‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 79 sur 119 · BRONCHITE · texte numérisé non relu

BRONCHITE

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méritait, tant sous le point de vue purement nosographique que sous le point de vue thérapeutique.

Dans cette bronchite générale et capillaire , qui tend, comme il a etc déjà dit, à envahir les vésicules pulmonaires elles-mêmes, ainsi que le tissu cellulaire intervésiculaire et tous les éléments constitutifs du parenchyme pulmonaire , on voit le pouls s’élever à cent vingt-quatre, cent trente-deux pulsations, et plus; la chaleur de la peau est considérable (à 4o° c. et plus sur l’abdomen) , tantôt sèche, tantôt accompagnée de sueurs abondantes, prolongées (il se développe bientôt alors des sudamina).

II. Bronchite chronique. Lorsque la bronchite générale et capillaire, dont il vient d’être question, continue audelà du terme assigné par la plupart des auteurs à la période d’acuité, on voit la fièvre persister encore. Malheur aux sujets prédisposés à la tuberculisation pulmonaire chez lesquels l’espèce de bronchite qui nous occupe passe ainsi à l’état chronique! J’ai vu souvent, en effet, et bien vu, j’ose le dire, cette tuberculisation succéder à la maladie que nous étudions, et pour la prévenir dans un bon nombre de cas, il m’a fallu recourir à un traitement d’une énergie inconnue jusque là. Au reste ce n’est pas toujours ainsi que la bronchite devient la cause occasionnelle de tubercules pulmonaires , comme nous le montrerons plus tard. D’un autre côté, j’ajoute qu’il est certains sujets chez lesquels la bronchite chronique n’amène jamais le funeste résultat que nous signalons, et c’est là un des faits qui prouvent le plus clairement quelle est la valeur de la prédisposition dans la production des tubercules.

Lorsque la bronchite chronique est caractérisée par une abondante expectoration de crachats muqueux ou séreux, ou séro-muqueux, elle peut, en l’absence de toute réaction fébrile et de toute tuberculisation pulmonaire, amener un dépérissement extrême, un épuisement considérable des forces. Il est bien rare cependant de voir succomber les

malades par le fait seul de cet épuisement; mais la dyspnée peut devenir considérable, le catarrhe affecter, comme on dit, la forme suffocante (catarrhe suffocant), et alors l’état d’épuisement hâte nécessairement la terminaison funeste (i).

§ IV. Causes.

Ce que nous avons dit des causes de la laryngite commune est exactement applicable à la bronchite. La bronchite normale , le véritable catarrhe bronchique, la fièvre catarrhale de quelques anciens auteurs, se développe sous l’influence de l’impression du froid, surtout lorsqu’elle s’exerce sur le corps préliminairement échauffé.

L’application sur l’économie animale d’un air froid et humide, longtemps prolongée, comme, par exemple, quand il règne d’épais brouillards, pendant plusieurs jours, produit ces épidémies connues sous le nom de grippe , dont la bronchite est, sans contredit , l’un des principaux éléments. Cette constitution atmosphérique influant directement à la fois et sur la peau et sur la membrane muqueuse respiratoire, et par suite sur toute la constitution, doit imprimer, comme elle imprime réellement, un cachet spécial à la bronchite dont elle détermine le développement.

Considéré sous le rapport de son action purement locale sur la membrane muqueuse respiratoire, l’air froid saturé d’humidité n’agit pas uniquement à l’instar de l’air froid, soit sec, soit à son état hygrométrique normal. En effet, la membrane muqueuse respiratoire étant imbibable, elle retient une certaine quantité de 1 humidité, de l’eau dont l’air est surchargé. C’est pour cette raison que l’enchiffrènement nasal se manifeste si promptement et à

(i) Rappelons, à cette occasion , les faits rapportés par M. le professeur Andral , relativement aux accidents d’asphyxie que peut produire une excessive sécrétion des bronches.

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