‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 89 sur 119 · G A N G LI ON N IT1Î PULMONAIRE · texte numérisé non relu

G A N G LI ON N IT1Î PULMONAIRE

dont l’explication se présente d’clle-même (i). Ce râle imite aussi quelquefois le phénomène connu sous le nom de glou-glou.

b. Percussion. Si l’on percute la région de la poitrine correspondante à une vaste caverne vide , on obtient un son creux, caverneux, un peu lympanique , et en même temps un tintement particulier , qui , en raison de sa ressemblance avec le tintement que l’on produit en percutant un pot fêlé, est désigné sous le nom de tintement de pot fêlé. Pour que ce phénomène, sur lequel M. le docteur Martinet a, le premier, appelé l’attention des observateurs, se produise dans toute sa force et toute sa netteté, il faut faire entr ouvrir la bouche au malade pendant la percussion (2).

Lorsque la caverne est pleine de liquide, la percussion donne un son mal. Quand elle contient de l’air en même temps que‘ du liquide, la percussion donne le son huraorique, et ce bruit se mêle au tintement de pot fêlé que nous venons de signaler tout-à-l’heure. Quand la caverne est pleine, la résistance au doigt est plus marquée que quand elle est vide.

c. Palpation. Le toucher fait percevoir quelques uns des signes dont nous parlerons à l’occasion de la méthode de ( inspection Quant à ceux qui ne relèvent que du premier de ces sens convenablement appliqué, j’avoue n’avoir pas encore suffisamment étudié cet objet, et je ne trouve

(1) On donne le nom de râle cavcrnuteux à celui qui se passe dans les petites cavernes ; il ne diffère pas notablement dit gros râle muqueux ordinaire.

(2) On a trop généralement cru jusqu’ici que le tintement êe pot fêlé ne se rencontrait que dans les cas de caverne pulmonaire , et jai moimême longtemps partagé celte opinion. C’est pourtant une erreur. Depuis quatre à cinq ans, j’ai constaté et fait constater cinq ou six fois au moins un tintement de ce genre chez des individus qui n avaient point de ca-

verne.

582 PHLF.GMASIISS ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, rien de bien satisfaisant sur ce point dans l’ouvrage que vient de publier M. le docteur Fournet. J’ai étudié dans plusieurs maladies des organes respiratoires, telles que la pleurésie, la pneumonie, la bronchite, entre autres, les curieuses modifications qu’éprouve le frémissement vibratoire qui se produit naturellement dans les parois pectorales quand l’individu parle, chante, crie, tousse, etc., le frémissement vibratoire accidentel qui accompagne les mouvements d’inspiration et d’expiration dans les cas de râle ronflant, sibilant, de frottement pleural, etc., etc., mais je n’ai pas, je le répète, appliqué suffisamment la méthode de la palpation à l’étude des phases diverses de la tuberculisation pulmonaire.

d. Inspection et mensuration. Depuis plusieurs années que nous avons consacrées à la clinique exacte , nous avons fait un fréquent usage des deux méthodes ci-dessus indiquées pour le diagnostic d’un grand nombre de maladies des organes respiratoires, circulatoires, etc., et ce n’est pas sans un certain étonnement que nous lisons dans l’ouvrage de M. Fournet qu’avant \m on s est très peu senti de ces méthodes d'investigation.

Tout récemment, MM. Hirtz, Woillez, et après eux M. Fournet, ont heureusement fait l’application de ces précieuses méthodes au diagnostic de la phthisie pulmonaire. Si nous voulions consigner minutieusement ici tous les signes qu elles fournissent à l’observateur attentif et exercé, il nous faudrait y consacrer plusieurs pages. Nous ne parlerons que des principaux, étudiés à l’époque où la maladie est parvenue à son dernier degré. Ces signes sont les suivants :

i . Aplatissement , dépression de la région sous-claviculaire occupant quelquefois plusieurs espaces intercostaux, dépression qui rend plus sensible la saillie formée par les clavicules qui se détachent en quelque sorte complètement

ganglionmtf. pulmonaire.

du plan de la poitrine (on peut déterminer exactement le degré de cette dépression au moyen du cyrlomètre de M. le docteur Andry ).

L’amaigrissement général des phthisiques contribue sans doute, jusqua un certain point, à la production du phénomène que nous indiquons, ainsi qu’à la coarctation de la poitrine considérée dans son ensemble; mais telle n’est pas la principale cause de la dépression partielle dont nous nous occupons. Cette dépression s’opère par un mécanisme semblable à celui qui amène le rétrécissement de la région précordiale ou d’une portion de la poitrine à la suite de la résorption d’un épanchement péricarditique ou p le uré tique avec organisation de pseudo-membranes, sorte de tissu inodulaire doué d’une force de rétraction extrêmement considérable. Ce rapprochement est d’autant plus naturel qu’il existe presque constamment des adhérences organisées au sommet des poumons des phthisiques. Or, dans ces cas, les adhérences dont il s’agit sont très vraisemblablement la cause principale de la dépression que nous étudions. Je pense néanmoins que le retrait du poumon sur lui-même, par suite de l’évacuation de la matière tuberculeuse, de l’oblitération des vésicules pulmonaires, et des petites bronches, du travail de cicatrisation qui s’opère surtout dans les cavernes d’un petit volume, contribue à la production du phénomène qui nous occupe.

2. A la partie postérieure et supérieure de la poitrine on observe aussi un aplatissement, une coarctation plus ou moins considérable , et cette circonstance concourt à donner aux omoplates des phthisiques une forme saillante telle, qu elles semblent se détacher en manière d’ailes.

3. Dans son Traité de la. consomption , M. Clarck a remarqué que dans ia dernière période de la phthisie pulmonaire les régions sous-claviculaires sont presque immobiles pendant la respiration , et que , lorsque le malade essaie de faire une inspiration profonde , La partie supérieure du thorax ,

58<l PIILEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER. au lieu de se dilater avec facilité , comme cela, a lieu dans T état de santé, semble fortement retenue immobile (i). Cette remarque est parfaitement juste, et je l’ai confirmée par ma propre observation un très grand nombre de fois. Lorsque la tuberculisation n’existe que d’un seul côté, ou qu’elle y est beaucoup plus avancée que de l’autre, la différence de mobilité dans les deux côtés est on ne peut plus frappante.

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