I . Pert2» Monumenta Germamae, t. IL
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convention conclue en 1282 par Rodolphe et Tarchevêque de Cologne^ dont nous parlons un peu plus loin.
Adolphe (1292-98) remplaça Tépée par le sceptre et mit au revers des deniers non plus un édifice de fantaisie, mais une reproduction très exacte de Téglise d'Aix-la-Chapelle. Ce type fut conservé sous Albert I (1298-1308) et sous Henri VII (1309-32), sans autre changement que le nom du souverain (fig. 1084). Nous parlerons dans notre quatrième partie des monnaies de Louis IV de Bavière qui, rompant définitivement avec la tradition, frappa à Aix-la-Chapelle des esterlins et leurs multiples au type d'Angleterre.
FIg. 1084 Fig. 108 s
Boppard. — En 1282, le roi Rodolphe de Habsbourg et Sigefroid, archevêque de Cologne, conclurent à Boppard une convention monétaire. Le roi, dans les lieux laissés à son choix, et l'archevêque de Cologne, à Cologne, allaient dorénavant frapper sur le même pied et à raison de 13 sous 4 deniers au marc : « ... Quod et nos in loco nobis placito sub ymaginario régie maiestatis^ et idem archiepiscopus in civitate coloniensi sub expressione sue ymaginis, in eisdetn tavien et equaîibus forma, albedinCy puritate argenti et ponderis qualitate ncvam cudi seufieri monetam, de qualibet marca argenti ij sol. et 4 den. in pondère. »
Rodolphe installa un de ses ateliers à Boppard même et y forgea les deniers à 160 au marc stipulés dans la convention. Leur type (fig. 1085) se compose à l'avers de l'empereur assis de face et tenant l'épée et le globe, au revers d'un édifice à trois arcades surmontées de trois tours. Les légendes sont : RVDOLP' REX — CIVITAS BOBARDENSIS. Ce monnayage fut continué sous Adolphe (1292-98) avec des coins ayant subi d'insensibles modifications.
En 13 14, Louis de Bavière engagea Boppard aux archevêques de Trêves et cette terre leur resta. On trouve encore après cette date quelques stipulations en monnaie de Boppard, notamment en 1323: xxiij marcae boppardiensis monete valent in Confluentia xxxxiv marcas vi schilling, duos denarios pro tribus coniputando.
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b). Duché de Haute-Lorraine ou de Mosélîane,
En 959, Frédéric I, comte de Bar, fut établi duc bénéficiaire de Haute-Lorraine, par l*archiduc Brunon. Il mourut en 984. Après lui, la dignité ducale passa aux personnages suivants :
* Thierry, son fik, 984-1028.
Frédéric II. 1028-33.
*Gothelon I, duc de Basse-Lorraine, 1033-44. *Godefroid II, 1044-45.
Albert d'Alsace, 1047-48.
Nous répéterons ici ce que nous disons des ducs de Basse-Lorraine ; nous ne croyons pas que les personnages investis par les empereurs des fonctions ducales en Lotharingie aient exercé à ce titre le droit de battre monnaie. Les pièces qui portent les noms des ducs de Mosellane ont été émises dans des localités dont ces princes étaient avoués ou seigneurs directs. Nous avons parlé, p. 549 et 550, des deniers que Thierry I (984-1028) signa comme avoué de Saint-Dié et de Remiremont. Ce fut sans doute dans des circonstances analogues que sa signature parut sur les monnaies d'Andernach et sur celles d'une localité indéterminée, peut-être Igel près de Trêves, appelée EU civitas par les inscriptions. Andernach était situé dans le ressort du duché de Basse-Lorraine. Ses monnayeurs employèrent, pour les deniers de Thierry I cinq coins principaux qui se mêlent en combinaisons variées : deux bustes en regard séparés par une longue croix, le mot ANDERNAKA écrit sur les bras d'une grande croix coupant le champ pîg. 1086
(fig. 1086), le même mot disposé en deux lignes horizontales, une tête, parfois couronnée, de profil à gauche, enfin un édifice en forme d'enceinte circulaire. Les deniers de l'atelier de EU reproduisent à l'avers la tête de profil; au revers, les bras d'une grande croix portent EIL CIV SIGIBOD, sans doute le nom d'un monétaire'.
