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II. Causes

Les causes réelles, incontestables, de la lèpre ne sont guère mieux connues que celles de plusieurs autres affections cutanées déjà décrites. On indique comme telles l’abus et même le simple usage des aliments stimulants, épicés, des viandes salées, des boissons spiritueuses, et à côté de ces causes on place les chagrins et la pauvreté. Si, d’un côté, Willan fait intervenir l’impression du froid et de I humidité, l’action de certaines substances sèches et pulvérulentes sur la peau , d’un autre côté Batemann et M. Rayer professent que les boulangers et les personnes qui travaillent dans les officines sont rarement affectées de la lèpre, tandis qu’on l’observe souvent chez de jeunes femmes appartenant à des classes de la société où règne la propreté la plus recherchée. Il faut être bien dépourvu de données sur les causes réelles de cette maladie pour être réduit à dire que, dans quelques cas , la lèpre s'est manifestée après un exercice violent et prolongé. C’est donc avec raison qu’après avoir parcouru le catalogue des causes ci-dessus

(i) Nos connaissances sur le siège précis de la lèpre dans tel ou tel élément de la peau sont bien peu avancées. Willan avait pensé que la lèpre avait pour siège les papilles endurcies de la peau. M. Rayer dit avoir constate' que les papilles étaient plus développées sur les plaques lépreuses que sur la peau saine. M. Samuel l'iumbe prétend que les vaisseaux sécréteurs de l épiderme sont le siège de la léj>re , et que celle-ci consiste dans i irritation chronique de ces vaisseaux. Cette hypothèse sur le siège de la lèpre ne rend pas raison , selon M. Rayer, de la forme orbiculaire qu’affectent constamment les plaques lépreuses.

3/|(i PHI.EGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, indiquées, et de quelques autres tout aussi peu satisfaisantes, M. Rayer termine ainsi : « En résumé, on ne peut » disconvenir qu’il ne reste beaucoup d’incertitude et » d’obscurité sur le nombre et la nature des causes qui i> peuvent produire la lèpre. »

§ III. Pronostic.

« Chez les vieillards, la lèpre est presque toujours in- » curable ou d’une guérison radicale tellement rare, qu’il » convient souvent de ne point s’obstiner à vouloir l’ob- » tenir. Abandonnée à elle-même, la lèpre guérit rarement » d’une manière spontanée. (Rayer.) »

§ IV. Traitement.

Parmi les remèdes externes se l angent les bains de différents genres (simples, de vapeur, alcalins, sulfureux, de mer, etc.), les lotions sulfureuses, acides, stimulantes, les pommades et onguents de poix blanche, de goudron , avec le nitrate acide de mercure, l’extrait de saturne, le précipité blanc à la dose d’un gros sur une once d’axonge (M. Rayer conseille d’employer ce topique dans le plus grand nombre de cas).

Lorsque les plaques lépreuses sont peu nombreuses et très anciennes, on en obtient quelquefois la guérison en les couvrant successivement de petits vésicatoires volants, ou en les cautérisant légèrement avec une solution d'acide chlorhydrique ou de nitrate acide de mercure affaibli.

Les remèdes internes ont été employés en si grand nombre, qu’on n’en finirait pas si l’on voulait tous les citer avec quelques détails. La douce-amère en décoction ou en extrait, les purgatifs de toute espèce, la teinture de cantharides, les préparations arsenicales, la fameuse solution de Fowler entre autres, le goudron, l’antimoine et le sulfure d’antimoine, les préparations mercurielles , le daphne mezerewn , la renoncule , le rhusradiccins et le rhus loxitpdcndron , Y orme pyramidal, etc., ont été toijr à tour vantés Plusieurs

psoriasis. 37i7

Je ces moyens, appartenant à la classe des poisons les plus énergiques, ne doivent être employés qu’avec une prudence et une réserve extrêmes. J’ai vu employer les préparations arsenicales lorsque j’étais interne à l’hôpital Saint-Louis, et je ne crois pas être injuste à leur égard en disant que, si elles ne font pas de mal , elles font peut-être encore moins de bien dans la grande majorité des cas. Le régime sera celui que nous avons indiqué en traitant de plusieurs antres maladies de la peau (eczéma, lichen, etc.).

