‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 3)Chapitre 33 sur 83 · II · texte numérisé non relu

II

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rimage du comte assis et couronné, tenant une épée et un écu aux armes de Schwarzbourg : d'azur au lion liopardé d'or.

Vers la fin du xiii* siècle et au commencement du xiv®, les comtes de Schwarzbourg continuèrent leurs émissions à Blankenbourg, à Schwarzbourg, à Saalfeld, à Remda et à Kônigsée. Dans ces deux derniers ateliers les bractéates sont copiées de celles au saint Martin d'Erfurt ; elles portent S-REMETE ou REMMET et SKVNNISSE à rebours. La lettre S qui précède ces noms de lieu a pour but de rendre plus complète la ressemblance entre les copies et leur modèle.

u). Comté de Kéveriibourg,

Les comtes de Kévernbourg possédèrent au xiii* siècle la moitié de la ville d'Arnstadt située à l'ouest de leurs domaines, et y eurent un atelier monétaire à côté de celui des abbés de Hersfeld; dans un titre de Tannée 1280, il est dit : « Nos Guntherus cornes junior in Kevtrnberc recognoscimus quod domino Henrico de Mila demonstravimus quinque marcas de mmita et ihilonto noslro in Arnstete. » Les bractéates frappées dans cet atelier ne sont pas encore déterminées. Les mêmes seigneurs possédaient à Stadtilm une forge où ils frappèrent vers la fin du xiii* siècle des bractéates imitées de celles au saint Martin d'Erfurt, mais portant SILMENN ou SNICOLAVS.

v). Abbaye de Saal/eîd\

En 1063, Annon, archevêque de Cologne, érigea à Saalfeld une collégiale qui fut transformée en abbaye de bénédictins en 107 1. Ce monastère frappa de belles bractéates dès le xii* siècle. Leur type habituel est Tefligie de saint Pierre tenant les clefs et le livre des évangiles ; la légende SCS PETRVS APOSTOLVS IN SALVELT Tencadre parfois. Une .curieuse pièce de l'abbé Go des cale (vers 1140) représente son buste dans l'attitude de la prière au-dessous de l'image du prince des apôtres. La légende est : GODESCALC ABB-S- PETRVS. De grandes pièces muettes de l'époque de Conrad (1280-90) portent l'abbé assis, coiffé de la mitre ou les cheveux bouclés, accosté de deux bars, armes de Saalfeld. D'autres bractéates montrent les deux bars au milieu du champ entourés ou non des légendes CVNRA ou NVMNVM (nummus répété) 'écrites en très grosses lettres. En 1350, l'abbé Henri céda ses

I. Chr. Schlegel, Sclndiasma de numis Saîfeldensibus, Arnsiadiensibus, et lenensibus, nec non de Salfeldensi benedictini ordinis abbatia. Dresde, 1697, in-4.

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l'allemagne 707

droits monétaires à la ville, moyennant une rente annuelle de 23 marcs et demi, valeur de Saalfeld.

w). VicedominaU d*ErJurt et di Heiligenstadt * ,

Otton le Grand donna à son fils naturel, Guillaume, archevêque de Mayence, le gouvernement de la Thuringe. C'est vraisemblablement à cette circonstance que l'église de Mayence dut la possession d'Erfurt, d'Heiligenstadt et des territoires d'alentour. Les archevêques s'y faisaient représenter par des vice-^mini ou vii:^thumt qui administraient le pays en leur nom.

Les premières monnaies connues pour l'atelier d'Erfurt' remontent au temps d'Aribon (1021-31) et portent deux types difiiérents. Sur les deniers les plus anciens nous trouvons à l'avers, + ARIBO ARCEPS et un buste avec tonsureàdroite; au revers, ERPHESFVRT autour d'une croix cantonnée de quatre globules. Les deniers de la seconde émission remplacent le buste par une hol:(kirche accostée d'une crosse et d'un R. Ce dernier dispositif est reproduit par Bardon d'Oppershofen (103 1-5 1), mais bientôt le buste reparaît à l'avers et la M^hirche est rejetée sur l'autre face des deniers dont les légendes deviennent BARTO + EBS- COPV et + BARTO ME FECIT avec omission du lieu d'origine.

