miliaire proprement dite. Le même fait a été constaté par bien d’autres, et par M. Rayer, entre autres, d’après lequel comme nous l’avons vu plus liant : « on aurait longtemps confondu , et quelijucs personnes confondraient encore aujourd hui, les péritonites accdrnpaq nces d'une éruption de sudamina , quelles désiqnent improprement sous le nom de fièvre miliaire , avec la miliaire épidémique ou sue! te des Picards . »
SL K r I r Ml LIA Mil..
pagnée de sudatuina ou d’éruption miliaire, accompagnement qui, certes, n’est pas rare. La chose est d autant plus probable cpie Pujol parle ici d’une miliaire sporadique, et non delà miliaire épidémique qu’il observa en 1782.
Tout ce que nous avons dit des sudamina trouve ici son application naturelle; car la miliaire n’est qu’une forme de sudamina, qu’un degré plus élevé de l’excitation cutanée à laquelle se rattache la diaphorèse.
Il serait beaucoup trop long de discuter dans tous ses détails la question de l’existence ou de la non-existence de la fièvre ou suette miliaire, en tant (/ne maladie essentielle ou entité distincte.
Après avoir émis l’opinion que l’éruption de miliaire, comme celle de sudamina, ne me paraît qu’un accident , qu’un accompagnement, qu’une sorte de symptôme commun à un très grand nombre de maladies fébriles , sporadiques ou endémiques , contagieuses ou non contagieuses (1 ), dans lesquelles il s’est opéré une diaphorèse abondante et d’une certaine durée, je vais néanmoins consigner ici la description presque textuelle de la suette miliaire, telle qu elle nous a été donnée par M. Rayer. (J’en retrancherai seulement les détails qui ne se rattachent pas nécessairement au fond du sujet.)
Tout récemment ( 1 8 4 3), mon compatriote etarni, M. le docteur Gigon , médecin à Angoulême , a publié un travail intéressant sur une épidémie de fièvre miliaire qui a ré-
(1) L’éruption de sudamina et de miliaire peut survenir chez les individus atteints de petite-vérole, de rougeole ou de scarlatine. Mais dans ces maladies, comme dans celle dite fièvre typhoïde et toutes les autres, la condition sine quû non de celte éruption est la diaphorèse. Parmi les exemples que je pourrais citer, je choisirai le suivant. J'ai soigné, en 1 838 , deux enfants d’un de nos plus honorables confrères, affectés d’une scarlatine assez grave. Chez l’un, la peau resta sèche, et il n’apparut aucune trace de sudamina ni de miliaire. Chez l’autre, qui ruissela de sueurs pendant quelques jours, tout le corps se couvrit d’une éruption confluente de miliaire et de sudamina.
V\"2 IMILKGMAJSIES BT IRRITATIONS EN PAUTICIJLIEK.
gué clans les départements de la Charente et de la Dordogne. Je regrette de ne pouvoir en consigner les principaux passages dans cet ouvrage.
§ Ipr. Définition et description des symptômes.
Fièvre éruptive, contagieuse (1), presque toujours épidémique , qui s’annonce à l’extérieur par des sueurs abondantes et continues , et souvent par de petites vésicules arrondies, du volume d’un grain de millet.
Elle se divise en suette miliaire bénigne , et en suette miliaire maligne.
Après deux, trois ou quatre jours d’un état sudoral abondant qui ne cesse qu’à la mort ou à la convalescence, quelquefois précédé d’un mouvement fébrile à peine sensible, il se montre sur la peau, après de légers picotements, une éruption miliaire qui paraît d’abord sur les côtés du cou , à la nuque, vers les oreilles, sous les mamelles chez les femmes, ensuite au dos, à la face interne des bras, au bas-ventre, à la face interne des jambes *et clés cuisses. Elle peut être générale et rapide, partielle et lente , circonscrite ou ambulante , subite ou successive,, discrète ou confluente. Les vésicules qui la caractérisent sont du volume d’un grain de millet, perlées et diaphanes, plus distinctes lorsqu’on tend la peau et qu’on les regarde obliquement, et sensibles au toucher (2). Ces vésicules sont souvent entremêlées de papules rouges et enflammées qui rendent la peau chagrinée ; enfin de
(1) N0119 verrons plus loin que, contrairement à l’opinion émise par M. Rayer, Rnjot nie la contagion de la fièvre miliaire.