ARTICLE XXVII

PSORIASIS.

§ Ier. Idée générale et division.

Les dermatologistes les plus distingués de nos jours, tout en décrivant à part la lèpre et le psoriasis, conviennent qu’il existe la plus grande analogie entre ces deux maladies, qu’elles ne sont en quelque sorte que deux degrés, deux nuances d’une seule et même maladie. C’est ainsi que dans X Abrégé pratique des maladies de la peau de MM. Cazenave et Spheclel, nous lisons: « Il est quelque- » fois très difficile de distinguer Je psoriasis de la lèpre, » d’autant mieux que dans certaines circonstances cette v dernière maladie semble se changer en psoriasis. » C’est ainsi que M. Rayer dit : « Il existe réellement entre la lèpre v et le psoriasis une grande analogie... Aussi M. S. Plumbe » et M. üuffin ont-ils pensé, dans ces derniers temps, que » la lèpre et le psoriasis n’étaient que deux variétés d’une » même affection. »

I. Cela posé, nous allons faire connaître les diverses variétés de psoriasis admises par les dermatologistes.

Ces variétés sont fondées sur de simples différences de forme , d'intensité et de siège.

Les variétés relatives à la forme et à l’intensité sont au nombre de quatre, savoir:

3/lS PIILEGM ASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER.

i° Psoriasis guitata. C’est particulièrement cette variété (pii, sous tant de rapports, pour ne pas dire sous tous les rapports essentiels, ressemble à la lèpre. Elle tire son nom de ce que les plaques squameuses qui la caractérisent, arrondies, isolées, discrètes, séparées par des espaces sains, rappellent assez bien l’image d’un liquide dont les gouttes auraient été projetées sur la peau. Comme la lèpre, celte variété de psoriasis peut apparaître sur les divers points du corps. Toutefois. elle semble se plaire plus particulièrement sur la partie postérieure du tronc et sur la face externe des membres.

2° Psoriasis diffusa. Ses plaques sont plus étendues que celles de la précédente variété, plates, anguleuses, irrégulières; elles se rapprochent bientôt les unes des autres, confluent :, se confondent, et de là de vastes surfaces, dont les squames informes offrent une épaisseur quelquefois très considérable. Bien (pie cette variété puisse occuper les diverses régions du corps, on la rencontre néanmoins le plus ordinairement sur les membres, et spécialement sur les genoux, et les coudes, où elle se maintient quelquefois longtemps encore après avoir disparu de tous les autres points qu elle occupait en même temps.

3° Psoriasis gyvata. Cette variété, comme son nom l’indique, est caractérisée par la disposition des plaques, qui sont allongées, vermiformes, roulées sur elles-mêmes, de manière à figurer des espèces de spirales étroites, peu nombreuses, et (pii se rencontrent le plus souvent sur le tronc: c’est la plus rare de toutes les variétés du psoriasis.

4° Psoriasis inveterata. Cette variété n’est autre que le psoriasis diffusa à son maximum d intensité. Elle entraîne à sa suite un état d’épaississement et d’hypertrophie morbide âe\n peau, laquelle est en même temps fendillée en plusieurs points. Elle est raboteuse, rude, inégale, indurée.

Relativement au siège, on compte les variétés suivantes

PSORIASIS»

qui donnent lieu à des symptômes particuliers, suivant les régions qu’elles affectent :

i° Psoriasis op/ithalmica . Il gêne les mouvements des paupières, et peut provoquer une oplithalmie rebelle.

'9.° Psoriasis labialis. Il imprime aux lèvres une sorte de plissement ou de froncement qui est une cause de difformité dans la physionomie.

3° Psoriasis præputialis. Il entraîne quelquefois à sa suite un phymosis plus ou moins douloureux, en raison des gerçures que peut présenter le bord libre du prépuce épaissi, et dont l'ouverture est rétrécie en proportion de cet épaississement.

4° Psoriasis scrotalis , qui a été souvent confondu avec l'eczéma de la même région.

