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leuses (le l'intestin grêle; et ce diagnostic négatif fut pleinement justifié par l’autopsie cadavérique. Plus tard, ce cas m’ayant semblé offrir une très grande analogie avec le premier cas de morve aiguë citez l’homme, recueilli peu de temps auparavant par M. Rayer (i ), je priai M. Montault, chef de clinique, de s’informer auprès des personnes de l’établissement ou notre malade avait été employé (établissement des eaux clarifiées, rue Saint-Paul), s’il n’aurait point eu quelque rapport avec les chevaux morveux qui auraient pu se trouver dans cet établissement. Ces renseignements et ceux qui me furent fournis quelque temps après par M. Bouley jeune, médecin vétérinaire de l'établissement indiqué, semblaient plus propres à me faire rejeter qu’à me faire admettre l’existence d’une fièvre morveuse chez notre malade. Néanmoins, l’identité des symptômes qu’il nous offrit avec ceux des autres malades évidemment atteints de morve aiguë, ne permet réellement as de le considérer comme frappé lui-même d’une maladie autre quecettedernière (2). Dansle second cas que j’ai recueilli et dont j’ai donné lecture à l’Académie royale de médecine (séance du 16 novembre 184 1), dans ce cas, dis-je, qui peut être offert comme un type des symptômes et des lésions vraiment pathognomoniques de la morve aiguë chez l’homme, bien peu s’en fallut cependantquecettemaladiene passât pour ainsi dire inaperçue, et ce fut seulement laveillemême delà mort du malheureux jeune homme qui en était le sujet, que je diagnostiquai la morve dont il était réellement atteint. Ici, tout conspirait en quelque sorte
symptômes auxquels on a donné le nom de typhoïdes-, et cette combinaison morbide n’e=l rien moins que rare.
(1) Ce cas fut recueilli par M. Rayer dans le mois de février 1837, et le cas qui nous est propre fut observé dansle mois de juin suivant.
(2) On peut voir rbistoire complète de ce malade dans mon Traité du rhumatisme articulaire ( p. 1 17 et suiv.) , où je l’ai publiée pour montrer qu’il est des cas de suppuration des articulations qu’il ne faut pas confondre avec un rhumatisme articulaire suppuré.
;i8/| IMILKGMASIKS Kl' HtlllTATlONS EN PAllTICUUEU.
contre le diagnostic. Les premiers médecins qui avaient donné des consultations au malade avant son entrée à l’hôpital, n’eurent aucun soupçon de sa maladie véritable. Reçu par les médecins du Bureau central, il estdirigé dans le service de M. le professeur Velpeau, et ne fait alors aucune déclaration propre à mettre sur la voie du diagnostic d’une affection morveuse. Cependant, il ne tarde pas à se manifester de graves accidents généraux qui engagent M. Velpeau à faire passer le malade dans notre service. Moimême, à ma première visite, je ne soupçonnai point l'existence de la morve, et il en fut ainsi de toutes les personnes qui entouraient le malade. Interrogé minutieusement, il ne racontait aucune circonstance qui pût faire naître 1 idée de la morve, et même sa profession, telle qu’il l’avait déclarée (celle de journalier) ne nous fournissait aucune lumière. Bien que les fosses nasales fussent gravement atteintes, jamais dans tout le cours de sa maladie il n’avait accusé la moindre douleur de ce côté, et nul jetage n eut lieu, du moins pendant le séjour du malade dans notre service. Mon premier diagnostic fut donc celui-ci : érysipèle de la face, accompagné de phénomènes typhoïdes; cas complexe, douteux sous certains rapports , faute de renseignements assez précis sur ce gui s’est passé pendant les trois premières semaines de la maladie. Ce cas fut d’ailleurs noté comme très grave. Ce ne fut qu’au moment où survint X éruption pustuleuscàe la peau, et la veille même de la mort, que je reconnus cette maladie pour un nouveau cas de morve aiguë. Toutefois , l’absence du jetage laissait encore quelque incertitude dans mon esprit; mais elle se dissipa complètement en présence des lésions que fit constater l’autopsie cadavérique , et nous apprîmes, d’ailleurs, que le sujet avait été en contact avec un cheval morveux.
Bar ces cas et par d'autres que je pourrais y joindre, on voit de quelles difficultés se trouve environné le diagnostic d’une maladie encore nouvelle et sur laquelle l’attention J
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des observateurs n’a par conséquent j)as encore été suffisamment fixée.