(2) Cette description s’applique évidemment à une éruption de sudamina proprement dite. C'est surtout lorsque les vésicules ont perdu leur transparence que le liquide qu’elles contiennent est trouble , purulent, quelles ressemblent réellement à un grain de millet, comparaison d’où dérive le nom de miliaire. La matière purulente contenue dans les vésicules est quelquefois à demi concrète, et, dans ce cas, elles ressemblent a une éruption papuleuse plus encore qu’à une étuption vésiculeusc simple ou vésiculo-pusluleuse. Ces deux formes d’éruption, qui ne sont,
3UKTTE MIUAIRB.
véritables bulles peuvent accidentellement se montrer sur diverses régions du corps.
La durée individuelle des vésicules est de deux à trois jours; elles se dessèchent et sont suivies d’une desquama-
sije ne nie trompe, que (leux degrés d’une seule et même affection, se rencontrent souvent en même temps à côté l’une de l’autre. J’ai montre', un nombre infini de fois, cette combinaison ou ce mélange de simples sudamina et de véritable miliaire, chez ceux de nos malades qui avaient eu des sueurs très abondantes durant plusieurs jours. C’est alors que la peau présente une rougeur notable, et ordinairement d’une teinte vermeille et rosée.
En regard de la description de l’éruption tracée par M. Rayer, plaçons les remarques suivantes de Pujol sur le même sujet (elles prouveront que l’art de décrire ou de peindre les maladies les plus apparentes était encore bien imparfait à la fin du dix-huitième siècle) : « En Picardie comme en » Languedoc, les efflorescences cutanées qui ont fait donner le nom de » miliaire à la maladie dont il s’agit n’ont pas offert toujours la même » forme. J en ai observé de quatre espèces bien distinctes, qui se ressern- » blaient pourtant, en ce qu’eiles avaient toutes une couleur rouge et » animée... La première de ces éruptions, qui était la plus bénigne, et qui n plusieurs fois est arrivée sans être annoncée par aucun symptôme fén brile, était formée par de gros boutons, et même par des plaques larges, n relevées et érysipélateuses : c’est ce que j’appelle éruptions iii tièacées , » purpura urlicata. La seconde venait aussi par plaques : celles-ci étaient » composées de très petits boutons rapprochés et confluents, en tout » semblables à ceux de la rougeole... La troisième, qui était la plus cotn- » mune, et qui se mêlait assez souvent, et en diverses proportions, à » toutes les autres, offrait sur tout le corps, et principalement sur toutes » les parties du tronc, de petits boutons renflés et demi-sphériques, dont » la grosseur allait depuis la graine de moutarde jusqu’au grain de maïs. n La pointe de ces boulons blanchissait avant de se dessécher; nn cer- » tain nombre d’entre eux devenaient, dans quelques sujets, [dus gros, au n point d égaler les pustules de la petite-vérole. Ces gros boutons se cou- » vraient bientôt d’une vésicule puriforme , et quelquefois d une phlyc- » lène grisâtre et demi-transparente dont la base était enflammée. Ce » troisième genre d’éruption n’arrivait guère qu'à ceux qui avaient une » fièvre un peu vive; mais les boutons varioleux et phlycténeux dont nous n venons de parler ne m’ont jamais paru être le signal d’un plus grand » danger. Enfin, la quatrième espèce, qui était la plus mauvaise et qui » était la compagne ordinaire des fièvres foi tes, ressemblait à de larges » piqûres de puce, à des pétéchies véritables; en les examinant de près, « je découvris quelles portaient toutes vers leur centre un boulon mi-
'2!\Ll PHLEGMAS1ES ET f Rit ITAT1UNS EN PARTICULIER, lion plus ou moins considérable. Plus constantes que l’éruption , les sueurs, toujours abondantes , sont d’une odeur fétide particulière et fort désagréable; elles apparaissent dès le début de la maladie, et continuent sans interruption à s’exhaler sous la forme d’une vapeur épaisse pendant toute sa durée (i). Elles ne sont pas accompagnées d’une grande chaleur à la peau.
