VI. Inflammations squameuses
ARTICLE XXV
PITYRIASIS (2).
§ Ier. Idée générale et description des symptômes.
Selon Biett et M. Bayer, le pityriasis est une inflammation chronique légère de la peau (Biett en place le siège dans les couches les plus superficielles du derme ), caractérisée par une exfoliation de peLites écailles furfuracées ou farineuses cpii se renouvelle sans cesse (3).
Il est générai ou local.
Les quatre espèces établies par Willan et admises par Biett tiennent : l’une au siège de la maladie sur la tête ( pityriasis capitis) , les trois autres à la couleur variable de la peau affectée {pityriasis rubra, pityriasis vers icolor, pityriasis nigra). M. Rayer a multiplié les espèces relatives au siège, et décrit successivement , après le pityriasis général, celui de la tête , celui des paupières , celui des lèvres et même de
(1) P. Rayer, Ouv. ci* t. , t. ll,pag. 94 et suiv.
(2) Etymologie. Pityriasis vient do irérvpov, qui veut dire son. Les médecins grecs, en effet, s’en servaient pour désigner une cxfoliation/tmneuse de l’épiderme.
(3) Rien que M. Rayer, dans la définition qu'il en donne, dise que le pityriasis est une inflammation chronique , il parle, à deux pages plus loin, d’un pityriasis aigu général , devenu mortel par suite de complications.
PITYRIASIS.
la bouche , celui de la paume des mains et delà plante des pieds, celui du prépuce et des grandes lèvres.
Les symptômes communs à toutes ces espèces sont les suivants : les malades éprouvent d’assez vives démangeaisons, une sorte de fourmillement entre cuir et chair; et lorsque les parties qui sont le siège du mal sont dépourvues de poils, ou y aperçoit un certain nombre de points rouges ou de taches érythémateuses très superficielles, avec augmentation de la chaleur normale et léger gonflement des parties. Quelques jours plus tard, la rougeur diminue, ou même disparaît à peu près complètement, et il survient cette desquamation furfuracée ou farineuse qui caractérise la maladie.
Voici en peu de mots les différences relatives au siège. \° Sur les membres, les écailles ont ordinairement de trois à huit lignes de diamètre, et consistent en des lamelles flottantes d’épiderme non épaissi; toutefois elies sont, en général, moins larges et moins nombreuses à la partie interne qu’à la partie externe des membres. Lorsque, provoqués par la démangeaison , les malades ont détaché avec une certaine violence les écailles pityriasigues , les surfaces mises à nu sont la source d’un suintement ichoreux jaunâtre, etle pityriasis se confond alors, jusqu’à un certain point du moins, avec l’eczéma fluent. Les parties ainsi dépouillées sont le siège d'une cuisson plus ou moins vive. Dans les régions où la peau forme des rides ou des plis plus ou moins prononcés, comme aux aisselles, aux aines, e!c., la peau est fendillée dans le sens de ce pli, humide et rouge, en même temps que dans les environs elle est le siège de l exfoliation indiquée. 2° A la tête (pityriasis capitis) ,h\ desquamation a pour produit une crasse légère, qui se renouvelle avec une promptitude extrême aussitôt qu’on l’a détachée, soit avec l’ongle, soit avec un peigne, soit avec une brosse. Lorsqu’il s’établit un suintement abondant, comme dans f eczéma, il survient une
o/|‘2 PHLKGVI ASIliS ET IRIU l'ATIONS EN PARTICULIER.
agglutination des cheveux, qui se réunissent en mèches hérissées d écaillés plus ou moins sèches, dont quelques unes ont la plus grande analogie avec l'amiante (cette espèce du pityriasis capilis constitue la leir/ne amimpacée d’Alibert). En général , l’alopécie n’est pas la suite de cette affection, ou du moins elle n’est que partielle (Rayer). Le pityriasis des paupières détermine cependant assez squvent la chute des cils, et se complique parfois d’une conjonctivite chronique, semblable en cela, et peut-être en tout, au psoriasis de la même région. Le pityriasis des lèvres ne différant pas notablement non plus du psoriasis des mêmes parties, nous renvoyons à ce que nous avons dit plus loin de ce dernier. Le pityriasis de la paume de la main et de la plante des pieds ne nous parait pas non plus assez différent du psoriasis de même siège pour être décrit à part dans un ouvrage élémentaire.
§ II. Causes.
Il règne, suivant les auteurs, une grande obscurité sur les causes du pityriasis général. Quant aux pityriasis locaux, voici quelques unes des causes qu’on peut leur assigner : 1 0 pour celui du menton , l’action du rasoir, surtout si cet instrument est malpropre et mal affilé; 20 pour celui des lèvres et de quelques autres points du visage , l’action d’un froid sec, principalement quand il règne en même temps des vents. M. Rayer dit avoir observé le pityriasis des lèvres chez deux malades, grands parleurs, qui avaient l’habitude de se mordre les lèvres ; on observe également le haie et la desquamation furfuracée des lèvres dans le cours des maladies fébriles avec sécheresse de ces parties, etc.; 3° pour celui du cuir chevelu, la négligence des soins de propreté que réclame cette partie, et, selon M. Rayer, l’action d’une brosse ou d’un peigne rude, etc.
§ III. Traitement.
Le traitement de cette maladie ne différant point essen-
bellement de celui des autres phlegmasies squameuses que nous avons précédemment décrites, nous y renvoyons les lecteurs. Ajoutons seulement que, pour le pilyriasis/Zuenf , il convient de se comporter comme nous l’avons dUen parlant de l’eczéma, dont il n’est alors qu’un diminutif.
ARTICLE XXVI