Les douleurs et les tuméfactions des membres et de leurs articulations ont fait confondre quelques cas de morve aiguë avec un rhumatisme également aigu. Cette erreur est de celles qu’on peut le plus facilement éviter, ainsi que je l'ai prouvé dans mon traité du rhumatisme.
Parmi les accompagnements de l’infection générale qui constitue essentiellement le fond même de la morne aiguë , les plus propres à fournir d’importantes données au diagnostic, surtout en l’absence du jetage et des renseignements étiologiques, il convient réellement de placer en première ligne cette éruption pseudo-varioligue sur laquelle nous avons insisté plus haut. Cependant, cette éruption elle-même aurait pu être et a été réellement une cause d’erreur. En effet, M. le professeur Trousseau , auquel je parlai du cas dont nous venons de nous occuper plus haut, me fit part, à son tour, d’un autre cas de morve aiguë observé par lui à l'hôpital Saint- Antoine, et qu'il ne reconnut qu’après la mort. Or, comme dans ce cas il avait rencontré une circonstance qui lui parut, dit-il, très curieuse, savoir, l’éruption pustuleuse de la peau, il prit d’abord la maladie pour une variole anomale , ajoutant qu il fut même tenté de s inoculer avec la matière des pustules, ce que, heureusement , il ne fit pas. Toutefois, cette éruption varioliforme frappa vivement son attention, de telle sorte que l’ayant observée plus tard chez un sujet mort d’une maladie aiguë à caractères insolites, dans le service de M. JBérard jeune, il annonça que cette maladie n’était probablement autre que la morve, diagnostic dont l’exactitude fut démontrée plus tard par l’autopsie cadavérique et les recherches étiologiques.
On vient de publier dans un journal ( Lancette française du 19 décembre 1 843) un nouveau fait du même genre que les précédents, etdont voici un extrait. Ce fait a pour 11. 2 5
3iS(j l‘llLKGMASlliS 15 r ltlUltATlONS K N t*AUTICULllill. lifte : Observation de itiorve aiguë et de f divin aigu. Le sujet de celte observation était malade depuis dix jours, et avait été jüsqüë là traité pour une fièvre typhoïde au moyen de l’eau de Sedlitz, lorsqu’il fut admis dans le service de M. Jadioux , où il mourut le quatrième jour après son entrée. On ne remarqua point de jetage proprement dit, et le dernier jour seulement, on constata quelques croûtes brunâtres au-dessus de la narine droite. Le lendemain de l’entrée , on aperçut une éruption de pustules qui firent croire à une variole. Le jour même de la mort, on apprit pour la première fois que le malade était palefrenier et avait soigné des chevaux morveux : alors on reconnut l’erreur de diagnostic que l’on avait commise en prenant la maladie pour une variole ( on se rappelle que , par une première erreur, la maladie avait été traitée pour une fièvre typhoïde).
L’examen cadavérique fit reconnaître les lésions caractéristiques de la morve aiguë, telles que des pustules et des ulcérations gangréneuses dans les fosses nasales, des abcès intermusculaires , etc.
Quoi qu’il en soit de ce qui précède, dans l’état actuel de la science, il ne sera pas très difficile de diagnostiquer désormais les nouveaux cas de morve aiguë qui pourraient encore se présenter chez l’homme. Il suffira pour cela de ne rien négliger pour parvenir à la connaissance des causes à l’in fl Lien ce desquelles les malades auront été exposés > et d’explorer avec le plus grand soin les différents organes tant extérieurs qü’inlérieurs , mais particulièrement les fosses nasales et les parties les plus voisines. Dans les cas où le jetage n’existerait pas , bien que les fosses nasales fussent le siège des lésions caractéristiques signalées plus haut, une inspection attentive ferait suffisamment constater celles-ci. Que si elles faisaient défaut, et qu’on rencontrât d’ailleurs tous les autres éléments de l’affection morveuse, on aurait alors affaire à celle forme de la maladie qui est
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conmie sous le nom de farcin , ou si l’on aime mieux à la fièvre morveuse sans morve , ce qui rappelle les variolœ sine variolis, etc.
§ IV. Causes.
