‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 86 sur 119 · GANGLION N 1TE PU L M O N A 1 1 U · texte numérisé non relu

GANGLION N 1TE PU L M O N A 1 1 U

cnlisation affecte une fâcheuse préférence pour le lobe supérieur du poumon. Dans les cas, d’ailleurs très communs, où l’affection envahit les autres lobes, elle y est , en général, moins avancécque dans le supérieur: c’est ainsi qu’on trouve alors celui-ci creusé de nombreuses et vastes cavernes, tandis qu’on ne rencontre que des granulations disséminées ou en masse et quelques petits foyers caverneux dans le reste du poumon. Chez un certain nombre de sujets néanmoins, j’ai, pour ma part, constaté l’existence de cavernes assez étendues pour contenir un petit œuf, dans les lobes moyen et inférieur du poumon droit, dans le lobe inférieur du gauche.

Pour la tuberculisation pulmonaire comme pour la pneumonie, il est bon de noter que quand elle est double, elle est presque toujours plus étendue et plus avancée d’un côté que de l’autre.

Je ne puis insister ici sur les nombreuses lésions que présentent, dans la presque totalité des cas, les bronches et les plèvres; je dirai seulement qu’elles sont essentiellement les mêmes que celles dont j’ai parlé à l’occasion de la description des caractères anatomiques, de la pleurésie et de la bronchite chroniques.

Chez presque tous les sujets ( et ils sont nombreux) dont j ai examiné les ganglions bronchiques, ces organes étaient augmentés de volume, luberculisés en partie (quelquefois même un ou plusieurs étaient en quelque sorte le siège d’une caverne tuberculeuse , c’est-à-dire qu’ils étaient transformés en une sorte de coque cartilagineuse ou osseuse remplie d’une matière purulente); ils étaient parfois le siège d un dépô: de matière crayeuse ou crétacée, indurés; ou y trouvait une grande quantité de matière noire, etc.

VI. Ce n’est pas seulement dans les poumons et leurs annexes que I on rencontre des altérations chez les individus qui succombent à la pbthisieou tuberculisation pulmonaire.

57 0 PHLEGM asies et irritations en particulier.

On en trouve aussi clans presque tous les autres viscères et clans les organes extérieurs eux-mémes. Mais je ne puis les décrire ici ; elles sont exposées clans les diverses parties de cet ouvrage relatives aux maladies des autres organes, tels que le larynx, le cœur, le foie, l’estomac, les intestins, la rate, etc. (dans ma Clinique medicale , j’ai insisté surla fréquence des traces d’une endocardite ou d’une péricardite plus ou moins ancienne chez certains phthisiques ).

Je ferai toutefois remarquer, avant de terminer, que la plupart des accompagnements dont il s’agit (à part lesaltérations qui dérivent nécessairement de la fièvre hectique ou de consomption que détermine le travail de tuberculisation pulmonaire) ne sont pas de rigueur, et en quelque sorte forcés , essentiels. Prenons, par exemple, l’un des plus remarquables de ces accompagnements, la tuberculisation et les ulcérations de l’intestin grêle. Eh bien, quelque commun que soit cet accompagnement, il n’est pas constant; et chez les individus dont on a convenablement dirigé le régime alimentaire, il manque assez ordinairement.

Au reste, autant que qui que ce soit, i’ai constaté par l’expérience et l’observation les plus répétées l’extrême facilité avec laquelle se produit la tuberculisation dans une foule d’organes divers chez les phthisiques, et rien n’est mieux démontré à mes yeux que l’existence de la diathèse et de la cachexie tuberculeuses ( i ).

(i) Dans les recherches de M. Louis sur la phthisie pulmonaire, après la description anatomo-pathologique de l’appareil de la respiration, on lit celle j° de l’appareil delà circulation ; 2°de l'appareil de la digestion; 3* des glandes lymphatiques ; 4° de l’appareil biliaire ; 5° de la rate; 6° de l’appareil des voies urinaires; 7°des organes ge'nitaux ; 8<> du péritoine; 9° du cerveau et de ses dépendances.

Dans le résumé qu’il a consacré aux lésions de ces diverses parties, M. Louis note que les unes étaient propres à la phthisie, et que les autres en étaient indépendantes. Parmi les lésions du premier genre « se trouvent, » dit-il, les ulcérations dularynx, et surtoutcelles delà trachée-artère et de » l’épiglotte; les ulcérations de l’un et de l’autre intestin, de l’intestin grêle n principalement; l’état gras du foie : de manière qu’en voyant une ujcé-

G A N fi U O N N I T E P U r . M O N A Ut E .

§ XI. Signes , symptômes et diagnostic.

