Demi-ange d'or. Il n'a pas été retrouvé encore
3. Gros tournois d'argent y dit gros à la fleur de lis, au cours de 1 5 deniers tournois
^''^' '^"^ ou 12 deniers parisis, à 6
deniers de loi argent-le-roi, taillé à 84 au marc. Type : une grande fleur de lis entourée du mot -j- francorvm et de la bordure de lis habituelle.
4. Double parisis à 2 deniers de loi argent-le-roi, portant un grand lis dans le
En 1340.. .
. . 69 fr. et 57 fr.
En 1341.. .
. . 49 fr. ei 43 fr-
En 1342.. .
. . 34 fr.
chanap de l'avers, et au revers une croix fleurdelisée à branches égales, ne coupant pas U légende.
La taille des anges d'or et des gros à la fleur de lis s'affaiblit graduellement. En 1 342, les premiers étaient tombés à 42 au marc, les autres à 120 au marc. Le 10 avril 1343 (n. st.), on recommença la frappe des écus d'or créés en 1336; mais ils furent mis en circulation pour la somme énorme de 56 sols tournois. Si l'on se rappelle qu'en 1336, ces mêmes écus d'or avaient été émis pour 20 sols tournois, on pourra se faire une idée de la hausse arbitraire à laquelle les ordonnances royales avaient porté la monnaie courante. « Jamais, dit Vuitry, même au temps de Philippe le Bel, la monnaie n'avait été autant affaiblie qu'elle ne le fut en juin 1 342. Il résulte de ces variations que le Français qui devait une rente perpétuelle de 10 livres, acquitta cette obligation :
En 1336 avec. 173 fr.
En 1337 115 fr.
En 1338 . 86 fr.
et le créancier de la rente vit son revenu diminuer dans les mêmes proportions. Celui qui, empruntant 100 livres en 1 3 36, avait reçu en espèces d'argent l'équivalent de 1737 francs, put se libérer en 1342 en ne remboursant que l'équivalent de 347 francs >^.
4^ période {\ 343-1 346). — Cette période marque un retour, bien tardif et bien vite enrayé, à la forte monnaie. « Vers le milieu de 1343, dit Vuitr\', la trêve avec l'Angleterre laissa plus de liberté à Philippe de Valois pour s'occuper du gouvernement intérieur. L'affaiblissement de la monnaie était devenu excessif, et la reprise prochaine des hostilités semblait trop probable pour que le roi ne songeât point à s'assurer des ressources. Des états généraux furent convoqués à Paris au mois d'août. Les deux députés de la ville de Narbonne avaient été chargés expressément de se plaindre de la cherté des vivres causée par la guerre et par l'altération des monnaies ; ils ne furent sans doute pas les seuls qui reçurent ce mandat. Le roi, qui obtint de l'assemblée la prolongation, pour un an, d'une imposition sur la vente des marchandises, se décida donc, en retour de cette concession, à rétablir la forte monnaie. ^ Comme sous Philippe le Bel, un changement si imprévu ne se fit pas sans produire de profondes perturbations, puisqu'il fallait réduire des quatre cinquièmes la valeur légale du numéraire en circulation. Le 22 août n4?5 ^i^i^ ordonnance royale établit sagement trois étapes pour la réduction projetée, mais ce palliatif ne fut qu'un nouveau désastre, et bientôt on se vit forcé d'accomplir la réforme d'un seul coup. Dès le mois d'octobre. Vécu d'or valut 16 sols 8 deniers tournois, le gros à la fleur de lis, 3 deniers tour-
nois; le double parisis, une maille tournoise. En même temps, le roi fit frapper des gros tournois au type créé par Louis IX, à 12 deniers argent le roi et de 60 au marc, circulant pour 1 5 deniers tournois, puis des pièces divisionnaires : deniers tournois, deniers et mailles parisis.
5e période (i 346-1 350). — « La guerre avait repris en 134s et déjà l'Angleterre préparait la campagne qui devait se terminer par la bataille de Crécy et le siège de Calais. >► Philippe VI crut trouver les ressources nécessaires à la lutte dans une nouvelle altération des monnaies qui, dans l'espace de quatre ans, du 27 avril 1 346 au 21 août 1 350, subirent jusqu'à dix variations. Leur affaiblissement ne fut toutefois pas aussi considérable qu'il l'avait été précédemment.
Le 27 avril 1 34^5 des lettres patentes de Jean, fils aîné du roi, parlent des « bons deniers d'or fin appelés Jlourins de sainct George, que nous faisons faire à présent et lesquels auront cours pour 20 sols tournois la pièce ». Ces Jlorins-george, dont il existe deux variétés, portent à l'avers (fig. 1475) un saint George à cheval, terrassant le dragon qui personnifie évidemment l'Angleterre. Leur émission paraît avoir été spéciale au Languedoc qui, longtemps, se distingua des autres régions du royaume par une sorte de particularisme monétaire.
