II
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Les monnaies de Rostock sont citées dans des textes de 1262. En I323> Henri de Mecklembourg abandonna i la ville la garde de Tatelier : « adjicientes quod monetam nostram in ipsa civitaU habeant et de nostro consensu ac scitu custodiant, et nusquam alias in terris, in locis inconsuetis denarii jabricentur. » En 1325, le duc vendit sa Monnaie de Rostock à la ville moyennant une somme de mille marcs d'argent; les deniers devaient être taillés la première année à raison de six marcs au marc d'argent fin, la seconde année à raison de cinq marcs, la troisième année et les années suivantes 1 raison de quatre marcs et demi.
q). Duché de KfeckUml>ourg K
Le Mecklembourg, pays des Obotrites, avait été conqub par Henri le Lion qui le laissa au prince slave Przibislaw; celui-ci se convertit en 1164 au christianisme et fut admis en 1170 au nombre des princes de l'empire. En 1237, '^ P^ys f"^ divisé entre les quatre fils d'Henri- Borwin II, qui firent souche et formèrent les lignes de Mecklembourg, de Werle, de Rostock et de Parchim.
Les documents ne nous instruisent d'un monnayage propre au Mecklembourg qu'à partir de la fin du xiii* siècle. On trouve par exemple, en 1290, la mention de « 200 marcas monetae slavicalis denariorum. » Les ateliers du duché se trouvaient à Wismar, Rostock, Warnemûnde, Sulze, etc.,. mais l'impulsion donnée par la Hanse au développement des firanchises municipales fit passer, au xiv* siècle, le monnayage au pouvoir des villes. Le numéraire mecklembourgeois se compose de petites bractéates, '*■ " ^ portant une tête de taureau de face (fig. 1163),
ou une tète humaine cornue de face ; il existe de ces types de très nombreuses variétés.
r). Abbaye de Nordheim.
L'abbaye des bénédictins de Nordheim fut fondée en 105 1 par le duc Otton de Bavière et dédiée à saint Biaise. En 1141, Sigefroid de Bomenebourg, neveu du fondateur, donna à l'abbé Wizelin le droit de battre monnaie : « insuper, in ipsa villa Northeim scilicet, contradimus thelonei
I. C. Fr. Evcrs, Mtchletiburgischc Mûn:;verfasiUttg, Scït^éxin^ 1798, in-8. ^ Jahrhûcher der Vereins fur Mechîtnburgischc und AltertJmmskunde. Schwérin, 1836 et années suivantes, passim.
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jura, propriaeque percussuram monetat, » Cette concession fut confirmée en II 64 par Henri le Lion et plus tard encore.
Plusieurs documents du xii* au xiv^ siècle mentionnent les monnaies de Nordheim. Les seules pièces qu'on puisse attribuer au monastère, avec quelque certitude, sont des bractéates portant l'image de l'abbé mitre, bénissant, tenant une crosse et assis sur une voûte. La légende est: BNOVISTOIVI2LLVI€A2.
s). Abbaye de Reinîmuseii >.
En II II, Hermann I de Winzenbourg établit à Reinhausen, à un peu plus d'une lieue au sud-est de Gôttingue, une abbaye de bénédictins, à
laquelle l'empereur Conrad III accorda en 1114 « potestatem />fr-
cussuram monetat ordinandi. » M. Ménadier a reconnu les produits de cet atelier : des deniers portant à Tavers l'empereur asisis de face tenant une lance et un sceptre fleurdelisé, au revers une figure abbatiale debout tenant la crosse et le livre et entourée de REVNEHVS.
t). Abbaye de NUnbourg.
Cette abbaye, fondée sur la Saale en 975, obtint en 993 d'Otton III le droit monétaire à Hagenrode. Cette concession fut confirmée en 1000, et Conrad II accorda en 1035, à l'abbé Albin, la faculté de transférer son atelier de Hagenrode à Nienbourg. On n'a pas encore reconnu les monnaies de cette abbaye.
u). Abbaye de Gandersheim >.
L'abbaye de bénédictines de Gandersheim fut fondée en 854, sous l'invocation des SS. Ânastase et Innocent. En 990, Tabbesse Gerberge reçut d'Otton III le jus monetae. Les bractéates de Gandersheim se confondent souvent avec celles de Quedlinbourg. M. Ménadier en a toutefois signalé une dont l'origine parait indubitable, nous la reproduisons ici (fig. 1164), elle représente trois têtes de saints dont deux sont identifiées par la légende : +SANCTVS»IOHANNESINNOCE.
1. Ménadier, Ein Pfennig der AbUi Reinhausen, dans Deutsclie Mûn^en^ t. I, 1891, p. 27.
2. J. Ménadier, Brakieatenfunde, dans Iz Zeitscbrift fur Numismatik, t. XIV, p. 191.
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v). AhUtye de Bursfelde,
Ce monastère fut fondé en 1093, au confluent de la Niemeetdu Weser, par le margrave de Nordheim, Henri le Gras, et sa femme Gertrude, en Thonneur des SS. Thomas et Nicolas. On lit dans un diplôme de Rothard, archevêque de Mayence, relatif à Bursfelde : « Ibi etiam publicum forum et percussura adinstar goslariensis monetae cum omni forensi turc pro abbatis disponatur arbitrio. » Les monnaies de cette abbaye n'ont pas encore été retrouvées.
w). Èviché de Halhtrstadt 1.
L'évèché de Halberstadt fut fondé en 804 par Charlemagne, sous l'invocation de saint Etienne. En 974, Otton II concéda à Tévèque Hildeward le droit monétaire à Seligenstadt. Cette concession reçut plusieurs confirmations successives. Les premières monnaies épiscopales sont du successeur d'Hildeward et paraissent avoir été frappées dans la métropole. Voici, rapidement indiqués, règne par règne, les deniers d'Halberstadt antérieurs aux bractéates :
Arnulf (996-1823). — Ses pièces portent un buste à gauche, arnvldvs eps ou ARNVLFvs EPS, et sont imitées, pour les revers, soit des monnaies de Magdebourg d la holikirche et au nom d'Otton et d'Adélaïde, soit des deniers de Cologne. Parfois, dans ce dernier cas, le nom de cette ville est conservé ; parfois, il est remplacé par halber- STE— }~D^ disposé en trois lignes de manière à former une croix.
Brantho (1023-36). — L'empreinte de ses deniers se compose du buste de saint Etienne, à droite, tenant une croix, et d'un édifice à trois tours. Les légendes donnent le nom du saint et celui de l'évéque : -^ brantochv... Le type en usage sous Brantho fut continué sous Burcard I de Vohbourg (1036-59), qui se borna à remplacer le nom de son prédécesseur par le sien.
Burcard II de Veltheim (1059-88). — Ses pièces ont d'un côté un portail d'église flanqué de deux tours, de l'autre, une croix cantonnée de d-v-c-o. Le nom de l'atelier est écrit halverstidi. Aucune pièce n'a été retrouvée pour Dietmar de Supplingenbourg (1089).
Etienne, que d'autres appellent Herrand (1089-1102), ne possède pas de monnaies certaines. M. Dannenberg veut retrouver la dernière syllabe de son nom, + ... hans pour Stepfxinus, sur un denier de la trouvaille de Santersleben portant à l'avers le roicorps de saint Etienne, de face, nimbé, tenant une croix et l'étole, et au revers une croix pattée. La même trouvaille a fait connaître un denier anonyme aux noms et aux images de saint Etienne et de saint Sixte, ses sixtv'pp ; le patron du diocèse s'y voit, pour la première fois, agenouillé à gauche, devant la dextre divine. Cette émission
I. H. Wege, Zur Mûn^kunde des Bisthums Halberstadt, dans la Zdischrift des Har^^ reins fur Geschichte und Allerthumskuiide, 1884.
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anonyme se rattache probablement à Tépoque où le siège d'Halberstadt était disputé entre Etienne et son compétiteur Frédéric I (1090-1105).
Reinhard de Blankenbourg (1106-22) eut un monnayage assez actif. Ses espèces peuvent être reparties en trois groupes, au point de vue du type et de la forme : i® -|- reinharvs. Tète nimbée entre deux tours reliées par une voûte. Rev. : SCS STEFHANVS. Effigie à mi-corps, de face, de saint Etienne. Les deniers de ce groupe ont l'épaisseur des monnaies frappées sous les prédécesseurs de Reinhard. — 20 rei- NARDVs. Buste de face, les mains levées. Rev. : -f- s-s simon ivda. Les deux bustes nimbés accolés. Imitation des pièces de Goslar. Flans beaucoup plus minces et plus larges que les pièces du premier groupe. — 30 Type du no i ou effigie de l'évéque debout, tenant une croix et une crosse. Rev, : Croix cantonnée d'étoiles. Les pièces de ce groupe sont de véritables semi-bractéates.
Le règne de Reinhard et celui d'Otton (1123-35) marquent à Halberstadt la transition entre le denier biface et la bractéate véritable, qui va faire son apparition sous les successeurs de ces évêques. Il est à remarquer qu'au début on frappa concurremment des bractéates et des semi-bractéates. Les plus récentes de ces dernières paraissent appartenir à Conrad de Krosigk; elles portent TefEgie de Tévêque et celle de saint Etienne avec des légendes très explicites : + CONRADVS'1'HA.BE ou CONRADVS EPISOPV à l'avers, et S€ STEPHA au revers. Voici la liste des évêques de Halberstadt, pour l'époque où les bractéates furent le numéraire essentiel de la contrée :
•Rodolphe I, 1136-49. ♦Frédéric II de Kirchberg, 1209-36.
•UlricdeRegenstein, ii49-6o(fig. 1165). * Ludolphe I de Schladen, 1236-41.
*Geron de Schermbke, intrus, 1160-77. '*Meinhard de Kranichfeld, 1241-52.
•Ulric, rétabli, 1177-80. *Ludolphe II de Schladen, 1252-55.
* Thierry de Krosigk, 1 1 80-93 . * Volrad de Kranichfeld, 1 2 5 5-96. *Gardolphede Harbke, 1193-1201 (fig. Hermann de Blankenbourg, 1296-1303.
1 167). Albert I d'Anhalt, 1303-24.
* Conrad de Krosigk, 1201-8.
