‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 85 sur 119 · GANGLION MITE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

GANGLION MITE PULMONAIRE

Les cavernes tuberculeuses ont des parois plus ou moins épaisses, selon qu’elles sont plus ou moins voisines de la surface des poumons, et aussi selon qu’elles ont envahi une épaisseur plus ou moins considérable du parenchyme pulmonaire. Il est des cas où ces parois, en certains points, ne sont plus constituées que par la plèvre; et lorsque les adhérences dont nous avons parlé plus haut font défaut, il arrive quelquefois que ces cavernes se rompent et s’ouvrent dans la cavité de la plèvre, ce qui donne lieu à une communication fistuleuse entre celle-ci et les bronches que reçoit la caverne tuberculeuse. La pleurésie qui succède à cette rupture est. ordinairement suivie d’une mort prompte. Quelquefois néanmoins les malades survivent, et l’on observe alors les phénomènes de l’hydro-pneumo-thorax.

Nous aurions beaucoup à dire encore sur les cavernes, si nous analysions ici tout ce que nous avons constaté chez les individus que nous avons eu occasion d’ouvrir , mais ce serait dépasser les limites d’un ouvrage élémentaire.

Je n’oublierai pas, toutefois, de noter que, à la place des cavernes ci-dessus décrites , il vient un temps où l’on ne trouve plus que des espèces de dépressions-, de froncements , qui ne sont autre chose que le résultat de véritables cicatrices. En disséquant les points où se rencontrent ces dépressions (c’est presque constamment au sommet des poumons), on y rencontre ordinairement une matière crétacée, formant quelquefois de petits calculs, de petites concrétions du volume d’un pois ou d’une aveline , à surface plus ou moins rugueuse et inégale. Ces dépôts calcaires, ces sortes de cristaux accidentels formés au sein de la matière tuberculeuse dont la partie liquide a été réservée , sont ordinairement enkystés. Ainsi que d’autres observateurs,

surface des cavernes; alors cette surface est inégale, tomenteuse, comme déchirée, et rougeâtre.

568 PHLECMASIKS ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, j’en ai assez souvent trouvé chez des individus qui les portaient impunément depuis un grand nombre d’années, et qui avaient été enlevés par une maladie autre que la phthisie pulmonaire. Nous en avons rencontré au sommet des poumons de l’illustre auteur de Y Histoire des phlegmasies chroniques ; ils existaient certainement depuis longues années, et n’avaient donné lieu à aucun accident.

Il faudrait bien se garder de prendre pour des traces constantes de véritables cicatrices du tissu pulmonaire luimême, Vous les plissements ou froncements qu’on rencontre au sommet des poumons. Us ne sont souvent qu’un simple plissement mécanique , dû à la présence de jjseudo-membranes fibreuses ou cellulo-fibreuses développées dans cette ï'égion. Voici un nouvel exemple de l’erreur qu’on pourrait commettre à ce sujet. Le ^septembre i839,M. Hillairet, alors externe dans le service de M. Velpeau , m’apporte la portion supérieure d’un j3oumon provenant d un homme fort , ayant de l’embonpoint, mort accidentellement. Il y avait au sommet un très beau froncement qu’on avait pris au premier abord pour une cicatrice pulmonaire : erreur d’autant plus facile, qu’à l’intérieur même du tissu pulmonaire on sentait une dureté; mais en coupant la bride fibreuse, le pli du poumon s’effaça, et cette sorte de débridement montra clairement que la prétendue cicatrice n’était qu’apparente et non réelle: au-dessous d’elle , la plèvre et le tissu pulmonaire étaient à l’état normal ; quant à la dureté intérieure , elle provenait de la présence d un kyste tuberculeux. Par la pression, on fit sortir de ce kyste une matière blanche, tout-à-fait semblable à du plâtre humide, ou bien encore à la couleur blanche dont se servent les peintres. Il y avait donc bien eu tuberculisation dans ce point, mais il n’existait ]3as de véritable cicatrice.

Nous terminerons en insistant sur cette particularité qui n’a jm échapper à aucun des observateurs familiers avec l’étude de la phthisie pulmonaire, savoir, que la tu ber-

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