‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 2)Chapitre 20 sur 165 · I. R. Serrure, Annuaire de la Société de Ntnn · texte numérisé non relu

I. R. Serrure, Annuaire de la Société de Ntnn

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de 1 evêquede Liège, Adolphe de La MsLVck, gros et double tiers de gros au lion sur le modèle de ceux de Louis de Crécy, plaque et demiplaque lorraine aux quatre lions dans un quadrilobe, demi-gros au même type et petits gros à l'écu écartelé, les deux d'origine brabançonne; petits gros au cavalier, esterlins à la tèle de face, à Técu aux quatre lions ou à l'écu aux deux lions, etc.. sans compter le gros à la couronne, le double parisis et le double tournois de type français. L'abondance des e5/er//>25 luxembourgeois en Angleterre y a fait naître le mot lussebournes qui désignait toutes les pièces imitées de l'esterlin anglais. Les ateliers de Jean l'Aveugle étaient: Luxembourg (fig. 1655), Marche-en-P^amenne (fig. 1634), Damvillers et Méraude ou Poilvache. En

Fig. 165J

Fig. 1634

1 342, le comte se trouvant à Verdun signa avec Henri IV, comte de Bar. un traité par lequel les deux princes s'engageaient pour trois ans à monnayer à profits et à frais communs. La charte d alliance stipule que les souverains contractants pourront monnayer chacun dans deux villes de leurs possessions : « c'est assavoir, pour nous roy de Bohème en nostre ville de Lucembourg et en nostre ville de Damvillers... et pour nous comte de Bar en nostre ville de Saint-Mihiel et en nostre ville de Sten ou ailleurs ».

Les pièces frappées en vertu de cet accord sont de grandes plaques à

reçu, des fractions de plaque, gros tournois (fig. 1635) etc.; elles portent les noms de Jean et d'Henri, parfois avec MORETA SOCIORVM. Les plaques sont d'un type particulièrement remarquable; leur avers présente un écu écartelé de Luxembourg et de Bar, entouré de trois couronnelles et placé dans un quadrilobe; au revers, une croix brève est cantonnée de quatre couronnes et ceinte d'une double légende. Ce type a été imité

en Lorraine, dans lëvêché de Metz, dans le Comté de Chiny et dans la seigneurie de Saint-Vith.

Une seconde convention monétaire, dont nous parlerons au chapitre relatif à Namur, fut signée, entre 1337 et 1 545, par le roi de Bohême, le comte de Namur et Tévèque de Liège.

Jean l'Aveugle emploie toujours la formule DEI GRATIA, par la grâce de Dieu. Il s'appelle lOHANNES REX BOEMIE; sur quelques esierli'ns: ET POLO(nie).

Charles IV (1346-135^), fils aîné de Jean, lui succéda au comté de Luxembourg et au royaume de Bohême. Le 10 juillet 1346, il fut élu roi des Romains. Luxembourg, Arlon, Damvillers sont ses officines. On a ses chaises d'or et peut-être ses Jlorins d'or au lis, à moins que ce ne soient des pièces bohémiennes. En argent, il continue ou plutôt fait continuer par son oncle, Tarchevôque de Trêves, la fabrication dos plaques à iécu avec leurs subdivisions, des gros à l'aigle, etc.

Vers 1353, Charles IV céda le comté de Luxembourg à son frère Wenceslas I (1353-1583), qui obtint, dès le 13 mars 1354, l'érection de ses États en duché. L'année suivante, la mort de Jean IH le fit souverain du duché de Brabant, du chef de sa femme Jeanne, fille et héritière du défunt. En 1 ^64, il acquit le comté de Chiny.

Le duc de Luxembourg monnaya dans sa capitale, à Yvoix et à Musson (MORETA: MOVZADIES)- Comme monnaie d'or incontestablement luxembourgeoise, on peut citer un florin au buste sous une arcade, sur lequel on lit : WERQEL' LVGE' DVX — SACRI • IMPGRIImARGbZCET.

