‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 6 sur 119 · INFLAMMATION DF L’APPAREIL LYMPHATIQUE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DF L’APPAREIL LYMPHATIQUE

Les anatomo-pathologistes ne citent pas d’exemples d’ulcérations des parois des vaisseaux lymphatiques.

2° A l’état chronique.

a. L’analogie seulement, dans certains cas, et l’observation directe, dans beaucoup d’autres, démontrent que le développement hypertrophique pur et simple, le développement avec induration, transformation, dégénérescences variées des ganglions et des parois des vaisseanx lymphatiques, sont au nombre des lésions qu’entraîne à sa suite l’inflammation prolongée ou chronique des parties indiquées. Les lésions dont il s’agit peuvent coïncider avec une dilatation, ou bien, au contraire, avec un rétrécissement, ou même une oblitération complète des vaisseaux lymphatiques. Dans une observation de lymphangite chronique, recueillie par AstleyCooper, les parois des vaisseaux affectés étaient épaissies et indurées, et présentaient de distance en distance des nodosités produites par l’induration des valvules (i). Dans les cas de rétrécissement ou d’oblitération, on voit se développer quelquefois un système lymphatique anastomotique, comme il s’établit un système vasculaire anastomotique dans 1a plupart des cas d’oblitération artérielle et veineuse. Le canal thoracique lui-même peut être entièrement oblitéré. M. Andral dit l’avoir vu transformé en une sorte de cordon fibreux tout-à-fait plein, dans un espace correspondant aux corps des troisième, quatrième et cinquième vertèbres du dos. Dans ce cas, le cours de la J y mphe et du chyle aurait continué au moyen d’un système anastomotique.

h. Au lieu de véritable pus, M. Andral assure qu’il a plusieurs fois trouvé dans les lymphatiques une matière conciète, blanche, friable, semblable à des tubercules. Le canal thoracique en était rempli chez une femme qu’il ouvrit en 1824, et qui avait succombé à un cancer utérin.

(1) Observation rapportée dans la thèse de M. Breschet sur le système ymphatique, piésentée au concours pour la chaire d’anatomie, page 273.

Dans un autre cas de cette dernière maladie, le même observateur rencontra une matière d’apparence tuberculeuse dans plusieurs lymphatiques inguinaux, dans d’autres lymphatiques qui se dessinaient sur les parois du bassin , dans les lymphatiques de la périphérie du poumon , et dans le canal thoracique (i). Ne faudrait-il voir que des transformations de matière tuberculeuse dans ces amas de phosphate calcaire ou de substance osseuse que Sœm merring et E. Lauth ( Thèse inaugurale) disent avoir trouvés à l’intérieur des vaisseaux lymphatiques?

Que si l’on nous demande maintenant de quel droiL nous rapportons aux suites d’une lymphangite ou angioleucite la matière tuberculeuse pure et simple, ou la matière tuberculeuse transformée dont il est question dans ce qui précède, nous répondrons que le droit invoqué par nous ici est celui de la saine analogie et de la saine induction. Il est, en effet, démontré par l’expérience la plus répétée que de la matière tuberculeuse se dépose dans les ganglions lymphatiques extérieurs à la suite de leur inflammation prolongée , chronique, bien et dûment constatée. Puisqu’il en est ainsi, et que, jusqu’à présent, il n’a été donné à aucun observateur impartial et éclairé d’assigner à la matière tuberculeuse une origine autre que celle ci-dessus indiquée, n’est-il pas légitime de considérer comme une des suites d’une phlegmasie chronique des ganglions ou des vaisseaux lymphatiques la matière tuberculeuse qui s’est développée dans ces parties ?

Nous n’ignorons point que cette manière de voir n’a pas manqué et ne manque pas encore de contradicteurs; tuais les simples contradictions ne sont pas des arguments, et l’on cherche en vain des arguments sérieux, des objections solides, c’est-à-dire appuyées sur des observations cliniques ou sur des expériences physiologiques exactes dans les

(i) Recherches pour servir à /’ histoire des maladies du syst. lymphal ., publiées dans les Archives de médecine , t. VI, p. 5oa, et dans le l’récis d’anatomie pathologique. Paris, 1829, 3 vol. in-8°.

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