Les plus anciennes bractéates épiscopales sont de fabrique assez grossière et portent la tête ou le buste de l'évêque, avec la crosse et la
Fig. 116; Fig. Ii6é
croix, sous une voûte flanquée de tourelles. Plus belles déjà sous Thierry, elles arrivent, dit M. Schlumbergcr, à leur plus haut degré de splendeur sous le règne de Gardolphe. Il y a parfois une sensible diffé-
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rence dans Texécution de bractéates contemporaines. Celles qui furent frappées à Halberstadt sont plus belles et plus soignées que d'autres ateliers, tels qu'Osterwick, Wegeleben et Aschersleben. L'atelier d'Osterwick est cité dans plusieurs textes, de 123 1 à 1377. Wegeleben, qui faisait partie du comté d'Anhalt, fut engagé en 1288 aux évèques; en 1359, l'empereur Charles IV confirma à l'évêque Louis de Misnie le droit monétaire en cette localité. Aschersleben fut annexé en 1322 au temporel de Halberstadt.
Fig. 1167 Fig. 1168
M. Schlumberger a dressé, dans ses Bractéates d* Allemagne, une liste des types qui se rencontrent sur les pièces épiscopales. Voici les plus caractéristiques, par ordre d'apparition :
Tête de Tévéque sous une voûte ((îg. 1165), ~ l'évoque à mi-corps, coiffé de la mitre conique, portant la crosse et le livre des évangiles. — Tévâque assis, — l'évêque assis entre deux prêtres dont on n'aperçoit que la tête et les épaules, — saint Etienne assis, à côté de lui l'évêque agenouillé, — l'évêque assis ; le saint debout recevant son hommage ; en haut, une dextre divine ou une colombe, — l'évêque et saint Etienne assis, quelquefois au-dessus d'eux un ange étendant la main. — deux bustes derrière une balustrade, celui de l'évêque recevant peut-être le serment du bailli, — saint Etienne debout ou assis (fig. 1 166 et 1 167), — l'évêque debout, — saint Etienne agenouillé, les regards tournés vers une dextre divine sortant des nuages (fig. 1168), — buste du saint, — scène de la lapidation de saint Etienne, cinq personnages, — saint Etienne lapidé, couché, entouré de pierres, sous une arcade portant son nom ; au-dessus, une seconde image du saint entre deux anges, — l'évêque et le saint debout ou assis à côté Tun de l'autre, etc.
Les pièces les plus belles et de la composition la plus compliquée remontent aux épiscopats d'Ulric rétabli, et de Thierry ; celles de cet évêque sont parfois d'une dimension et d'une minceur extraordinaires. Les légendes inscrites sur les bractéates de Halberstadt donnent soit le nom de l'évêque, soit celui de saint Etienne souvent accompagné de son titre de prothomartyr. Un grand nombre de pièces portent des pseudolégendes, ou en sont complètement dépourvues. Ces monnaies muettes
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sont encore confondues, en grande partie, avec celles de Helmstedt, de Hildesheim ou de Hersfeld.
x). Comté d'AnhaJL
Le comté d'Anhalt appartenait depuis le commencement du xi* siècle à la maison d'Ascanie. En 1123, Albert TOurs, fils du comte Otton le Riche, devint margrave de Brandebourg. Voici le tableau de sa descendance, pour ce qui concerne Anhalt :
* Albert l'Ours 1123-70
Otton I
tige des margraves de
Brandebourg.
Anbaît
•Bernard 1170-1212.
devint duc de Saxe en 1180
Hermann I
tige des comtes d*Or-
lamûnde.
Anhalt
Henri I le Gras
Albert I
tige des ducs de Saxe
(voir p. 665).
Bembourg
Bernard! 1252-87
Bernard II 1287-13 18
Bernard III
(Branche éteinte
au xv« siècle.)
Zerbst Sigefroid 1252-98
Albert I 1298- 13 16
Albert II 1316-62
(Branche encore existante.)
Ascbershhen Henri II 1252-67
Otton I 1267- 1305
Otton II
(Après sa mort
Aschersleben fut
réuni à Tévéché
d'Halbersudt.)
Henri lU régna avec son
frère, puis devint archevêque de Magdebourg.
Le monnayage du comté d' Anhalt commence avec Albert l'Ours, dont il existe de belles bractéates portant ADELBERTVS MARCHIO ANEHALDENSIS. Ces pièces se confondant avec celles qu'il frappa comme margrave de Brandebourg; nous nous réservons d'en parler lorsque nous examinerons le monnayage de cette province. Les bractéates de Bernard forme trois groupes: le premier comprend les monnaies ayant la légende BERNHARDVS COMES plus ou moins abrégée et correcte, et qui ont été frappées par conséquent de 1170 à 1180, avant l'élévation du comte d' Anhalt au rang de duc de Saxe; le second groupe embrasse les nombreuses bractéates porunt BERNHARDVS DVX ou
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simplement DVX, frappées de ii 80 à 12 12; le troisième groupe comprend les monnaies muettes ou celles dont les légendes n'indiquent pas la titulature de Bernard. Quelques pièces de ce dernier groupe ont des inscriptions curieuses telles que DENARIVS SVM. BERNHARDVS SVM E^O DEHarius, BERNHARDVS EGO. BERNARDVS DENARIVS COT- NE, nom de l'atelier de Côthen, ville qui paraît avoir été, à côté de Wittenberg, le principal atelier du comte d'Anhalt. Les monnaies de Bernard sont en général très belles, de module moyen, d'un métal épais
Fig. 1169
Fig. 1170
mais de titre élevé. Le type le. plus fréquent est l'image du prince, debout ou à mi-corps, de face, armé de pied en cap (fig. 1 169) ; sur quelques pièces où figure le mot DVX, Bernard est représenté à cheval ; sur quelques autres, nous le trouvons assis, un lion aux pieds, entre deux personnages debout dont l'un tient une bannière et l'autre une épée; sur d'autres encore, nous avons une copie des MûritzJ>fcnnigc de Magdebourg (fig. 1170).
Henri I le Gros a aussi frappé de nombreuses bractéates, malheureusement muettes, de sorte qu'il est difficile d'affirmer que quelquesunes d'entre elles n'appartiennent pas aux dernières années de Bernard ou aux premières des successeurs de Henri. On y retrouve les types ordinaires : le comte de face, debout ou assis, tenant le bouclier, la lance ou l'épée, le sceptre, ou parfois placé entre deux écus ; la tête est généralement nue avec une longue chevelure.
Fig. 1171
Fig. 117a
Fig. II7I
L'époque qui s'étend de la mort de Henri I jusqu'au premier quart du XIV* siècle donne de très nombreuses bractéates, généralement de petite dimension, presque toujours muettes, désignées particulièrement par les numismates allemands sous le nom d'ascanische ou anhaltische pfennige. Ces pièces, qui se rapprochent énormément des brandebourgeoises contemporaines, sont extrêmement difficiles à répartir entre les
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princes d'Anhalt des trois branches issues de Henri I. Leurs types sont variés à l'infini : seigneur debout (fig. 1171) ou assis^ tenant dans les mains divers attributs (épées, faucon, sceptres, bannières, écussons, etc.), — deux seigneurs debout Tun à côté de Tautre et paraissant représenter Henri II et son frère Otton, — tête de face sous un portique, — personnage à mi-corps derrière une balustrade, — écusson fascé de Ballenstedt (fig. 1172) — écu fascé surmonté de trois plumes de paoti et accosté de deux cœurs, emblème héraldique du comté de Brena réuni à TÂnhait en 1290 (fig. 1173) — deux oiseaux, — deux clefs, tourelles, — édifices, — casque orné de deux cornes de buffle, cimier d'Anhalt, — panache de plumes avec la lettre B, etc., etc. Une foule de ces types sont très probablement de simples variétés caractérisant des émissions annuelles'.
Les mêmes dispositifis se retrouvent sur les nombreux petits deniers bifaces, analogues à ceux du Brandebourg, émis concurremment avec les bractéates, et dont plusieurs variétés figuraient dans la trouvaille d'Aschersleben *. Les comtes d'Anhalt firappaient leurs espèces à Aschersleben, Ballenstedt, Côthen, Zerbst, etc.
y). Avouent de Croppenstedt ).
En 936, le comte Siegfried et sa femme Jutte donnèrent à Tabbaye de G^rvei divers domaines situés dans la région d'Halberstadt, tels que Croppenstedt, Grôningen et Ammendorp. L'avouerie en fut laissée aux comtes de Blankenbourg.
M. Ménadier a reconnu plusieurs monnaies émises à Croppenstedt au nom des abbés de Corvei. Nous citerons notamment une bractéate de la trouvaille de Bûnstorf qui paraît avoir été fi-appée vers le temps de Dietmar II (1209-16); elle représente une figure mitrée tenant deux croix au-dessus d'une fleur de lis dans un encadrement trilobé ; la légende est ABBAS.
En 1253, Hermann, abbé de Corvei, pour se soustraire à la domination envahissante des avoués, mit ses terres saxonnes sous l'au-
1. C. Ph. Schônemann, Der Fundhà Schadekhen, dins Zur vaUrlàndischen Mûn\kunde. Wolfenbuttel, 1852, pet. in-4, p. 47 et suiv. — Th. Stcnzel, Der BracteaUnfund hei Freckleben. Berlin, 1862, in-4.
2. Emile Bahrfeldt, Der Mhnifund von Ascljerskben, dans les Berliner Mûniblàlter de Weyl, 1889, n» 105 et 106.
3. J. Ménadier, Croppenstedt, eineMûn^slàlte der Aebte^u Corvei, dans la Zeilschrifi Jùr Numisntatik, t. XIII, 1886, p. 342 et suiv.
torité de Tévêque d'Halberstadt ; le diplôme qui consacre cette cession mentionne la monnaie de Croppenstedt : monctam in Croppensttdt.
z). Comté de Wemigerode i.
Le comté de Wernigerode était situé à Touest de Pévèché de Halberstadt. La maison comtale, qui portait d'argent aux deux truites de gueules, s'éteignit en 1429 et ses domaines passèrent aux Stolberg. On possède un certain nombre de bractéates de Wernigerode, à partir de la fin du XII* siècle. L'une des plus anciennes, attribuée à Adalbert (1187-1207), porte un édifice à tourelles entouré delà légende CASTRVM ADEIBERTI COmitis. Au xin* siècle, viennent se placer quelques bractéates imitées de celles de Magdebourg ; elles sont à l'image de saint Maurice tenant de chaque main l'écusson aux deux truites. Sur d'autres pièces portant la légende WERNIGEROD, est représenté un édifice sur une arcade, audessous de laquelle sont reproduites deux truites. En 1299, les monnaies de Wernigerode sont mentionnées dans un texte.
aa). sihhaye de HeUnstediK
L'abbaye de Saint-Ludger de Helmstedt, au nord de Halberstadt, fut fondée au x* siècle par des moines venus de Wcrden. Les deux monastères furent gouvernés par le même abbé. On ne connaît qu'un seul denier d'Helmstedt; il reproduit le type des pièces de Brantho et de Burcard I, évêques de Halberstadt, et a pour légende SCS LIV3IERVS au droit et au revers.