Nous avons parlé, p. 554, des monnaies que Gothelon I et Godefroid II frappèrent comme comtes de Verdun.
I. Un denier au nom du duc Thierry I porte au revers le type de Cologne. M. Dannenberg se basant sur des arguments assez fragiles, le classe i Andernach au lieu de le laisser à Cologne même. Il y aurait lieu d'examiner si Thierry I de Mosellane ne fut pas avoué de Cologne, auquel cas il serait tout naturel de trouver son nom sur les monnaies frappées dans les deux ateliers du temporel, Cologne et Andernach. L'histoire et la numismatique de cette époque présentent des obscurités que la science allemande n'a pas encore dissipées.
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c) Archevêché de Cologne i.
Le premier archevêque de Cologne, dont nous ayons des monnaies signées, est Bru non I (953-65). Ses deniers portent le type ordinaire de Cologne entouré de BRVNO ARCHIEPS. ou simplement BRVNO ARCHEPS en deux lignes (fig. 1087). Le côté de la croix a toujours le nom d'Otton I suivi du titre impérial, ce qui reporte l'émission des pièces aux années 962 à 965, date de la mort de l'archevêque. On ne connaît aucune monnaie des cinq successeurs immédiats de Brunpn I et il est peu probable qu'il s'en retrouve jamais. Les numismates allemands sont d'accord pour admettre que la signature des deniers colonais fut accordée à titre personnel par Otton I à son frère Brunon pour reconnaître les services exceptionnels qu'il avait rendus à l'empire comme archiduc et pacificateur de la Lotharingie.
A partir de Piligrim (1021-36) le monnayage signé des archevêques de Cologne recommence et présente une série très complète. Les deniers connus pour cet archevêque sont frappés dans les deux ateliers de Cologne et d'Andernach. Tous portent le nom de Conrad le Salique, parfois sans titre, mais généralement accompagné de celui d'empereur, ce qui place leur émission après 1027. A Cologne, les types sont variés; on peut les ramener à quatre groupes :
10 Croix cantonnée de quatre globules. Rev. : sancta colonia. Temple à deux colonnes et à fronton cintré; entre les deux colonnes est écrit en deux lignes : piu-grim. Sur quelques-uns le nom de l'archevêque est mis en légende, tandis que le tetnple porte COLO-NIA.
20 Buste diadème et barbu à droite. Rev. : Même temple avec pili-grim.
30 Croix cantonnée de pi-li-gr-im. Rcv. : Temple, de forme carolingienne, à cinq colonnes (fig. 1088).
40 PILIGRIM écrit en croix dans le champ ; dans chaque canton, un croissant. Rev.: Même temple.
I. H. Cappe, Beschreiburig der côîmscJien Mûnxen des Miitehlters, Dresde, 1853, in-8. — E. Kruse, Kôlnische Geldgesdnchte bis 1386 dans la Westdeutsche Zeitschrift jur Geschichte und Kunst, Ergdniungsheft IV, 1888. — Nous ne parlons pas dans ce paragraphe des monnaies frappées par les archevêques de Cologne dans le duché de Westphalie ; elles seront l'objet d'un examen spécial.
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L'ALLEMAGNE 6oi
Dans l'atelier d'Ândernach, les émissions de Piligrim succèdent à celles au nom de Thierry I, duc de Mosellane. Une face des pièces est uniformément occupée par un temple au centre duquel le graveur a mis, suivant son caprice, une croix, un x, un portail cintré, un nœud à trois boucles ou une tête. L'autre face reproduit, avec le nom de l'archevêque, un des dispositifs que nous avons signalés dans les deux derniers groupes de l'atelier de Cologne. Les légendes sont fréquemment altérées.