Les principales monnaies d'argent du règne sont les suivantes: grox à l'écu écartelé dans un trilobé, gros à lécii heaume, gros aux deux écus sous une couronne (^ croix formée par quatre V), les subdivisions de ces diverses pièces, tiers de gros au lion ou aux lettres WENC sous une couronne, esterlins à Técu écartelé, copiés sur ceux de son beau-père. Fin billon, le duc frappa des deniers et de jolies oboles tournois (TVRONVS LVCEB) (fig. 1656) de type français.

Fig. 1636

Vers 1 560, Wenceslas conclut un traité monétaire avec Bohémond de Saarbrûcken, archevêque de Trêves (1354-1362), pour l'émission de plusieurs espèces de même forme et aloi : doubles florins ci florins

d'or sur le pied de Mayence, gros^ pièces de 18 deniei^s, esterlins, etc. Il ne nous reste que des gros, demi-gros et quarts de gros d'argent aux légendes WinC€L • DVX • ET • BOEMVD' • ARCbPS — SOCII • IST • MOR€T€ • FC€ • LVC€BVR(d'. Comme type, les gros et demi-gros ont Técu de Trêves-Luxembourg ccartelé et placé dans une épicycloïde; ïqs quarts de gros ont deux petits ccussons entre deux molettes. En 1 371, le traité fut renouvelé avec le successeur de Bohémond, Conon de Falkenstein (i ^62-1 588), mais aucune monnaie de cette alliance n'a été retrouvée.

Wenceslas II, fils de Charles IV et déjà roi de Bohême et roi des Romains, succéda (i 383-1 388( à son oncle dans le duché de Luxembourg. Son Jlorin d'or au saint Jean porte, autour du saint, le mot LVCERBVRGEP/ et au revers, laigle romaine. Pour ses espèces d'argent, frappées toutes à Luxembourg même, il conserva d'abord le type des deux écus sous une couronne, créé par son prédécesseur, puis, pour les gros tt demi-gros, un nouveau coin, très beau, fut adopté: d'un côté l'aigle, de l'autre, un petit écu luxembourgeois surmonté d'une énorme couronne. Le duc ne prit sur ses monnaies que le titre de roi de Bohême. En 1 388, il donna, sous forme d'engagement, son duché à son cousin Josse, marquis de Moravie.

Josse de Moravie (1 388-1402), dans son officine de Luxembourg, a fait monnayer une belle série de pièces d'argent avec l'écu écarlelé aux deux lions et aux deux aigles. Sur les plus grandes, l'écu est placé dans un encadrement formé de trois arcs et de trois angles; sur les plus petites il y a deux écus accolés. Ces pièces sont d'une gravure exceptionnellement soignée; les lettres ont une régularité parfaite et deux d'entre elles, l'O et l'cD, laissent voir dans leur ouverture les traits d'un visage finement dessiné. Josse s'intitule lODOC': œARCb: ZiDNS: MORAVIE, ou lODOC MORAVr.

En 1402, Wenceslas II retira le Luxembourg à son cousin pour l'engager à Louis, duc d'Orléans. C'est à la lieutenance du frère de Charles VI que nous attribuons les gros et fractions de gros qui portent le lion sur champ burelé, avec l'écu impérial en cœur, mais qui sont frappés au nom de Wenceslas. En môme temps, Huart d'Autel,^ châtelain de La Roche (en allemand der welsche Fels), reçut l'autorisation d'établir un atelier dans celte ville et d'y battre de la monnaie d'argent. Le gros au lion frappé à La Roche, analogue au cro;w5/eer/ de Jean sans Peur, porte, autour de la croix, la légende: MONETA: NOVA : FCT • WELI • FEILIS. ou WELSFEIL.

