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II. Symptômes généraux, sympathiques, ou constitutionnels

I. Dans les cas où la phthisie affecte une marche aiguë, elle est accompagnée d’une réaction fébrile semblable à cellequ’on observe dans les phlegmasies aiguës dont nous avons eu si souvent à nous occuper, et c’est là une nouvelle circonstance qui milite en faveur de l’opinion que nous avons adoptée sur le génie, le processus ou la nature inflammatoire delà tuberculisation pulmonaire. Alors on observe le plus souvent les symptômes d’une bronchite intense qui s’étend jusqu’aux capillaires bronchiques, et cette bronchite est probablement la cause principale de la fièvre ( fièvre catarrhale).

Mais la tuberculisation pulmonaire suit le plus ordinairement une allure ou marche lente , chronique, et il en est de même de la fièvre qui l’accompagne (ici, encore, nous

(i) M. Fournet dit n’avoir constaté d’une manière bien sensible la diminution des mouvements partiels de la poitrine, que dans les cas de dépression sous-claviculaire... Il ajoute que la diminution des mouvements partiels des régions sous-claviculaires , de même que la dépression de ces régions , ne peut que concourir au diagnostic des époques les plus avancées de la première période de la phthi.de ; qu’on ne peut indiquer d'une manière précise le chiffre de leur fréquence ; mais qu’on peut , à ce qu’il croit, poser en fait quelles sont appréciables chez le quart environ des sujets phthisiques au premier degré.

Parmi les causes de la dépression sous-claviculaire, AI. Fournet a noté, comme nous l’avons fait plus haut, la circonstance d’une pseudo-membrane coiffant le sommet du poumon.

voyons la même forme de réaction que dans les phlegmasies chroniques proprement dites ).

La fièvre lente, hectique , de consomption , dont la tuberculisation pulmonaire est la cause, ne différant pas essentiellement de celle qu’on observe dans une foule d’autres phlegmasies, nous ne devons pas y insister trop longtemps. Elle présente dans sa longue durée de grandes variétés d intensité; elle offre des paroxysmes, surtout le soir et le matin, et, comme dans les fièvres entretenues par un travail de suppuration, il survient de temps en temps des horripilations, des frissons. Des sueurs abondantes, tantôt générales, tantôt partielles, se remarquent chez la plupart des phthisiques, et nous avons constaté une éruption plus ou moins abondante de sudamina chez tous les individus qui ont éprouvé pendant un temps assez long de semblables sueurs. Lorsqu’elles sont excessives, elles contribuent à l’épuisement des malades, et on leur a donné le nom de colliqualives comme à certaines diarrhées qui surviennent dans les dernières phases de la phthisie pulmonaire. Pendant les paroxysmes, les pommettes rougissent, et la paume des mains est le siège d’une vive chaleur.

IL La consomption cachectique que la tuberculisation pulmonaire entraîne à sa suite, quand elle parcourt en quelque sorte normalement ses diverses phases , est , si l’on peut ainsi dire, une consomption modèle , et c’est de là que vient ce mot phthisie, qui souvent est employé seul pour désigner la maladie que nous décrivons, Les malades ne rendent le dernier soupir qu’après être parvenus à un marasme vraiment squelettique : ils n’ont plus, comme on le dit, que la peau et les os. En général, les malades rendent sans grande douleur, et quelquefois sans s’en apercevoir, le dernier souffle de vie qui leur reste : c’est un fait d observation que la plupart d’entre eux conservent même de l’espoir jusqu'aux derniers instants, et que la mort les

surprend au milieu de projets dont l’accomplissement exigerait la santé la plus florissante.

III. Il survient dans le cours delà tuberculisation pulmonaire et de la fièvre hectique qui l’accompagne une foule d’accidents et de complications dont on trouvera les symptômes dans les divers articles de cet ouvrage qui concernent ces maladies, tels que T inflammation chronique du larynx, de l’estomac, des intestins grêles, du gros intestin, les pleurésies et pneumonies intercurrentes, les affections diphthéritiques de la bouche et du pharynx, assez fréquentes dans les derniers temps de la phthisie pulmonaire, les abcès, les escarres, etc., etc. Nous devons nous borner ici à ce qui tient essentiellement à la tuberculisation pulmonaire elle-même.

IV. Dans la première période de la phthisie pulmonaire à marche chronique, la fièvre est souvent très légère, et même nulle lorsque la tuberculisation n’occupe qu une portion très circonscrite de l’un des poumons. C’est alors que certains malades continuent à vaquer à leurs occupations accoutumées.

Au contraire, lorsque la tuberculisation est arrivée à sa dernière période, quelle occupe la majeure partie d’un poumon ou des deux poumons, que les sommets de ces organes sont le siège de nombreuses et vastes cavernes, la fièvre est d’une grande intensité. La peau est chaude, brûlante , tantôt sèche, tantôt couverte de sueurs; le pouls bat 120, 124 fois et plus par minute, etc., etc.

doublions pas de dire que les diverses complications qui se sur-ajoutent à la tuberculisation pulmonaire constituent de nouveaux centres de réaction dont il faut savoir tenir compte, et souvent de nouveaux foyers d’infeciion purulente ou autre, dont les effets se combinent avecceux qui proviennent de la tuberculisation elle-même, et concourent ainsi à la dépravation humorale , à la cachexie

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universelle qui s’observe dans cette maladie. Grâce à ce consensus universel qui associe tous les organes , à ce perpétuel mouvement d’action et de réaction qui, dans le cours des maladies inflammatoires plus encore que dans l’état normal, agite incessamment l’économie vivante, comment analyser, démêler, disséquer, pour ainsi dire, d’une manière pleinement satisfaisante, les nombreux éléments qui se confondent pour donner naissance aux divers états morbides complexes soumis à notre observation? N est-ce pas là une sorte de cercle pathologique qui n’a ni commencement ni fin bien déterminés?

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