Jusqu’à ces derniers temps, tous les malades, sans exception, chez lesquels la morve aiguë a été observée, avaient approché des chevaux morveux ou farcineux. La plupart étaient, par la nature de leur profession ou de leurs études , en rapport habituel avec des chevaux : c’étaient des palefreniers, des élèves ou des médecins vétérinaires; fait d une valeur immense dans l’étiologie de la maladie. Mais, en 1 8 4 1 , un élève distingué des hôpitaux est mort, dans le service de M. A. Bérard, d’une morve aiguë qu’il paraît avoir contractée en soignant un malade atteint d’abord de larcin chronique, puis de morve aiguë.
Semblable en celaàplusieurs autres poisons animaux, le poison de la morve, lorsqu’il n’est pas inoculé, ne paraît pas capable, selon M. Rayer, d’affecter indistinctement tous ceux qui s’exposent à le recevoir. L’aptitude à la contagion par infection doitmêmeétre assez rare; caries palefreniers et les vétérinaires prennent impunément peu ou point de précautions en examinant les chevaux morveux, et cette impunité a dû entretenir parmi eux la croyance que la transmission de la morve du cheval à l’homme est impossible. Il se pourrait cependant que les cas de transmission de la morve ne fussent pas aussi rares qu’on le pense communément. M. Graves assure même que ces cas sont assez fréquents en Irlande pour que le gouvernement dût imiter l’exemple donné par la Prusse, qui a placé les chevaux morveux sous la surveillance de la police sanitaire. Qu’il me soit permis de citer à cette occasion le passage suivant du travail que je lus à l’Académie en 184* '• « Je ne terminerai point sans exprimer le vœu de voir la commission 1 instituée par T Académie pour l’élude de la morve, venir
o8S PHLlîGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, prochainement faire connaître les résultats de ses recherches. Il n’est personne qui ne s’associe à ce vœu, en réfléchissant que le rapport de la commission exercera la plus haute et la plus légitime influence sur les mesures à prendre par l’autorité compétente pour prévenir des malheurs semblables à ceux que l’Académie a déjà eus à déplorer. C’est une mission vraiment digne de cette société que d’éclairer l’administration en pareille circonstance. En effet, assez de victimes humaines ont été sacrifiées à ce nouveau monstre qui vient d’infester notre monde pathologique. Qu’il se contente désormais de victimes d’une espèce moins noble. Si donc les cas, trop nombreux déjà, qui ont été communiqués à l’Académie depuis quatre à cinq ans vous ont suffisamment convaincus du fait de la transmission de la morve aiguë à l’homme par des animaux, les chevaux principalement, atteints de la même maladie, aiguë ou chronique, hâtez-vous, messieurs, hâtez-vous de le proclamer hautement. Certes on aurait bien le droit de dire que votre silence aussi serait, à sa manière, une véritable calamité publique, puisque tous les malheureux connus qui ont contracté la morve aiguë ont payé de leur vie le défaut de mesures prophylactiques convenables. »
Ce ne sont pas seulement les chevaux employés dans le civil, mais aussi les chevaux de notre armée, qu’il importe de surveiller. Dans sa thèse déjà citée (De la transmission de la morve et du farcin à des militaires attachés au sci’vicc des écuries-infirmeries de l'armée ), où il rapporte huit cas de morve aiguë, et trois de farcin , chez des cavaliers chargés de soigner des chevaux morveux , M. L. Arm. Lesueur a beaucoup insisté sur ce point, et l’on ne saurait trop recommander à l’administration de la guerre les mesures prophylactiques qu’il a formulées.
§ V. Marche , durée et pronostic.
Comme celle des animaux, la morve de l'homme peut-
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elle être aiguë ou chronique? On admet qu’en cflet la morve de l’homme peut revêtir la forme chronique, bien moins souvent, à la vérité, que la forme aiguë.
A l’époque où M. llayer publia son mémoire (1837), il n’existait, selon lui, dans la science que trois observations qu’on pùt rattacher à la morve chronique chez l’homme, et dans ces trois cas, l’apparition des phénomènes morveux avait été précédée des symptômes du larcin chronique. Ces trois cas ne sont pas, d’ailleurs , des exemples incontestables de morve chronique. M. Rayer en convient lui-même, se fondant principalement sur ce qu’on n’avait pas ouvert les fosses nasales chez les deux sujets qui succombèrent, et que par conséquent on n’avait pu constater les altérations caractéristiques de la morve chronique. On pourrait donc, à la rigueur, et jusqu’à plus ample informé, considérer ces trois cas comme appartenant pour le moins aussi bien au farcin chronique qu’à la morve chronique.