Les bractéates de Helmstedt commencent au xii* siècle, sous Bernard de Wevelinkhoven (11 2 5-41) ou sous son successeur Wembert (1141-46), et leur émission embrasse toute la période pendant laquelle les abbés suivants présidèrent aux destinées du monastère :
Lambert de Genncp, 1147-1152. •Albert II de Goêr, 1255-1259.
•Guillaume l de Mœurs, 11 52-1 160. •Albert II de Teckelnbourg, 1259-1277.
Adolphe II de Berg, 1160-1174. Otton II de Warberg, 1277-1288.
•Wolfram de Kirchbourg, 1175-1183. Henri I de Wildenberg, 1288-1310.
♦Héribert Ide Berg, 1183-1199. Guillaume II de Hardenberg, 1318-30.
• Héribert II de Buren, 1 199-1230. Jean I de Heverlé, 1330-1344. •Gérard de.Grafschaft, 1 230-1255.
1. G. A. von Mûlverstedt, Zur Mûn^kundi der Grafen von Wernigerode, dans la Zeitschrt/t des Har^yereins fUr GeschidHe und Altertimmshmde, t. XII, 1879.
2. H. Dannenberg, DU Màn^en der Ahtei HeJmstàdt, dans la Zeitschrift /ûr Numisnialik, t. V, 1878, p. 264 et suiv.
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La plus ancienne bractéate de Helmstedt porte le buste de Tabbé, audessus d'un mur, et tenant dans la main droite, une crosse, dans la gauche, une crosse et un livre; la i légende est : + • HELMANSIDA. Sur une brac- Itéate de Guillaume I, VILLEHELMVS AABB. / l'abbé figure debout à côté d'un personnage couvert de son armure; les lettres FRIDIC placées auprès de lui renseignent sur son identité : il doit être ^'^' "74 question de Frédéric II, comte palatin de Som-
merschenbourg (1155-62), qui fut à cette époque avoué du monastère de Helmstedt.
Une pièce anonyme, de la seconde moitié du xii® siècle, porte une figure à mi-corps avec h légende SCS LVVD6RVS ABBAS. Les deux Héribert eurent des émissions nombreuses; elles présentent toujours l'abbé, le plus souvent assis (fig. 1174), quelquefois debout ou vu à micorps sous une voûte. Les légendes sont parfois très explicites: HERI- BERTVS DEI GRATIA ABBAS ou ABBAS IN HELMENST.
La grande trouvaille de Saalsdorf, dont Schônemann a fait l'objet d'une étude approfondie, renfermait des bractéates portant les noms de leurs deux successeurs, Gérard et Albert. Ces pièces signées sont déjà des exceptions; car dès les Héribert, le monnayage muet ou marqué de pseudo-légendes paraît être de règle. Il est très difficile de distinguer ces bractéates muettes de celles qui furent frappées à la même époque à Hersfeld ou à Halberstadt.
ab). Évéché de Hildesljeim i .
L'évêché de Hildesheim fut créé en 818 par le transfert dans cette ville de celui que Charlemagne avait établi en 796 à Elze. Les concessions impériales relatives à la numeta de la métropole ne sont pas connues, mais en 1053, Henri m donna, à l'évêque Azelin le droit monétaire à Wienhausen.
Le monnayage épiscopal commença sous Bernward (993-1022). Son type est une tête diadémée à droite ou à gauche et une croix; les légendes sont : BERNWARD EPS-HILDENESHEM. A côté de l'atelier d'Hildesheim, l'évoque ouvrit une forge à Mundbourg, MVNDBVRVC,
I. Cappc, Die Mûnxender Stadt und des Bisihums Hildesheim. Dresde, 1835, in-8. — P.-J. Meier, Zur Bracteatenkunde von HildesMm und Helmstedt, dans VArchiv fur BrocteaUtikunde, t. II. — Le même, Der Mûnifund von Môdesse, dans le même recueil, t. II. — J. Ménadier, Deutsche Mùnien, 1. 1, p. 95.
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château qu'il avait fait construire au confluent de l'Aller et de TOker, à l'endroit où s'élève aujourd'hui Mûden. Sous Gothard (1022-38), la croix du revers est remplacée à Hildesheim par un mur à trois tours. Pour Azelin (1044-54), nous n'avons que des pièces d'une lecture incertaine. Pendant la seconde moitié du xi* siècle, le numéraire de Hildesheim ne mentionne plus l'évêque régnant, mais se borne à donner le nom de la ville et celui de la Vierge, SAC MARIA, patronne du diocèse. A partir du milieu du xii' siècle, Hildesheim frappe des bractéates. Les évêques suivants occupèrent le siège pendant cette période :
•Bronon, 1153-61. Henri I de Wemigerode, 1240-57.
Hermann, 1162-70. Jean I de Brakel, 1257-60.
•Adelhogue, 117 1-90. Otton I de Brunswick, 1260-79.
Bernon, 1190-94. Sigefroîd II de Qperfurt, 1279-1310.
G)nrad I de Querfurt, 1194-98. Henri II de Wohidenberg, 1310-18.
Héribert de Dalhem, 1199-1215. Oiton II de Wohidenberg, 1319-31.
SigetroidI, 1216-21. Henri III de Brunswick, 1331-63.
Conrad II, 1221-46. [Éric I de Schauenbourg, 1332-49].
Sur une pièce de Bru non, on voit Tévêque à mi-corps, tenant la crosse et levant la main gauche, sous une arcade à tourelles ; la légende, écrite à rebours, est + BRVN0EPISC0PVSHCVNADAC6CIIIA; sa dernière partie n'offre aucun sens. La trouvaille de Môdesse, récemment décrite par M. P.-J. Meier, renfermait un groupe nombreux de bractéates d'Hildesheim portant l'image de l'évêque assis, de face, avec la crosse et le livre des Évangiles ou un sceptre crucigère ; quelques-unes donnent le nom plus ou moins altéré d'Adelhogue, par exemple, EC IDELHOGVS HILDESEMENSISou NEID€L€0GVSIINICS€5n€NSIS- €FS ou encore- 6PISC0PVSATHEL0, mais la plupart ont EGO SV5n HILDENSEMENSIS ou une simple pseudo-légende ^ Les pièces muettes qui succèdent à ces émissions reproduisent le type de l'évêque assis, mais il est très difBcile d'en faire une juste répartition entre Hildesheim et Helmstedt.
I. Ces pièces sont les seules monnaies de Hildesheim, portant des inscriptions, dont Tauthenticité soit hors de doute. La série de cet évêché est en effet une de celles pour lesquelles le numismate faussaire Seelânder exerça le plus son déplorable ulent. On sait que cet habile contrefacteur publia lui-même, en 1 743 , à Hanovre, dans le volume intitulé : Zeheti Schriften von teutschen Mûni^en miiUrer Zeiten, une partie des pièces qu'il avait imaginées. Nous avons omis, dans notre Introduction, de parler de cet habile faussaire sur lequel on pourra consulter la Niimismatische Zeitung de 1860 et Touvragede M. G. Schlumberger, p. 133 et suiv.
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ac). Seigneurie de Peine,
Le château et la terre de Peine étaient un fief de l'église de Hildesheim. A la fin du xn* siècle, la possession en vint à Gonzelin de Wolfenbûttel, par son mariage avec riiéritière des anciens seigneurs. On possède quelques bractéates du xiii^ siècle portant: MON ETA DE PEINE et un lion passant à gauche.
ad). Comtés de Rtgenslein et de Bîankenbourg dam le Hari > .
En 1186, à la mort de Sigefiroid I, comte de Regenstein et de Bîankenbourg dans le Harz, les deux comtés furent partagés entre ses fils ; l'un, Sigefroid II, eut Bîankenbourg avec les armes paternelles : d'argent à une corne de cerf à cinq andouillers de sable, posée en fasce; le cadet, Henri, eut Regenstein et modifia les armes paternelles : d'or à une corne de cerf à cinq andouillers de gueules, contourna et posa en fasce. En 1367, la ligne de Bîankenbourg s'éteignit et ses possessions passèrent à celle de Regenstein.
Sigefroid II de Bîankenbourg (i 186-1246) a firappé de belles bractéates épigraphes. Le type se compose de la corne de cerf et, sur la variété la plus intéressante, de la légende : COMES SIFRIDVS DE BLANKENBRVC. Une autre variété qui appartient peut-être à Conrad, second fils de Sigefroid II, mort jeune, porte CATI (castri) DE BLAN- KENBVR. Â ces monnaies succèdent un assez grand nombre de bractéates muettes, de grandeur moyenne, firappées au xiii' siècle. Elles portent toujours la corne de cerf accompagnée d'emblèmes divers, et, suivant la position que la corne occupe, on a voulu y voir le blason de Bîankenbourg ou celui de Regenstein. « On connaît trop le manque de précision des dispositions héraldiques sur les monnaies de cette période, dit M. Schlumberger, pour pouvoir attribuer à ce fait une importance capitale. » Les pièces restent donc indivises entre les deux lignes issues de Sigefroid I. Au règne d'Henri III (1276-1305) appartiennent, des deniers bifaces de la trouvaille d'Aschersleben, puis des bractéates muettes sur lesquelles figure un seigneur assis ou debout, tenant de chaque main une corne de cerf ou s'appuyant sur deux écus chargés du même emblème. Une large bractéate de la même époque porte deux
I. H. Dannenbcrg, Zur Miinikundedes Harpes, dans h Zeitscbrift fur Numism,, t. XI, 1885, p. 105. — E. Bahrfeldt, Der Mûn^und von Ascljersleben, dans les Berîiner MûnibîâUer de Weyl, juillet-août 1889, n»» 107 et 108.
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grandes cornes de cerf en pal, séparées par une tourelle ; sur la circonférence se voient quelquefois deux R. initiales de Regenstein.
ae). Comté de CUtUnherg.