Tous les accidents diminuent progressivement , et disparaissent complètement le huitième, le neuvième ou le dixième jour.
M. Rayer attribue la malignité dans la suette miliaire, tantôt à l’inflammation de l’estomac et de l’intestin , tantôt à une véritable inflammation des poumons ou de la vessie,
» liaire et grisâtre presque imperceptible, et qu’on ne pouvait distinguer n souvent qu’au moyen de la loupe. L’aréole rouge dont ce point central » e'tait entouré était évidemment l’effet de l’irritation, dont une humeur » agaçante était l’occasion. »
A cette description , où l’on trouve des comparaisons avec l’érysipèle, la rougeole, la variole, les phlyctènes, les pétéchies, qui croirait qu’il s’agit d’une seule et même maladie, la fièvre miliaire? Et qu’est-ce qu’une maladie qu’on désigne sous le nom de fièvre, bien que l’une de ses formes se soit montrée plusieurs fois sans être annoncée par aucun symptôme fébrile? Quel défaut de précision !
(t) M. Rayer a comparé l’odeur de la suette miliaire à celle de la paille pourrie. M. Me'nière n’a constaté cette espèce d’odeur que chez les malades couchés sur de mauvais lits, dont une vieille paillasse formait la principale pièce.
Pujol a consacré un paragraphe spécial au méphitisme des sueurs des fièvres miliaires du Languedoc. Il parait avoir un peu exagéré la nature délétère de cette exhalaison. « Les médecins de Castelnaudary, dit-il, ont remarqué avec vérité qu’il s’élevait du corps de leur malade une vapeur qui obscurcissait la lumière d’une bougie. Mais ce n’était pas à raison de son épaisseur et de son opacité que cette vapeur affaiblissait la lumière, c’était à raison de ses propriétés méphitiques. — Il sortait du lit des malades , quand on soulevait leurs draps, une odeur suffocante dont ils étaient infectés eux-mêmes. Les assistants avaient de la peine à se tenir longtemps près de leur couche, tant la vapeur qui s’en exhalait était insupportable. Cependant les malades étaient condamnés sans pitié à rester dans un tel bain, et à respirer un tel air pcndantplusieurs jours de suite.»
SUKTTIi MIL1AIRM.
tantôt et plus souvent encore à un état nenreux promptement mortel, et principalement caractérisé par du délire, du coma, des convulsions, etc.
La suette miliaire maligne est quelquefois mortelle dans vingt-quatre ou quarante-huit heures; elle se termine souvent à la fin du premier septénaire, plus souvent à la fin du deuxième, et peut se prolonger au-delà du troisième.
