‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 7 sur 119 · INFLAMMATION DE L’APPAREIL LYMPHATIQUE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DE L’APPAREIL LYMPHATIQUE

auteurs quisesont élevés contre la doctrine exposée ci-dessus. Comme cette doctrine a principalement été combattue au sujet delà pathogénie des tubercules pulmonaires, nous nous réservons de la discuter plus explicitement dans l’article que nous avons consacré à cette maladie. Nous ferons connaître alors les recherches chimiques et microscopiques dont la matière tuberculeuse a été récemment l’objet.

c. Comme 1 inflammation des ganglions et des vaisseaux lymphatiques coexiste presque constamment avec d’autres phlegmasies, telles que la phlébite, l’inflammation des tissus cellulaire et séreux, delà peau et des membranes muqueuses, etc., les altérations qu’elle entraîne après elle, uses différentes périodes , se trouvent le plus souvent associées à celles qui appartiennent aux phlegmasies concomitantes. De là, dans les parties extérieures ainsi que dans les organes intérieurs, ces lésions complexes,dont l’analyse a tant embarrassé jusqu’ici et embarrasse tant encore les anatomo-pathologistes. C’est pour les avoir considérées comme des lésions simples, pour n’avoir pas fait la juste part à chacun des systèmes organiques et des divers liquides dont les lésions spéciales concourent à constituer ces lésions composées , que tant d’auteurs ne sont pas encore parvenus à débrouiller le chaos d’une foule de maladies c h ron è<y ue$-o r g a n i qu e s , soit extérieures, soit intérieures. Et pour en citer une des plus remarquables parmi les premières, nous prendrons celle qu’on a désignée sous le nom (ï éléphant insis des Arabes (i). Certainement, pour se faire une idée juste et complète de cette affection, à laquelle on n’a trop su jusqu’ici quelle place donner dans un cadre nosologique, il faut faire intervenir les lésions combinées des vaisseaux veineux et lymphatiques, du tissu cellulaire et de la peau.

(i) \ oyez 1 ouvrage de M. Alaid , de ilnjlammation des vaisseau a absorbants, lymphatiques , etc. Paris, i8:>4, in-8, fig.

§ II. Signes , symptômes et diagnostic..

Les auteurs ne nous ont encore doté d’aucune description symptomatique de la lymphangite et de l’adénite lymphatique qui embrasse toutes les espèces anatomiques. Leurs descriptions ne s’appliquent réellement qu’aux lymphangites ou angioleucites et aux adénites lymphatiques extérieures.

I. Les phénomènes caractéristiques attribués par les auteurs à toute inflammation (i) ne peuvent être observés que dans les cas où les ganglions et les vaisseaux lymphatiques enflammés sont à la portée de nos sens.

II. Les symptômes fournis parles lésions fonctionnelles sont à peu près dans le même cas. Il faut d’ailleurs convenir qu’il reste encore beaucoup à faire sur la ■physiologie exacte des vaisseaux et des ganglions lymphatiques : or, jusqu’à ce que cette physiologie soit bien connue, il restera quelque obscurité sur l’ordre de symptômes qui nous occupe en ce moment.

On a longtemps considéré comme dépendant d’un obstacle au cours de la lymphe diverses congestions séreuses. Si cette théorie eût été conforme à la nature, certains œdèmes, certaines hydropisies auraient pu être le résultat de l’oblitération, etc., des vaisseaux lymphatiques enflammés, et dès lors l’existence de ces œdèmes, de ces hydropisies aurait dû être placée au rang des données d’après lesquelles ou peut parvenir au diagnostic de la lymphangite; mais, ainsi que nous l’avons démontré il y a déjà bien des années , c’est à un obstacle au cours du sang veineux qu’il faut rapporter ces œdèmes, ces infiltrations, ces hydropisies que quelques uns de nos prédécesseurs avaient attribuées à un obstacle au cours de la

(i) J ai (ait voir précédemment que la douleur , l'un de ces quatre phénomènes, u est point commune à toutes les inflammations. Je ne reviendrai pas ici sur ce point»

INFLAMMATION DK L APl’AREIL LYMPHATIQUE. 11 lymphe proprement dite. Il est bien vrai cependant que l’on observe souvent un état de congestion séreuse dans les parties dont les vaisseaux et les ganglions lymphatiques sont enflammés; mais qui ne sait que rien n’est plus commun que la coïncidence d’une phlébite avec une lvmphangite , et que c’est de l’oblitération des veines souvent produite par cette phlébite que dépend alors l’accompagnement , l’accident dont nous étudions l’origine et panant la valeur séméiologique?