Les comtes de Clettenberg possédaient dans le Harz des domaines importants et riches en mines d'argent. Ils avaient dans leurs armes un cerf passant. A la mort du dernier comte, Frédéric, en 1279, ses domaines passèrent aux comtes de Hohnstein.
M. Dannenberg donne aux anciens comtes de Clettenberg une semibractéate du milieu du xii* siècle au type du cerf. Les bractéates plus récentes se confondent avec celles de Stolberg. Les ateliers des comtes de Clettenberg étaient situés à EUrich et à Elbingerode.
aQ. Comté de Stolberg i.
Les comtes de Stolberg apparaissent dans l'histoire au commencement du XIII' siècle. Ils portaient, comme ceux de Clettenberg, un cerf dans leurs armes, et c'est le même emblème qui forme le type de leurs bractéates. M. Dannenberg a publié une de ces pièces, qui porte sur la bordure les lettres N'H*N*H. Ces sigles, qu'il complète par nummus Henrici, indiquent, suivant lui, le comte Henri I (1210-1239). Les monnaies des successeurs de ce comte de Stolberg, petits deniers bifaces ou bractéates, sont muettes ; il est difficile de les distinguer de celles de Clettenberg.
ag). Abbaye de Quedîinbourg*,
L'abbaye de femmes de Quedlinbourg, fondée en 928 sous l'invocation de saint Servais et achevée en 937, devint une des plus riches delà Germanie. En 993, Otton m lui donna le droit monétaire, qui lui fut confirmé en 1206 par le pape Innocent III. L'abbaye possédait de vastes domaines, qu'elle faisait gouverner par des baillis et des sousbaillis établis à Géra, Weida, Plauen, Greiz, Barby, etc.
Aux monnaies frappées au nom d'Otton III (voir p. 660) succèdent
1. H. Dannenberg, Zur Mûnikunde des Harpes ^ dans la Zeitscbrift fir Numismatik, t. XI, 1888, p. îO$. — E. Bahrfeldt, DerMûnz/und von AscliersUben^ dans les Berliner MùH;bJàtter de Weyl, n<» 107 et 108.
2. Cappe, Beschrtibung der Mùnien des vormaligen kaiserlicben Jireiem weltlicben Sti/ts QuedUttbitrg. Dresde, 1851, in-8. — A. Duning. Uebersicbt uber die Mûn^escbicbU des kaiserlicben freiem weltlicben Stiftes Quedlinbwf. Qjiiedlinbourg, 1886, in-4. — Le même, Ueber die ZutheHung einiger unbestimmter Bracteatenan Quedlinburg, dans VArchru fwr Bracteatenkunde, t. I, 1890.
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à Qucdlinbourg des deniers anonymes portant + QVIDLINGB' autour d'un édifice à trois tours et + SCS DIONISIVS autour d'une main tenant une crosse. Le style de ces pièces les rapproche de celles qu'on a frappées à la même époque à Magdebourg, à Helmsted, à Hildesheim et à Halberstadt sous les évèques Brantho et Burcard I.
Adélaïde II de Franconie (1063-95) est la première abbesse dont le nom soit écrit sur les espèces. L'avers de ses deniers représente son buste avec un sceptre fleurdelisé; au revers le nom de l'empereur Henri IV entoure une efligie tenant l'épée et le globe crucigère. Agnès I de Pologne (...1110-25... ?) appelée ANGN ES ABA par les inscriptions monétaires, émit une série nombreuse de deniers où figurent, en combinaisons multiples, son buste, un édifice, l'image de saint Servais ou la dextre divine, DEXTERA DOmini.
A l'époque de Gerburge (?... 1134-37), l^s deniers taisent le nom de l'abbesse, mais ces précieux monuments métalliques (fig. 1175) rappellent son élection : + ELECCIO MEI. Au revers de la plupart de ces curieuses pièces, nous trouvons un édifice, représentation symbolique du monastère ; mais quelques-unes donnent l'effigie Fîg"75
barbue de l'empereur Henri V. Plusieurs de ces deniers ont le flan très aminci et rentrent dans la série des semi-bractéates auxquelles les bractéates véritables vont bientôt succéder.
Les plus anciennes de ces monnaies unifaces appartiendraient à Béatrix II de Minzenbourg (1138-60). Ses bractéates, dit M. Schlumberger, sont comptées parmi les plus belles et les plus artistiques de la plus belle époque. Elles sont très supérieures à celles des abbesses suivantes, quoique de dimensions moindres. Voici, d'après les Stammtafeln de Grote, la liste des abbesses de Quedlinbourg qui succédèrent à Béatrice II :
*Mérégarde, 1 160-61. * Osterlinde de Falkenstein, 1231-32.
• Adélaïde III de Saxe, 1161-84. * Gertnide d*Amfurt, ... 1232-70.
• Agnès II de Misnie, 1 1 84- 1 203 fig. 1 1 76. * Bertrade II, 1 270-86. •Sophie de Brcna, 1203-24. •Bertrade III, 1286-1308.
• Bertrade I ou Béatrix de Krosigk, 1224- •Jutte de Kranichfeld, 1309-47.
1230. Ermengarde de Stolberg, 1347-48.
•Cunégonde de Kranichfeld, 1230-31. Ludgarde de Stolberg, 1348-53.
Les abbesses, sur leurs bractéates, sont presque toujours représentées assises ; les effigies en pied sont rares. Toutes portent le voile retombant
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sur les deux côtés de la tète et se joignant sur la poitrine. Elles tiennent
généralement une fleur de lis, un rameau, un livre, une croix. Parfois, sous Agnès n, Tabbesse est assise à côté d'un personnage qui lève la main ; d'autres fois, le chef de saint Servais surmonte l'efligie principale. Sur les pièces les plus anciennes figurent des voûtes, des arceaux ornés de tourelles et souvent des légendes distinctes et complètes qui deviennent très rares dans la suite. Voici les plus caractéristiques de ces légendes :
Béatrix II : batrisi v abisa hnr. — Mérégarde : meregart abbatissa qvidel. — Adélaïde III : adelaheidis dei gra abbatissae est. — Agnès II : agnes abbatissa DE cvftdeou de cvedellnbv, etc.; caritas spes FiDES.— Sophie : sophia avioEUCE, — Bertrade I ou Béatrix : beatrix di gra ovidelgervr; avavavav pour Abbatissa venerabiïis, — Osterlinde : oisterungi.s.m.stcealveenc.
Les légendes simulées sont toujours plus nombreuses que les inscriptions correctes, et, pour toute la durée du monnayage abbatial, on possède une quantité de bractéates muettes. « Il est fort possible, dit M. Schlumberger, que beaucoup de ces dernières, attribuées à Quedlinbourg par cette seule raison qu'elles portent l'effigie d'une abbesse, appartiennent en réalité à d'autres abbayes de femmes, qui ont très positivement frappé monnaie, mais dont on ne connaît pas encore de bractéates authentiques. »
ah). Avouerie de Barby.
Les seigneurs d'Arnstedt étaient avoués de Barby, sur la rive droite
de l'Elbe, en amont de Magdebourg, pour les abbesses de Quedlinbourg.
Ils émirent en cette qualité une superbe série de bractéates caractérisées
par leur emblème parlant, une aigle éployée.
« Quelques-unes de ces monnaies d'une si grande
beauté, dit M. Schlumberger, portent au-dessus
de l'aigle l'effigie d'un bailli avec la légende
WALTERVS ; ou bien l'aigle planant au-dessus de
la ville, avec la légende WALTERVS DENARIVS
EST ISTVVS ; enfin, encore l'aigle planant avec
la légende WALTERVS ADVOCATVSARNSTEDE.
F'g. "77 Q^ Qy ^çg Walther apparaissent de 1 148 à 1 168. »
Sur une autre pièce de la même série, mais dépourvue d'inscription.
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Taigle surmonte un encadrement à deux compartiments qui renferment chacun une tête, celle d'un seigneur et celle de sa femme (fig. 1177).
aî). Seigneurie de Faîketulein,
Les seigneurs de Falkenstein, dont les domaines s'étendaient au sudouest d'Aschcrslcben, s'éteignirent en 1332, avec Burcard IV, et leurs terres passèrent à l'évêché de Halberstadt. L'emblème de Falkenstein est le faucon, en allemand /a/^, au repos, les ailes fermées. Une bractéate à ce type porte en légende les deux mots HERODIVS DENARI' dont le sens n'est pas encore reconnu d'une manière incontestable, malgré les discussions auxquelles ils ont donné lieu. Sur d'autres bractéates on lit une indica- I
tion d'atelier: CIEFITAS BORNE ou le nom de Burcard II (1150-80); quelques-unes donnent au seigneur qui les a fait frapper le titre de DINS, dominus ; mais le plus grand nombre '^" "'
ont des légendes simulées (fig. 1178) ou sont muettes.
ak). ArcJjtvécJjé de Magdtbourg,
En 937, Otton I établit à Magdebourg, en l'honneur des SS. Pierre, Maurice et Innocent, un cloître qu'il dota en 965, par deux diplômes successifs, de la moneta en cette ville et à Gittelde. En 968, Magdebourg fut érigé en un archevêché, auquel furent transférés les biens et les prérogatives du monastère. En 987, Otton III donna à l'église de Magdebourg le droit monétaire à Giebichenstein près Halle.
Nous avons traité, p. 661, des monnaies frappées à Magdebourg au nom des empereurs. La transition entre ce monnayage et celui au nom des archevêques s'opéra par un certain nombre d'émissions anonymes généralement caractérisées par les mentions de la métropole et de son patron principal: MAGADEBVRG-SCS MAVRICIVS. Parfois, le topique est répété / deux fois, parfois encore le vocable du saint à est remplacé par une altération de : in \ nomifie Domini atntn. Les types sont une continuation de la })olxhirchc ou du buste ^** "''
impérial, associés à une croix ou à un édifice. Quelques pièces, de flan plus large, copient le type si répandu de Goslar.