SousLupold de Bogen (1051-59), le flan des monnaies s'élargit et devient moins épais. Les types sont les mêmes que pour les deniers impériaux que nous avons décrits p. 693 . D'une exécution très négligée, ces pièces annoncent déjà les semi-bractéates. Celles-ci, frappées tant à Erfurt qu'à Heiligenstadt, forment le numéraire en usage à la fin du xi^ siècle et au commencement du siècle suivant. Sur une des faces de ces pièces figure le buste de l'archevêque, mitre, avec la crosse et le livre ou la croix, quelquefois à ses côtés on aperçoit le buste de saint Martin, sur l'autre face se voit toujours une croix cantonnée des emblèmes les plus divers. L'émission de ces pièces continua à Heiligenstadt jusqu'à la fin du xii^ siècle, alors qu'à Erfurt on fabriquait déjà depuis fort longtemps des bractéates.

Erfurt peut être considéré en quelque sorte comme la véritable patrie d'origine de ce genre de pièces et c'est de son atelier, l'un des plus importants de toute l'Allemagne, que sortirent les spécimens peutêtre les plus beaux. Nous donnerons la chronologie des archevêques pour cette intéressante période de l'histoire métallique de la Thuringe :

I. H. Cappe, Beschreibuttg der mainzer Mûn^en des MitUlaUers. Berlin, 1856, iii-8. — J. J. Leitzmann, Dos Mûnjyjeun und dit Mûttien Erfuris, Weissensée, 1864, in'4.

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* Adalbert II de Saarbruck, ix 38-41. * Léopold de Schoenfeld, 1200-8.

^Marculfe, x 141-42. ^Sigefroid IId*Eppstein, 1200-30.

•Henri I, 1142-53. •Sigefroid III d'Eppstein, 1250-49.

• Araould de Seelenhofen, x x 5 3-60. Chrétien II de Weissenau, x 249-5 x .

•Chrétien I de Bûche, 1160-61. . Gérard I Wildgrave, 1251-59.

•Conrad I de Wittelsbach, 1x62-65. Werner d'Eppstein, x 2 59-84.

•Chrétien I, rétabli, XX65-83. Henri II Gurtelknopf, 1286-88.

•Conrad I, rétabli, 1183-X200. Gérard II d'Eppstein, X289-1305.

Presque toutes les bractéates frappées à Erfurt jusqu'à la fin du xiii® siècle sont belles, grandes, et d'un beau travail ; elles portent des légendes le plus souvent assez complètes, donnant les noms et le titre des archevêques et les noms d'Erfurt ou de Mayence'. Les pièces d'Adalbertll, qui ouvrent la série, sont de dimensions moyennes, très plates, d'aspect arcliaïque ; elles constituent, dit M. Schlumberger, auquel nous ne cessons de recourir, le véritable passage de la semi-bractéate à la bractéate, et sont frappées d'un seul côté, mais d'une manière si particulière que Mader hésitait à les ranger définitivement parmi les pièces à simple ou double empreinte. Sur quelques-unes, les plus anciennes de

Fig. 1184 Fig. ii8s

toutes, il existe en effet une disposition particulière que nous retrouverons sur les premières bractéates des abbesses de Nordhausen : les figures y sont marquées en relief, la légende, au contraire, en creux et faisant relief sur la face postérieure, où l'effigie paraît, comme à l'ordinaire, en creux. Cette légende est placée à rebours autour du type, de sorte que c'est au revers qu'elle se lit le mieux. Il semble qu'il y ait eu

X . La série des bractéates d'Erfurt est une de celles sur lesquelles les faussaires, et en paniculier Seebnder, se sont le plus exercés. Ces contrefaçons, imaginées de toutes pièces, sont parfois très difficiles à distinguer des pièces véritables ; la présence de légendes trop parfaites et trop complètes est un des indices auxquels on peut les reconnaître.

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là une tentative pour arriver à frapper une double empreinte avec un seul coin. Les types d'Âdalbert I se composent du buste de l'archevêque la tète nue, seul ou accompagné de celui de saint Martin.

Sous Henri I commencent les grandes et belles pièces avec légendes nettes et bien formées. Nous en donnons (fig. 1184 et 1185) deur des spécimens les plus remarquables qui montreront mieux qu'une description la richesse d'ornementation et la finesse des détails de ces curieuses monnaies. Les variétés de ces bractéates sont très nombreuses ; le type est toujours composé de l'effigie de l'archevêque, de celle de saint Martin, parfois de celle de ce saint et du mendiant auquel il donna une part de son manteau, mais les détails architecturaux, les arcades, les tourelles, les sièges ornés de têtes de chien varient à l'infini.