En 1036, Hermannll, fils d'Ézon, comte palatin, parvint à l'archevêché. Ses plus anciens deniers conservent le nom de l'empereur Conrad II ; leur type se compose de la croix cantonnée de globules et du temple chargé de COLO-NIA. A une époque qui concorde sans doute avec la mort de Conrad U, Hermann affranchit ses espèces du contreseing impérial qu'il remplace par CRISTIANA RELIGIO. Le type
Fig. 1089 Fig. 1090
reste d'abord le temple pentastyle, puis le titre ARC-EPS en deux lignes occupe le centre de l'avers ; enfin, poussant jusqu'au bout la conquête de l'autonomie, l'archevêque place sur ses deniers son effigie et un édifice. Cet édifice, une église à deux tours latérales, entourée d'une enceinte, résume évidemment, dans la pensée du graveur, la ville de Cologne, COLONIAVRBS (fig. 1089).
Annon (1056-75) était le conseiller d'Henri III auquel il dut son élection. L'empereur mourut la même année après avoir chargé l'archevêque de l'éducation d'Henri IV. Vers 1065, Annon fut supplanté dans l'esprit du jeune prince par Adalbert, archevêque de Brème. Les types monétaires reflètent exactement les rapports de l'archevêque de Cologne avec ses souverains. Au début de son gouvernement, Annon renonce à l'autonomie conquise par son prédécesseur et soumet de nouveau les deniers à la signature impériale ; on en revient au temple pentastyle ou au temple distyle avec AGRIP-PINA. Pendant les premiers temps du règne d'Henri IV, les mômes empreintes sont reproduites, mais lorsqu'une disgrâce injuste eut affranchi Annon de tout devoir de reconnaissance envers son ingrat élève, le monnayage de Cologne reprend son individualité et le nom d'Henri IV disparaît désormais. Cette dernière période ne nous donne pas moins de six types différents :
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a). SANCTA [cJoLONiA. Croix annelée cantonnée de a-n-n s. Rev. : sca-col-+ag en trois lignes dans le champ. Curieux retour vers un ancien type.
b). SCT PETRVS ATES. peut être pour aposiolus ? Tête de face, avec tonsure, accostée de deux annelets. Rev. : sancta colonia. Croix annelée cantonnée de a-n-n-o.
c). ANNO ARCiiiEPS. Bustc de face, avec crosse. Rev. : colonia vrbs. Edifice à deux tours avec enceinte circulaire. C'est la reproduction pure et simple du type autonome d'Hermann II. .
d). Même type. Rev. : sancta colonia. Eglise i deux tours avec portail pcntastyle.
e). ANNO ARCHiEPS. Buste de face, avec crosse et croix. Rev. : imago s colonie. Eglise à trois tours, dans une enceinte circulaire ; parfois le mot petr est écrit dans l'espace compris entre l'édifice et le mur d'enceinte (fig. 1090).
f). ANNO ARCHiEPC. Buste de face avec crosse et livre. Rev. : imago s colonie. Buste de face, nimbé, dé saint Pierre, sous un portail au-dessus duquel est écrit PETRVS. Ce reproduit sous les deux premiers successeurs d'Aunon fut également copié par Adolphe III, comte de Berg.