Dans la suette miliaire, l’absence de l’éruption est, selon M. Rayer, beaucoup plus fréquente que dans les autres fièvres éruptives. Pujol avait déjà beaucoup insisté sur l’absence fréquente de cette éruption, et il avait noté que dans ces cas les malades n’en éprouvaient pas moins des picotements et des démangeaisons , comme ceux chez lesquels l’éruption avait eu lieu. Pujol va même jusqu à dire que dans les premiers temps de l’épidémie, il eut de grandes raisons de penser que du moins une grande partie des éruptions observées étaient factices , opinion d’ailleurs conforme à celle que Sydenham et de Haën avaient adoptée. Comme ces célèbres observateurs, Pujol enseigne que l’éruption tenait, en partie du moins, aux sueurs abondantes que certains praticiens s’attachaient à favoriser par la chaleur du lit, les boissons chaudes, etc. En parlant des éruptions miliaires, Sydenham a dit, en effet, en propres termes : Licet hæ sport te sua non numquam in g r liant , sæpius tamen lecti calorc, etc., extorquentur. Pujol avoue bien aussi avoir vu des éruptions miliaires à tous égards très spontanées ; mais il cite des faits qui ne permettent pas de douter qu’elles ne soient favorisées ou même provoquées par un système de traitement échauffant. « S’il en était autrement, dit-il, par quelle fatalité laplupart.de mes ma lades (traités par la méthode non échauffante) auraient-ils eu le privilège exclusif de n’avoir point des exanthèmes, tandis que les autres en étaient couverts, s’il n’en eût existé quelque cause cachée dans la diversité des méthodes(i)?»
(0 Pujol r.'ipportr l'expérience suivante . « M. Malehouche, cliirnr{;ien ,
Ces remarques confirment admirablement ce que j’ai dit en traitant des sudamina, et s’élèvent contre la doctrine opposée de M. Louis. Toutefois il ne faut pas exagérer la portée des remarques dont il s’agit; et quant au rapprochement que l’on a cherché à établir entre l’absence de l’éruption miliaire dans la maladie qui nous occupe , et l’absence de l’éruption pustuleuse dans la variole, etc., il ne me paraît pas très heureux. En effet, l’existence de la fièvre miliaire, en tant que maladie indépendante et existant par elle-même, est aussi problématique que celle de la variole est certaine. La miliaire et les sudamina, je ne saurais trop le répéter, sont des effets, des symptômes communs à plusieurs maladies fébriles accompagnées d’un état sudoral; elles en constituent un élément accidentel commun, et non le caractère spécifique : l’éruption variolique, aucontraire, est une maladies»* generis qui ne se développe point ainsi à l occasion des maladies les plus diverses; et ce que je dis de la variole convient également à la rougeole et à la scarlatine. J
Quoi qu’il en soit, telle est en somme la description que nous possédons de la maladie connue sous le nom de fièvre ou suette miliaire, etc. On voit jusqu’à quel point elle est incomplète, puisqu’on n’y parle pas même de l’état du pouls, bien qu’il s’agisse d’une fièvre.
Nous avons vu quelles étaient les complications accidentelles qui, selon M. Rayer, donnaient à la maladie la forme maligne. Par cela même que ces complications sont
avait aussi remarqué par lui-même que les sujets tenus propres, aérés et légèrement couverts , n’avaient presque jamais d’éruption. Un jour, étant appelé pour quaire nouveaux malades qu’il trouva totalement prévenus en faveur de la méthode échauffante , il les laissa se conduire à leur fantaisie, et garder surtout les mêmes linges pendant quatre jours révolus : tous quatre lurent bien malades, et leur peau ne manqua pas de se couvrir dans son temps de boutons miliaires; tandis que les autres malades que ce chirurgien voyait en même temps, et qu’il traita par une méthode opposée, furent tous garantis de l'éruption. »
SUETTK MIL! Al UE.
accidentelles , non essentielles A l'existence même de la maladie, elles ne sauraient en constituer un des caractères distinctifs.
Que l’on analyse avec tout le soin, toute la précision convenable, l’ensemble ou l’appareil symptomatique exposé ci-dessus, et l’on verra qu’il n’est aucun des éléments qui le composent d’après lequel on puisse établir formellement, positivement, F individualité de la maladie dite fièvre miliaire : ce sera la fièvre dans toute sa simplicité quand il n’existera pas d’éruption, et quand cette éruption existera, elle ne saurait spécifier la maladie, puisque, encore une fois, une telle éruption est commune à tant de maladies différentes dans les circonstances que nous avons indiquées 1).
