I. Sympt dînes locaux
A. Première période.
i° Signes fournis par la toux , l'expectoration, la douleur, la gêne de la respiration. Toux sèche ou humide, selon que les tubercules coexistent ou non avec une affection catarrhale des bronches; peu ou point de dyspnée, si ce n’est dans certains actes, tels que l’ascension d’un escalier, la marche rapide , etc. Quelques crachements de sang plus ou moins abondants peuvent se manifester dans le coui s de cette période ; les douleurs de poitrine, particulièrement vers les épaules, sous les clavicules, etc., me paraissent coïncider avec ces pleurésies partielles auxquelles succèdent les adhérences dont nous avons parlé ailleurs.
2° Signes fournis par l auscultation. Ces signes diffèrent beaucoup, selon qu’il existe ou qu’il n'existe pas d inflammation de la membrane muqueuse des bronches, de la plèvre, etc. Malheureusement, je le répète, les auteurs ont indiqué les signes de l’ordre qui nous occupe, sans tenir compte de toutes ces importantes circonstances. Au reste, jusqu’à ces derniers temps , les auteurs qui se sont le plus spécialement occupés de la phthisie pulmonaire , tels que Laénnec et MM. Andral et Louis, avaient reconnu que l’auscultation ne fournissait que des signes assez peu importants pour le diagnostic de la première période delà phthisie pulmonaire. M. Fournet avant soumis ce sujet à
chite ordinaire) être suivi, quand il se prolonge , quand il est neyliyc , pour me servir d’une expression vulgaire, de la tuberculisation des poumons J’ai recueilli un si grand nombre de cas évidents de ce genre, qu’aucune espèce île doute à cet egard ne saurait exister dans mon esprit.
57 6 PHLEGMAS1ËS El’ IMITATIONS EN PARTICULIER, de nouvelles recherches, nous allons exposeï' les résultats auxquels il est arrivé.
a. Auscultation de la respiration. Augmentation d’intensité dans le bruit inspiratoire, dontla durée est quelquefois diminuée; ce bruit est sec, dur, rude, comme difficile dans sa production ; augmentation constante dans l’intensité et la durée du bruit expiratoire, lequel offre d’ailleurs la même rudesse, la même sécheresse, etc., que le bruit inspiratoire; l);
Les altérations de ce que M. Fournët appelle le timbre des bruits respiratoires consistent d’abord seulement en un souffle un peu plus c/aiV que le souffle naturel de l’inspiration ou de l’expiration; elles passent de là au timbre résonnant, puis soufflant, puis bronchique. Ces modifications apparaissent d’abord à l’expiration , puis s’étendent, plus tard, à l’inspiration.
b. Auscultation des râles. Les phénomènes que M. Fournet a décrits sous ce titre sont 1 e froissement pulmonaire , le craquement sec et le craquement humide. Ainsi que beaucoup d’autres observateurs, sans doute, depuis plusieurs années , et chez un très grand nombre de phthisiques , nous avons entendu les phénomènes ci-dessus indiqués (2) ; mais au lieu de désigner le premier sous le nom de froissement pulmonaire , nous l’avons rattaché, dans nos leçons cliniques, au froissement, pleural , dont nous avons étudié les diverses variétés avec une attention particulière, et nous ne rattachons point ce bruit aux râles proprement dits. U enestdemême des craquements secs, qui nous paraissent, du moins pour la plupart, constituer aussi des variétés des
(1) SI. F’ournet pense que le bruit respiratoire râpeux sur lequel M.Hirtz a beaucoup insisté dans sa thèse inaugurale, soutenue en i836, à la fa- ' culte de Strasbourg, n’est autre chose qu’au composé variable de plusieurs dès signes qu'il (M. Foùrnet) a décrits comme modifications de quelques unes des qualités primitives du son.
(2) On les trouve indiqués dans quelques unes îles observations de ma Clinique médicale.