Les monnaies d'Hiltolf (1076-79), frappées à Cologne, ne donnent pas lieu à de grandes observations ; leurs types, au nombre de deux, reproduisent ceux que nous avons indiqués sous les lettres r et/ au règne d'Annon ; la seule différence sensible consiste dans le buste de Tarchevêque, parfois placé de profil. La trouvaille de Maestricht de 1856 a fait connaître quelques deniers de petit module, certainement frappés sur les bords de la Meuse et portant le nom d*Hiltolf, HIO ARCHIEPS ou HIT A6H. Le revers représente une tête de face ou deux têtes en regard séparées par une épée, sous un édifice à trois tours d'un dessin
Fig. 109 1 Fig. 1092
rudimentaire; la légende COLONIA CIVIS ne nous renseigne pas sur le lieu d'émission (fig. 109 1). M. Dannenberg attribue ces curieuses pièces à Tabbaye de Malmédy, mais cette opinion, récemment combattue par M. de Chestret, contrarie trop les données de l'histoire locale pour pouvoir être admise. En ce qui nous concerne, nous estimons que les deniers d'HihoK dç la trouvaille de Maestricht ont été frappés à Wessem, localité du Limbourg hollandais actuel, où l'abbaye de Saint-Pantaléon de Cologne exerçait, assurément sous le contrôle des archevêques, le droit monétaire au xi* siècle '.
I. L'atelier de Wessem est connu par une charte de 11 18 dans laquelle Otbert, évéque de Liège, déclare retirer l'interdiction dont il avait frappé les monnaies frappées dans cette localité. Ce précieux document a été publié sans commentaires, dans la Revue
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L'ALLEMAGNE 6o}
Sous Sigewin (1079-89), râtelier de Cologne fut beaucoup plus actif que sous son prédécesseur. M. Dannenberg constate cinq variétés principales, mais ce sont presque toujours les dispositifs popularisés sous le règne d'Annon qui en font les frais. Notons toutefois une innovation en ce qui concerne le buste placé parfois au-dessus de deux lignes horizontales qui forment le grénetis dans lequel est écrit le mot PIVS (fig. 1092). Un denier à ce type porte au revers, par une singulière réminiscence des temps carolingiens, une croix pattée et la légende + HIV- DOVVICVS IMP qui n'a aucune raison d'être d'actualité.
Hermann III de Nordheim (1089-99) monnaya à Cologne et à Xanten. Dans l'atelier de la métropole, les types restent dans la donnée générale de ceux d'Annon, mais parfois une main ouverte prend place au centre de l'édifice du revers. A Xanten, la tête d'Hermann, précédée d'une crosse, est toujours tournée de profil à droite ; au revers, la légende SCA TROIA entoure un temple pentastyle de forme carolingienne.
Sous Frédéric I de Frioul (1099-1131), le besoin des relations commerciales avec la Saxe fit émettre, à côté des deniers colonais traditionnels au buste de face et à l'édifice, des pièces copiées de celles de Goslar. L'effigie de Frédéric I y occupe l'avers, tandis qu'au revers, deux images de saints, saint Jean et saint Paul, simulent les saints Simon et Jude des prototypes. C'est sous Frédéric I que la monnaie de Cologne est mentionnée pour la première fois dans les textes: un document de 1104 cité par Honiheim établit le rapport suivant : quatuor denarios confluentinos aut duos colonienses.
Brunon II de Berg (113 1-37) s'en tint aux types colonais. Les deniers reproduisent le buste surmontant une exergue avec PIVS, que nous avons décrit pour Sigewin. Le champ du revers est toujours livré à l'édifice symbolique de SANCTA COLON I A. Un nouvel atelier fut ouvert, vers le temps de Brunon II, à Neuss, mais ses produits sont anonymes et portent l'effigie du patron local saint Quirin.
belge de numismaiiqne de 1860, p. 361 ; comme il parait avoir échappé à l'attention des numismates allemands, nous le reproduisons ici : « Notum sii,., qualUer ego, Oibertus, Leodiensis episcopus^ moneiam in WesJjeim quorundam inutili acquiescem consilio in episcopatu nieo nusquam recipiendam preceperim : unde donmi et vemrabilis Hertnanni, ecclesie sancti PaiitaUonis ahbatis, c rebris piilsatus qiurimoniiSy et ex domni BrunoniSy Coloniensis arcJjicpiscopi, qui prefatam curtem hreditario ivre ad se perlinentem ecclesie Beati Pantaleonis, cwti omnibus appenditiis, tMoneOy vwtuta, piscatioue, portu, contradidit ex ejus, inquam^prefatiarchiepiscopi conscriplo, et ecclesie prefate relie to testameuloverum recçgnoscens tanli patris auctoritati et contraditioni obviare timui, et ecclesie Beati Pantaleonis que sua erant restitueiu prefatam monetam et recipiendam constitui, » — Cf. R. Serrure, Les monnaies frappées à Wessem par Vabbi de Saint-PantaUon de Cologne, dans VAnntiaire de la société française de numisin. de 1892.