En dernière analyse , il est certain que nos connaissances sur la morve chronique chez l’homme sont encore fort incomplètes. Il n’en est pas ainsi de cette forme de la morve chez les animaux, lesquels nous la présentent assez fréquemment. C’est bien à tort que certains vétérinaires avaient voulu établir une différence essentielle entre elle et la forme aiguë, enseignant que celle-ci était contagieuse et non l’autre. Aux faits qui prouvent la propriété contagieuse de cette dernière, on peut ajouter celui qui a été communiqué récemment (9 juillet 1844) à l’Académie royale de médecine, par M. Landouzy. Ce fait est relatif à un homme qui mourut d’une morve aiguë parfaitement caractérisée, à lui communiquée par un cheval qui était morveux depuis cinq mois (1).
(i)Ce fait a été présenté comme un exemple (le morve communiquée par morsure. Ce mode de communication n’avait pas encore été signalé. J avoue (pie le cas rapporté par M. Landouzy ne me paraît pas aussi concluant qu’on pourrait le croire au premier abord.
Lu durée de la morve aiguë chez 1 homme pour les cas observés jusqu’ici, et dans les conditions de traitement qui lui ont été jusqu’à présent opposées , n’a été que d’un, deux ou trois septénaires. Jusqu’ici, tous les cas de cette maladie bien caractérisée se sont terminés par la mort. Il n’en est donc aucune, sans en excepter la peste , dont le pronostic soit aussi grave.
§ VI. Traitement.
Tout est réellement encore à faire sur la thérapeutique de l’affreuse maladie qui vient de nous occuper.
Tous les moyens employés jusqu’à ce jour contre la morve aiguë bien déclarée ont, en effet, échoué : tous les malades, ainsi que nous le disions tout-à -l’heure , sont morts. M. Rayer a seulement rapporté le cas d’un individu atteint de farcin aigu qui, après avoir présenté l’éruption cutanée de la morve, s’est cependant rétabli. Voici, d ailleurs, comment s’exprime notre savant confrère sur le traitement de celle-ci.
« Le soulagement momentané des douleurs des membres, obtenu, dans la morve aiguë, par les émissions sanguines, l’état couenneux du sang noté par tous les praticiens qui ont employé la saignée au début de la maladie , ne doivent pas encourager cependant à avoir recours aux émissions sanguines. On a vu le plus souvent les piqûres de sangsues se gangréner, et des symptômes de prostration , de stupeur , survenir promptement après la saignée (i).
« Lorsque la maladie a débuté par des symptômes gas-
(i) L’expérience ne m’autorise pas encore à proscrire, avec M. Rayer, les émissions sanguines chez les individus atteints de la morve; mais elle ne m’autorise pas non plus à les recommander : c’est un problème de thérapeutique dont la solution n’est pas encore possible. J'ai saigné, sans succès réel, les deux malades placés dans mon service; mais je n’ai point eu recours à la formule nouvelle dont j’ai obtenu de si grands avantages dans les phlegmasies et les fièvres ordinaires.
FARC1N A1C l T T.T CHRONIQUE. •‘>01
triques, on a employé sans plus do succès les vomitifs Et les purgatifs.
» Le développement des symptômes putrides a conduit à essayer le quinquina, la valériane, la serpentaire de Virginie, et d’autres remèdes désignés sous le nom d antiseptiques; mais tous ces essais ont été vains et infructueux.
« Aujourd’hui il est permis de tout tenter contre une maladie qui s’est terminée constamment par la mort.
« Quel que soit le nombre des abcès, je pense qu’ils devraient être ouverts. Le pus qu’ils contiennent, doué de propriétés spécifiques, est un [toison morbide dont on ne peut trop se hâter d’opérer l’expulsion. Les pustules et Ips bulles cutanées, parvenues à leur état, devront être ouvertes et cautérisées. »
Trouvera-t-on quelque jour l’antidote, le neutralisateur du poison ou ferment morveux ?
u° Traitement préservatif . Puisque tous les cas de morve chez l’homme jusqu’ici recueillis sont autant d’exemples de communication de cette maladie des animaux , et spécialement du cheval à l’homme , il est clair que le moyen prophylactique par excellence consiste à se préserver de tout rapport avec des animaux morveux (i).
