‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 58 sur 119 · I A\ US · texte numérisé non relu

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jaune clair, très sèches, adhérentes, assez régulièrement circulaires, offrant une dépression en forme de goder, tantôt isolées, tantôt se réunissant en larges incrustations à bords saillants, relevés , et dont la surface est parsemée de plusieurs enfoncements ou dépressions caractéristiques.

On a divisé le favus en deux variétés fondées sur 1 isolement des croûtes ( favus disséminé) ou leur agglomération ( favus en groupes).

Cette maladie, dont la marche est presque toujours lente, chrouiijue , affecte spécialement les régions abondamment pourvues de follicules pileux, et dans lesquelles le tissu cellulaire sous-cutané est dense et serré. Le plus ordinairement elle s’empare du cuir chevelu, d'où elle s’étend quelquefois sur les sourcils, les tempes, le front, et plus rarement sur les épaules , aux coudes et aux avantbras. M. Rayer l’a vue occuper toute la partie postérieure du tronc jusqu’au sacrum , les genoux et la partie interne et supérieure des jambes, chez un enfant de douze ans, dont le cuir chevelu n’était point atteint. J1 ajoute que les mains et les avant-bras peuvent aussi en être exclusivement affectés , mais avec cette particularité qu’elle provient presque toujours alors d’une inoculation accidentelle sur ces parties. Le même observateur a vu le favus développé exclusivement aussi sur les joues et le menton.

§ XI. Description des symptômes dans les diverses périodes de la maladie.

Selon Wiilan et Bateman , le favus débute par des pustules si petites qu’on les distingue peu à l’œil nu, dépassant à peine le niveau de la peau, offrant, dès les premiers jours de leur formation, une petite croûte jaune à leur sommet. Admise par M. Rayer, l’existence de ces petites pustules jaunes est contestée par MAL Mahon et Baude locque. Quoi qu’il en soit , le favus ne tarde pas à se mon-

3 2 'l PHLEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, trer à l’extérieur sous forme de croûtes circulaires qui, dès les premiers temps de leur apparition, présentent une dépression centrale en manière de godet. Ces croûtes augmentent graduellement d’étendue, et peuvent acquérir jusqu’à cinq ou six lignes de diamètre. Lorsque ces croûtes sont nombreuses, confluentes, elles finissent par se confondre en formant de larges incrustations. Encore récentes, les croûtes du favus sont jaunes ou d’une couleur fauve. A mesure qu’elles vieillissent et se dessèchent, elles prennent une teinte d’un jaune clair, et se réduisent en une poussière qu’on a comparée à du soufre pulvérisé. Elles sont adhérentes à la peau , comme enchâssées dans son épaisseur (cependant, d’après M. Baudelocque, elles seraient primitivement situées sous l’épiderme ).

Entre les croûtes du favus, la peau est quelquefois intacte;'elle est comme érysipélateuse, et s’écaille quand les groupes sont très nombreux et très rapprochés , et fortement enflammés.

Détachée avec soin, une croûte de favus récemment formée présente sur sa face interne un mamelon arrondi, surmonté d’une portion rétrécie, comme comprimée, qui s’élargit à sa terminaison à la surface de la peau. Dans le pointcorrespondant à la croûte ainsi enlevée, on voit sur la peau une petite dépression lisse, polie, d’où s’exhale un liquide jaunâtre, transparent, séreux. Lorsque la croûte détachée est plus anciennement formée, elle n’est plus hérissée du mamelon ci-dessus indiqué, et son épaisseur est à peu près la même à son centre et à sa circonférence. Sa dépression extérieure répond à une légère convexité de sa face interne ou adhérente. Au-dessous des croûtes encore plus anciennement formées, la dépression cutanée est plus profonde, plus large que celle dont il vient d’être question. Dépouillée de ses croûtes récentes, s’il 11e s’en forme pas de nouvelles, la peau se recouvre bientôt d’un nouvel épiderme, sans porter l’empreinte d’une cicatrice.

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