‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 94 sur 119 · GANGLIONS* [TE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

GANGLIONS* [TE PULMONAIRE

pour la solution de laquelle M. le docteur Fournet vient de publier un ouvrage remarquable, reste encore indécise. En attendant que des faits exacts (bien exacts dans toute la rigueur de ce moi) aient prononcé, nous croyons devoir dire que plusieurs observations recueillies par nous depuis quelques années nous semblent laisser entrevoir des espérances. Mais qu’on n’oublie pas que le problème restera sans solution définitive jusqu’au moment où les observateurs, vraiment dignes de ce beau nom, seront d’accord, et sur ce qu’il faut entendre par tubercule , matière tuberculeuse , tuberculisation , et sur les signes au moyen desquels on peut diagnostiquer positivement les tubercules pulmonaires au premier degré.

Revenons maintenant à la tuberculisation déjà parvenue au second degré confirmé , à la période où s’établissent des cavernes. J’ai dit qu’à ce degré la tuberculisation était incurable, si elle occupait une étendue considérable. J’ai bien pris soin de poser cette dernière condition ; car il est démontré par un nombre assez imposant de faits qu’une tuberculisation partielle, très circonscrite, peut se terminer par la guérison, soit qu’il ne reste plus comme trace du foyer de tuberculisation qu’un amas de matière crayeuse, de petites concrétions de phosphate calcaire avec ou sans présence de kystes, soit qu’il existe une véritable cicatrisation d’une caverne avec ou sans adhérence réciproque des parois opposées de cette caverne. Aux cas de ce genre qui ont été recueillis par Laënnec, M. Andral, etc., j’en pourrais joindre quelques autres que j’ai recueillis de mon côté (i).

De ce que la phthisie pulmonaire étendue ne saurait être radicalement guérie par les moyens dont nous pouvons

(i) Le dépôt d’une certaine quantité de matière crayeuse ou plâtreuse au sommet des poumons, avec froncement etdépression dans le point correspondant, a été constaté un grand nombre de fois par quiconque est un peu familier avec les recherches d’anatomie pathologique; et cela se rencontre chez des individus qui , au moment de leur mort, n offraient aucun

60 è l'IJLEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICRL1ER. actuellement disposer, on aurait tort d’en conclure qu’on ne peut pas soulager les malades par un traitement bien entendu, tant local que général, tant hygiénique que pharmaceutique. Dans un bon nombre de cas , il nous est même souvent arrivé de faire disparaître le mouvement fébrile, la toux, la dyspnée (dans l’état de repos du moins), de réduire, en un mot, les symptômes à leur plus simple expression; mais cette amélioration n’a été que momentanée. Bien des malades ainsi soulagés, débarrassés de leur rhume, se croyaient guéris à leur sortie de l’hôpital. Tl y a quelques années, j’ai traité dans la ville, conjointement avec M. le docteur Jules Pelletait, un jeune homme qui offrait les signes d’une phthisie au second degré, et il repartit pour la province dans un tel état d’amélioration, (pie, pour son compte, il se croyait guéri ou à peu près.

Les moyens que nous employons dans les cas dont il s’agit ne diffèrent pas essentiellement de ceux dont nous avons parlé à l’occasion du traitement des inflammations chroniques des bronches, de la plèvre et du poumon: saignées locales et générales quand les forces le permettent encore, vésicatoires, cautères, pommade stibiée, boissons et potions béchiques, balsamiques (baume de tolu , etc. ) , astringents ( lichen , etc. ) , etc.

Plusieurs de nos malades ont été soumis aux inspirations chlorurées, narcotiques, etc., dirigées par M. Richard luimême. Ces moyens ont concouru souvent au soulagement des malades; mais ils sont impuissants, comme les autres, dans les cas qui nous occupent. Il importe de ne pas s’abuser sur leur degré d’efficacité.

il en est de même des préparations ou des émanations

des symptômes de la phthisie pulmonaire. Je rappellerai ici que nous rencontrâmes la lésion dont il s’agit à l’examen du corps de Broussais.

Depuis dix ans environ, il est sorti de mon service (rois ou quaire individus chez lesquels nous croyons être assuré qu’une excavation tuberculeuse bien constalee s’est terminée par cicatrisalion.

Page 1