Petite obole tournois
8. Pktes dont 4 vaudront un denier tournois et 5 un denier parisis. La ficte ou piU (MEAL PETITA) était la demi-obole, c'est-à-dire la monnaie la plus petite qui fût frappée au Moyen Age.
l^ période (1 337-1 343). — « La rupture entre la France et TAngieterre avait rendu la guerre imminente^ et le roi s'adressant à un grand nombre de villes n en avait obtenu que des subsides insuffisants. Malgré les engagements solennels pris aux premières années de son règne, il se laissa entraîner à chercher des ressources dans l'affaiblissement de la monnaie; pendant six ans et demi, jusqu'au 22 août 1343, ses ordonnances ne cessèrent pas de changer les espèces '. >►
Le I janvier 1337 (n. st.), Philippe VI ordonne la fabrication de monnaies nouvelles sur le pied de 60 gros tournois d'argent-le-roi au marc de Paris. Le rapport de Tor à l'argent était douzième. Voici les pièces qui furent créées :
I . Ecu d*or ou denier d'or à Vécu, à 54 au marc de Paris, ayant cours pour 20 sols tournois. A Tavers, le roi, tenant une épée et un écu fleurdelisé, est assis sur un siège
gothique à clochetons, dans un encadrement épicycloïdal. Le revers porte une croix fleuronnée dans un quadrilobe que cantonnent quatre trèfles (fig. 1469).
Ce type monétaire obtint une grande faveur à Tétranger, notamment aux Pays-Bas, en Navarre, en Aquitaine et jusqu'en P'g- '^^9 Portugal.
2. Gros à la couronne, à 12 deniers argent-le-roi et de 96 au marc, courant pour 10 deniers tournois. L'avers porte un châtel tournois couronné, entouré du mot francorvm ou franchorvm et d'une bordure de douze lis. Le revers a une double légende circulaire et une croix pattée coupant la légende intérieure.
3. Double tournois (Hoffmann, pi. XVIII, 42) à 4 deniers argent-le-roi et de 180 au marc, courant pour 2 deniers tournois. Cette pièce porte d'un côté fran et deux lis, sur deux lignes, de l'autre une croix fleurdelisée à long pied coupant la légende.
Ces trois monnaies se sont maintenues sans modification jusqu'au ^1 octobre 1 338. A cette date parut une ordonnance créant une nouvelle pièce d'or et affaiblissant les espèces d argent et de billon :
I. Ad. Vuitry, Les monnaies sous les trois premiers Valois, p. 14.
1 . Lion d'or ou àeniei- d'or fin au lion, taillé à 50 pièces au marc et ayant cours pour 25 sols tournois. L'avers représente le roi assis, de face, sous une arcade gothique à clochetons; il tient deux sceptres et pose les pieds sur un lion couché (fig. 1470). Le revers porte une croix feuillue dans un quadrilobe cantonné de quatre couronnes.
2. Gros à la couronne, à 10 deniers argent- le-roi et de 96 au marc. Ces pièces affaiblies se distinguent de celles de rémission précédente par une étoile sous le châtel et un point à l'extrémité du bras supérieur de la croix.
3. Doubles tournois, à 3 deniers argent-le-roi et de 180 au marc. Ils ont le même type que les doubles tournois de l'émission précédente, dont ils ne se distinguent que par la présence de deux étoiles accostant le pied de la croix.
Fig, 1470
Fig 147 1
Le 8 juin 1359, nouveau changement de la monnaie d'or. Le lion cesse d'être frappé ; il est remplacé par \e pavillon d'or ou denier d'or au pavillon, taillé à 48 au marc et devant circuler pour 30 sols tournois. Cette jolie pièce nous montre à Tavers le roi assis de face sous un pavillon fleurdelisé (fig. 1471).
En décembre 1539, le g^ro^ à la couron?ie subit un nouvel affaiblissement de titre, tombant de 10 à 8 deniers de loi ; comme monnaie divisionnaire on joint au double tournois le petit parisis à 2 deniers et demi de loi, et la petite maille parisis et tournoise.
Le 29 janvier 1 340 (n. st.), le type de la monnaie d'or est encore une fois modifié. Le roi ordonne l'émission de couronnes d'or fin, taillées à 45 pièces au marc et ayant cours pour 40 sous tournois. Au point de vue de l'art, la couronne d'or de Philippe VI est une des œuvres les plus parfaites que le moyen âge nous ait léguées; on en jugera par le dessin Fig. 147a
de la pièce (fig. 1472)
qui nous dispense d'une description. Mais en même temps que cette belle monnaie d'or est mise en circulation, on affaiblit \e gros d'argent
à la couronne^ qui est mis à 7 deniers de loi et taillé à 105 au marc; il se distingue des autres par un annelet placé sous le châtel.
Le 6 avril i ^40 (n. st.), la couronne d'or disparaît à son tour pour faire place au double royal d'or fin, taillé à ^6 pièces au marc et ayant cours pour 60 sous tournois. Celte pièce représente le roi, tenant deux sceptres, assis de face sur une chaise à haut dossier et à étagères latérales (fig. 1473). Par la même ordonnance, les gros à la couronne tombent à 6 deniers
Fig. 1473
de loi et à la taille de 108 pièces au marc. Nous ne pouvons entrer dans le détail des affaiblissements incessants des menues espèces, d'autant moins que les pièces dispersées dans les collections ne sont pas encore toutes identifiées avec celles dont les textes font mention.
Le 12 mai 1540, Philippe VI réduit pour la première fois le titre des espèces d'or. Les doubles royaux seront fabriqués dorénavant à 23 karats d'or alliés d'un karat de cuivre, et le cours de toutes les autres monnaies d'or est formellement prohibé. Mais cette altération du métal n'a heureusement pas de durée. Dès le 27 janvier 1341, des lettres patentes ordonnent la fabrication des monnaies suivantes :
I. Ange, d'or ayant cours pour 75 sols tournois et pour 60 sols parisis, de 33 deniers
et -- de poids au marc de Paris. Son type montre à l'avers saint Michel debout sur le dragon et tenant l'écu de France (fig. 1474).