Les premières espèces signées par un archevêque remontent à Hart- II, 44
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6^0 TROISlàME PARTIE
wîg (1079-1102). Quelques-unes portent d'un côté le nom et le buste de face d'Henri IV, de l'autre, ceux de l'archevêque ; mais des spécimens plus nombreux remplacent l'effigie impériale par l'édifice à trois tours entouré de MAGADABVRG. Ces deniers sont d'une fi-appe très défectueuse, les fians sont trop courts pour recevoir la légende et trop minces pour donner aux deux coins le métal nécessaire à leur empreinte intégrale. Sous Henri I d'Asie (1102-72) et Adelgot de Veltheim (i 107-19), les deniers portent toujours le buste avec crosse et croix de face, et au revers un édifice ou une croix pattée cantonnée de globules. La série monétaire est interrompue pour les règnes de Rudger de Veltheim (11 19-25) et Norbert (1126-34). Avec Conrad I de Q.uerfurt (1134-42), nous trouvons les dernières monnaies bifaces et les premières bractéates dont l'émission fut continuée par ses successeurs :
* Frédéric de Wettin, 1142-52. Gunther I de Schwalenberg, 1277-79. •Wigmann deSeebourg, 1152-92. Bernard de Wôlpe, 1279-82. ^Ludolphe, 1 192-1205. Eric de Brandebourg, 1283-95.
* Albert I de Kevernbourg, 1205-32. Burcard II de Biankenbourg, 1296- Burcard I de Woldenberg, 1232-35. 1305.
* Willebrand de Kevernbourg, 1235-54. Henri II d'Anhalt, 1305-7. ^Rodolphe de Dingelstedt, 1254-60. Burcard III de Schrapelau, 1307-25. •Rupcrt de Qperfurt, 1260-66. Heidenreich d'Erpiu, 1326-27.
Conrad II de Sternberg, 1266-77. Otton de Hesse, 1327-61.
Les bractéates de Conrad I portent son buste avec la légende CVN- RADVS ARCHIEPS. Sous Frédéric, Tarchevôque est représenté assis, parfois entre deux prêtres. Sous le long règne de Wigmann qui avait, avant son transfert à Magdebourg, occupé le siège de Naumbourg-Zeitz, les bractéates parvinrent au plis haut degré de leur perfection. « Ce prélat, dit M. Schlumberger, en fit frapper une quantité extraordinaire de variétés différentes et souvent fort belles. Le premier, paraît-il, il poussa la cupidité jusqu'à faire refondre sa monnaie deux fois chaque année. » Voici d'après le même auteur, un aperçu des principaux types imaginés par les graveurs de l'atelier de Magdebourg, sous Wigmann :
Saint Maurice â mi<orps, au-dessous de lui Tarchevôque et un saint assis ; — l'archevêque debout tenant la crosse et levant la main droite, en face de lui un personnage ecclésiastique debout, tenant un livre et étendant la main ; — saint Maurice armé de pied en cap, debout à côté de Tarchevéque également debout ;— saint Maurice assis, tenant un livre et bénissant l'archevêque assis i ses côtés ; — l'archevêque debout ou assis, entre deux personnages agenouillés, — l'archevêque à mi<orps, entre deux prêtres, au-dessus d'une voûte recouvrant un édifice â nombreuses tourelles ; — saint Maurice, à mi-corps, au-dessus de l'archevêque agenouillé ; — l'archevêque, parfois nu-tête, dans diverses attitudes, tenant la crosse et le livre des évangiles, quelquefois la croix, la palme ou d'autres attributs, parfois bénissant ; — l'archevêque assis
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dans une sorte d*ccusson supporté par deux personnages nus faisant TofRce de tenants ; ~ etc. Un certain nombre des bractéates de Wichmann pourraient bien avoir été frappées par lui lorsqu'il était seulement évêque de Naumbourg-Zeitz.
Les bractéates des successeurs de Wigmann perdirent rapidement de leur beauté et diminuèrent en même temps de grandeur et d'aloi. En 12769 l'archevêque Conrad, cédant sans doute aux plaintes générales, décida de faire monnayer en argent plus fin, mais cette tentative paraît être restée isolée. Ce prélat est le dernier dont le nom figure en entier sur quelques-unes de ses pièces ; le monnayage muet est désormais la règle ; quant au type, il renouvelle indéfiniment Teffigie archiépiscopale ou celle de saint Maurice.
Le second atelier monétaire des archevêques de Magdebourg, se trouvait à Halle, ville voisine des importantes salines de Giebichenstein qu'ils faisaient administrer par unSal^raf ou comte des szlines. La monnaie de Halle produisit pendant plus de deux siècles ces innombrables variétés de bractéates appelées MoritT^fennige par les numis-
Fig. 1180 Fig. 1181
mates allemands et qui toutes portent l'effigie de saint Maurice, patron de l'archevêché de Magdebourg et en même temps patron local de Halle. Une de ces pièces a la légende MONETA HALLENSIS. mais l'inscription la plus fréquente est : SANCTVS MAVRITIVS ou SANC- TVS MAVRITIVS DVX ; un très grand nombre de pièces sont muettes.
al). Seigneurie d'Alsîeben.
Les seigneurs d'Alsleben appartenaient à une des principales familles de l'archevêché de Magdebourg. On leur attribue des bractéates muettes de la seconde moitié du xiii* siècle sur lesquelles est figuré leur écusson coupé d'un lion passant et de trois roses. Madier a donné à Henri, seigneur d'Alsleben, une bractéate avec NRI ALSL, Henricus alslcbiensisy dont l'authenticité n'est pas certaine.
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am) Avouerie de GiUeJdeK
^ En 965^ Otton I donna à l'église de saint Maurice de Magdebourg la maneta à Gittelde (Gelithi, Getlide), dans le comté de Lisgo. Lorsque l'église eut été élevée au rang d'archevêché, les archevêques exercèrent l'autorité à Gittelde par l'autorité de leurs avoués. Les plus anciennes monnaies frappées à Gittelde sont des imitations des pièces au type de la hol^hirche d'Otton I et Adélaïde. La croix du revers est cantonnée de A O et broche sur une croix tenue par une main. Les légendes de ces curieuses monnaies sont écrites en bas-allemand: HIR STEIDTE BISCOP et lELITHIS PENINC, denier de Gtlithioxx Gittelde. Longtemps rebelles à toutes les tentatives d'interprétation, ces pièces ont été récemment rendues à leur véritable origine par M. Ménadier.
 cette émission en succède une autre où l'avers porte le profil épiscopal avec crosse, et le revers, une croix bordée d'un grénetis et cantonnée de 0-T-T-O. Puis vient un troisième type où la croix est remplacée par un buste de face avec sceptre crucigère. Les légendes en langue vulgaire sont toujours conservées. Le second buste de ces dernières monnaies est très probablement celui de l'avoué de Gittelde dont la puissance allait croissante.
Après ces produits certains de l'atelier de Gittelde, M. Ménadier range au même atelier plusieurs deniers, généralement inspirés du type de Goslar et signés par des personnages que le savant conservateur du cabinet de Berlin établit avoir été successivement avoués de Gittelde : Thierry de Catelnbourg (... 1088-1106), Hermann de Win-
zenbourg (1106- )etSigefroid de Bomenebourg (...-1144).
 la fin du xii^ et au xiii' siècle, le pouvoir dans Gittelde avait passé à la maison guelfe, qui, suivant M. Ménadier, y frappa des bractéates au lion, analogues à celles de Brunswick, mais portant sous l'animal héraldique une ou deux clefs.
G. — Thuringe.
a). — Ateliers impériaux, La Thuringe et les régions limitrophes, que nous étudierons en même
I. J. Ménadier, Gittelder Pfennige, dans h Zeitscbrift Jur Numistnalik, t. XVI, 1888, p. 233 etsuiv.
temps, n'eurent que deux villes, MersebourgetErfurt, dans lesquelles les empereurs de la maison de Franconie signèrent des espèces. Plus tard, lorsqu'aux deniers bifaces eurent succédé les bractéates, les souverains de l'Allemagne exercèrent leur prérogative régalienne dans plusieurs villes de leurs domaines directs, telles que Mulhausen, Saalfeld, Nordhausen et Altenbourg.
Mersebourg. — Le nom de Conrad II le Salique (1024-1039) + CHVONRADVS///// apparaît sur les deniers et les oboles frappées par l'évêque Brunon (fig. 1182). Puis, il faut passer au xii* siècle pour retrouver quelques semi-bractéates frappées à Mersebourg et signées par Henri V encore roi (1106-1111), comme pro- Rg. usi
tecteur ou schàt^voigt de l'évêché.
Erfurt. — Le monnayage impérial se borne dans cette ville au règne d'Henri III, dont les deniers sont empreints à l'avers d'une tête de face, coiffée d'une couronne triangulaire, et de la légende HEINRICVS IMPERAT ; .au revers, nous trouvons soit la holi^irche, soit un édifice à deux tours et à pignon renfermant une petite tète nue ou couronnée. Le nom de Tatelier est écrit + ERFESFVRTL
Mulhausen. — La ville de Mulhausen fut au xii* siècle et au xiii% une des plus importantes de l'est de l'Allemagne et un des principaux ateliers des empereurs. La création de cet atelier remonte vraisemblablement au règne de Frédéric Barberousse (1155-90) dont nous avons de superbes bractéates, très larges et très minces, portant l'image équestre du souverain avec cette légende : FRIDERICVS IMPERATOR MVLEHVSIGENSIS DENARIVS. Ce type équestre resta propre à l'atelier de Mulhausen sous les successeurs de Frédéric I, mais les légendes cessèrent d'être aussi explicites et aussi claires. Un grand nombre de pièces, contemporaines de Philippe, d'Otton IV et d'Henri VI, ont des pseudo-légendes. Les dimensions des bractéates diminuent à mesure qu'on avance dans le temps.
En 1198, pendant la lutte de Philippe et d'Otton IV, ce dernier donna Mulhausen et Nordhausen au landgrave Hermann de Thuringe. Cette occupation momentanée a son écho en numismatique; un certain nombre de bractéates au type de Mulhausen portent distinctement lenomd'Hermann. Au commencement du xiv« siècle, le type du cavalier couronné fut abandonné et remplacé par une anille surmontée de la moitié supérieure d'une aigle ou simplement ailée.
Saalfeld, — Cette ville n'appartint au domaine impérial que par in-
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694 TROISlàllE PARTIE
termittences. Frédéric Barberousse en fut maître, mais le roi Philippe réchangea avec l'archevêque de Gîlogne. Peu de temps après, Saaifeld redevint possession impériale, mais elle fut engagée presque aussitôt aux comtes de Schwarzbourg auxqueb elle resta.
