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lj. Etat chronique, a. Les altérations que détermine lu laryngite chronique catarrhale sont : i" 1 épaississement hypertrophique de la membrane muqueuse et du tissu cellulaire sous-jacent , quelquefois avec induration comme squirrheuse, ou autre transformation de ces parties \oS> des ulcérations plus ou moins nombreuses, plus ou moins étendues, plus ou moins profondes ; 3° une suppuration chronique, une sécrétion tuberculeuse dans le tissu cellulaire sous-jaceut, l’érosion, la carie des cartilages, leur ossification.— Il peut même survenir des perforations et des fistules laryngées.
La laryngite chronique est souvent désignée sous les noms d e phthisie laryngée, d’ulcères du larynx. Elle peut exister indépendamment d’une phthisie pulmonaire; mais ce cas est moins commun que celui de sa coïncidence avec cette dernière maladie.
b. La laryngite pseudo-membraneuse a 1 état chronique est niée par Royer- Collard et M. Gue'raant. Dugès en admet, au contraire, l’existence; il a publié cinq cas de ce croup chronique. Dans quatre cas, d a constaté pai 1 autopsie cadavérique la présence de la pseudo-membrane. Il ajoute que, dans ces cas, les symptômes étaient à peu près ceux de la phthisie laryngée. (Art. Croup du Dicl. de médec. el de cliir. pratiques , t. V, pag. 674 )•
§ II. Symptômes, signes et diagnostic.
État ai(ju. 1° Symptômes locaux.
a. Laryngite simple, catarrhale. Douleur plus ou moins forte dans la région du larynx, augmentant pendant la toux et devenant alors comme c/.;c/iiVanie, augmentant aussi dans les mouvements du larynx nécessaires a la phonation; voix grave, rauque, voilée, quelquefois entièrement ou presque entièrement éteinte, avec sifflement pendant l’inspiration; gêne plus ou moins grande de la respiration, selon que le boursouflement des ligaments
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de la glotte est plus ou moins considérable. Chez les jeunes sujets , dont, comme on sait, l’ouverture de la glotte est très étroite, le gonflement des ligaments indiqués peut être la cause d’une suffocation égale à celle qui a lieu dans la laryngite pseudo-membraneuse ellemême; mais uu pareil accident est infiniment rare chez les adultes, en raison de l’ampleur de la glotte à cet âge (i). Au début de la maladie, la toux est sèche ou non suivie d’expectoration ( loiix cl’irritation), mais elle est suivie plus tard de l’expulsion d’un mucus qui, d’abord clair, transparent, albuminiforme, visqueux , devient à la fin épais, opaque, et revêt quelquefois un aspect puriformc.
b. Laryngite pseuclo-membraneuse. Les symptômes de la laryngite ordinaire se rencontrent à leur maximum dintensité dans l’espèce qui nous occupe. Le caractère pathognomonique de celle-ci consiste dans l’expectoration d’une certaine quantité de matière pseudo-membraneuse; quand ce caractère manque, on a pour principales données du diagnostic les phénomènes suivants: douleur à la région du larynx , où les malades portent quelquefois instinctivement la main comme pour en arracher quelque chose; respiration laborieuse, « sifflante ou véritablement sonore et produisant une strideur comparable (quoique beaucoup
(i) M. Cruvcilhier pense que la maladie connue sous le nom d'aslhme ait] u de Millar et le -pseudo-croup de M. Guersant ne sont probablement rien autre cliose qu’une laryngite ordinaire avec accès de suffocation , accès de suffocation qu’il considère alors. comme étant la conséquence du spasme qui s’empare des muscles du larynx. Quoi qu’il en soit de l’explication du phénomène, toujours est-il certain que chez les enfants, et quelquefois même chez les adultes, une laryngite suraiguë, à forme non pseudo-membraneuse, peut déterminerdes accidentsde suffocation. Quelques auteurs ont assuré que, dans ces cas, la voix et la parole affectaient le caractère, le timbre quelles présentent dans le véritable croup, qu’ elles étaient croupales. Peut-être , sous ce rapport, a-t-on un peu exagéré la ressemblance qui existe entre les cas dont il s’agit et ceux relatifs au croup proprement dit. C’est un point qui réclame une étude plus exacte et plus approfondie.
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plus faible), à celle d’une feuille de graminée mise en vibration entre deux doigts par un souffle modéré. Toux violente, sèche, courte, répétée par quintes, rauque, éclatante, et qu’on a comparée, avec quelque raison, au gloussement d’une poule. La toux d’un chat ou d’un chien qui a, comme on dit, avalé de travers, rappelle aussi assez bien la toux croupale; la voix est enrouée, souvent grêle et tremblante, ou bien détonante par secousses (i). »
La dyspnée est continuelle; mais à des intervalles plus ou moins rapprochés, il éclate de véritables accès de suffocation ou d’asphyxie; et alors le cou est tendu, la tête redressée ou renversée en arrière, tous les muscles inspirateurs se contractent comme convulsivement , les yeux sont saillants, larmoyants, le regard effrayé, le visage livide, gonflé, l’anxiété extrême.
Lorsque ces divers symptômes se manifestent, il ne peut guère rester de doute sur l’existence du croup. Que si, en examinant l’arrière-bouche, on y aperçoit quelques plaques diphthéritiques , cette existence pourra être considérée comme tout-à-fait certaine (2).
