‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 92 sur 119 · GANGLION N 1TE PU LM ON AI HE · texte numérisé non relu

GANGLION N 1TE PU LM ON AI HE

(jauche. On peut se demander , dit M. Louis, s’ils étaient le résultat de la fonte de la matière tuberculeuse , ou d'une lésion différente. Cette réflexion de M. Louis prouve que, sous une certaine forme, la matière tuberculeuse réunie en petits foyers n’est pas bien différente de celle qui constitue certaines collections purulentes des poumons, telles qu’on en trouve, par exemple, à la suite des phlébites, particulièrement chez les individus qui ont subi de grandes opérations chirurgicales, qui sont en proie à une fièvre purulente. J’ai vu assez souvent des observateurs distingués et très versés en anatomie pathologique comparer ces petits abcès à des foyers de matière tuberculeuse, et j’avoue que moi-même j’ai plusieurs fois aussi fait cette comparaison.

Lamarche delà tuberculisation pulmonaire chronique est assez souvent inégale et comme interrompue en apparence, je veux dire qu’il est des époques où la maladie semble suspendre sa marche pour la recommencer ensuite. Ces sortes de stations ou de haltes de la tuberculisation pulmonaire sont subordonnées à une foule de circonstances hygiéniques ou autres. Ainsi, par exemple, il est des phthisiques dont la santé est passable pendant la belle saison , et qui, pendant l’hiver, au contraire, présentent à un haut degré les signes incontestables de la maladie qui les consume (cette recrudescence coïncide ordinairement avec des rhumes que cette saison détermine si facilement chez les phthisiques). On voit aussi les symptômes de la maladie s’amender, disparaître en grande partie sous l’influence d’un traitement bien dirigé, puis reparaître au bout d un certain temps après la cessation de ce traitement.

Est-ce à dire pour cela que la tuberculisation pulmonaire peut affecter une véritable marche intermittente? non , assurément. En effet, comme toutes les autres lésions organiques proprement dites, la tuberculisation pulmo naire offre certains phénomènes constants comme elles Mais, autour de ces phénomènes et de cette lésion à type

598 PHLEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, constant on continu, se groupent des phénomènes et des lésions accidentels, mobiles, qui peuvent tour à tour paraître et disparaître, et impriment ainsi à 1 affection principale une apparence d’intermittence. Il suffit de s’entendre sur la valeur des mots dont on se sert (1). On ne saurait d’ailleurs trop le répéter : les tubercules pulmonaires ne sont pas la maladie elle-même ; ils n’en sont que le résultat, le produit, le caractère anatomique , comme l’épanchement pleurétique n’est que le caractère anatomique, l’ effet de la pleurésie. Or, si le travail pathologique vital, sous linflnence duquel s’engendrent les tubercules , vient à cesser pour un certain temps, les symptômes locaux et généraux, dont il est le principe, le mobile et en quelque sorte l’âme , disparaîtront , et il ne restera plus que les symptômes essentiellement dus à la présence des tubercules déjà produits -, de même que lorsque le travail inflammatoire qui a produit un épanchement pleurétique s’est complètement éteint, tous les symptômes locaux et généraux suscités par ce travail cessent de se montrer, et il ne reste plus que ceux propres au produit de la maladie, à l'épanchement.

Ce n’est pas ici le heu d’exposer toutes les transforma-

(i) Avant nous, et dans des termes un peu différents , il est vrai, M. Andra] a parfaitement signalé la circonstance qui nous occupe. « La longue » durée de la phthisie pulmonaire, dit-il, est souvent due à ce qu’elle af- » fecte une véritable marche intermittente; on voit de temps en temps les » symptômes qui l’annoncent disparaître plus ou moins complètement, » puis se montrer plus tard , s’annoncer de nouveau pour se reproduire a encore, et ainsi de suite. Cette maladie nous offre ainsi l’exemple bien » constaté d’une lésion constante, qui, en raison de circonstances plus » ou moins bien appréciables, ne donne lieu qu’à des symptômes inter- » rnittents. Il semble que, pendant cette suspension complète ou incom- « plète de symptômes, les tubercules restent stationnaires dans leur dé- » veloppement, et qu’en vertu d’une sorte d’habitude, le parenchyme a pulmonaire n’est plus irrité par leur présence, à l’instar d’autres organes » qui supportent, sans trouble de leurs fondions, la présence de corps » étrangers. »

GANGLIONNITE PULMONAIRE.

tions, toutes les métamorphoses que les produits ou sécréta tuberculeux peuvent ensuite subir (i).

