LEPRE
§ Ier. Idée générale et description des symptômes.
On a longtemps désigné sous le nom vague de lèpre plusieurs maladies chroniques de la peau qui n’avaient souvent entre elles que des rapports fort éloignés. Mais la plupart de nos modernes dermatologistes , et M. Rayer entre autres, ont employé le mot lèpre dans un sens plus déterminé, et le réservent pour une phlegmasie chronique de la peau, caractérisée par la formation de plaques écailleuses, plus ou moins étendues , circulaires ou orbiculaires , entourées d' un cercle rougeâtre et proéminent , déprimées à leur centre , éparses à la surface du corps , ou réunies en une ou plusieurs plaques plus larges et irrégulières.
Que la lèpre soit locale ou générale, elle apparaît, dans sa première période, sous forme de petites élevures solides, autour desquelles se dessinent des taches rougeâtres , dune ligne environ de diamètre, circulaires, assez fermes au toucher, et saillantes au-dessus du niveau delà peau, L’éruption de ces petites élevures est ordinairement successive. Au bout de quelques jours, il se forme à leur sommet une petite squame épidermique , blanche , semi-transparente, lisse, polie, brillante comme une paillette ; cette écaille ne tarde pas à tomber, laissant au-dessous d’elle une surface rose, inégale ou rugueuse au toucher Un sentiment de picotement ou de démangeaison existe dans les régions où réside l’éruption.
ri) Synonymie. // Iplws , dartre furfuracép arrondie, lencè, mêlas, etc.
Wl PHLKGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER.
Les surfaces que laisse à nu la chute des écailles épidermiques primitives s’élargissent graduellement en conservant leur forme arrondie, et acquièrent un diamètre d’un pouce , et même plus. Elles se recouvrent de nouvelles écailles sèches , nacrées , luisantes , résistantes, adhérentes, épaisses, qui tombent à leur tour, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la maladie ait été guérie. Lorsque plusieurs de ces surfaces confluent et se confondent, il en résulte de larges plaques, souvent disposées d’une manière parfaitement symétrique sur les deux côtés du corps. D'autres fois, les plaques lépreuses ont un diamètre qui ne dépasse pas quelques lignes ; elles sont peu proéminentes , éloignées les unes des autres , et d’une blancheur remarquable. Willan désigne cette nuance de lèpre sous le nom de lepra alphoicles , et la précédente sous celui de lepra vulgaris. La lepra alphoicles ne diffère pas notablement du psoriasis gutlata , dont nous parlerons plus loin. Lorsque les plaques sont très épaisses , confluentes, elles forment une sorte d’écorce assez comparable à celle de certains vieux arbres. La dartre squameuse lichénoïde d’Alibert n’est autre chose que cette espèce de lèpre ou de psoriasis (voy. l’article suivant).
M. Rayer a observé une autre nuance ou forme de lèpre qui a la plus grande analogie avec le psoriasis palmaire centrifuge ; elle est caractérisée par des arcs de cercle de quelques lignes de longueur, rouges , proéminents, dépourvus de squames, et limitant, des surfaces qui ont quelquefois de cinq à six pouces de diamètre. M. Rayer a vu cette variété, qu’on rencontre le plus ordinairement sur le tronc, s’étaler exclusivement sur la partie inférieure d’un des avant-bras, sur la main, sur les faces antérieure et postérieure desquels elle formait une sorte de guirlande circulaire irrégulière.
« Lorsque les plaques lépreuses sont enflammées, elles >» peuvent être accompagnées de douleur et de tension de * la peau. On a vu cette inflammation portée à un tel degré,
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» qu’elle rendait les mouvements des articulations dilfi- » ciles, et obligeait les malades à garder le lit; chaque » mouvement du corps et des jointures, singulièrement » géné par la raideur des écailles épidermiques , produi- » sait des gerçures et une sorte de craquement très re- » marquable. (Rayer.) »
La lèpre exempte de complications ne détermine point île réaction fébrile (i).