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Le successeur de Brunon H, Hugues de Sponheim, ne régna que deux mois (mai-juin 1 137); il n'est donc pas surprenant que ses monnaies n'aient pas été retrouvées. C'est avec cet épiscopat que se termine l'étude faite par M. Dannenberg, de la numismatique colonaise; nous n'aurons plus, pour nous guider désormais, que le livre incomplet et dépourvu de toute critique de Cappe. Les coins en usage sous Arnould I de Gueldre (1137-1150) sont au même type que ceux de Brunon II, mais ceux de son successeur homonyme, Arnould II de Wied (1150-56) présentent des modifications assez sensibles. Le dessin des types a un nouvel aspect; l'archevêque est représenté assis de face, tenant la crosse et le livre. Le revers conserve, immuable, son édifice à trois coupoles, mais la légende devient SCA COLONIA PACIS MATER écrit avec plus ou moins de correction. Frédéric II d'Altena (1157-59) et Renaud de Dassel (1159-67) n'apportent aucun changement au type ainsi composé. En 1167, Renaud se fit concéder par Frédéric Barberousse les possessions que les empereurs avaient conservées à Andemach: « Et ejusque omnibus successoribus, concedimus, largitnur, donatnus et in pcrpetuum cmfirmamus omnc nostrum jus et daminium, et totatn nostram curtem in Andernaco^ cum haminibus, possessionibus, pratis, ... in numetaet telonio... et justitia eidem curti attinenti concedimus... »
Avec Philippe I de Heinsberg (1167-1191) nous entrons dans une nouvelle période du monnayage. L'archevêque paraissait jusqu'alors sur ses espèces, la tête nue ; à partir de Philippe I la tête est toujours coiffée de la mitre (fig. 1093). Au revers l'édifice devient d'un dessin plus soigné, plus minutieux. Sur les dernières émissions, les deux tours latérales sont remplacées par des drapeaux. Les légendes sont d'une incorrection singulière. Les pièces qui portent PHILIPP' ARCHIEP sont exceptionnelles ; on trouvera par contre des altérations aussi nombreuses que variées: la plus fréquente, HIT ARCEPISCOPV a donné lieu jadis à une attribution erronée à Hildebolde. Les oboles frappées
Fig. 1093 Fig. 1094
au même type que les deniers sont émises en assez grande quantité. En 1174, Philippe de Heinsberg, ayant besoin de ressources exceptionnelles pour sa participation à la campagne d'Italie, emprunta à la ville de Cologne une somme de mille marcs et lui abandonna en garantie les
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revenus de Tatelier monétaire. Sous cet archiépiscopat, le temporel de Téglise colonaise reçut de grands accroissements en Westphalie par l'annexion des territoires confisqués sur Henri le Lion.
A partir de Philippe I de Heinsberg jusqu'à la fin de la période dénariale, les types varient peu. Parfois, l'évèque assis à l'avers a la tête de profil ou de trois quarts au lieu de l'avoir de face ; l'édifice du revers est parfois agrémenté d'un buste nimbé de saint Pierre, placé sous le portail (fig. 1094) ou sur le toit, mais ce sont là de simples détails qui n'enlèvent rien à l'aspect uniforme du monnayage. La seule innovation sensible est l'émission, à côté des deniers et des oboles, de quarts de denier ou vierling sur lesquels l'édifice du revers trop compliqué pour la petitesse du champ est remplacé par une croix simple. Nous nous bornerons donc, pour ne pas allonger inutilement ce paragraphe ', à donner la liste des archevêques qui se succédèrent jusqu'au xiv* siècle :
Brunon III d'Altena, 1191-1193.
