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nie par les cavernes tuberculeuses sont tellement fondues et en quelque sorte combinées l’une avec l’autre, qu’on ne peut bien isoler ce qui appartient à l’une de ce qui appartient à l’autre. Les seuls crachats vraiment caractéristiques sont ceux qu’on appelle purulents ou puriformes : on les reconnaît aux caractères suivants : ils ont une teinte grisâtre, cendrée ou verdâtre, sont dilfluenls, de consistance de bouillie on de purée ; ils exhalent une odeur fade, comme spermatique, un peu nauséabonde. Ces crachats sont quelquefois teints en rouge sale, briqueté, par une petite quantité de sang; ils ont alors, comme on dit, un aspect sanieux ( 1 ).
La présence delà matière tuberculeuse proprement dite, a été quelquefois constatée dans les crachats. On est géné-
(i) Les expériences microscopiques pourront être très utilement pratiquées pour démontrer la présence du pus dans les crachats des phthisiques. Les recherches de M. Donné et autres ont appris à distinguer les globules du mucus de ceux du pus. [Cours de microscopie. Paris, i844r
Les réactifs et l’analyse chimiques sont aussi des moyens auxquels on pourrait recourir pour lasolulion du problème qui nous occupe. Malheureusement, les expériences faites jusqu’ici n’ontpas encore fourni des résultats satisfaisants ; mais en les poursuivant avec plus de persévérance, et en les variant convenablement, on finira par trouver les caractères que nous ne connaissons pas encore aujourd’hui. Après avoir rapporté dans les deux premières éditions de sa Clinique médicale les recherches de ce genre qui lui sont propres, M. Andral conclut par cette sentence d’Arétée : (hiicumque aut igné aut aquâ sputa explorant ac notant , hi liaud ita multum phtlioën mihi dignosccre videntur; namque visio quolibet atio sensu certior est. Cette sentence ne saurait être adoptée aujourd’hui dans toute sa rigueur.
Relativement à la plus ou moins grande solubilité des crachats dans l’eau , M. Andral a conclu de recherches qui lui sont propres que le mucus proprement dit se précipite moins facilement et moins promptement au fond de l’eau que le pus et la matière tuberculeuse, et qu’il ne trouble pas ce liquide, comme le font le pus et la matière dite tuberculeuse, qui lui donnent une teinte laiteuse.
Il y a quelques années (5 mars 1 838), on a publié dans le journal F Expérience les expériences et remarques faites par SL Cuet'erboch pour distinguer entre eux les crachats muqueux et les crachats purulents D’après
57 8 l’HLEGMASI üS ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, râlement disposé à considérer comme appartenant à cette matière ces petits grumeaux que Bayle comparait à du riz bien cuit. Toutefois, il conviendrait de faire quelques recherches nouvelles à l’appui de cette opinion , avant de l’accepter pour une vérité démontrée.
Dans certains cas, les crachats paraissent tenir à la lois et du pus véritable et de la matière tuberculeuse proprement dite, sans préjudice d'une certaine quantité de mucus (ce sont là les crachats composés par excellence). Les observations de M. Andral sur cet article étant conformes à celles que nous avons faites de notre côté, nous ne saurions mieux terminer que par le passage suivant de la Clinique médicale; passage précédé du récit de deux cas dans lesquels avait eu lieu l’expectoration , soit d 'une matière tuberculeuse ou d'un pus grumeleux provenant du ramollissement complet d'une grosse masse tuberculeuse , soit cf un liquide puri forme, d'un blanc verdâtre, au milieu duquel nageaient de petits fragments blanchâtres , friables , offrant l’analogie la plus parfaite avec la, matière que l'on trouve souvent dans les cavernes : « Le pus qui remplit certaines » cavernes est remarquable par sa couleur d’un gris sale , » cendré et quelquefois rougeâtre (cette dernière teinte » parait due à une certaine quantité de sang qui lui est » unie). Ce liquide, qui a beaucoup d’analogie par sa con- „ sistance, sa couleur, et son odeur ordinairement fétide , » avec le pus sanieux qui s’écoule d’anciens ulcères de » mauvaise nature, ou de certaines tumeurs des articula- » tions (i), est évidemment sécrété par les parois mêmes
cet auteur, il existe en grande quantité dans le pus une matière grasse qui ne se trouve point dans le mucus, et à laquelle il doit la propriété de brûler avec une flamme comparable à celle des corps résineux. Les crachats des phthisiques i ajouie-t-il, brûlent comme le pus h l'état de pureté , ce qui les distingue facilement de l’expectoration catarrhale. Nous donnons cette conclusion pour ce qu’elle vaut.