5° Psoriasis palmaria , qui est tantôt discret et tantôt confluent. Une de ses formes est connue sous le nom de psoriasis centrifuge , parce qu elle se développe de la manière suivante : une élevure solide se montre dans la paume de la main, et se hérisse bientôt d’une squame à son sommet. Autour de cette écaille se dessine un cercle rougeâtre qui devient le siège d’une desquamation épidermique. De nouveaux cercles, de plus en plus excentriques, se manifestent et peuvent envahir toute la paume de la main, en marchant, en fuyant ainsi du centre à la circonférence de cette partie. Le psoriasis de la paume de la main et de la face correspondante des doigts gêne les mouvements de ces parties, en altère la sensibilité, etc. Au lieu d’occuper la paume delà main, le psoriasis siège quelquefois exclusivement sur le dos de celle-ci. On désigne v ulgairement cette variété sous les noms de gale des boulangers, gale des épiciers , parce qu elle sévit de préférence sur les personnes qui exercent ces professions, et d’autres analogues dans lesquelles les mains sont en contact presque perpétuel avec des substances pulvérulentes. Lorsque le psoriasis des mains envahit jusqu’à l’extrémité

350 P H L KG M AS I liS KT IHlUTAflUSS KN PAKTlCÜLlKll.

des doigts, les ongles s’épaississent, se recourbent, se fendillent, se détachent quelquefois, pour être remplacés par d’autres qui peuvent à leur tour subir le même sort. Biett à décrit avec un soin particulier ce psoriasis unguium (i).

II. Voici maintenant les différences qui distinguent le psoriasis de la lèpre. Indiquons-les d’abord d’après MM. Cazenave et Sehedel : « Le plus souvent, on évitera de confondre ces deux affections, en se rappelant que dans la lèpre les plaques sont assez larges , arrondies, déprimées au centre, élevées sur les bords; au lieu que dans le psoriasis guttata, qui est celui qui pourrait surtout être pris pôür elle , les plaques sont petites, et leur centre saillant; que dans le psoriasis diffusa , elles sont quadrangulaires , irrégulières et inégales ; enfin qüe dans 1 e psoriasis inveteratô , ce sont de larges surfaces, sillonnées, qui enveloppent pour ainsi dire les membres, etc., etc. La forme du psoriasis gyrata serait plus que Suffisante pour le faire distinguer. » M. Rayer, de son côté, s’explique ainsi sur le diagnostic différentiel qui nous occupe : « (1 est constant que les plaques du psoriasis guttata sont moins larges que celles de la lèpre (2) ; que leurs bords lie sont point élevés et que leur centre n’est pas déprimé, comme ceux de cette dernière; que, dans le psoriasis, les squames sont plus adhérentes et moins chatoyantes que celles de la lèpre. Les plaques du psoriasis diffusa sont irrégulières et non déprimées dans leur centre ; celles de la lèpre sont exactement circulaires, et lors même que plusieurs plaques lépreuses sont réunies,

(1) La division que nous venons de Caire connaître a été un peu modifiée par M. Rayer. Par exemple, il ne décrit plus le psoriasis des lèvres , comme il l’avait fait précédemment avec Willàn, cette affection lui paraissant aujourd'hui appartenir au pityriasis, de même que quelques affections squameuses des paupières.

(2) Cependant, en décrivant la lèpre, M. Rayer a dit que sur quelques régions et chez quelques individus , lés dimensions des plaques squameuses sont peu considérables et peu proéminentes.

ICI IIYOSE.

leur disposition circulaire est encore indiquée par les arcs de cercle qu elles présentent à leur circonférence. » Il faut convenir que de pareils caractères, bons pour distinguer des variétés d’une seule et même maladie, sont un peu légers quand il s’agit de distinguer entre elles deux maladies qui ne diffèrent pas seulement par la forme , le degré d'intensité, mais par le fond. Aussi, M. Rayer lui-même, après avoir rappelé l’opinion citée plus haut de MM. S. Plumbeet Duffin, hésite-t-il à se prononcer sur la question de savoir si le psoriasis et la lèpre sont deux éruptions distinctes, ou bien deux variétés , deux degrés d’une même inflammation.

ARTICLE XXVIII

ICTUYOSE (i).

§ I»r. Idée générale et description des symptômes.