Le 17 juillet 1 346 parut la chaise d'or fin, de 52 Fig- H75 au marc et de même valeur que le Jlorin-george^
c est-à-dire de 20 sols tournois. Son avers représente le roi assis de face sur un siège à clochetons, tenant le sceptre et la main de justice; une bordure gothique entoure le champ. En même temps que la chaise, on fit frapper des doubles parisis de 3 deniers 18 grains de loi et de 180 au marc, portant FRAN-CORV en deux lignes sous une fleur de lis. Des lettres royaux du 17 décembre prohibèrent le cours de toutes espèces autres que la chaise d'or et le double parisis. Le 24 février 1347 (n. st.), les doubles parisis furent affaiblis. On les émit à 3 deniers de loi et à 216 au marc. Il faut probablement rapporter à cette émission les pièces portant à l'avers FRA-NCO en deux lignes sous une couronne.
Les affaiblissements alternent avec de légers rehaussements à partir de janvier 1348 (n. st.) jusqu'à la fin du règne et ne présentent plus qu'un intérêt secondaire. Chaque mutation portait sa marque secrète (globules ou annelets) qui la différenciait de l'émission précédente. Le double tournois de janvier 1348 eut pour type de l'avers une couronne chargée du mot REX, et la croix de son revers est une croix tréflée à long pied pattée coupant la légende. Sur le denier parisis de juin 1 348,
le nom du roi entoure les lettres FRA, d une hauteur démesurée. Enfin, de nouveaux gros tournois furent créés par lettres patentes du 1 5 janvier 1349 (n. st.). Ces pièces, à 6 deniers de loi et de 72 au marc, connues sous le nom de gros tournois à la queue ^ portent à l'avers le châtel tournois couronné, bordé de TVRONVS CIVIS et de la traditionnelle couronne de lis ; le revers a une croix à long pied, ou queue, traversant la légende intérieure. Les doubles tournois se rapportant à la même émission sont à 2 deniers 5 grains et un tiers de loi ; le type n'en fut pas changé, mais le trèfle supérieur de la croix du revers est accosté de deux globules.
Philippe VI mourut le 22 août i^jo.
§ VIII. — Edouard III d'Angleterre (1327-1377).
Le roi d'Angleterre, en déclarant la guerre à Philippe VI, prit aussitôt le titre de roi de France (n37). Il aura profité de ses premiers succès pour monnayer au type français, même avant la victoire de Crécy (i J46 et la capitulation de Calais, car ses prédécesseurs déjà avaient frappé monnaie à Abbeville, comme comtes de Ponthieu (p. 497-498). 11 est donc rationnel de réunir ici celles des pièces d'Edouard, sur lesquelles il s'intitule roi d'Angleterre et de France Fig. 1476
sans faire mention du duché
d'Aquitaine. Nous n'en connaissons que deux : la chaise ou Vécu d'or, copié sur la pièce de Philippe VI et représentant le roi assis de face, avec l'épée et l'écu fleurdelisé; puis le léopard dor (fig. 1476). Mais d'autres pièces, de facture non moins française, viennent s'y joindre et se détachent, pour ainsi dire d'elles-mêmes, du groupe des monnaies frappées pour la Guyenne. Ce sont :
3. Le grand Mouton d'or, avec edvard' au-dessous de Tagneau (Grueber, n. 271). Il en existe une variante avec eoa (ou plutôt ed'a) rex.
4. Le gros de billon, avec + edvvardvS'REX et, autour du châtel, -\- tvronvs. REGEM, absolument pareil au gros tournois royal (fig. 1477).
5. Le douhky avec rex sous une couronne, imité de celui de Jean le Bon.
6. Le double, avec rex sur le bandeau de la couronne (fig. 1478), comme ceux de Philippe VI et de Jean.
Deux mois et demi après la prise de Calais (} août 1347)» un atelier
Fig. 1477
Fig. 1478
monétaire y était installé et fabriquait des gros et demi-gros d'argent, au buste de face, des esterlins et même des doubles à la couronne. Toutes ces pièces portent la légende VILLA CALESIE, selon la coutume anglaise (villa Bristollie, villa Berewici). Sur les doubles (fig. 1479), le roi
prend quelquefois le titre de seigneur de Merck-Saint-Liévin (DS:
MERK). Il paraît que dès 1^63, on fabriquait à Calais des pièces d'or.
L'an 1 371, le maître de la Monnaie, un Florentin, reçut l'autorisation de frapper des nobles (valant 80 esterlins) avec leurs divisions, le demi et le quart (à 40 et 20 esterlins) ; les numismates anglais ne doutent pas que les nobles d'Edouard III qui ont un C au centre de la croix, ne proviennent de l'atelier de Calais.
§ IX. — - Jean le Bon (13 50- 1364).