Les obstructions, les oblitérations des vaisseaux lymphatiques, consécutives à leur inflammation ou bien à une autre cause, empêchent l’absorption et le cours delà lymphe proprement dite ou du chyle, et n’opposent réellement, aucun obstacle , presque aucun obstacle du moins , à l’absorption et au cours delà sérosité. C’est d: ne à des congestions , à des effusions de lymphe ou de chyle, et non à de véritables congestions ou effusions séreuses, quedonnerait lieu l’oblitération, inflammatoire ou autre, des vaisseaux et des ganglions lymphatiques. Ce genre d’accident, cette espèce de symptôme n’a pas encore été sulfisainment étudié. Nous y reviendrons en traitant des inflammations spéciales des divers troncs et faisceaux lymphatiques. Toutefois il ne sera pas inutile de signaler dès ce moment toute l’imporlance de cet obstacle au cours de la lymphe et du chyle , du chyle surtout, qui, comme tout le monde le sait, est, avec l’air, le pabulum vilœ. Sans chyle arrivant au cœur, et de là au poumon , point de sang; et point de sang, point de nutrition , point de vie.

L’interruption du cours de la lymphe, et surtout celle du chyle, à travers le canal thoracique, à travers les masses de ganglions et les faisceaux de vaisseaux lymphatiques dont les cavités abdominale et thoracique sont si abondamment pourvues, ne doit-elle pas être considérée comme I une des principales raisons pour lesquelles la consomption constitue le cachet particulier de ces maladies cliro-

12 PHLEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, niques connues sous les noms cle plilhisie pulmonaire et de phthisie mésentérique ( tabes mesenterica ) , maladies dont l’un des éléments fondamentaux consiste réellement en une phlegmasie chronique des ganglions et des faisceaux de vaisseaux lymphatiques? La nutrition est, en effet, je le répète, empêchée dans sa source même par l’effet de ces phlegmasies , quand elles ont entraîné à leur suite les lésions mécaniques et chimiques dont nous avons esquissé le tableau. Une mort plus ou moins lente serait le résultat inévitable d’une oblitération complète du canal thoracique, si le chyle, dont le cours est ainsi interrompu dans son conduit principal, ne pouvait, à la faveur d’un système anastomotique, comme dans le cas cité par M. Andral, et qui doit être bien rare, se frayer une route jusqu’au torrent sanguin.

III. Les symptômes généraux ou réactionnels de l’inflammation des ganglions et des vaisseaux lymphatiques ont été souvent confondus avec ceux de la phlébite concomitante. Pour en donner un tableau fidèle, il faudrait avoir recueilli des observations exactes et suffisamment nombreuses de cette inflammation isolée de toute autre : or, ces matériaux manquent encore à la science. Eu attendant que nous les possédions, nous renvoyons à ce qui; nous avons dit en nous occupant des symptômes généraux et réactionnels de la phlébite- Nous ferons seulement remarquer ici qu’autant il est commun de voir un état typhoïde survenir à la suite d’une phlébite intense, soit par cause ordinaire , soit surtout par cause marque, autant, si je ne me trompe, il serait rare de voir se développer un pareil état s’il n’existait qu’une inflammation pure et simple des vaisseaux lymphatiques. C’est là, toutefois, une question qui n’est pas suffisamment élucidée. Quoi qu il en soit, les violentes inflammations des masses de ganglions extérieurs et intérieurs ( celle des ganglions mésentériques, par exemple, dans la maladie appelée

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