M. Rayer, non plus que ses prédécesseurs, ne nous a rien laissé de satisfaisant sur les résultats fournis par l’ouverture des cadavres.
(i) L’honorable annotateur de la dernière édition des OEuvres ci Alexis Pujol ( t823) a trouvé dans le Mémoire de ce praticien, sur la fièvre miliaire épidémique, la preuve que celle maladie était tantôt une gastroentérite simple, mais souvent très intense , et tantôt une gastro-entérite avec irritation du foie , et souvent de l’encépliale ou plutôt des méninges , plus une abondante évacuation de sueur purement symptomatique. Inspirée par l’exagération d’une doctrine alors régnante, cette opinion ne saurait soutenir la moindre discussion. M. Rayer dit qu’à Paris plusieurs médecins instruits l’ont confondue avec la gastro-entérite. C’est une chose bien digne d’être notée, que Pujol avait lui-même une grande tendance a tomber dans une erreur du même genre. En effet, après avoir loué Sydenham, Boyer et les médecins de Toulouse, d’avoir bien senti que lu maladie est de sa nature inflammatoire , il ajoute que le foyer fébrile réside dans les premières voies , qui toujours renferment ici des levains bilieux et putrides. 11 soutient ailleurs que, d’après toutes ses recherches, il s’est convaincu que la cause matérielle des fièvres miliaires observées par lui, » était autre chose qu’une bile dégénérée qui se trouvait en stagnation dans la vésicule du fiel. A quelles théories fausses et dangereuses n’arrivet-on pas quand on ne marche qu’à la lueur incertaine et trompeuse de faits mal observés !
'lt\$ PHLEGMAS1ES ET UJ1UTAT10NS EN PAHTICtJLIEH.
§ XI. Causes et mode de propagation.
De même que parmi les symptômes assignés à la fièvre miliaire, nous n’en trouvons aucun qui nous autorise à en faire une fièvre spécifique , sui generis, de même parmi les causes auxquelles on l’attribue, assez gratuitement d’ailleurs, il n’en est aucune qui lui appartienne en propre.
M. Rayer dit qu’elle est contagieuse, et qu’elle se propage à la manière de la rougeole et de la scarlatine. Je suis disposé à croire que dans les cas où la maladie se communiquait ainsi , c’est que les malades étaient effectivement atteints de rougeole ou de scarlatine, dans le cours desquelles il s’était développé une éruption miliaire. M. Rayer ajoute que plusieurs médecins se sont inoculé impunément l’humeur des vésicules (i).
Pujol avait émis sur la contagion de la fièvre miliaire une opinion diamétralement opposée à celle deM. Rayer. Après avoir rapporté la maladie aux miasmes septiques qui s’exhalaient des boues putrides entassées sur les bords du canal du Languedoc, et noté que les villes et les bourgades qui se trouvaient les plus éloignées de la ligne d’infection furent les dernières où l’épidémie fit son explosion, il poursuit ainsi :
« Plusieurs médecins, en raisonnant d’après cette seule marche successive de notre fièvre miliaire , crurent quelle ne marchait que par contagion, et n’hésitèrent pas à prononcer d’après cela seul qu’elle était contagieuse. Le raisonnement était faux. Dans le fait, la maladie n’avait rien de contagieux. » Sous le point de vue de son origine , Pujol met la fièvre miliaire sur la même ligne que les fièvres rémittentes et intermittentes qui régnent sur les bords du canal du Languedoc , sous l’influence des exhalaisons méphitiques fournies par les vases qu’on en extrait à certaines
(i) M. Rayer assure n’avoir jamais observé la fièvre miliaire Paris. Cela tient à ce qu’il considère cette maladie comme une entité particulière, opinion que je ne puis partager, quant à présent du moins.
3UKTTK M1UAIHE.