Si je voulais retracer en detail tous les symptômes locaux et généraux que fournissent les méthodes exactes d’exploration, dans les différentes périodes de la tuberculisation pulmonaire, un volume entier y suffirait à peine. Dans un ouvrage élémentaire tel que celui-ci, je suis obligé de m’en tenir aux symptômes essentiels au diagnostic, et de n’esquisser en quelque sorte que les principaux traits d’une maladie dont nous avons étudié tous les détails et pour ainsi dire toutes les nuances sur plusieurs centaines de sujets (i). La complexité des affections qui se rencontrent chez les phtlii-

» ration dans l’un des organes qui viennent d’être indiqués, etc., on pour- » rait en quelque sorte affirmer, abstraction faite de toute recherche ul- » térieure, que le sujet est mort phthisique. » Celte assertion pèche par exagération. En effet, on peut trouver des ulcérations dans l’iptesiin grêle (je ne parle pas de celles de la fièvre c ntéro-mésentérique), voire même dans le larynx, chez des individus non affectés de phthisie pulmonaire. Je possède pour ma part quelques cas de ce genre.

M. Louis poursuit ainsi : « Une dernière lésion était propre aux phthi » siques : c’étaient les tubercules, quelque part qu’ils se trouvassent. Nous » n’en avons effectivernent observé dans aucun cas et dans aucun viscère n qu’il n’y en eût dans les poumons; de manière que leur existence dans » ces derniers organes semble une condition nécessaire de leur dévelop- « pement dans les autres parties » Voilà encore une généralisation trop absolue, et réellement forcée. En effet, on trouve quelquefois, et j’ai trouvé pour mon compte des tubercules mésentériques, des tubercules du péritoine, des tubercules des organes extérieurs , chez des individus dont les poumons étaient parfaitement exempts de tubercules.

M. Louis lui-même, à la fin de la page 179, où il a émis la proposition que nous discutons, dit qu’il a trouvé une exception à la règle qu’il vient d’établir. Nous nous plaisons à répéter que rien n’est plus commun que de rencontrer des tubercules dans plusieurs endroits à la fois, et que les poumons sont de tous les viscères ceux dans lesquels ils se forment le plus fréquemment; mais nous ajoutons que leur existence dans les poumons ne semble pas une condition absolument nécessaire de leur développement dans les autres parties

(1) Dans un ouvrage récemment publié, M. le docteur Jules Fotirnet s’est appliqué à décrire avec de grands développements la première période de la phthisie pulmonaire. On peut consulter les laborieuses et intéressantes recherches de cet auteur.

57 '1 l’ilLEGMASlES ET 1IÜUTATI0NS EN l'ARTICUUEB. siques a jeté beaucoup d’obscurité et de confusion dans la description de la plupart des auteurs , lesquels ont considéré comme appartenant aux tubercules eux-mêmes des symptômes provenant d’affections concomitantes. Que cette analyse est d'ailleurs délicate et difficile!

Dégagé de tout esprit de parti et éclairé par de longues recherches de clinique exacte, défalquez du tableau des symptômes assignés par les auteurs à la phthisie pulmonaire, tout ce (jui dépend de l'inflammation chronique des bronches, du parenchyme pulmonaire et des plèvres ellesmêmes , et vous verrez ce qui vous restera pour les tubercules pulmonaires considérés à part.

Pour l’étude des symptômes de la phthisie pulmonaire, nous conserverons la division de cette maladie en deux grandes périodes principales , correspondant l’une à ce que les auteurs désignent sous le nom de tubercules à Yclat de crudité, l’autre à l'état de fonte, de ramollissement des tubercules, état qui estsuivide la forma tionde cavernes plus ou moins étendues et plus on moins nombreuses.

Selon M. Andral (et en cela notre propre observation est entièrement conforme à celle de ce savant professeur), avant que i on observe les signes cpii annoncent 1 existence des tubercules pulmonaires, on remarque le plus ordinairement, mais avec des degrés variables de fréquence: i" une simple inflammation de la membrane muqueuse des voies aériennes, 2° une ou plusieurs hémoptysies; 3° une inflammation du parenchyme pulmonaire ou des plèvres (î). Pour éviter des longueurs et des répétitions que l’espace ne me permet pas, je laisserai de côté tout ce qui a trait aux signes de ces états morbides précurseurs,

(i) Il est bien rare, il faut en convenir, devoir la tuberculisation pulmonaire nnitre à la suite d’une pneumonie, et surtout d’une pleurésie aiguës, franches, légitimes; mais il faudrait réellement fermer les yeux à la lumière pour soutenir que l’on ne voit pas souvent, chez des individus prédisposés, un véritable rhume de poitrine ( catarrhe bronchique , bron-

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