Le règne de Jean le Bon fut une suite de désastres : invasion étrangère et révoltes à l'intérieur. En 1 3 5 5 , la lutte avait repris entre la France et l'Angleterre ; l'année suivante, à la bataille de Poitiers, le roi fut fait prisonnier par le prince de Galles. Emmené en captivité, Jean le Bon resta quatre ans en Angleterre, pendant que le dauphin, plus tard Charles V, administrait le royaume avec le titre de lieutenant général, puis de régent. La paix fut conclue en 1360 (10 mai) par le traité de Brétigny. Edouard III renonçait à ses prétentions à la couronne de France, moyennant l'abandon, en sa faveur, de tout le pays situé au sud de la Loire, et Jean le Bon s'engageait à payer une rançon de trois millions d'écus d'or. Le 25 octobre, le prisonnier recouvra sa liberté, et le 1 3 décembre, il était à Paris. Mais, en 1 336, n'ayant pu acquitter sa
rançon, Jean dut retourner à Londres, où il mourut le dimanche de 4i Pâques fleuries » (8 avril) 1 364.
Jusqu'au 18 mars 1 35 1, les monnaies continuèrent à porter le nom de Philippe VI, puis, les nouveaux coins se trouvant prêts, on remplaça Philippus par Johannes, Les changements du poids et du titre des espèces monnayées étaient toujours la grande ressource du Trésor. Du mois d'août 1350 à la fin de Tannée 1354, le titre des écus d'or (de 54 au marc), qui était de 24 karats, fut successivement réduit à 20 karats 1/2, à 20, à 18, puis relevé à 24; toutes ces émissions sont reconnaissables à des points secrets. Le 16 août 1351, une ordonnance créa, à côté de Vécu d'or, une nouvelle pièce d'or, le denier aux fleurs de lis, taillé à 50 au marc (fig. 1480). Il représente le roi, debout sous une.arcade gothique, dans un champ semé de lis. On n'en possède qu'un seul exemplaire, car il fut démonétisé presque aussitôt à cause de la supériorité de son titre. Du 24 novembre 1354 datent le mouton ou agnel doret sa moitié, Vagnelef, qui est également très rare. Le nom du roi : IOH' REX y est inscrit au-dessous de l'agneau pascal, comme sur les vieilles pièces
Fig. 1480
Fig. X481
de même type. Le 22 août 1358 vit paraître le royal d'or, à 66 au marc, qui se distingue du denier aux fleurs de lis par la forme du dais, occupant tout le champ et surchargé de colonnettes et de clochetons. La croix du revers y est cantonnée de quatre lis. 11 en existe deux variétés. Les exemplaires frappés jusqu'au 15 octobre portent: Johannes dei gra. Francorum. On s'aperçut alors que le mot rex avait été oublié par le graveur (fig. 1481), et des coins nouveaux, portant Johes dei gra, Francor. rex, furent taillés en toute hâte.
De 13593 1 360, le comte de Poitiers, Jean, frère du régent, fit frapper à Montpellier et à Toulouse une monnaie très populaire dans le Midi, mais qui, jusque-là, était restée étrangère à la numismatique royale. Il s'agit du florin d'or au lis, pareil à celui de Florence et portant, autour de la fleur de lis épanouie, le mot + FRANTIA. Les cahiers de délivrance nous apprennent que 255 000 exemplaires de cette pièce ont été mis en
dUATRIEME PARTIE
circulation'. Elle a pour différent un heaume surmonté soit d'un lis, soit d'un simple point (fig. 1482).
Enfin, le 5 décembre 1 360, on créa le franc d'or de 6] au marc et le
Fig. 1482
Fig. 1483
grand franc d'or (inconnu) de 42 au marc. Son type est un cavalier couronné, galopant à gauche, l'épée haute, la cotte fleurdelisée (fig. 1483).
Quant aux espèces d'argent et de billon, leur nombre et leur variété sont considérables ; nous allons les passer en revue en nous aidant de Touvrage de M. de Saulcy ^
Le gros denier tournois est frappé pendant toute la durée du règne, mais sa taille se modifie souvent et flotte entre 60 et 120 pièces au marc.
Le 4 décembre i ^56, le dauphin autorise les généraux-maîtres à faire délivrer 6^12 livres 10 sols de gros tournois, prêts depuis quelque temps déjà, mais dont un défaut de fabrication (une faiblesse de poids supérieure à la tolérance) avait fait suspendre la mise en circulation. II leur manquait 16 pièces au marc. C'est cette mesure imprudente, quoique justifiée par les circonstances, qui provoqua à Paris le premier des soulèvements populaires qui devaient rendre Etienne Marcel, pendant près de dix-huit mois, maître de la capitale.
Nous connaissons les points secrets de presque toutes les émissions successives du gros tournois :
22 juillet 1352: un point sous le chdtel.
24 nov. 1352: le fleuron qui surmonte le châtel est accosté de deux points.
9 nov. 1353 et 8 avril 1 354: châtel aux tourelles tréflées et renfermant trois petits sautoirs (X), 2iu lieu de trois points (fig. 1484).
17 mai 1354: Tour du châtel tréflée et contenant trois petits sautoirs; la croix qui surmonte le châtel est placée entre deux gros points.
1. Mélanges de Num., t. III, 307 (article de M. de Saulcy). Société de num., 1897, p. XLi.