* Adolphe I d*Altena, ekcius, puis archiepiscopus, 1 193-1205.
Brunon IV de Sayn, 1205-1208.
•Thierry I de Heinsberg, 1 208-1 214. •Engelbert I d^Ahena» minister, archiepiscopus, 12 16-1225. •Henri I de Molenark, 1225-123 5.
•Conrad de Hochstadt, éUctus, minister, archiepiscopus, 123 7-1 261. •Engelbert II de Fauquemont, 1 261-1275 (fig. 1094). •Sigefroid de Westerbourg, 1275- 1297.
•Wichbold de Hoiten, 1297- 1303.
Le règne de Conrad de Hochstadt fut marqué par de graves démêlés entre le prince et les habitants de G)logne au sujet de l'émission d'une monnaie nouvelle. On sait que la création de nouvelles espèces et le décri des monnaies circulantes était toujours pour le peuple l'application d'un impôt onéreux, puisqu'il fallait, pour obtenir les unes, perdre un change élevé sur les autres. En 1230, Conrad ayant voulu procéder à une opération de ce genre, les Colonais se révoltèrent et s'allièrent au comte de Juliers. Les hostilités prirent fin en 1252 par un arbitrage rendu par Hugues, cardinal et légat du pape, et par Albert le Grand,
I. La taille des monnaies de Cologne subit très peu de changements et resta toujours à 168 deniers au marc. C'est ainsi qu'elle est fixée en 1282 dans le traité monétaire conclu par Rodolphe de Habsbourg et Sigefroid de Westerbourg, et ce ttaité en parle comme d'une ancienne habitude, antiquorum solercia. Pendant toute la période dénariale la monnaie de Cologne conserva ainsi une surprenante stabilité. Nous empruntons à M. Kruse les pesées suivantes des deniers colonais: Otton I, i gr. 47 ; Henri III, 1 gr. 38; Piligrim, i gr. 36; Annon, 1 gr. 32; Frédéric de Frioul, i gr. 37; Arnould I, i gr. 50; Philippe de Heinsberg, 1 gr. 38; Thierry de Heinsberg, i gr. 36: Engelbert I, i gr. 4^ in gr. 47.
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6o6 TROISIÈME PARTIE
de Tordre des prêcheurs. La sentence, prononcée au mois d*avril, condamna les habitants à une amende de six mille marcs, mais reconnut toutes leurs prétentions contre le droit que s'arrogeait le prélat de changer les espèces. Le texte de cet arbitrage nous a été conservé; il établit que l'archevêque ne pourra procéder au changement de la monnaie que dans deux circonstances : i^ aussitôt après son élection et son investiture, 2® à son retour de toutes les expéditions qu'il devra entreprendre en Italie pour le service de l'empire. Les bourgeois étaient confirmés dans leur droit d'exercer un certain contrôle sur les émissions, et à chaque émission nouvelle, des étalons devaient être remis à la garde des bourgeois et du chapitre métropolitain '.
A part les ateliers de la Westphalie, dont nous nous occuperons plus loin, et l'atelier de Xanten, MONDESANCTONV, ouvert sous le règne de Conrad de Hochstadt *, les archevêques n'eurent pendant le xii« et le XIII* siècle d'autre atelier que celui de Cologne. Vers la fin de la période dénariale, Sigefroid de Wester bourg, en guerre avec les habitants de la métropole, toujours plus avides de droits, créa un atelier à Bonn, ville dont ses prédécesseurs, depuis Engelbert de Fauquemont, avaient fait leur résidence ordinaire. Les deniers de Bonn portent BEATA VERONA VINCES autour de l'église du revers, En 1288, la bataille de Woeringen où Sigefroid fut fait prisonnier livra Bonn à Jean I, duc de Brabant, qui y frappa des esterlins au type brabançon. Nous en avons parlé p. 570. L'archiépiscopat de Henri II de Virnenbourg (1306- 1332) concorde avec l'apparition du gros d'argent.