III. Quelques considérations sur le larcin pour servir d'appendice ù l’étude de la morve aiguë.
Farcin aigu.
« Cette maladie, selon M. Rayer, a pour caractère d’être produite par 1 inoculation des matières morveuses ou far-
(i) Je me trompe en disant que tous les cas connus de morve observés chez l’homme sont des exemples de communication de cette maladie des animaux à l’homme. En effet, le jeune Rocher, étudiant en médecine, déjà cité plus haut , paraît avoir succombé à une morve contractée par lui en soignant un bomme atteint de morve aiguë. (Il prit aussi part à l’ouverture de ce dernier, mais il ne se fit aucune blessure pendant cette opération , et il ne portait aucune écorchure ou plaie par laquelle il aurait pu s’inoculer le prinripe morveux. )
392 PIILEGMASfES ET IRRITATIONS F. N PARTICULIER, cineuses ; de se déclarer par une inflammation des vaisseaux et des ganglions lymphatiques, et quelquefois des veines superficielles des membres; par des abcès multiples sur diverses régions du corps, et par une éruption pustuleuse et gangréneuse qui n’est autre que celle qu’on observe dans la morve aiguë chez l’homme. »
Chez l’homme , comme chez les animaux , le 1 arcin aigu ne différerait donc delà morve que par la nature des parties affectées; le farcinet la morve seraient donc des états morbides produits par un même contagium et qui se distinguent seulement par leur siège.
Telle est même l’affinité qui paraît régner entre ces deux maladies , qu’en rapportant des cas de farcin , M. Bayer commence par ces mots : « Je crois devoir ajouter qu’il se pourrait que plusieurs des cas que je vais rapporter appartinssent réellement à la morve aiguë farcineuse, et non au simple farcin. » La raison de ce doute, c’est que, dans les cas dont il s’agit , bien qu’il n’ait pas été fait mention d’écoulement nasal pendant la vie, il n’est pas démontré qu’il n’y ait pas eu d’affection des fosses nasales , attendu que ces parties n’ont pas été examinées après la mort.
Dans les cas relatifs à la morve et au farcin , la grande différence , c’est, d’une part celle tirée du point par lequel s’opère l’infection générale, ou mieux l’infection de la masse sanguine, et d’autre part cette circonstance, savoir, que pour le farcin, il faut l’intervention de'lï/iocw/rttion proprement dite, tandis que le simple contact du contagium avec la membrane muqueuse des fosses nasales suffit pour le développement de la morve.
2“ Farcin chronique.
M. Rayer ne connaissait que sept observations de cetie maladie lorsqu’il publia son mémoire ( 1 83 7), et il a soin d’ajouter que « la lecture attentive de ces faits laisse dans » l’esprit des incertitudes sérieuses sur leur nature. » Tous
LARYNGITE
les sujets de ces observations étaient, il est vrai, des élèves vétérinaires qui s’étaient fait des piqûres en disséquant ou en opérant des chevaux morveux ou farcineux; mais ils avaient offert des symptômes qui avaient une grande analogie avec ceux qu’on voit se développer chez les élèves en médecine, à la suite des piqûres qu’ils peuvent se faire dans les dissections ordinaires, et parmi ces symptômes, il n’est pas fait mention de l’éruption pustuleuse ni des bulles gangréneuses qu’on observe dans la morve aiguë et le larcin aigu chez l’homme. Les altérations qu’on a rencontrées après la mort, telles que des collections purulentes, des traces d’angioleucites , etc. , ne diffèrent point essentiellement de celles qu’on a trouvées à la suite des accidents produits par les piqûres faites en disséquant, et en général à la suite de ce qu’on appelle l’infection purulente proprement dite.
En résumé, pour admettre la nature farcineuse ou morveuse des affections dont ces cas sont considérés comme des exemples, M. Rayer déclare qu’on nepeutalléguerqueces deux circonstances, savoir, i° que ces cas sont relatifs à des vétérinaires, et que les matières inoculées, altérées ou non , provenaient d’animaux morveux ou farcineux; 2° qu’à la suite d’autres cas tout-à-fait semblables, on a vu survenir des altérations du nez et du larynx dénaturé morveuse ou au ?7ioins regardées comme telles par d'habiles observateurs ; tandis que, dans aucun cas, à sa connaissance, on n’a vu les piqûresanatomiques des élèves en médecine être suivies d’altérations des fosses nasales ou du larynx^
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