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bruits qui proviennent du froissetriétit , du tiraillement qu’éprouvent dans les mouvements d’inspiration et d’expiration les adhérences cellule-fibreuses et fibro-cartilagineuscs qui se développent presque constamment au sommet des poumons des phthisiques. Quant aux craquements humides , c’est un bruit complexe qui nous a paru se passer à la fois et dans les ramifications bronchiques ou les caveinules commençantes et dans les pseudo-membranes organisées de la plèvre (il est un certain nombre de malades qui disent eux-mêmes, surtout quand on fixe leurattention sur cet objet, qu’ils éprouvent un sentiment de tiraillement, de craquement). Au reste, nous regrettons que l’espace et le lieu ne nous permettent pas d’exposer plus en détail les recherches nombreuses que nous avons (ailes sur ce point d’auscultation.
c. Auscultation (le la voix , de la parole, de la toux. Déjà dans la première période de la tuberculisation pulmonaire, on constate , au sommet de la poitrine, si, comme il arrive le plus souvent, les lobes supérieurs des poumons sont le siégé du mal , une augmentation plus ou moins notable de la résonnance normale de la voix simple ou articulée et de la toux (i).
3° Signes fournis paria percussion. Lorsque le sommet des poumons est devenu le siège d’une induration tuberculeuse assez prononcée, les régions correspondantes de la poitrine résonnent moins clairement qu’à l’état normal , et les
(i) 11 est à peine besoin de dire que ce phénomène tient à ce que le poumon infiltré de matière tuberculeuse ou parsemé de granulations miliaires, est devenu plus dense, meilleur conducteur du son qu’à l’état normal, à ce qu’il renforce les bruits. C’est pour la même raison que , comme nous l’avons avancé ailleurs, les bruits du cœur, chez les phthisiques, paraissent plus forts dans les régions sous-claviculaires que dans la région précordiale elle-même. Un grand nombre des phénomènes de l’auscultation tiennent à la lui ci-dessus, c’est-à-dire au renforcement des bruits naturels ou accidentel.': par des parties dont un état morbide quelconque a augmenté la propriété conductrice du son.
57 6 P11LE0M ASltvS ET I IMITATIONS KN PARTICULIER, doigts qui percutent éprouvent un sentiment de résistance inaccoutumé. C’est, plus particulièrement dans les régions sous et sus-claviculaires qu’il est facile de constater ces phénomènes: lorsqu’un seul poumon est tuberculisé, la percussion comparative des deux sommets delà poitrine en rend plus facile encore la constatation. Toutefois, ce n’est que par un long exercice qu’on apprend à bien apprécier les nuances les plus délicates de la résonnance et de la résistance an doigt.
4° Signes fournis par la palpation , /’ inspection et la mensuration. Sis ont peu d’importance dans la première période de la tuberculisation pulmonaire. INous reviendrons à ces méthodes d’exploration à l’occasion des symptômes de la seconde période.
B. Seconde période.
i ° Sû] nés fournis par la toux , la douleur , la gène de la respiration, [expectoration. Dans cette période, la toux ne fournit aucun signe positif., pas plus que dans Japrécédente ; il en est de même de la douleur. La respiration est constamment plus ou moins gênée, selon l’étendue de la tuberculisation, etquelquefois mêmeelle va jusqu’à l'oppression et à la suffocation, quand les malades se livrent à quelques mouvements un peu fatigants. Il est néanmoins des phthisiques qui , jusqu’à leur dernier soupir, n’accusent aucune gêne de la respiration. Mais si l’on compte alors 'es mouvements respiratoires, ou ne tarde pas à reconnaître qu’ils sont d’un tiers , de moitié même plus fréquents qu’à l’état normal.
La matière de l’expectoration ne doit être ici considérée (me dans ses rapports avec la tuberculisation elle-même et non dans ses rapports avec la bronchite qui l’accompagne si fréquemment, puisque nous avons étudié ailleurs ce sujet. Toutefois, cette distinction n’est pas aussi facile qu’on pourrait le penserait premier abord, car il arrive des cas où la matière fournie par les bronches et celle four-