d). Comté de Birg,
Le comté de Berg était situé au nord-ouest de l'archevêché de Cologne. Sa numismatique a été étudiée par M. H. Grote 3 avec le soin que cet impeccable savant apportait dans tous ses travaux. Les émissions commencent au règne d'Adolphe III (1093-1133), ADOLFVS DE MONTE par des deniers imitant servilement les pièces de Cologne contemporaine. Pendant toute la période dénariale, les coins de Berg res-
1. M. Kruse, auquel on doit un intéressant commentaire de l'arbitrage de 1252 (p. 23 et suiv. dQSSiKohnscJjeGeUgeschichie), nous apprend que les archives de Cologne renferment encore des bourses de dmiers remises aux bourgeois» i titre de spécimensétalons, sous Henri I» Conrad et Sigefroid.
2. Voyez R. Chalon, Curiosités numisnutiqms dans la Revue belge de numismatique, 1874. p. 362.
3. H. Grote, Die Mûn^en der Grafen und Herbage van Berg, dans les MUn^sltidien, t. VIII, 1868 p. I et suiv.
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tèrent tributaires de ceux de Cologne; les Ugendes des prototypes, nom de lieu, SANCTA COLONIA, ou nom d'archevêque, sont parfois littéralement reproduits. La série monétaire présente au surplus de grandes lacunes :
•Adolphe IV. 1135-1160. ♦Adolphe VI, 1246-1259.
Engelbert, 1160-1189. * Adolphe VII, 1259-1296. Adolphe V, 11 89-1 2 18. Guillaume, 1296- 1308.
Ermengarde et Henri, duc de Litnbourg, * Adolphe VIII, 1 508- 1 348. 12 18-1246.
L'atelier des comtes de Berg était situé à Wielberg, mais en 1275, Rodolphe de Habsbourg autorisa Adolphe VU à le transporter à Wipperfurth. Cette localité est mentionnée sur les deniers de ce règne: WIPPEREVVORDE CIVITA. En 1279, l'archevêque Sigefroid de Westerbourg s'opposa à ce monnayage, mais comme les droits monétaires du comte étaient indéniables, Adolphe VII consentit à en suspendre l'exercice moyennant une indemnité annuelle de douze marcs à percevoir sur les revenus de l'atelier de Cologne. Le règne d'Adolphe VIII appartient à la période du gros.
e). Comté de Juliers ^ .
Le monnayage des comtes de Juliers ne commence pas avant la fin du XIII' siècle. La cause de cette longue abstention se trouve, comme l'a démontré M, Grote, dans l'opposition des archevêques de Cologne qui prétendaient au monopole des émissions dans tout leur diocèse. En 1237, nous voyons l'archevêque Conrad accorder au comte, en ces termes, une indemnité de quinze cents marcs : « Adfirmandam inier nos et comitcm juliacensem amicitiam, et ne idem contes ullam in moneia nosira Imbeat actiouem... nos ipsi coiniii persolvere promit timus i^oo marcas denariorum coloniensium. »
Le premier comte de Juliers dont il existe des monnaies est Gérard (1297-1328). On possède de lui des deniers imités des monnaies colonaises contemporaines, des petites pièces appelées kôpfchen copiées des deniers à la tête de profil frappées par Florent V, comte de Hollande, enfin des eslerlins à Técu au lion imités de ceux de Jean I, duc de Brabant. Les comtes de Juliers portaient d'or au lion d'argent.
I. H. Grote, Die Mûn^^eti der Grafen uttd Heriôge von Juîich dans les Mûnistudien, t. VII, 1868, p. 379 et suiv.
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6o8 TROISIÈME PARTIE