‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 56 sur 119 · II · texte numérisé non relu

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306 PHLEÜMASIKS ET ÎHHITATIONS EN PAKT1CUL1ER. des sujets qui m avaient offert les traces d’une légitime vac cine (i), et qui ai constamment incliné vers l’opinion de ceux qui proposaient la mesure des revaccinations , j’avoue qu éclairé par les documents signalés ici, aujourd’hui, bien plus que jamais , je me sens disposé à me ranger sous les drapeaux des partisans du système des revaccinations.

Toutefois, je déclare que, tout partisan que je sois de ce système ou de ce principe, il reste encore dans mon esprit de grandes incertitudes, d’épaisses obscurités sur plusieurs des questions secondaires qui se rattachent à l’étude de la vaccine, en général , et aux conditions précises , aux limites exactes qui peuvent être assignées à sa vertu préservative. On ne saurait donc, à mon avis, s’occuper avec trop de soin d’un sujet qui touche de si près aux plus graves intérêts de l’humanité , et apporter trop de sévérité dans les recherches expérimentales ultérieures qu’il réclame impérieusement.

ARTICLE XVIII

ECTHYMA (2).

§ Ier Idée générale et description des symptômes.

L’ecthyma est une inflammation de la peau, caracté-

(1) Depuis sept à huit ans, j’ai recueilli une quarantaine de cas de variole. Or, la moitié environ de ces cas appartenait à des sujets vaccinés ou déjà variolés, et dans deux des cas de variole ou de va rio loïde (comme le disent les partisans exagérés de la vertu préservative d’une première vaccination), survenue chez des sujets bien vaccinés, du moins selon toutes les apparences, la maladie s’est terminée d’une manière funeste. ( Ils avaient été vaccinés depuis quinze à vingt ans au moins.)

(2) De sxQvjj.Mü), exhalo , evaporo , ou de sxQvet y, rompre avec fureur.

Cette expression, que certains traducteurs ont renduepar celle de pustula, a été adoptée par Willan pour désigner effectivement une éruption pustuleuse spéciale, dont il admet quatre espèces, savoir : ecth. vulgare , ectli. infantile , ecth. luridum , ecth. cacliecticum. Cette division, comme la plupart de celles du même auteur, 11e repose que sur des circonstances étrangères à la maladie considérée en elle-même. AI. Rayer n’a pas cru devoir l’adopter, et il s’est contenté de diviser l’ecblyma en aigu et eu chronique. „

KCTI1YMA.

risée par des pustules larges, s’élevant sur une base dure, circulaire, d’un rouge très animé, presque toujours discrètes, apparaissant d’une manière successive sur une ou plusieurs régions du corps, donnant lieu , après leur dessiccation, à des croûtes brunes, circulaires, épaisses, adhérentes, dont la chute est suivie de cicatrices d’une teinte rougeâtre, moins déprimées que celles des pustules varioliques.

Les parties sur lesquelles l’ecthymase développe le plus fréquemment sont les épaules, le cou, les membres et la poitrine. M. Rayer a vu l’éruption former une espèce de zone autour du tronc.

L’ecthyma s’annonce par des élevures rouges, conoïdes, dures, douloureuses, qui, au bout de quelques jours , forment de véritables pustules dont le volume égale ou surpasse celui d’un gros pois. Au sommet de ces grosses pustules, parvenues à leur pleine suppuration, on distingue ordinairement un petit ■point noir, qui plus tard se perd au milieu de la croûte brune qui succède à la pustule, croûte adhérente à la peau, dans laquelle elle est comme enchâssée, et dont ellese détache spontanément du premier au second septénaire ( les malades enlèvent souvent cette croûte avant l’époque indiquée, et il peut s’en produire une autre lorsque la cicatrice qui s’organise au-dessous d’elle n’est pas encore bien formée).

Les pustules de l’eclhyma ne sont ni ombiliquées, comme celles de la vraie variole, ni multiloculaires, comme celles de la vaccine. Certaines pustules ecthymoïdes provoquées par des irritants appliqués sur la peau, et spécialement par le tartre stibié, l’huile de croton tigliura, nous ont présenté quelquefois une dépression centrale, un aspect ombiliqué, et ressemblaient d’une manière frappante aux vraies pustules varioliques. Les pustules non ombiliquées, de leur côté, rappellent les

308 l’JlLKUMASlES ET IHUHATIONS EN EAKTICUL1EH. pustules non ombiliquées qui se rencontrent dans certaines formes des éruptions varioliques.

C'est ici le lieu de noter que dans la morve aiguë il survient une éruption plus ou moins abondante de pustules, qui ressemblent beaucoup aux pustules non ombiliquées de la petite-vérole et à celles de l’ecthyma ordinaire. Cette sorte d’ecthyma morveux , j’ai presque dit de variole morveuse, est un phénomène d’unehaute importance diagnostique. Dans un cas où les phénomènes caractéristiques de la morve n’existaient pas, la présence de l’éruption que je signale fut précisément la donnée qui me fit soupçonner l’existence de la morve, maladie qui fut, en effet, constatée plus tard de la manière la plus formelle.

Pour plus de détails , je renvoie à l’article que j’ai consacré à cette dernière maladie.

Lorsque les pustules sont groupées en grand nombre dans une seule région du corps, la douleur et l’irritation sont très marquées , et les ganglions lymphatiques voisins peuvent s’engorger, s’enflammer.

Nous lisons dans M. Rayer les détails suivants sur la structure des pustules de l’ecthyma : « i° Dans leur premier état {é levures rouges ), il y a seulement injection sanguine avec tuméfaction pisiforme du derme ; o.° dans un second, il se développe à leur sommet, plus rarement sur toute leur surface, et sot/s l'épiderme, une certaine quantité de sérosité purulente; 3° dans un troisième, et peu de temps après , une matière comme pseudo-membraneuse est déposée au centre de l’élevure évidemment perforée; 4° après l’extraction de cette matière et l’enlèvement de 1 épiderme, la pustule apparaît sous la forme d’un petit godet, entouré d’un bourrelet dur et volumineux; 5° enfin, les jours suivants, le bourrelet s’affaisse en même temps qu’une cicatricule se forme au-dessous d’une croûte dont le centre est enchâssé dans le point oii l’on avait observé la perforation. »

F.CTtIVMA.

L’éruption qui vient d’être décrite affecte ordinairement une marche assez aiguë. Mais comme, le plus souvent, une éruption est remplacée par une autre, sous le rapport de sa durée totale, l’ecthyma appartient aux affections dites chroniques. Cette durée a été évaluée par M. lia ver à trois ou quatre mois pour l’espèce qu’il appelle chronique. La durée de Yectkyma aigu est de deux à trois septénaires.

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