Suivant MM. Cazenave et Scbedel, Viclhyose est caractérisée par le développement sur une ou plusieurs parties des téguments , et le plus ordinairement sur presque tout le corps, de squames plus ou moins larges , dures, sèches , comme imbriquées, d'un blanc grisâtre , formées par /’ épiderme épaissi , et consltimmcnt liées à une altération profonde des couches sousjacentes de la peau (2). Suivant M. Rayer, le développement

(1) MM. Cazenave et Schedel ont, à l’instar de Wiilan et Bateman, placé l’iethyose parmi les affections squameuses. M. Rayer a suivi une autre classification ; il a placé l’icthyose parmi les hypertrophies delà peau. L’analôgie qui existe entre cette maladie et le3 autres affections squameuses précédemment décrites (pityriasis, psoriasis ) m’a décidé à en placer ici la description. Je 11’ën admets pas moins, avec M. Rayer, que l’épiderme est hypei trophié. Mais cette hypertrophie , comme tant d’autres, ne peut-elle pas être consécutive à un état subinflammatoire chronique? Ajoutons d’ailleurs que, dans l’icthyose, l’épiderme n’est pas seulement hypertrophié, mais altéré dans ses qualités.

(2) MM. Cazenave etSchedel font remarquer que les écailles ne reposent jamais sur une surface enflammée, et ne sont accompagnées d’aucune chaleur, d’aucune douleur, d’aucune démangeaison. Ces remarques seraient bien propres à faire rejeter l iclhyose du cadre des phlegtnasies. Mais, répondront MM. Cazenave et Sehedel, M. Bielt considère h: pity-

352 t'ULECMASIES ET IlllUTATlONS EN PAUT1CULIEU. morbide des papilles est un des éléments constituants de l’icthyose. Telle est aussi l’opinion de M. Tilésius.

L’iclhyose peut affecter toutes les parties du corps ; mais les régions où la peau se fait remarquer par une grande finesse en sont moins souvent atteintes que cellesoù la peau est, au contraire, épaisse et dure, comme, par exemple, les faces externes des membres, les coudes, les genoux, la partie postérieure du tronc, etc.

L’icthyose est ordinairement disséminée, généralisée; quelquefois néanmoins elle est circonscrite , localisée , et peut n’occuper, par exemple, que les bras ou les jambes.

L’iclhyose bien caractérisée se reconnaît à l’état suivant de la peau : cette membrane est épaissie, fendillée, recouverte de véritables écailles , sèches, dures, résistantes, grises ou d’un blanc nacré, luisantes comme les écailles de certains poissons; telle est quelquefois la rudesse de la surface de la peau, qu’en y promenant la main on croirait toucher une peau de chagrin ou même le dos de quelque poisson. Suivant M. Rayer, il est des cas où la couche épi- , dermique icthyosée a certainement plus d analogie avec la peau des pattes de poule quavec les écailles des serpents, bien qu’Alibert ait désigné cette variété sous le nom dïcthyose nacrée serpentine. Les écailles offrent ordinairement leur maximum d’épaississement dans les régions de la rotule, du coude et de la partie externe des membres. Elles sont formées par l’épidenne épaissi, sillonné en divers sens, partagé en une foule de lambeaux plus ou moins ii réguliers, détachés dans une partie de leur circonférence, comme imbriqués dans les points d’adhérence. Les squa-

l iasis comme une inflammation chronique légère des couches les plus superficielles du derme , et néanmoins le pityriasis n’est accompagné d'aucune chaleur , d’aucune congestion morbide , et au-dessous de ses lamelles on ne trouve presque jamais la moindre rougeur. J’avouerai bien volontiers que la classification <le l’ictliyose est assez embarrassante. Le travail morbide qui produit cette maladie tient en quelque sorte le milieu entre l’acte organique normal et l’acte inflammatoire.

ICTIIYOSE.

mes sont plus ou moins larges; on peut les arracher sans causer de douleur aux malades , à moins qu elles ne soient très larges et très adhérentes; ainsi arrachées, elles ne laissent au-dessous d’elles aucune rougeur notable. Aucun prurit n’accompagne la présence des squames, quelles qu’en soient et l’épaisseur et la largeur. La transpiration cutanée manque dans les points occupés. Par une sorte de compensation, elle est extrêmement abondante, selon MM.Cazenave et Schedel, dans les points où il n’existe pas d’écailles , comme par exemple , la paume des mains et la plante des pieds.