é|)0(|ues (1). Cette opinion perd beaucoup de sa valeur quand on réfléchit que la fièvre miliaire a sévi dans diverses régions non exposées aux influences qui existaient dans la localité où elle a été observée par Pujol. D un autre côté, si cette cause était aussi réelle qu’il le pense, pourquoi Pujol regarde-t-il cette maladie comme n’ayant pas régné en Languedoc avant 1 78a ?
Si, comme je le présume, la fièvre miliaire n’a point d’existence propre et individuelle, si elle représente une sorte d’abstraction nosologique, il est clair que c’est aux diverses maladies dont elle constitue un accompagement , qu’il faut reporter tout ce qu’on a dit de sa marche sporadiqu - , épidémique ou endémique , comme de sa contagion.
Les maladies décrites sous le nom de suette n’épargnent aucun âge. Néanmoins, selon M. Rayer, elles attaqueraient spécialement les adultes, et de préférence les individus du sexe féminin. Cette assertion paraît avoir besoin de confirmation (a).
§ III. Pronostic.
Les épidémies décrites sous le nom de fièvres miliaires
(ij Pujol dit encore : n 11 est une particularité qu’a présentée notre épidémie. Dans les villes où devait arriver l’épidémie miliaire, on vit d’abord çà et là quelques individus qui en furent affectés d’une manière sporadique. Mais dès que le moment arrivait où la maladie devenait vraiment épidémique, alors, et presque tout-à-coup, les malades s’alitaient par centaines chaque jour. Après les six ou sept premiers jours, le nombre des sujets attaqués journellement devenait moindre, et allait ensuite en décroissant durant les autres six ou sept jours ; en sorte qu'au bout de quinze ou seize jours , la fièvre miliaire cessait d’être épidémique. N'est-ce pas là, poursuit Pujol, ce qui arrive dans un champ nouvellement ensemencé? Quelques /'raines lèvent les premières, parce qu’elles sont plus vigoureuses et mieux placées. Un temps favorable fait ensuite lever, comme à la fois, le plus grand nombre des graines. Viennent ensuite celles qui sont les plus faibles et les plus chétives, qui germent les dernières , parce qu’il leur faut pour cela plus de chaleur et d’humidité. Cette image présente-t-elle la moindre idée de contagion ? »
(2) Comparez H. Parrot, Histoire de la suette miliaire qui a régne' dans la Dordogne (Mém. de l’Académie royale de Médecine ; Paris, 1843, t. X, pag. 460).
250 PHLEGMAS1ES ET IRRITATIOMfc EN PARTICULIER, épidémiques seraient parfois bien meurtrières, s’il était certain que dans celle qui régna dans le Languedoc et les provinces limitrophes, durant le printemps de 1782,01 dont l'histoire fil tant de bruit en Europe , à ce que dit Pujol, par le relevé de la mortalité qui eut lieu dans toute i étendue des pays où elle régna , il conste que le nombre des morts, victimes de cette maladie , s’élevait à plus de trente mille (1). Il est vrai que Pujol attribue cette effrayante mortalité, moins à la maladie elle-même qu’à la vicieuse méthode de traitement employée par plusieurs de ses confrères , et à la terreur qu imprima le nom de suctte donné à l’épidémie, en raison de sa ressemblance avec celte fameuse suette anglaise ( sudor anglicus) qui fit périr un si grand nombre de malades (2). « C’est une chose surprenante, dit-il, quedans « les petits endroits, cette maladie, quoique très commune, » et le plus souvent très peu soignée , n’ait produit aucune » mortalité, tandis que dans les villes peuplées, où des » médecins habiles n’ont pas manqué de prodiguer leurs » soins aux malades, elle a fait périr beaucoup de » monde. » Pendant les six jours que l’épidémie fut dans sa force, parmi environ neuf cents malades traités suivant la méthode de Pujol , que nous indiquerons plus loin, il n’en périt qu’une douzaine ( ils moururent tous le 2e, le 3e ou le 4° jour).