II. La duré scie la tuberculisation ou phthisie pulmonaire est infiniment variable selon une foule de circonstances. Nous ne possédons pas encore les données statistiques nécessaires à la solution complète de ce problème. Un espace de deux années a semblé à M. Andral être le terme moyen de la durée de cette affection chez les individus soumis à son observation dans l’hôpital de la Charité.

Sur cent quatorze phthisiques dont la durée de la maladie a été constatée aussi exactement que possible par M. Louis, les deux dixièmes et quelque chose de plus sont morts du premier au sixième mois de /' affection ; les quatre dixièmes, du dixième au douzième mois ; un peu moins du quart de la première à la seconde année , et un peu moins du cinquième, de la seconde à la vingtième.

Pour calculer les chances de durée de la phthisie pulmonaire avec quelque précision , il faudrait catégoriser les cas si variés qui peuvent se présenter à l’observation. Les principales hases de cette catégorisation seraient relatives à l’étendue, à la marche aiguë ou chronique de la maladie, aux complications, à l’âge, au sexe, à la profession, aux saisons, aux climats, aux diverses espèces de traitement, etc., etc. On sent combien est long et difficile un pareil travail. Il est bien plus expéditif et p'us commode de déclarer tout simplement que les faits de la médecine ne comportent pas l’application de la méthode du calcul ou de la statistique.

(i) M. E. Boudet a récemment (i 843) publié un travail sur cette partie spéciale de l'histoire des tubercules. Selon lui, toutes les terminaisons des tuberculesse induisent à quatre: i " séquestration ; 2n induration avec cohésion diminuée ou augmentée; induration calcaire; 3D absorption ; 4° élimination. M. Boudet note, avec beaucoup de raison , que la transformation calcaire est une des plus communes.

600 phlegmasies et irritations en particulier.

§ V. Traitement.

On a composé des volumes sur le traitement de la phthisie pulmonaire, et le nombre infiniment varié de méthodes et de moyens qu’on a proposés ne prouve que trop l’incertitude et l’impuissance de l’art, tel qu’il a été compris et appliqué jusqu’ici.

Nous allons, avec autant de concision que possible, exposer les règles du traitement de la tuberculisation pulmonaire, conformément aux principes et aux indications qui dérivent de la doctrine que nous avons exposée sur le fond, le caractère essentiel ou la nature de cette maladie.

Pour être clair, il faut distinguer les cas.

I. Occupons-nous d’abord du traitement de la phthisie dite constitutionnelle , spontanée, héréditaire ou non.

Rien n’est plus scabreux que ce traitement. En effet, chez les phthisiques qui présentent une évidente prédisposition constitutionnelle, innée ou acquise, à la tuberculisation pulmonaire (i) dont ils sont atteints, celle-ci n’est, pour ainsi dire, qu’un élément, qu’une fraction de la maladie, la constitution elle-même étant un véritable état morbide. La première indication serait même, dans ce cas, de refaire en quelque sorte la constitution , de l’améliorer, du moins. Or, beaucoup des moyens qu’il faudrait employer pour y parvenir, dans des limites toujours fort étroites, seraient contraires à ceux que réclamerait la tuberculisation pulmonaire en elle-même. En effet, d’une part, l’état constitutionnel qui prédispose à la tuberculisation en général et à la tuberculisation pulmonaire en particulier, est, comme on sait, et dans le langage vulgaire, marqué au coin de la faiblesse , de l'asthénie. D’autre part, quelque sourde et lente que soit la phlogose dans la tuhcr-

(1) On sait que le plus souvent il existe des tubercules ailleurs que dans les poumons ; mais ici nous nous occupons spécialement de ceux des poumons et non des tubercules en ge'néral.

( ; A N G LION N IT 1 : P l ; LM ON AIR E .

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