‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 84 sur 119 · A N G 1. 1 0 N M'I I ; PULMONAIRE · texte numérisé non relu

A N G 1. 1 0 N M'I I ; PULMONAIRE

portions de lobules isoléthehl enflammées, et M. LtuilS professe une opinion diamétralement opposée (t).

III. Je regrette que l'espace étroit dans lequel je nie trouve resserré par la nature de cet ouvrage ne rtic permette pas d’exposer les recherchés de quelques autres auteurs, et notamment celles de M. llochoux , sur l’anniomie pathologique des tubercules à leur première période de développement. J’ajouterai seulement que selon ce dernier observateur, avant l’état de granulations miliaires décrit par Laënnec, on voit de petits points ou corps, d’un rouge acajou pale, dont les plus petits n’otit qüe ij\2 de ligne de diamètre.

Il résulte de ce qui précède que , dans l’état actuel de la science, on n’est pas même d’accord sur la partie la plus matérielle de la grande question de la tuberculisation pulmonaire, c’est-à-dire l’anatomie pathologique de ce que l’on désigne sous le nom de tubercules pulmonaires Pour dissiper toutes les incertitudes qui régnent encore sur cet objet, il est urgent de disséquer avec un nouveau soin les poumons tuberculisés. Mais cette méthode d’investigation ne suffit plus à l’anatomie pathologique bien comprise, à

(i) Relativement à l’opinion de M. And rai sur la cause de la forme grenue et arrondie des granulations, M. Louis s’exprime ainsi ; « M. Andral » fds pense que la péripneumonie a son siège dans les Vésicules bronchi- » ques, ce qui donnerait une explication toute simple de l’aspect grenu » des poumons dans cette maladie. Cette idée ingénieuse nous semble plus » qu’une hypothèse; car, quand on injecte les bronches, et que l’injection » a été poussée mollement, on trouve dans les poumons Une infinité de » petites masses qui, après avoir été divisées, offrent précisément l’aspect » grenu dont il s’agit; mais si l’injection a été poussée avec plus de force, » les poumons n’offrent plus qu’une masse compacte, où l'aspect grenu » est presque entièrement effacé. Cette double expérience ne semble-l » elle pas démontrer à la fois la cause île l’aspect grenu des poumons dans « la péripneumonie aiguë, et sa disparition quand la maladie a passé à n l’état chronique ? »

J'avoue que, avec toute la bonne volonté imaginable, cette double expérience ne me démontre pas cl’uné manière claire et satisfaisante la cause de l’aspect grenu dans la péripneumonie aigue , et sa disparition quand la maladie a passe' h l’état chronique.

564 PI1LEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, l'anatomie pathologique exacte : il faut de plus en appeler aux données et aux lumières du microscope et de l’analyse chimique (i). Grâce à l'emploi de toutes les méthodes rigoureuses d’observation, on cessera du moins quelque jour de disputer sur ce qu’il faut entendre positivement par les mots tubercule et matière tuberculeuse (?,).

IV. Les précédents passages extraits des ouvrages de MM. Andral et Louis s’appliquent particulièrement à lapremière période ou, comme on le dit encore, au premier degré des tuberculespulmonaires. llnous reste à décrire les altérations des deuxième et troisième degrés. Mais avant de nous en occuper, nous devons faire remarquer qu’en décrivant, à l’instar des auteurs cités, les tubercules pulmonaires, on ne donne réellement aucune idée précise du véritable état d’un poumon tuberculisé.

Nous regrettons que l’espace ne nous permette pas une description détaillée de cet état; nous ajouterons seulement que dans la tuberculisation complète d’un lobe du poumon (c’est le lobe supérieur qui se tuberculise le plus fréquemment), ce lobe ne crépite plus, ne ’

(1) Dans une thèse soutenue à la Faculté (te médecine, U y a quelques années, l’auteur annonce que M. le professeur Lallemand avait constaté dans la matière tuberculeuse les mêmes cléments chimiques que dans le pus. M. Nath. Guillot a énoncé une opinion semblable à celle du professeur de Montpellier. D’après les recherches de M. F. Boudel, les 7/ 10“ environ de la matière tuberculeuse sont formés par du chlorure de sodium et du sulfate de soude (les carbonates et les phosphates de chaux n’y figurent que pour une fraction minime).

(2) Un médecin anglais, le docteur Baron, avait émis l’opinion que tout tubercule est précédé dans son développement par une vésicule séreuse qu’il appelle une hydatide. Cette opinion n’a pas fait fortune.