Une trouvaille faite près de Saaifeld a fait connaître de grandes et belles bractéates frappées par Frédéric Barberousse dans cet atelier. Elles représentent toutes cet auguste personnage assis de face sur un trône ou sur une voûte, tenant un sceptre fleurdelisé et le globe crucigère. Quelques spécimens portent les légendes FVRITIGbER BITER SkLFeld ou LVTEGER ME FECIT, noms dans lesquels on a vu ceux de maîtres de la Monnaie. D'autres pièces de même facture ont FRIDERICVS INPERATOR ET SEPR A: d'autres enfin ont des légendes indéchiff'rables. Une grande bractéate à l'image impériale équestre et à inscription feinte, portant entre les jambes du cheval un poisson a fort embarrassé les numismates. Posern-Klett l'attribue à Mulhausen, où l'empereur chevauchant est, en effet, l'empreinte locale; d'autres la revendiquent pour Saaifeld dont le poisson fut plus tard l'emblème. Cette pièce appartiendrait au temps d'Henri VI.
Nordhauscn. — Lorsqu'en 1220, Nordhausen fut élevé au rang de ville impériale, Frédéric II se réserva la jouissance de l'atelier monétaire. Les bractéates qui y furent frappées sont très minces, très barbares et d'un aspect uniforme. Elles portent deux personnages couronnés assis de face, entre lesquels s'élève une tourelle ; le bord très large, séparé du champ par deux gros cercles perlés, est chargé des lettres NORTH ou de quatre aigles. La fabrication de ces laides pièces fut très active, surtout à la fin du xin* siècl: ; plus l'émission est récente, plus le travail est grossier.
Au XIV* siècle, les bractéates de Nordhausen deviennent plus petites et plus épaisses; elles portent, au lieu des deux personnages, une tête couronnée, une aigle, une moitié d'aigle et une couronne, deux têtes d'aigles sous une couronne avec la légende NORT, etc.
Altenbotirg. — Cette ville fut engagée par Frédéric II aux margraves de Misnie, mais elle fit plusieurs fois retour à l'empire. Altenbourg est cité comme atelier monétaire dès 1209 et, en 1236, un document mentionne : « ialentum nummorum in moneta AUcnhurc. »
b). ÉvécJjé dt Merscbourg,
L'évêché de Mersebourg, MartisburguSy fondé par Otton I, puis supprimé, fut rétabli en 1004 par Henri II qui lui donna les droits monétaires. Les premiers deniers frappés portent les noms réunis de l'évoque
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Brunon et de Conrad II (voir p. 693). Au commencement du xii* siècle, l'atelier de Mersebourg émit des semi-bractéates généralement empreintes, à.Tavers, d'un buste de face, avec crosse et palme, et, au revers, d'un édifice à trois tours. On lit sur quelques-unes des fragments de légendes tels que ME///////VRC. MERCACOCICO, etc., qui suffisent pour nous fixer sur l'origine de ces monnaies, révélées en 1859 par la trouvaille de Nieder-Eichstedt.
Les véritables bractéates commencent vers le milieu du xii* siècle, et se font remarquer par leur élégance, la richesse de leurs types, leurs légendes distinctes et complètes. Voici la liste des évèques qui se succédèrent à Mersebourg à partir de cette époque :
•Jean 1, 11SI-1170. *Eckhard, 1215-1240.
*Eberhard deSeebourg, X170-1201. Rodolphe deWebàu, 1240-1244.
•Thierry de Misnîe, 1201-1215. Henri I de Wahren, 1244-126$.
Sur les pièces de Jean I, + lOHNNES EPISCOPVS MESPVRGA. l'évoque est assis, de face, sur une voûte, tenant une croix et une crosse. Sous Eberhard, EBERHARDVSEPISCOPVSDEM.EBERHARDVS- MARS6BVDCH-EPISC0PVS. EPERHRDVS*DEhG*MERESB-EPISVS- EST, etc., les bractéates portent son image assise ou debout, environnée d'ornements architecturaux variés; sur quelques pièces, d'une superbe gravure, Eberhard parait aux côtés de saint Laurent, SCS LAVRENCIVS, au-dessus d'une scène à trois personnages représentant le martyre du saint.
Les monnaies de Thierry le montrent assis et celles d'Eckhard portent son buste entre deux tourelles; les légendes, moins étendues, ne donnent plus que le nom et le titre de l'évèque. Les bractéates connues pour Mersebourg s'arrêtent en 1240, bien que la continuation du monnayage soit affirmée plus tard encore par des textes.
c). Margraviat de Misnie,
La plus ancienne monnaie des margraves de Misnie est un denier de rude gravure portant des deux côtés une croix avec les légendes 'EKKIHART et *MISSNI ; elle faisait partie de la trouvaille de Trzébougne et appartient à Ekkard I (985-1002).
Il s'écoula plus d'un siècle entre l'émission de cette intéressante monnaie et les bractéates frappées par les premiers margraves de la maison de Wettin. Le type des bractéates d'Henri II (1104-1123) se compose de l'image du margrave à mi-corps ou d'un édifice, et les légendes, HEINRICVS ou MISENI accompagnent l'une ou l'autre de
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ces représentations. Les pièces de Conrad I (1130-56) portent une grande croix cantonnée d'emblèmes divers et terminée par des croissants; parfois le nom CONRADVS M entoure ce dispositif qui rappelle celui de l'abbaye de Pégau.
En 1156, Conrad I se retira dans un cloître, laissant ses états à ses fils. L'aîné, Otton I le Riche (1156-90) obtint la Misnie. C'est sous son règne que furent découvertes les mines d'argent de Freiberg dont l'exploitation permit de donner une grande extension au monnayage margravial. Les bractéates d'Otton I sont nombreuses, variées et très belles, mais fort peu portent son nom: OTTO MARCHIO MISNEINSIS ou MARCHIO D'G'OTO. Sur quelques spécimens nous trouvons le nom de l'atelier de Leipzig: MARCHIO OTO DE LIPI. Le type se compose de l'image de face du margrave.
Albert I le Fier (1190-95) continua le monnayage avec grande activité, mais ses pièces sont difficiles à reconnaître de celles de son père et de ses successeurs. A sa mort, et pendant l'absence de son frère Thierry qui se trouvait en Palestine, l'empereur Henri VI s'empara de la Misnie et y monnaya à son nom. L'empereur paraît sur les espèces dans les mêmes attitudes que le margrave, mais il est couronné et tient le sceptre et le globe crucigère ou la croix. Vers 1190, Thierry l'Opprimé fut remis en possession de ses états, qui en 1220 s'accrurent de la Basse-Lusace. Ses bractéates sont généralement plus petites que celles d'émission antérieure, mais le type reste uniformément l'effigie du margrave, debout, assis ou vu à mi-corps, tenant la bannière, l'épée, la croix ou le sceptre fleurdelisé.
Henri l'Illustre (1221-1288) vit eh 1247 ses possessions s'accroître de la Thuringe. Sous ce prince, qui résidait à Dresde où il eut un de ses principaux ateliers, le numéraire deviçnt d'une exécution déplorable ; peu à peu le type s'altère et le dessin est si grossier qu'il n'est plus possible de reconnaître une figure humaine dans la représentation informe du margrave qui occupe le milieu de ces feuilles de métal plissées, ridées et bosselées. Ces bractéates avec leur portion centrale déprimée et leurs bords deux fois en saillie semblent plutôt, dit M. Schlumberger, le revêtement métallique de quelque gros bouton qu'une véritable monnaie. Le nom et le titre d'Henri l'Illustre prennent place souvent sur la bordure en grandes initiales dont voici un exemple: H-D-G-M-E-0-M-T-L-E-S-P, c'est-à-dire: Henricus Dci gratta misncnsis et orientalis marchio, Thuringiae landgravius et Saxoniae palatinus. Outre l'effigie du prince, ces grossières bractéates portent les armes de ses diverses villes, des lions, des aigles, des casques, etc.
En 1265, Henri l'Illustre céda la Thuringe et le palatinat de Saxe à
son fils aîné Albert II l'Indocile et donna au second, Thierry le Sage, la Marche orientale et la ville de Landsberg; il ne conserva pour lui que la Misnie et la Basse-Lusace et mourut en 1228. Albert II (1265- 13 14) frappa monnaie aux types paterneb et ses grossières bractéates cupulaires portent également comme légendes de grandes initiales. Le type ordinaire est l'effigie du margrave debout, de face, avec la longue chevelure; plus rarement on trouve un casque orné de plumes, un lion, deux lions affrontés. Dans la suite, Albert II monnaya en commun avec son fils Frédéric I le Mordu, mais ils se brouillèrent et Albert vendit la Thuringe à l'empereur Adolphe de Nassau. Celuici fit frapper à Freiberg des bractéates identiques à même aspect cupulaire, avec son effigie de face, couronnée, mais sans légendes. Les monnaies de Frédéric le Mordu portent généralement le lion de Misnie avec légende composée d'initiales ; une pièce de la même époque chargée de deux têtes séparées par une tour a été donnée à Frédéric en association avec son frère Dietzmann. Plus tard, le margrave fit frapper de petites monnaies unifaces avec la légende PARVVS MIS- NENSIS et peu après, parurent les premiers gros de Misnie, fabriqués à l'imitation de ceux de Bohême. Frédéric I le Mordu mourut en 1324.
d). Margraviat d*OsUrIaftd ou de Landsberg,
Lorsqu'en 1156, les domaines de Conrad I, margrave de Misnie, furent partagés entre ses enfants, son second fils Thierry obtint Landsberg, l'ancien comté d'Eilenbourg et la Basse-Lusace ; il prit le titre de imrchio orientalis. Son firère Dédon qui avait obtenu Rochlitz lui succéda en 1185 et transmit sts domaines à son fils Conrad II (1190- 1210). On possède de Thierry de Landsberg (1156-85) de belles bractéates, probablement frappées à Eilenbourg où il figure soit assis et nu-tête, soit achevai. La légende est MARCHIO DITRI. Dédon de Rochlitz frappa des pièces analogues où il est représenté debout, armé de pied en cap, tenant Tépée et la bannière ; son nom n'est pas mentionné dans la légende qui le désigne par: ILEBVRGENSIS Zonus. Les pièces qu'on attribue à Conrad II sont de petit module; elles portent un personnage debout dans la même attitude et CORADVS MA.
c). Comii de Weliin,
Le comté de Wettin fut donné en 1156 à Henri I, quatrième fils de Conrad I, margrave de Misnie. Ses successeurs furent Henri II (nSi-
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6^% TROISlblE PAITIE
87), Ulric (i 187-1206) et Henri III (1206-17). A la mort de celui-ci, son parent, le comte Frédéric II de Bréna, hérita de Wettin.