Après l'assassinat du duc d'Orléans, Josse reprit le gouvernement du duché (1407- 1 410), et c'est à cette seconde période de son règne qu'il faut classer les gros au lion sur champ burelé, frappés à son nom.

Antoine de Bourgogne, duc de Brabant (1409-141 5) et mari d'Elisabeth, fille de Jean de Luxembourg, duc de Gôrlitz, obtint de l'empereur Wenceslas la succession de Josse, destitué définitivement. Il continua rémission des gros au lion et de leurs fractions.

En 141$, Antoine périt à la bataille d'Azincourt. Sa veuve, Elisabeth de Gôrlitz, gouverna d'abord seule (141 5-1418), remplaçant sur ses monnaies le nom du défunt par ELISABET : D€l : GRA : LVCEB : DVCISSA. Mais en. 1418, elle épousa Jean de Bavière (1418-1425), évêque non sacré de Liège. Jean séjourna peu dans les domaines de sa femme, occupé qu'il était à organiser la Hollande, dont il avait été nommé lieutenant et héritier, Jilius Hollandiae, par la comtesse Jacqueline, sa nièce.

Le monnayage de Jean de Bavière' comme duc de Luxembourg comprend deux périodes au point de vue des types ; le système ne change pas, on frappe une seule pièce d'or: \e Jlorin; en argent: le gros, sa moitié et son quart, puis une monnaie de billon : le douzième de gros. De la première période (141 8 à 1424), nous avons:

|o Le fort n d'or. Saint Pierre debout tenant l'évangiliaire et la clef et ayant à ses pieds un petit écu de Bavière. Rev. Dans un quadrilobe angle : quatre petits écussons (Empire, Bavière, Luxembourg et Palatinat) autour d'un écu plus grand, écartelé de Bavière et de Palatinat.

2» Lq gros d'argent. Griffon tenant un écu écartelé de Bavière et de Palatinat. Rev. Écu de Luxembourg sur une croix pattée.

30 Le demi-gros d'argent. Écu écartelé. Rev. Écu de Luxembourg sur une croix longue.

40 Le quart de gros. Non encore retrouvé.

50 Le douzième de gros. Écu de Bavière. Rev. Écu au lion de Luxembourg.

Le 14 juillet 1424, Jean de Bavière afferma sa monnaie pour quatre ans à deux bourgeois de Francfort-sur-Mcin, qui devaient ouvrer les pièces suivantes :

10 Florin d'or rlténan. Le quadrilobe de l'émission précédente est remplacé par un

trilobé angle (drycompass), renfermant trois petits écussons autour d'un écu écartelé plus grand (fig. 1637). H valait le quart d'une couronne de France.

I. R. Serrure, Les monnaies de Jean de Bavière et de sa veuve Elisabeth de Gôrliti dans le Bull, métis, de numism., t. II, p. 1 30.

2» Gros luxembourgeois t valant le 22' du florin. Écu écartclé penché sous un heaume à plumes de paon. Au revers, grande croix chargée de l'écu de Luxembourg.

30 Demi-gros.

40 Quart de gros.

50 Dou^ihue de gros, dit leiveki n (lïoncçsiu). Le type de Tavers est un heaume avec couronne et cimier.

Jean de Bavière mourut le 6 janvier 1425. Le 2^ février suivant, Elisabeth de Gôrlitz ordonna aux maîtres des monnaies de ne rien changer aux types, mais de substituer son nom à elle : ELIZÀB' • D • G • DVCIS • BAVAR • Z • LVCE, à celui de son mari. La fabrication semble s'être bornée aux pièces d'argent et de billon.

