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en modifiant profondément h constitution par des bains sulfureux, prolongés chaque jour, pendant plusieurs heures.
Lorsque le lichen est très ancien , au il affecte profondément les téguments, M. Rayer dit qu'on pratique souvent avec succès de légères frictions sur les parties malades avec les pommades suivantes :
Fr. Axonge Une once.
Soufre un gros.
Sous-carbonate de potasse . . . demi-gros.
Fr. Axonge nue once.
Deuto-iodure de mercure . . . . dix grains.
Pr. Axonge une once.
Calomel un gros.
Camphre dix-huit grains.
On secondera l’action de ces pommades parles bains alcalins, précédés des bains simples déjà indiqués.
Un régime doux, pythagorique , les jus d’herbes dans la saison, un exercice modéré, l’éloignement des causes de la maladie , quand on peut les déterminer, compléteront le traitement.
ARTICLE XXIV
PRURIGO (l).
§ Ier. Idée générale et description des symptômes.
Le prurigo a pour caractère distinctif une éruption de papules de couleur à peu près semblable à ce le de la peau, accompagnées d’une vive démangeaison, plus larges que celles du lichen, et qui, après avoir été écorchées avec les ongles, sont remplacées par de très petites croûtes brunes ou noirâtres, arrondies en cercle.
(1) Synonymie. Cnesmos, pruritus , scabies pnpulLformis , etc.
PliLEUMASlES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER.
Les espèces ou variétés admises par Willan et ses successeurs sont fondées sur le plus ou moins d’intensité de lu maladie [prurigo mitis et prurigo formicans), ou sur l’âge des individus qu'elle affecte [prurigo senilis), etc.
Le prurigo est général ou local, il occupe ordinairement plusieurs régions du corps à la fois; ce n’est que par exception qu’il se localise dans une partie seulement. La face, la paume des mains et la plante des pieds paraissent échapper à cette affection (i). Du reste, l’éruption de ses papules est successive ou simultanée.
Ses papules, ainsi qu’il a été dit, conservent la teinte blanche de la peau. Toutefois, cela n’a lieu qu’autant qu’ elles n’ont pas été irritées par le grattement ou de toute autre manière, car alors elles offrent une teinte rougeâtre plus ou moins marquée. Elles proéminent ordinairement si peu au-dessus du niveau de la peau, que, pour parler comme le vulgaire, elles semblent situées entre cuir et chair. Lorsque le prurigo présente une certaine intensité, il excite une démangeaison continuelle, intolérable, augmen- • tant encore par la chaleur du lit, et ne permettant presqu’aucun moment de repos; c’est en raison de la ressemblance de la sensation qu’éprouvent les malades avec celle que l’on ressent, quand la peau est comme dévorée par des fourmis, que Willan a désigné sous le nom de formicans , la nuance de prurigo que nous signalons.
« Lorsque les malades se grattent avec une sorte de rageou » de désespoir, et ne cessent de déchirer les téguments avec » leurs ongles , avec des brosses ou des peignes, la sensa- » tion prurigineuse redouble avec une impatience et une » agitation difficiles à décrire. Les malades quittent leur
(i) Alibert cite, il est vrai, un cas de prurigo à la plante des pieds , accompagné d’un prurit tellement impérieux, que dans les rues ou même en société le malade était obligé d' ôter son bas et son soulier pour se gratter à outrance. Mais M. Kayer fait remarquer qu’il n’est pas démontré que le prurit, dans le cas indiqué, fût l’effet d’un véritable prurigo.
l’RUMGO.
y) lit pour se promener tout nus; pendant les tourments » cpie causent les excessives démangeaisons, les muscles » des membres supérieurs et inférieurs se contractent, se » durcissent et se dessinent fortement sous la peau ; et » lorsque les individus atteints de celte espèce de prurigo » peignent les effets et la nature de leur maladie, ils v parlent toujours d 'âcrelé, d 'ardeur (le sang, de feu brù- » tant, etc., etc. (i). »
Les croûtes qui se forment lorsque les papules ont été écorchées sont en partie formées par la dessiccation des gouttelettes de sang qui coulent à la surface du sommet déchiré. Ces croûtes tombent au bout d’un certain temps et peuvent être remplacées par d’autres, comme il arrive lorsque les malades grattentet déchirent les points quelles occupaient.
Aucune réaction fébrile n’accompagne le prurigo pur et simple, quelle que soit son intensité.
La durée du prurigo varie, d’après M. Rayer, entre quelques semaines et plusieurs années; il peut disparaître sans laisser de traces; mais lorsqu’il a duré très longtemps, surtout chez les vieillards , il est suivi d'une desquamation furfuracée, de taches d’un brun jaunâtre, et la peau s’épaissit , s hypertrophie .
Suivant les régions qu’il occupe, le prurigo donne lieu à quelques modifications symptomatiques sur lesquelles on nous dispensera d’insister, et peut être compliqué de plusieurs autres affections cutanées, coïncider avec lu présence de poux ( prurigo pedicui.aius) , etc. (2).