Depuis la seconde moitié du xiii' siècle, la ville d'Erfurt afferma firéquemment la Monnaie archiépiscopale. Les pfennigs bractéates se frappaient une fois l'an le jour de saint Jacques et, ce jour-là, tous ceux de l'année précédente devaient être refondus sous peine d'amende. Les bourgeois, lésés par le continuel appauvrissement du titre des espèces, conclurent avec les archevêques plusieurs conventions portant que ceux-ci ne pourraient plus changer la monnaie pendant une période donnée, trois ans, dix ans ou même toute la durée de leur règne.

Vers 1290, on commença à frapper à Erfurt Un nouveau système de bractéates beaucoup plus petites que les précédentes, très minces, d'un métal très friable et d'une gravure très grossière. Ces pièces portent un personnage mitre, assis, de face, ou à mi-corps derrière une balustrade ou sous un portique ; il tient les divers emblèmes communs aux espèces émises par les autorités ecclésiastiques et parfois la roue de Mayence. La légende est: S MARTINVS. Ces bractéates, qui forment un si vilain contraste avec les jolis monuments monétaires du xii* siècle, furent imitées dans plusieurs ateliers de la Thuringe.

x). Abbaye de Nordhausen,

L'abbaye des bénédictines de Sainte-Croix fut fondée en 962 à Nordhausen, par Mathilde, femme d'Henri l'Oiseleur; elle avait saint Eustache pour patron. On possède de grandes bractéates de la deuxième moitié du xii® siècle fi-appées par quatre abbesses, dont l'ordre de succession est inconnu : Cécile, Judith, Berthe et Edwige.

Le$ types sont variés et d'une belle composition : abbesse assise ou vue à mi-corps, de profil, et tenant un anneau ; à côté d'elle, une grande croix sur un piédestal ; — abbesse assise, un livre à la main, devant un prie-Dieu auprès duquel est une croix ; — sainte nimbée, peut-être sainte Mathilde, de face, tenant une palme et une aoix ; —

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yiO TROISIÈME PARTIE

deux figures de femmes assises, peut-être l*abbesse et la Vierge ; entre elles, saint Eustache agenouillé ; — le même saint portant une croix, debout à côté de Tabbesse qui lève les mains au ciel ; etc. Les légendes les plus distinctes sont : ceciua abba. —

SCS EUSADCHIUS, '— BÇRTHA ABBATISS, — MADVVICA ENRTISSA ANNNROTNSADI écrit à

rebours. Sur quelques bractéates de Nordhausen, les légendes sont figurées en creux autour du type en relief; la même particularité s'observe sur des pièces contemporaines de 1 atelier d'Erfurt.

En ii8i, Tabbaye de Sainte-Croix fut détruite par Henri le Lion, duc de Brunswick. En 1220, l'empereur Frédéric II la supprima et créa à sa place un monastère d'hommes, mais en réservant pour l'empire Texercice du monnayage à Nordhausen.

y.) Comté à^OrhmMiâe,

Le comté d'Orlamûnde fut donné en partage à Hermann I (1170- 76), troisième fils'd'Albert l'Ours. On possède de ce personnage une belle bractéate, analogue à celles de son père et portant son effigie en pied ; il est couvert de son armure et tient la bannière et le bouclier ; la légende est : HAREMANI CT DENARL Les pièces des successeurs d'Hermann I sont anonymes et doivent être cherchées parmi les ascanische pfennige dont nous avons parlé précédemment. On sait que les comtes d'Orlamûnde monnayèrent à Weimar, à Magdala et à Orlamûnde même. Une bractéate imitée de celles où figure le saint Martin d'Erfurt porte le nom du second de ces ateliers : MA-DELA.

z.) Seigneurie de Lobdehourg 5.

La puissante famille thuringienne des seigneurs ou burgraves de Lobdehourg se divisa au milieu du xii* siècle en plusieurs lignes désignées, d'après leur résidence, sous le nom de Burgau, Leuchtenbourg, Arnshaug et Elstirberg. La plus ancienne bractéate des seigneurs de Lobdehourg, frappée à la fin du xii* siècle, par. Hartmann I (1166-84) porte la légende FARMAN DE LOPDEPVRG autour d'un personnage assis sur une voûte, tenant l'épée et le sceptre fleurdelisé. Des pièces contemporaines de celles-ci ont le même type, mais sans légende. Sous Conrad (i 195-1203), d'intéressantes bractéates récemment publiées par MM. Erbstein portent CONRADVS lE lOVETHEBVRC (pour Lavetheburg), autour d'une sorte de roue formée d'une croix potencée

I . CF. von Poscm-Klett, Sachsens Mûrn^en im MitleîaUer, passim. — Ménadier, DeutsclK Miin^M, t.I, p. $.— J. etA. Eibstein, Ein Bracteat Konrads von Lohdehurg, dans Ausdresdner Sammlungen, IV« fasc. Dresde, 1891, p. i et suiv.