La durée de l’icthyose de cause interne est illimitée ; elle persiste souvent durant toute la vie. L’icthyose par cause externe et locale peut se dissiper à la longue, quand la cause cesse d’agir.

§ II. Recherches anatomo-pathologiques et chimiques.

M. Rayer a soumis à la macération des morceaux de peau provenant d’individus affectés d’icthyose. Les petits compartiments dont se compose la couche épidermique épaisse qui caractérise extérieurement la maladie, peuvent être facilement détachés de la peau, sous la forme d’une membrane grisâtre ou noirâtre. Ces petits compartiments ne sont point imbriqués les uns sur les autres, comme les écailles de poisson , en sorte que, sous ce point de vue, dit M. Rayer, la dénomination d’icthyose exprimerait une erreur anatomique.

Les lignes ou sillons que le chorion présente à sa surface externe sont beaucoup plus prononcés qu’à l’état normal. Les éminences papillaires, toujours plus apparentes que sur la peau saine, sont quelquefois très développées, hypertrophiées. Constamment le derme a paru à M. Rayer plus épais, plus dur et moins aréolaire que dans l’état naturel (i).

(i) Dans l’observation CLXX1I de l'ouvrage de M. Rayer, intitulée: Ictliyose développée sur une partie de la peau des jambes et des pieds ; éry-

35*1 PHLEGMASIES ET IRRITATIONS ElN PARTICULIER.

Suivant M. Boni va, la substance des écailles n’est autre chose que de la gélatine devenue solide et dure par son union avec une certaine proportion de phosphate et de carbonate calcaire. M. Delvaux dit avoir trouvé, en outre, dans cette substance, du carbonate de fer et de la silice, en sorte qu’elle fournirait à l’analyse les mêmes principes que les ongles , les cheveux et les productions épidermiques en général.

§ III, Causes.

Les dermatologistes ne nous apprennent rien de positif sur les causes de l’icthyose. Ils enseignent que cette maladie est le plus ordinairement congéniale ; mais ils ne font point connaître les causes qui ont agi pour sa production pendant que le produit de la conception était encore contenu clans le sein maternel.

Que penser de certaines causes que l’on assigne à l’icthyose accidentelle , telles que l’habitation dans le voisinage de la mer, l’ingestion de poissons putréfiés , d’eaux stagnantes et corrompues , la peur, un accès de colère , un violent chagrin, etc. ?

La pression exercée d’une manière continue sur certaines parties de la peau détermine des épaississements écailleux de cette membrane , comme dans d’autres cas et dans d’autres points de la peau, elle donne lieu aux cors et aux durillons.

§ IV. Pronostic.

Suivant MM. Cazenave et Scheciel, l’icthyose congénïale

sipèle œdémateux et bulleux de la jambe gauche , l’individu qui en fait le sujet ayant succombe' par suite de complications, on fit l’examen des membres ictbyose's , et on nota ce qui suit : « La peau malade offrait une a couclie épidermique grisâtre, trois ou quatre fois plus épaisse que l’épi- » derme sain , divise'e en une infinité de petits compartiments, la plupart » quadrilatères, au-dessous desquels on trouvait l’épiderme , qui se con- » tinuait , avec celui de la peau saine , vers la circonférence de cette al- » tération. Le derme de la peau iethyose'e, plus épais, moins aréolaire, n présentait des lignes ou des sillons plus profonds que ceux de la peau n saine. »

DES INFLAMMATIONS DE l’aI'PAUKU. HISSFIRATOIKK. 555

est au-dessus des ressources de Fart. L’icthyose accidentelle elle-même est très rebelle et peut aussi durer toute la vie; néanmoins on cite quelques cas de guérison. D’ailleurs, que l’icthyose soit congéniale ou qu elle soit accidentelle, elle ne constitue pas une maladie qui compromette la santé générale des individus qui en sont atteints.

§ V. Traitement.

Les palliatifs sont les seuls moyens qu’on puisse mettre en usage dans l’icthyose congéniale: ce sontles bains simples, les bains mucilagineux > les bains de vapeur, les topiques émollients. Les mêmes moyens conviennent dans l’icthyose accidentelle. Le goudron à l’intérieur, préconisé par Willan, a été employé sans succès par Biett.

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