(i) On peut aussi comparer ce pus à celui que contiennent les abcès froids des sujets scrofuleux.
GAiNGLlONNlTIv PULMONAIllt.
» des cavernes; le plus ordinairement, de petits {;rimieaux » d’un blanc mal, débris de la matière tuberculeuse , sont » suspendus au milieu de ce liquide. Les crachais de plu- » sieurs phthisiques sont quelquefois formés en partie ou » en totalité par la matière que nous venons de décrire.... » Ce genre d’expectoration , incontestablement le plus ca- » ractéristique, est lindice que le malade est parvenu au » degré le plus avancé de la consomption pulmonaire. On » voit alors quelques phthisiques auxquels il suffit de se » coucher du côté opposé à celui où existent les plus larges » excavations tuberculeuses pour rejeter sur-le-champ et » en très grande quantité à la fois le liquide qui les rem- » plit; on dirait un épanchement pleurétique qui se fait » jour tout-à-coup à travers les bronches (i). »
On trouve quelquefois dans les crachats des phthisiques de petites concrétions crétacées, calcaires, telles que nous les avons précédemment décrites ; quelquefois aussi une sorte de détritus du tissu pulmonaire lui-même.
Enfin, dans le cours de la période que nous étudions, il survient assez souvent des hémoptysies plus ou moins abondantes. Dans un cas de ce genre où 1 hémoptysie fut promptement mortelle et comme foudroyante, nous trouvâmes une vaste excavation tuberculeuse remplie de sang récemment coagulé.
2° Signes physiques fournis par l’ auscultation, la percussion, la palpation, l'inspection et la mensuration. Ce qui caractérise essentiellement la période qui nous occupe, c’est la présence de cavernes tuberculeuses. Les signes physiques au moyen desquels on peut reconnaître celle-ci doivent donc fixer plus particulièrement notre attention. Toutefois,
(r) Suivant M. Kuhn, « à l’époque où les crachats des phthisiques ne » sont point encore purulents, et où, par la simple inspection à l’œil nu, » on ne saurait les distinguer des crachats de la bronchite, le microscope » y fait découvrir le même tissu tubéreux qui fait la base du tubercule. » Ces expériences ont besoin de vérification,
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nous ne négligerons pas ceux qui indiquent les autres altérations que l’on rencontre chez les phthisiques.
a. Auscultation. Supposons d’abord que les cavernes ont une étendue moyenne ou au-dessous de la moyenne (i).
Lorsque la caverne est vide, on entend dans la région qu’elle occupe un bruit de souffle très fort (souffle caverneux), dont une des variétés les plus remarquables ressemble au bruit que l’on produit en soufflant dans une carafe vide, ce qui l’a fait désigner sous le nom de souffle ou de respiration amphorique. Si l’on fait parler ou tousser les malades, la toux et la parole retentissent fortement, et font en quelque sorte mal à l’oreille. Laënnec a donné le nom de pectoriloc/uie à ce retentissement de la parole provenant de l’existence d’une caverne tuberculeuse (2). Dans quelques cas où les excavations sont très considérables, on entend pendant les fortes inspirations et expirations, mais surtout pendant la toux, un tintement métallique toutà -fait semblable à celui qui se rencontre dans les cas où la cavité de la plèvre communique avec les bronches ( Voy. Pneumo-thorax et Hydro-pneumo thorax). En ce moment même, nous avons dans notre service un phthisique chez lequel on entend parfaitement le tintement métallique dont il est question.
Si la caverne est pleine, on entend pendant l’inspiration et l’expiration un râle humide à bulles très grosses : c’est le râle de gargouillement ou le râle caverneux , phénomène
(1) Nous rappellerons ici que les cavernes se rencontrent le plus ordinairement au sommet des poumons. C’est donc là qu’il convient surtout de chercher les signes physiques que nous allons exposer. C’est particulièrement dans les re’gions claviculaire, sus-claviculaire, et surtout sousclaviculaire qu’ils se rencontrent.
(2) Le phénomène remarquable dont il s’agit tient à ce que l’excavation pulmonaire et 1 induration du tissu qui l’environne sont des circonstances ou des conditions physiques dont le propre est île renforcer les sons qui se produisent dans les parties malades, ou qui sont transmis par elles.