Assez récemment, fondé sur des recherches microscopiques, M. Kuhn, contrairement à l’opinion de M. Andral, a assuré avoir trouvé dans le tubercule naissant les traces d’une véritable organisation. Iljirétend que le tubercule est formé d’une agglomération de corpuscules irréguliers, jaunâtres, auxquels il donne le nom de tissu tubcreux , corpuscules réunis entre eux par des filaments d’une extrême ténuité.

Tout cela ne prouve que trop combien laissent à désirer nos connaissances sur la constitution même du tubercule.

G A N G LION N ÎTC l't’l.MONAin I : .

contient plus d'air dans ses vésicules, qu’il est dur, lourd, pesant, hépatisé, absolument comme dans la pneumonie chronique , que celle-ci ait été primitive ou secondaire, ce que nous n avons pas à examiner pour le moment.

Le lobe supérieur ainsi tuberculisé adhère fortement à la région correspondante de la plèvre costale, ei ces adhérences sont telles, qu’il estplus facile de déchirer le poumon que de les rompre. Elles se transforment assez souvent en tissu fibro-cartilagineux, cartilagineux et même osseux, et coiffent alors le sommet du poumon d’une sorte de casque qui résonne comme un cornet quand on le percute. Les adhérences que nous signalons peuvent se rencontrer, d ailleurs, dans toutes les autres régions. Sans leur présence, les excavations tuberculeuses dont nous parlerons plus bas s’ouvriraient bien plus fréquemment dans la cavité de lu plèvre.

V. Le deuxième et le troisième degré consistent, d’après Laënnec, M. Louis, et la plupart des anatomo-pathologistes, dans le ramollissement , la fonte des tubercules, qui laissent à leur place des excavations ou cavernes plus ou moins considérables. D’après la théorie de M. Andral , les choses ne sepasseraient pas ainsi, puisque, selon ce savant observateur, la matière tuberculeuse proprement dite serait un produit de sécrétion, uns matière à l’état mou, même liquide dès son origine, et que les granulations pulmonaires de Bayle sciaient rouges et molles avant d’être grises et dures.

Si, au lieu défaire le roman des tubercules , on en traçait réellement l’histoire, on dirait tout simplement que dans le deuxième et le troisième degré de l’affection qu’on désigne sous le nom de tuberculisation pulmonaire, il s’opère un travail de suppuration et d’ulcération chroni ques, dont le résultat final est la formation de ces exca vations ulcéreuses connues sous le nom de cavernes tuberculeuses.

Quoi qu’il en soit, le nombre et l'étendue de ces cavernes

560 PIir.EGMASIEîi PT IRRITATIONS K N PARTICULIER, sont. très variables, Quand elles soin très multipliées, et qu’elles communiquent les unes avec les autres, il en résulte une sorte de labyrinthe anfractueux. Quelques unes n’ont que le volume d’une aveline ou d’une olive; d’autres pourraient contenir une noix, un œuf; il en est enfin qui pourraient contenir le poing.

On trouve dans ces cavernes, outre l’air, une quantité plus ou moins considérable, soit d’un pus véritable, bien lié, homogène, soit d’un pus grumeleux, tuberculeux (i). Dans quelques cas on a rencontré des caillots de sang, tantôt récents, tantôt anciensetcommençantàs’orgaijiser ; d’autres fois on y a constaté la présence d’un fragment de tissu pulmonaire (M. Louis).

La cavité des cavernes tuberculeuses offre ordinairement l’ouverture d’une ou plusieurs ramifications bronchiques, et elle est en général traversée par des espèces de brides, lesquelles ne sont autre chose que des portions de parenchyme pulmonaire induré. Cette cavité est tapissée le plus souvent par une membrane, dont les caractères varient selon son ancienneté et quelques autres circonstances. Récente, elle est molle comme les pseudomembranes ordinaires, facile à détacher; ancienne, elle s’organise en tissu cellule-fibreux ou même cartilagineux, et dans ce dernier cas elle offre un aspect brillant, nacré, parfaitement signalé par Laënnec. On pourrait, jusqu’à un certain point, comparer la membrane qui nous occupe à celle que présentent les plaies et les ulcères du domaine de la chirurgie, et que, depuis Delpech, on connaît sous le nom de membrane pyogénique et modulaire (2).

(1) Suivant M. Louis, c’est dans les cavernes récentes que se trouve la matière semblable au pus ordinaire, tandis que le liquide qu’il a trouvé dans les ( it\c(emies (surtout quand celles-ci étaient anfractueuses et dépourvues de fausse membrane) était verdâtre et grisâtre, d'un aspect sale et désagréable, ténu, d’une consistance moyenne, quelquefois souillé de sang...

(2) Quelquefois , mais plus rarement qu’on ne le pense généralement , on ne rencontre aucune espèce de membrane de formation nouvelle à la

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