On attribue à un des Henri de Wettin, et, de préférence au premier, quelques bractéates marquées des lettres D-CO et, dans le champ, aux côtés du seigneur assis : AD (Heinricus cames advocatus ?). Pour Ulric, le monnayage est cenain ; ses bractéates portent OVDALRICVS suivi ou non de COMES, ou, dans l'atelier de Torgau, où le comte exerçait les fonctions de bailli pour les abbesses de Quedlinbourg : COMES OLRICVS DE TVRGOWE. Ces bractéates, comme celles frappées à la même époque à Magdebourg, à Halle et en Saxe, ont le flan relativement épais et le module assez réduit. Le comte y figure généralement debout, plus rarement assis de face, couvert de son armure. A côté des pièces signées, on rencontre un assez grand nombre de spécimens muets qu'il est impossible de distinguer des pièces de Bernard de Saxe ou d'autres princes contemporains. L'observation exacte des lieux de trouvaille est, dans ce cas, le seul indice que Ton ait pour établir un classement.
f ). Évichi âe Meissen.
L'atelier de Meissen fut fondé par Otton I, en 968. Son monnayage ne paraît pas remonter au delà du xiii* siècle. Il consiste en bractéates, généralement muettes, que leur extrême analogie de formes et de types avec les pièces contemporaines du margraviat de Misnie et des autres seigneuries de la région, empêche souvent de distinguer de celles-ci. La présence de la mitre et de la crosse est le meilleur indice d'une origine épiscopale, mais lorsque ces emblèmes sont absents, lorsque le personnage assis de face qui forme le type habituel est représenté la tête nue, toute tentative de répartition, entre les évêques et les margraves reste vaine.
Les bractéates misniennes sont cupulaires, à portion centrale relevée ; les numismates allemands les appellent knopffônnige pfennige et, en effet, leur aspect général est bien celui d'un bouton. La gravure de ces pièces est d'une indescriptible barbarie. « L*œil exercé du connaisseur peut seul, dit M. Schlumberger, retrouver au milieu d'un assemblage de points grossiers l'apparence d'une forme humaine qui doit figurer le prélat. » Voici les évêques auxquels on a attribué des bractéates :
•Brunon, 1208-1230. •Albert II, 1258-1266.
•Henri, 1230-1240. • Wiligon I de Camenz, 1 266-1 293.
•Conrad I, 1240-1258.
Sous Conrad I, quelques pièces portent: C'D-G-M-V'E pour Con-
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radus Dei gratta Misnensis venerabilis episcopus, ou la variante : C-D-G* E-D-M, episcopus de Misnia. Une bractéate reproduisant la croix potencée de l'abbaye de Pégau a une légende plus explicite : CVRRAD** D-G-EPI-M. Des pièces d'Albert II ont son initiale repétée sur la circonférence et une des monnaies classées à son épiscopat montre un grand A au milieu du champ et les lettres V E, initiales de venerabilis episcopus sur le bord. Les bractéates épigraphiques de Witigon I portent WITIGO MIEPIS ou les initiales WDGMOE. WDEM et sur une pièce de son règne, son image est remplacée par l'agneau pascal avec la bannière qui figure dans les armes de l'évêché.
g). Burgravial de Meissen.
Les burgraves de Meissen étaient feudataires immédiats de l'empire ; depuis 1126, ils appartenaient à la maison comtale de Hanenstein. Leurs bractéates, très rares et peu nombreuses, dit M. Schlumberger, tantôt les représentent assis, tantôt portent une croix cantonnée de besants ; elles sont cupulaires comme celles d'Henri l'Illustre, margrave de Misnie. Elles sont muettes ou ont les légendes : MEINHERVS MIS- NENSIS, HDVMB ou encore H-MHM, qui indiquent le burgrave Mcinher (....-i30o)etpeut-êtresonsuccesseurHermann (1308-36).
h). Burgravial de DohnaK
K. Erbstein attribue aux burgraves chargés par les empereurs de la garde de leur château de Dohna, de grandes bractéates de fabrique grossière où figurent, soit deux cornes de cerf, soit un seigneur assis tenant un massaire ou une corne de cerf; la légende se compose des initiales H-D-G-B; il s'agirait de Henri III de Dohna qui paraît dans les textes de 1235 à 1242.
i). Durgraviat de Leissnig.
Frédéric Barberousse ayant acquis la ville de Leissnig y plaça des burgraves auxquels Henri VI, aurait accordé le droit de battre monnaie. Quoi qu'il en soit, on sait par un texte que dès 1234, il circulait de la monnaie frappée à Leissnig : <r lixnihgensis tnoneia ». On classe au burgrave Albert (1233-59) une bractéate où il figure assis entre deux tours avec la légende A-L-V.P.
I. K. Erbstein, Numistnatiscljc Bruchslticke, in Be^ug auf sàchsisclte GescbidHe, Dresde, 1816-28, in-8.
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j). ÉvécJié di Naumbourg'Zeiti,
Les premières monnaies des éviques de Naumbourg-Zeitz se rattachent sous le rapport de la £ibrication aux pièces que de Koehne appelait improprement tuendenpfennnige : elles en ont la bordure en saillie et le faire grossier. Leur type, peu compliqué, se compose d'une croix à branches épaisses et d'une croix à branches grêles, celle-ci cantonnée de globules et d'annelets (fig. 1183). Les légendes SCS PETRVS et EPERHARDV EPS se rapportent à saint Pierre, patron de Tévêché, et à Tévèque Eberard ou Eppo (1046-78). Sur quelques exemplaires, le nom de celui-ci est remplacé par *^'' "*' une série de jambages simulant une inscription.
Une trouvaille faite en 1857 à Nieder-Eichstedt entre Mersebourg, Naumbourg et Halle, renfermait de larges semi-bractéates qu'on a très dubitativement classées à Tévêque Walram (1090-1111). Le type de ces pièces est un buste mitre et crosse à gauche et un édifice, mais les légendes en sont trop illisibles pour que l'attribution puisse présenter quelque certitude. Les bractéates véritables commencent vers le milieu du XII* siècle :
Thierry I de Bréna, 1 1 1 1-25. * Engelhard, 1207-42.
Richwin, 1125-25. •Thierry II de Misnie, 1242-72.
•Udon I de Tliuringe, 1125-48. * Meinhar d'Osterfeld, 1272-80.
Gunther, 1148-50. Ludolphe Truchsess de Schlotheim,
• Wigmann de Seebourg, 1150-54. 1280-85.
Berthold I. 1154-61. Brunon de Querfurt, 1285-1504.
• Udon II de Querfurt, 1 161-86. Ulric I de Colditz, 1304-16. •Bertholdll, 1186-1206. Henri I de Gronenberg, 1317-34.
« Les bractéates de certains évêques de Naumbourg, principalement celles d'Engelhard et de Thierry II, sont fort nombreuses, dit M. Schlumberger, mais en général les types sont peu variés. L'évêque est figuré assis, tenant la crosse et la croix pastorale ; très rarement en place de celle-ci une palme, une clef, un livre ou le calice ; quelques pièces d'Udon II portent l'effigie nimbée de saint Pierre. Sous Thierry II et surtout sous Meinhard, les attributs commencent à se modifier plus fréquemment dans la main de l'évêque qui apparaît alors parfois debout ; mais ce qui distingue surtout ces bractéates, ce sont leurs légendes, presque toujours complètes, sinon correctes. » Parfois cependant elles sont composées d'initiales ou absentes. Le style des bractéates de Naumbourg, sauf pour les plus anciennes, est peu élégant,
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mais jamais il n'atteint la grossièreté et la laideur des pièces de l'évèché voisin de Meissen. Sous Thierry II et son successeur, on distingue deux styles différents, suivant que les monnaies ont été frappées dans Tatelier de Naumbourg ou dans celui de Zeitz. Sur les premières, le prélat est couvert de ses ornements sacerdotaux ; sur celles de Zeitz, son costume et sa tète bouclée, sans la mitre, le font si bien ressembler à un margrave de Misnie, que la crosse et la croix peuvent seules l'en distinguer.
k). Abbaye de Pégau*.
L'abbaye bénédictine de Pégau, entre Leipzig et Zeitz, fut fondée en 1093 par le comte de Groiczsch et placée sous le vocable de saint Jacques. Les abbés suivants la gouvernèrent jusqu'au xiv® siècle :
Béron, 1096- 1 100. * Henri II de Frohbourg, 1224- 1226.
•Windolphe, 1100-1150. •Thimon de CoMlitz, 1226-1259.
* Henri I, 1 1 50-1 168. * Henri II de Posern, 1239-1 265.
* Radbode, 1 1 68- 1 1 8 1 . * Tammon, 1 264- 1 267 .
^Ekkelin, 1181-1185. ^ G)nrad I de Liebenhain, 1267-1511.
Rudolphe, 1 1 85-1 185. Conrad II de Rabeditz, 1 5 1 1 .
^Sigefroid deRecken, 1185-1224. Albert de Langendorf, ...1315-1334...
La série monétaire de Pégau commence avec Windolphe dont M. Posern-Klett signale des bractéates, analogues, comme style, à celles d'Henri le Jeune, margrave de Misnie, et portant un buste avec bannière ou crosse entouré de +Aaa2 WIT03J0. Avec Henri I le type abbatial se modifie et devient tel qu'il restera jusqu'à la fin du monnayage : une grande croix potencée, dans les cantons de laquelle figurent très fréquemment une tète humaine et une crosse, plus rarement une clef, un croissant, une fleur de lis, une croix, etc. Ces bractéates sont parfois muettes, mais elles portent plus souvent des légendes complètes et lisibles, telles que H€INRICVS PIGA ABBAS, RADEPOTO PIGOVI- CENSIS ABBAS. lACOB APOSTOLVS SIFRIDVST. etc.