Nous compléterons ce qui précède sur les symptômes spéciaux du croup par les remarques suivantes présentées par JM. E. Boudet dans son mémoire sur cette maladie. Les auteurs ont beaucoup insisté, dit-il, sur le caractère éclatant, retentissant et comme métallique de la voix et de la toux ( vocem clangosam). Cependant, cette modification de la voix et de la toux n’est pas constante : la rudesse, la raucité , l’extinction de la voix, se rencontrent, souvent. Dans l’épidémie décrite par M. Boudet, presque toujours la voix était voilée, et on remarquait une aphonie plus ou
(1) Dugès, art. Croup du Dict. de méd. et de chir. praticj ., t. V, p.565.
(2) On sait que M. Bretonneau est le premier observateur qui ait insisté d’une manière spéciale sur la coïncidence si fréquente de la diphthérite pharyngienne avec la diphthérite laryngienne, du croup du pharynx avec celui du larynx.
moins complète. On eut rarement occasion d’observer cette voix retentissante qui a été comparée au cri du coq.
Quand il n’existe pas d’expulsion de fausses membranes, faut-il en conclure absolument que le croup n’existe pas? Assurément non. Parmi les cas qui démontrent la vérité de cette assertion, on peut en citer un certain nombre recueillis par M. Boudet. Dans trois cas, dit-il, il n’y avait eu aucune expectoration, et cependant après la mort des pellicules couenneuses existaient dans le larynx, la trachée et les bronches. L’absence de cette expectoration pathognomonique peut, chez les enfants, provenir de deux causes, savoir, ou de ce que la pseudo-membrane est trop adhérente, ou de ce que les crachats ont été avalés.
La toux n’est donc pas toujours suivie d’expectoration, et le produit de cette dernière n'est pas toujours une matière pseudo-membraneuse. Étudiée avec soin dans dix cas par M. Boudet , l’expectoration a été quatre fois pseudomembraneuse, deux fois muqueuse et quatre fois nulle, et ce fut toujours à la suite de vomissements spontanés ou provoqués que survint l’expulsion de pseudo-membranes. Au reste , dans les dix cas signalés par M. Boudet, il ne s’agissait pas d’une laryngite croupale seulement, mais aussi d’une bronchite également croupale, puisque toujours les pseudo-membranes ex pulsées présentèrent une apparence qui permettait de rapporter leur origine aux bronches grosses ou moyennes ou à la trachée (on voyait imprimée à leur surface la marque d’anneaux cartilagineux).
M. Boudet déclare n’avoir pu constater la douleur du larynx que rarement. Selon lui, il est fort difficile de s’assurer si elle existe véritablement. Lorsque l’enfant demi-asphyxié porte la main au larynx ou crie quand on touche cette partie, M. Boudet pense que c’est moins 1 indice d’une douleur locale que la preuve, dans le premier cas, qu’il éprouve une suffocation imminente dont il voudrait se débarrasser; dans le second, qu’il craint qu’une pression
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meme légère vienne encore augmenter ses angoisses.
Le gonflement plus ou moins douloureux des ganglions sous-maxillaires a été signalé par certains auteurs, M.Gendrin entre autres, comme constant dans le croup, et il suffirait, selon lui, de l’absence de ce phénomène pour affirmer, dans un cas douteux , qu’il s agit d’une laryngite striduleuse et non d un vrai croup. M. Boudet ne partage pas cette opinion ; il admet que le gonflement indiqué a pu lui échapper dans quelques cas; mais il affirme que, chez un enfant atteint d’un croup bien caractérisé, les ganglions cervicaux examinés avec soin se montrèrent dans l’état naturel.
Toutes les fois que la respiration fut notablement gênée, M. Boudet observa ime tuméfaction notable de la région cervicale, tuméfaction due à la turgescence du système veineux et à l’engorgement du tissu cellulaire (dans aucun cas, elle ne fut le résultat d’un emphysème de ce dernier tissu).
M. Boudet dit que les amygdales ont presque constamment offert un gonflement plus ou moins considérable, même dans quelques cas ou il n’y avait pas d’angine pseudo-membraneuse; il existait alors une rougeur plus ou moins vive de la muqueuse de l’istlnne du gosier.
2° Symptômes généraux ou réactionnels. La laryngite, quelle soit ou non pseudo-membraneuse, lorsqu’elle est très aiguë, provoque une réaction fébrile dont l’intensité varie suivant les circonstances diverses que nous avons signalées ailleurs, telles que l’âge, la constitution, l’idiosyncrasie, les complications, les coïncidences avec telle ou telle autre phlegmasie, etc.
La chaleur de la peau est tantôt sèche , tantôt humide ; le pouls, assez développé quand la suffocation n’est pas imminente, devient petit, filiforme, misérable dans les moments de cette suffocation, et il survient en même
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temps un refroidissement des extrémités , des sueurs froides, etc.
Des phénomènes ataxiques se manifestent chez certains sujets atteints de croup. Ceux qui ne périssent pas tout-àcoup au milieu d’un accès de suffocation finissent pour la plupart par tomber dans un état d’assoupissement comateux qui persiste jusqu’au moment de la mort.
Dans tous les faits observés par lui, M. Boudet a constaté une réaction fébrile variable en intensité : le pouls battait de i oo à i6oetmême 180 par minute (i). M. Boudet n’a eu occasion de constater chez aucun sujet ni délire ni convulsions.