Peu de temps après la mort de Jean, sa veuve fit cession de ses droits au duché de Luxembourg à Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et se retira à Dijon ; mais l'an 1451 elle reprit de nouveau l'administration du pays. A cette dernière partie de son règne se rattachent les gros et demigros sur lesquels une aigle aux ailes éployées est accostée des deux écus de Bavière et de Luxembourg, puis les douzièmes à l'aigle dans le champ. Le style et l'aspect de ces monnaies s'éloignent de la numismatique des provinces belges et se rapprochent beaucoup de celle des pays rhénans. Le Luxembourg ne fut cédé définitivement à Philippe le Bon qu'en i4;9. \}n florin dor anonyme, au Saint-André, ayant au revers les écus juxtaposés de Bourgogne et de Luxembourg, est la seule monnaie qu'on puisse attribuer à Philippe.

§ IL — Comté de Salm,

Le comté de Salm (Ardennes), dont la petite ville de Vielsalm était le chef-lieu, avait au xiv® siècle le droit de battre monnaie. La collection du vicomte de Jonghe à Bruxelles renferme un petit gros à l'aigle, au type créé à Alost par Marguerite de Constantinople et portant le nom d'Henri I V, comte de Salm (12801 559). Voici les légendes de cette pièce unique: HENRICVS COMES DE SALE— MONETA- SALEMIS.

§ IIL — Seigneurie de Saint-Vilh^.

La seigneurie de Saint-Vith se trouvait au \\\^ siècle, en même temps

I. H. Eltz, Seigneurie de Saint-Vith à propos de deux monnaies dans les Public, de r Institut de Luxembourg, 1874, p. 287 et suiv.

que les terres de Montjoie el de Butgenbach, dans la famille de Fauquemont.

Jean de Fauquemont (i 545-i3$2), fils de Walerand, y frappa des plaques imitées de celles du duc de Lorraine, Jean !•*% et des comtes de Luxembourg et de Bar (alliance de i H^)- Leur ccusson est écartelé à quatre lions, c'est-à-dire de Fauquemont et de Saint-Vith ; les légendes sont : lOHANNES (DNS DE ou) DE • MOYOII • ET • DE • BVTGBA' — MONETA • SANCTIVITL

§ IV. — Comté de Chiny'.

Le comté de Chiny était formé des cantons actuels de Florenville, de Neufchâteau, d'Étalle et de Virton, dans le Luxembourg belge, de Montmédy et de Carignan dans les Ardenncs. Depuis le mariage de Jeanne de Chiny avec Arnould IV de Looz (1227-1268), il appartenait à la maison de Looz ; mais son histoire monétaire ne commence qu'avec Lo u i s V ( 1 268- 1 299), dont on a Vesterlin (MONETA YVODI Y) et quelques billons (MONOIE D IVOIX) imités du royal paris is double de Philippe le Bel, tous frappés à Y voix, c'est-à-dire à Carignan. Son neveu, Arnould Vde Looz (1299-1510) fit frapper les mêmes espèces en y ajoutant une imitation du double tournois de Philippe le Bel où le fronton du châtel est entouré indifféremment de la légende Moneta duplex ou moneta simplex. 11 s'y appelle Arnoldus cornes sans autre indication, tandis que son gros loosam le qualifie de cornes de Los et de Chynei, Son petit gros à Taigle à deux têtes est copié sur celui de Gui de Dampierre, mambour du pays de Liège ; sur son esterlin à la tête de face, on lit simplement : moneta comitis.

Du règne de Louis VI (1310-1 5^6), fils du précédent, nous ne connaissons que le gros à l'aigle (MONETA NOVA DE YVEA), copié sur ceux de l'évêque de Liège, Adolphe de la Marck ; puis le demi-gros aux quatre lions, type créé par Jean III de Brabant, et une imitation du double parisis de France.

On n'a pas retrouvé de monnaie de Thierry de Heinsberg (i 556- 1550), neveu du précédent, mais l'existence, entre 1340 et 1349, des ateliers de Montmédy et de Neufchâteau est certaine.

Le dernier comte de Chiny qui ait frappé monnaie est Godefroid I'*'" (1350-1 355). Sqs plaques ci demi-plaques d'argent reproduisent celles des comtes de Bar, avec d'autant plus de fidélité que les deux truites adossées

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