INFLAMMATION DE L’APPAREIL LYMPHATIQUE
fièvre entéro -mésentérique) ne doivent pas être négligées quand il s’agit de bien apprécier les causes de la réaction générale qu’on observe dans certaines maladies.
IV. Les diverses lésions chroniques-or garni/ lies consécutives aune lymphangite ou à une lymphadénite prolongée se reconnaissent à des symptômes, à des signes particuliers sur lesquels nous aurons soin d’appeler l’attention dans un autre endroit de cet ouvrage. (Voyez les articles consacrés aux hypertrophies , aux productions , transformations et dégénérescences accidentelles, aux rétrécissements et dilatations, etc., etc.)
V. Le diagnostic de la lymphangite et de l’adénite lymphatique est facile quand il s’agit des vaisseaux et des ganglions lymphatiques extérieurs. Il n’en est pas toujours de même à l’égard des ganglions et des vaisseaux lymphatiques intérieurs. La lymphangite ou angioleucite extérieure ne pourrait être confondue qu’avec la phlébite également extérieure. Mais on évitera sans peine une semblable erreur, si l’on fait une application éclairée des diverses méthodes d’exploration exacte que nous possédons aujourd’hui.
§ III. Causes,
Elles sont essentiellement les mêmes que celles de la phlébite.
I. La lymphangite et l’adénite lymphatique se développent souvent à la suite de plaies, d’ulcérations, d’inflammations quelconques des parties dans le voisinage, et pour ainsi dire dans l’atmosphère desquelles les vaisseaux et les ganglions lymphatiques se trouvent situés. Ces phlegmasies surviennent alors par voie de continuité et de contiguïté.
II. D autres fois l’adénitelymphatique et la lymphangite paraissent être déterminées par l’absorption, la résorption d’une matière irritante, soit simple , soit irritante et septuple ou virulente à la fois.
\lx PHLEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER.
IH. Des violences traumatiques, appliquées directement, immédiatement sur les ganglions et sur les vaisseaux lymphatiques, peuvent en occasionner l’inflammation.
IV. Je ne sais pourquoi les auteurs , dans leurs considérations sur la lymphangite et l’adénite lymphatique en général, ne nous ont absolument rien dit de 1 influence des causes non traumatiques ou internes , selon l’expression reçue. Il est cependant bien certain que, comme tant d’autres inflammations, comme la phlébite en particulier, avec laquelle la lymphangite a tant de rapports, les phlegmasies des vaisseaux et des ganglions lymphatiques peuvent se manifester sous l’influence de causes non traumatiques. Je suis surtout étonné que l’on n’ait, pas encore signalé l’influence des brusques refroidissements sur le développement de certaines lymphangites extérieures. C’est sous l’empire de cette puissante cause qu’on la voit apparaître assez souvent, soit seule, soit surtout compliquée avec la phlébite, etc., chez les nouvelles accouchées (elle constitue un des éléments de certains cas de phlegmasiaalba dolens).
Lorsque le froid ne succède pas ainsi brusquement à la chaleur, mais qu’il agit lentement et d’une manière continue chez des sujets prédisposés, c’est, sans contredit, une des plus grandes causes de cette espèce de phlegmasie lente, sourde, chronique, latente , des ganglions et des vaisseaux lymphatiques qui amène à sa suite la formation de la matière tuberculeuse. L’humidité seconde d’une manière frappante l’action propre du froid : aussi cette forme de phlegmasie est-elle infiniment plus rare dans les climats chauds ou tempérés, pas trop humides, que dans les climats froids et humides ; aussi les hommes et certains animaux (les singes entre autres) ne peuventils être transportés des premiers climats dans les seconds, sans qu’un grand nombre d’entre eux soient frappés de tuberculisation par le seul fait de cette émigration.
\ I. Je viens de parler de sujets prédisposés. Je ne dois
INFLAMMATION DU l’aPPAREIL LYMPHATIQUE.
pas terminer ce paragraphe sans ajouter qu’eu effet la prédisposition joue un grand rôle dans le développement de certaines phlegmasies des vaisseaux et des ganglions lymphatiques, et spécialement dans celles produites par le froid ou par d’autres causes dites internes. Combien de personnes, en effet, subissent impunément l’influence de ces causes, tandis que d’autres n’y peuvent échapper! L’observation et l’expérience ont démontré que le tempérament lymphatique, la constitution appelée scrofuleuse , constituaient une prédisposition à toute espèce étiologique de lymphangite et d’adénite lymphatique, et spécialement à celle qui nous occupe en ce moment.
§ IV. Traitement.
La lymphangite et l’adénite lymphatique aiguës seront combattues par la méthode antiphlogistique , formulée et modifiée conformément aux principes et aux règles que nous avons posés en étudiant le traitement des inflammations en général. (Celles qui accompagnent d’autres phlegmasies cèdent promptement aux moyens dirigés contre ces dernières.)
Quand il n’existe pas de réaction fébrile, on doit s’abstenir de saignées générales.
Les seules saignées locales suffisamment répétées, secondées par les topiques émollients, dans les cas d’inflammation non fébrile des ganglions et des vaisseaux lymphatiques, combinées avec les saignées générales, s’il existe une fièvre plus ou moins forte, ne tardent pas à faire justice de la maladie. Une compression méthodique quand la phlegmasie occupe les parties extérieures, diverses pommades dites résolutives ou fondantes, constituent des moyens adjuvants qui, dans certains cas, pourront être employés avec avantage.
Mais si le traitement n’est pas employé avec une suffisante énergie, si la phlegmasie est négligée, va qu’elle sé-
16 PHLEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, visse sur des sujets prédisposés, elle passera le plus souvent à l’état chronique; et parmi les altérations diverses qu’elle ne manquera pas d’entraîner à sa suite , la tuberculisation figurera en première ligne.