Suivant M. Bayer, la suette miliaire, dans son état de simplicité, est une maladie tout-à-fait bénigne. Mais les complications qui constituent la forme maligne rendent le pronostic plus ou moins fâcheux, suivant leur degré de gravité. Dans l’épidémie qu’il observa en 1 82 1 , la mortalité varia selon diverses circonstances. Chez les hommes, elle
(1) OEuvres complétas d’Alexis Pujol, t. III, p. 262, édition de i8u3, avec notice et additions de F.-G. Boisseau.
(2) <f Le célèbre de Haën avait-il donc tort d’assurer, dit Fujol, qu’il est » quelquefois heureux pour les malades de se trouver livrés à eux-mêmes, » plutôt que d’être assujettis à la direction et aux soins trop officieux » d’un médecin peu réfléchi ou imparfaitement instruit? »
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fut de j sur i3 3/io°, et de i sur 28 7/ io*, seulement chez les femmes. La proportion des morts aux malades fut de 1 sur 2 dans la commune de La Chapelle, et de 1 sur 1 18 seulement dans celle de Neuilly-en-Thel. Les statistiques précédentes sont, il est vrai, très défectueuses, puisqu’elles ne reposent pas sur des faits bien spécifiés et disposés en catégories exactement déterminées.
§ TV. Traitement.
Pujoî fit pour le traitement de la miliaire épidémique du Languedoc ce qu’avait fait Sydenham pour les varioles épidémiques de Londres : il substitua à la méthode échauffante, stimulante, excitante , employée avant lui, la méthode rafraîchissante et antiphlogistique. « Cette méthode simple et lumineuse fit tomber t>ut-à-coup, dit-il, la mortalité (1). »
C’est aussi la méthode qui a été conseillée par M. Rayer.
Toutefois, faisant refluer sa théorie de la maladie sur sa thérapeutique, Pujol conseille les évacuants des premières voies (2), en même temps que les boissons délayantes, les
(1) Chez les individus qui périssaient au milieu d'un état comateux, Pujol remarqua que les éruptions, bien loin d’avoir disparu ou pâli, étaient au contiaire, si on en excepte les derniers moments, très rouges et très animées, ce qui lui parut une preuve certaine que ces éruptions étaient plutôt Y effet que la crise de la maladie, et que la rentrée de la miliaire ne contribuait en aucune manière à la production inopinée des accidentssoporeux. Cette observation importante contrariait grandement, dit Pujol, toutes les idées qu’on avait tâché de nous donner jusque là sur la naturedecetteéruption. Dès lors, il commença à ne plus la respecter autant dans le traitement , et à la regarder tout de bon comme purement symptomatique. On voit que Pujol abonde ici pleinement dans notre sens ; comme à nous , la miliaire lui parait un symptôme. Il fallait ajouter que ce symptôme est commun à plusieurs maladies fébriles différentes.
(2) Pujol veut que, dans certains cas , on purge deux et même trois fois. 11 généralise ensuite la méthode des purgatifs, disant qu’il a appris que ce n est pas impunément qu’on omet les purgatifs dans les fièvres les plus courtes et les plus légères , et que parcelle omission on s’expose aux rechutes les plus sérieuses, ü pouvoir des préjugés reçus !
252 PHLEGMASIES l-'.T IRRITATIONS F. N PARTICULIER, saignées, le renouvellement du linge que les malades ont imbibe de sueurs , et la diète.
M. Bayer paraît faire peu cas des émétiques et des purgatifs. Voici ses propres paroles : « Dans l’épidémie de 1S21 , plusieurs médecins ont employé le tartre stibié ou l’ipécacuanha. Comme méthode générale et exclusive, cette pratique est moins efficace que la méthode expectante ou antiphlogistique modérée. Les purgatifs , administrés à l’époque de la convalescence, ont été recommandés par quelques praticiens. On les employa peu dans l’épidémie de 1 82 i , et je ne me rappelle pas avoir entendu citer un fait qui prouvât incontestablement leur utilité. »