1). AvouerU de Pégau,
Lorsque Wipprecht, comte de Groitzsch, fonda l'abbaye de Pégau, il en retint l'avouerie pour lui et pour ses descendants, mais en cas d'extinction de la £imille, la nomination de l'avoué devait appartenir à l'abbé. Cette prérogative qui paraît avoir été exercée pour la première
I. Erbsteiq, Der Mûn^univon Ttehili hd Witienibtrg, Nuremberg, 1865, in*4.
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fois par l'abbé Sîgefroid fut la source de graves contestations entre lui et Conrad le Jeune, margrave de Landsberg. Celui-ci créa en 12 lo un atelier monétaire à Groitzsch et défendit à ses sujets d'entretenir avec Pegau toute relation commerciale. L'intervention du pape et de l'évèque de Brandebourg mit fin à la querelle et le margrave de Landsberg fut débouté de ses prétentions. On possède des monnaies des avoués de Pégau dont les noms suivent :
*Thienry, comte de Groitzsch, 1 198-1207. ♦Frédéric, comte de Bréna. ♦Conrad, margrave de Lusace, 1207-1210. *Otton, comte de Bréna, X22X-1234. ♦Thierry, margrave de Misnie. ♦Albert [burgrave d*Altenbourg ?].
Les bractéates des avoués de Pégau reproduisent le type de la croix potencée cantonnée de divers emblèmes tels qu'un aigle, une tête, une épée, un globe crucigère, etc. Les légendes donnent explicitement le nom et le titre des personnages.
m). SngnturU de Wolkenstein 1.
Cette seigneurie, située près d'Ânnaberg, appartenait au xiii^ siècle à la maison de Waldenbourg. Il s'y trouvait une mine d'argent et, dans un texte de 1323, Henri de Waldenbourg parle « de moneta oppidi nostri Wolkenstein ». M. J. Erbstein a publié une bractéate muette, analogue comme fabrique à celles d'Henri l'Illustre, margrave de Misnie, et portant un écu aux armes de Waldenbourg : de gueules à l'anneau d'or au chaton orné d'un saphir.
n). Avotteries de Plauen et de Géra*.
Les villes de Géra, de Plauen et de Weida appartenaient aux abbesses de Quedlinbourg qui les faisaient administrer par des avoués de la maison de Weida. Ces avoués firappèrent monnaie.
On possède des bractéates d'Henri de Plauen (1244-95 ou 96), portant une figure assise de face, tenant une épée et un drapeau entourée de la légende H • ADVOCATVS • DE • PL- Les documents écrits prouvent que ce personnage monnaya à Plauen. Il eut un autre atelier à Adorf dont il existe des bractéates empreintes de deux oiseaux avec, en légende, le mot ADORVEN écrit à rebours.
Au XIII* siècle, l'atelier de Géra frappa des bractéates qui se distin-
1. A. von Sallct, Bracteat des Vogtes Heinrich von Plauen, dans la Zeitschrift fur Numismatik, t. V, 1878, p. 256.
2. J. Erbstein, Ein woîkensteiner Bracteat der Herren von Waîdenburg, dans Aus dres^ dner Sammlungen, IV« fascicule, Dresde, 1891, p, 8 et suiv.
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L ALLEMAGHE 703
guent de celles de Quedlinbourg par leur facture barbare et leur type formé de Timage de Tabbesse assise de face et tenant deux croix. En 1306, les comtes de Reuss, issus de ceux de Plauen, reçurent Géra en fief a^ec les droits qui^ étaient attachés. Ils continuèrent l'émission de bractéates qui ne se distinguèrent des précédentes que par Tabsence de voile sur la tôte*^e la figure assise.
o). Laiidgraviat de Tburinge, '
Le landgraviat de Tburinge formait une longue bande de territoire s'étCndânt depuis le comté de Waldeck à l'ouest, jusqu'à Mersebourg et Naumbourg à l'est. En 11 30, le landgraviat devint héréditaire :
^LouisI, 1130-40. ^Hermannl, 1190-1217.
•Louis II, 1x40-72. Louis IV, 1217-27.
* Louis III, 1172-90. • Henri Raspe, 1227-47.
La série des bractéates comprend presque tous les landgraves que nous venons d'énumérer. Ces pièces, grandes et minces représentent Louis I et ses successeurs chevauchant, avec la bannière, l'épée et l'écu. Derrière le cavalier ou devant lui, sur Técu ou parfois sur la bannière, figurent divers emblèmes, la tour, la roue, l'aigle d'empire, le lion de Thuringe ou des lettres isolées. Au début, beaucoup de pièces portent des légendes indiquant le nom du prince, ses titres et parfois aussi le nom de la ville d'Eisenach. Plus tard, les bractéates deviennent muettes ou, du moins, les légendes ne sont plus composées que d'une suite de lettres dépourvues de sens. A la mort de Henri Raspe, la Thuringe échut à Henri l'Illustre, margrave de Misnie, et sa numismatique particuUère se termine à cette époque pour se confondre désormais avec celle du margraviat.
Le principal atelier des landgraves de Thuringe fut établi à Eisenach; ils monnayèrent aussi à Weissensée et quelques-unes de leurs pièces furent forgées à Mulhausen et même à Eifurt.
p.) Seigneurie de Sàl^a ou Langensal^a,
Les seigneurs de Salza exercèrent le droit monétaire au xiii® siècle. Un document de 1291 parle de solidi monetat sal^iensis et cette donnée est confirmée par les monnaies elles-mêmes. On possède des bractéates imitées de celles au saint Martin d'Erfurt portant ZALZA ; le seigneur assis de face tient parfois une corne de bélier ou un écu à la corne de bélier, armoiries de la seigneurie. En 1347, Salza fut vendu aux archevêques de Mayence et aux margraves de Misnie.
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q). Seigneurie de Tréfurt,
Les domaines des seigneurs de Tréfurt étaient voisins de la ville de Mulhausen. Par analogie avec leurs sceaux sur lesquels parait une roue à huit rayons, on attribue à ces seigneurs de grandes bractéates muettes du xui* siècle portant soit ce même emblème, soit une figure à longs cheveux tenant une roue dans chaque main.
r). Seigneurie de Varguh,
On attribue à cette seigneurie une bractéate de la trouvaille de Taubach, imitée de celles au saint Martin d'Erfurt et représentant un personnage à chevelure bouclée, assis et tenant un écusson à quatre bandes, armes de Vargula.
s). Ahbayc de Hers/eld},
Uabbaye de Hersfeld, en latin Htrocampia, fut fon4ée en 768. Ses domaines, très disséminés, s'étendaient non seulement en Thuringe, mais en Hesse et jusqu'au Rhin aux environs de Mayence. Elle avait pour patrons principaux saints Simon et Jude, mais saint Wigbert dont elle possédait les reliques y était l'objet d'une vénération particulière. La plus ancienne monnaie de Hersfeld est un denier biface de la première moitié du xi* siècle ; l'avers porte SCS VVIGBERTVS autour d'un buste à droite; le revers, + HEROCAMPIA CIVIT et un mur surmonté de plusieurs tourelles.
Les bractéates commencent vers 11 80 pour se prolonger, avec quelques interruptions, jusqu'au milieu du xiv^ siècle. Les abbés frappèrent non seulement à Hersfeld, mais aussi à Ârnstad, à CôUeda et à Herrenbreitungen. Voici la chronologie abbatiale pour cette période :
*Sigefroid, 1 180-1200. Henri V de Boinebourg, 127092.
•Jean I, 1201-13. •Henri VI de Swinrode, 1296-1300.
•Henri II, 1213-16. Bertliold d'Elben, 1301-2.
•Louis I, 1217-39. Simon I de Buchenau, 1303-15.
Wcmcrde Schweinisbourg, 1239-52. Henri VII de Molsleben, 1305-16.
Henri III d*£rthal, 1252-63. André de Gemmingen, 1316-20.
Henri IV, 1264-67. Henri VIII de Romrod, 1320-25.
Sur les plus anciennes bractéates des abbés de Hersfeld, vraisembla- I. C. Schlegel, Apoiehsma de nummis hersfeîdensium. Gotha, 1724, in-4.
LALLEMAGNE 705
blement frappées à Amstadt, Télégance des types atteste la main d'un graveur habile qui a dû prendre pour modèle, suivant M. Schlumberger, les belles bractéates émises par les archevêques de Mayence à Erfurt. Le type est, d'ordinaire, l'effigie de l'abbé ; à côté de celle-ci, on en voit souvent une seconde, soit celle de saint Wigbert, soit celle du fondateur du monastère, soit enfin celle d'un avoué. Les légendes indiquent, en général, le nom de l'abbé, du moins il en est ainsi sur les plus anciennes, et souvent aussi son titre: SERDVS ABBASHEORS- FELDENSI. lOHANNES HERSFEL. etc.; mais elles sont parfois incorrectes ou indéchiffrables : VIN AlVCIC II6ASICIV. etc.
Avec Henri VI de Swinrode commence une série fort nombreuse de bractéates, de dimensions bien moindres, presque toujours marquées de quatre lettres aux quatre coins opposés de la bordure, qui est large et plate : HNHN, HSFA, AVAV, ABAS. ARNT, ARAR, VHVH. VVVV, etc. On a interprété ces sigles par Henricus, Hersfeld, Abbas vtnerabilis, Amstadt, vtnerabilis Henricus, ventrabilis. Très rarement les pièces de cette époque ont des inscriptions plus explicites, indiquant les noms de l'atelier d'Arnstadt, de saint Wigbert ou de saint Boniface. Le type constant de cette série est l'effigie d'un prélat assis ou à micorps, coiffé de la mitre, tenant la crosse, et un écusson chargé d'une croix ou quelque autre emblème. Un gros grénetis sépare en général l'effigie de la bordure.
t). Comté de Schwar^hourg K
Les comtes de Schwarzbourg et de Kévernbourg comptèrent depuis le milieu du xn^ siècle parmi les plus puissants seigneurs de la Thuringe. En 1198, à la mort de Gunther qui avait épousé Adélaïde, héritière de Hellermund, trois de ses fils se partagèrent sts états ; l'aîné, Gunther, eut le comté de Kévernbourg; le second, Ludolphe H, eut celui de Hallermund ; le troisième, Henri, eut Schwarzbourg.
On connaît de cet Henri (i 198-123 1) deux bractéates, probable-^ ment frappées à Blankenbourg, sur lesquelles le comte figure à cheval, avec la bannière et le bouclier; l'une d'elles porte : COMES HEICRICVS DE BLANCENB. En 1229, l'atelier impérial de Saalfeld passa au comte de Schwarzbourg. On attribue à Gunther (1259-1307) de grandes bractéates trouvées aux environs de Saalfeld et sur lesquelles se trouve
I. Ch. Schlegel, Weittre Amjùhrung, àass die Mûn\en Heinrkbs, Graftn von Blattienhurg, meJjr dem Graftn dièses Namens in Tfmringen, aïs dem ans Har^ :(iquscl)riiben sey. Gotha, 1720, in-4.