CHAPITRE CINaUIÈME
§ I. — Comté, puis duché de Luxembourg^,
C'est sous le règne d'Henri VII (1288-1509), plutôt que sous son prédécesseur, que se montre, à côté des anciens petits deniers d'argent, la première grosse monnaie luxembourgeoise. On possède, de ce prince, Xtgros au c/za/e/ à tourelles bifurquées (type brabançon), le gros au lion dans Vépicycloïde imité de celui de Robert de Béthune, ]q petit gros à l'aigle copié sur les pièces de Gui de Dampierre, mambour du pays de Liège, \q petit gros avec son tiers, son quart et son obole à Técu luxembourgeois, le petit gros au cavalier et Vesterlin à la tète de face. Ses ateliers étaient installés à Luxembourg, à Poilvache ou Méraude, à Bastogne, à Durbuy et à Thionville; mais on ne connaît qu*un piéfort du petit gros à l'aigle qui ait été fabriqué dans cette dernière ville. L'aigle est déjà couronnée ; en effet, le 15 novembre 1308, Henri VII reçut à Rome la couronne impériale.
Ordinairement, le comte s'intitule sur ses monnaies : HENRICVS COMES LVCÊBVRGËSIS. Sur un gros au châteL il ajoute: ET RVPE (nsis=^àQ la Roche). Un tiers de gros à lécu l'appelle COMES DE DVRBVENSIS (Durbuy); un esterlin frappé à Méraude, à la fin du règne, porte: HENRICVS ROM-REX; enfin, sur quelques autres espèces, le comte de Luxembourg est en même temps MARCHIO ERLON (marquis d'Arlon).
Jean l'Aveugle (i 309-1 546), le successeur d'Henri VII, devint roi de Bohème en 1 309 par son mariage avec Elisabeth, fille de Wenceslas. C'est lui qui fit frapper les premières monnaies d'or, le florin au lis, la chaise, le royal et peut-être le mouton d'or aux types français ; mais rien ne nous dit que ce sont des monnaies luxembourgeoises; il faut donc les réserver à la Bohème. De nombreuses pièces d'argent ont été fabriquées sous ce règne : petits gros à l'aigle^ conformes à ceux