§ IX. Causes.
Les causes que les auteurs ont assignées au prurigo ne diffèrent guère de celles qu’ils ont attribuées au lichen.
(1) l\ Rayer, Traité des maladies de la peau, t. II, p. 86.
(2) Nous manquons de recherches anatomo-pathologiques soignées, exactes , sur l’éruption dont nous venons de tracer une description succincte.
338 l'ULEGMASlËS ET IRRlTÀtiÜ$S EN PARTICULIER.
WilltUi , cependant, dans un cas de prurigo, prétend avoir observé un insecte particulier, dont il n'a malheureuseriient donné qu'une description très imparfaite. Les travaux, récents de M. Raspail sur le rôle que joueht les insectes dans la production de diverses éruptions cutanées et autres, donnent mie nouvelle importance à l’observation de Willan. On ne saurait trop recommander à l’attention des vrais observateurs ce point d’étiologie.
g III. Pronostic.
Chez les enfants, le prurigo n’est pas ordinairement une affection très rebelle, mais il est sujet à de fréquentes récidives. Le prurigo des vieillards résiste quelquefois au traitement le mieux combiné... Le prurigo poclicis et le prurigo pudendi muliebris sont ordinairement très rebelles.
§ IV. Traitement.
« Les bains simples ou légèrement sulfureux sont de » tous les remèdes extérieurs ceux dont les effets sont le » plus constamment avantageux dans le prurigo général.
» Par leur usage, on guérit assez promptement le prurigo » produit par la malpropreté et la misère... Leur usage » doit être habituel et prolongé.... Les malades éprouvent » quelquefois un soulagement plus marqué en se plon- » géant, tous lés jours pendant une heure, dans des bains » émollients Ou de décoction de son... Après l’emploi des » bains siuiples, si l’éruption papuleuse persiste, les bains 1 » alcalins et savonneux, tels que ceux de Plombières, pro- » duisent des effets très avantageux.... Lorsque les bains » sulfureux exaspèrent l’irritation de la peau, on en mitige » l’action en diminuant la dose du sulfure de potasse, ou » par l’addition de la gélatine. Ce traitement externe réussit » presque constamment chez les enfants atteints de pru- » l'igo léger ( mitis ).
» Lorsque le prurigo est ancien, que la peau est rude
phurioo.
» et épaisse, il convient quelquefois de WîéUUrir monientu- » némentaux bains de vapeur aqueuse.
» Les lotions mercurielles peuvent être conseillées avec » avantage dans le prurigo intense ou fnnnicans s surtout » lorsqu’il est compliqué de pedicuii.
» De tous les remèdes généraux employés contre le taru- » rigo, les émissions sanguines et les boissons délayantes » sont sans contredit les plus utiles.
» Les variétés du prurigo local présentent elles-mêmes » quelques indications particulières :
» i 0 Le prurigo podicis, quand il est intense, exige impé- » rieusemeut l’emploi des saignées locales. Les cataplasmes » émollients, les bains de siège également émollients et » frais, les suppositoires de beurre de cacao, les lavements » opiacés, les linges imbibés d’eau froide sont utiles pour » diminuer le prurit.... On retire aussi de très bons effets » des douches gélatino-sulfureuses. On emploie aussi .. quelquefois avec succès de légères onctions avec de l’on- » guent de nitrate de mercure affaibli , ou de lotions avec » 1 acide acétique étendu (pourvu que la peau de la marge » de l’anus ne soit ni excoriée ni très irritable).
» 2° Le traitement du prurigo podicis est applicable au » prurigo scroli.
» 3° Le prurigo pudendi muliebris doit d’abord être com- » battu par la saignée du pied (i), si l’état de la eonstitu n tion le permet, par des applications répétées de sangsues » à la vulve, par les lotions et les douches d’eau fraîche » chargées de sucs de plantes émollientes et narcotiques. » Les douches gélatino-sulfureuses ne doivent jamais être » employées au début de l’éruption; elles augmenteraient >» l’inflammation de la vulve et du vagin qui accompagne » presque toujours cette variété de prurigo. En outre, les » malades éviteront 1 usage des sièges et des lits trop mous,
(i) La saignée du pied, en pareil cas, comme probablement en tout autre, n’a certainement aucun avantage réel sur la saignée du bras.
SAQ PHLEGMASIES ET IRKITATIUNS EN PARTICULIER.
» qui entretiennent une grande chaleur autour des parties » affectées. Dans les paroxysmes, qui se déclarent presque » toujours pendant la nuit, les malades parviennent quel- » quefois à apaiser le prurit ardent qui les dévore en » appliquant sans cesse sur les parties génitales des » linges imbibés d’eau très froide. Enfin, on a quelquefois » réussi à guérir ou à calmer par l’administration des » fumigations sulfureuses ou cinabrées , des éruptions « prurigineuses très rebelles de la marge de l’anus et des » parties génitales (i). »