I. Collection Hoffmann, Monnaies féodales {i^^']), n
992 aUATRifeME PARTIE
§ II. — Duché d'Orléans.
C est ici qu'il convient de placer Vécu d'or aux armes d'Orléans et à la légende + KAROLVS • DEI • GRA • DVX • AVRELIENSIS. qui fut frappé, entre 1419 et 1422, dans l'atelier d'Orléans, au nom du duc Charles, alors prisonnier à la Tour de Londres (Repue num. 1861, p. 451). On n'en connaît que trois exemplaires, et l'émission d'une pièce d'or féodale, en pleine terre royale, ne s explique que par letat profondément troublé du royaume à cette époque.
§ III. — Abbaye de Saint-Martin de Tours,
Nous avons vu (p. ^94) que Tabbé de Saint-Martin, oublié dans l'ordonnance de 1 3 1 5, obtint du roi Louis X la confirmation de son droit, très ancien, de monnayage, malgré que, depuis longtemps, il ne leùt plus exercé. Mais ces confirmations étaient de pures formalités, et nous ne croyons pas que l'abbaye ait jamais rouvert son atelier, ht gros tournois à treize ou à douze fleurs de lis, qui porte la légende SANCTV : MAR- TINI ou MARTINV. lui a été attribué à tort; il appartient à Saint-Martin d'Utrecht.
§ IV. — Duché de Bretagne.
La réforme de saint Louis a exercé peu d'influence sur les monnaies bretonnes: c'est uniquement par égard pour la chronologie que nous avons divisé en deux parties la numismatique des ducs de Bretagne. Jean III (13 12-1341) se contente de la frappe des deniers de billon à Técu triangulaire de Dreux et à l'échiquctc: on en connaît d'innombrables variétés de coins qui ne méritent pas d'être notées.
Lui aussi, comme Arthur II, y prend le titre de Comte de Richemont : ses ateliers sont : Nantes, Guingamp et Évran (6) ; ses contrefaçons de la monnaie royale, mentionnées dans une procédure de 1 3^8, n'ont pas été retrouvées encore (p. 999], car le denier avec BRANCCORV dans le champ, qu'on lui attribuait, revient au duché de Bar.
Jean III étant mort sans enfants, sa succession fut disputée, pendant vingt-trois ans, par deux compétiteurs, soutenus, l'un par le roi de France, l'autre par les Anglais.
LES FIEFS FRAKÇAIS
Le 7 septembre 1^41, Tarrêt de Conflans adjugea le duché à Charles de Blois, mais Jean de iMonlfort, dit le Captif (i 541-1345), frère du duc défunt, avait déjà été proclamé à Nantes par les évoques et y avait établi son gouvernement. Il fut fait prisonnier en novembre 1341, trahi par les bourgeois de Nantes, et passa en captivité, dans la Tour du Louvre, presque toute la durée de son règne.
M. Robert, qui lui a assigné une place dans la numismatique", revendique pour lui, avec raison, les pièces avec ^^ ou ^^ dans le champ,
imitées de celles de Philippe de Valois qui portent \^. dans le champ,
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et qui, créées en 1340, étaient déjà décriées en IH^ On pourrait lui en attribuer bien d'autres, car ses partisans tenaient la moitié du pays.
Avec Charles de Blois (i 541-1364), neveu du roi Philippe VI, le monnayage breton se réduit à une longue série d'imitations de pièces françaises et flamandes, toutes du plus mauvais aloi, presque en cuivre, les plus désagréables d'aspect qu'on ait jamais frappées, et offrant, comme celles de Jean 111, des variétés de coin d'une insupportable monotonie. Secouru par une armée française, dont la solde était à sa charge, il assimilait son numéraire aux monnaies du roi. En dehors du royal d'or, nous avons de lui le gros tournois, orné de douze pseudo-lis, et un autre, en argent pur, avec TVRONVS DVCIS, légende connue par les monnaies de Ferry IV de Lorraine. Ses gros blancs (le demi-gros est rare) ont pour types habituels : Je lis épanoui (fig. 1 5 38), le semis de fleurs de lis, les trois lis sous une couronne (depuis 1 359), puis des légendes bilinéaires (fig. 1539I ou trilinéaires dans le champ (BRITAÔlRVM DX
sous une couronne, depuis 1358; K'OL'SlBRTH'OjDVX, '3^9). Môme abondance de types dans les doubles de billon, où la fleur de lis sans nombre est remplacée par des mouchetures d'hermine, tandis que le lis épanoui et les trois lis sous une couronne y reparaissent, en même temps