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inscrite dans un double cercle; cette pièce a été très probablement frappée à Roda. D'autres bractéates plus récentes, émises dans les possessions des seigneurs de Lobdebourg, à Arnshaug, Burgau, léna, Kahla, Roda et Schleiz portent des empreintes locales dont voici Ténumération :

Arnshaug. — Le type local des bractéates d'Arnshaug est un château à trois tours ; parfois sous la voûte que surmonte la tour centrale parait une tète de face.

Burgau, — Les bractéates de cet atelier portent un pottail surmonté d*une tour accompagnée, de chaque côté, d*un poisson volant. Cet emblème fut adopté par la ligne de Lobdebourg-Burgau et figure comme détail accessoire sur le^ monnaies de cette ligne frappées dans d*autres ateliers tels que Schleiz.

léfia. — M. Mcnadicr a récemment signalé une bractéatc de cet atelier ; elle porte un personnage assis de face tenant dans chaque main une grappe de raisin. En 1500, léna devint la possession des margraves de Misnie.

KaJ)îa, — Le type local se compose d'un animal fantastique ailé, sorte de griffon. En 1333, Kahla fut engagé aux comtes de Schwarzbourg et, en 1345, la ville passa aux margraves de Misnie.

Roda arriva en 11 40 aux seigneurs de Lobdebourg et leur resta jusqu*au commencement du xive siècle. Le type uniforme des monnaies de cet atelier est une roue avec quatre à huit rayons, emblème parlant de la ville. Plusieurs bractéates portent des inscriptions telles que rode, rodensis nvmmvs, etc.

Scblei^, — Les bractéates de cette ville portent un bœuf passant, ou une tète de boeuf parfois isolée dans le champ, parfois placée au-dessus ou au-dessous d*unc porte de ville, parfois encore tenue par un personnage assis de face; En 1289, la ville passa aux baillis de Géra.

aa). ComU de Hohiistcin.

Les seigneurs, puis comtes de Hohnstein, possédaient de vastes domaines, notamment plusieurs mines d'argent dans le Harz. En 1279^ Henri II de Hohnstein hérita du comté de Clcttcnbcrg.

Le monnayage de cette maison ne paraît pas remonter au delà de la première moitié du xiv« siècle. En 1334) Tévêque Albert II de Halberstadt se plaignit de la contrefaçon dont ses espèces étaient l'objet de la part du comte de Hohnstein, dans l'atelier de Blankenbourg : « ok clagen wir over graven Hinrikc von Hoynstein dm jungern, dat hc uns groten schaden deit, an unser moniige,^ dat ht les slan pennige to Blanhenburg op unsere slag. » Un document de 1342 déclare que les monnaies de Hohnstein étaient d'un aloi et d'un poids insuffisant?.

A plusieurs reprises, les comtes de Hohnstein prirent à bail l'atelier impérial de Nordhabsen. On possède des bractéates au type des deux personnages couronnés de Nordhausen, portant sur leur circonférence Técu échîqueté de Hohnstein et le cerf de Clettenberg.

Un des ateliers des comtesse trouvait à Greussen. Il y frappèrent des bractéates au type de saint Martin d'Erfurt. Le comte y figure de face.

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assis ou vu à mi-corps, tenant divers attributs. La légende est GRVZEH. Sur des pièces plus modernes, émises vers 1350, figure Técu échiqueté de Hohnstein accompagné de la même inscription.

A Eilrich, ville de l'ancien comté de Gettenberg, les comtes de Hohnstein émirent au xiv* siècle de nombreuses bractéates empreintes d'un heaume avec deux cornes de cerf; la légende est : AL ou ELRI.

ab). ComU i$ ScMotheim.

Les comtes de Schlotheim possédaient d'importants domaines au cœur de la Thuringe, aux environs de Mulhausen. En 1290, les bourgeois de Mulhausen se plaignirent à l'empereur de ce que le comte de Schlotheim contrefaisait les monnaies de l'atelier impérial ; à la suite de cette plainte, il fut invité à marquer toutes ses bractéates de deux cercles perlés concentriques comme ceux qui figurent sur les pièces de Nordhausen. On possède de grandes bractéates au cavalier thuringien, portant dans le champ les forces de tondeur qui meublent Tccu de Schlotheim. Ce môme emblème reparaît sur des deniers bifaces de la trouvaille d'Aschersleben et d'autres bractéates plus petites, notamment sur des imitations du type de saint Martin d'Erfurt ; le comte y figure assis, de face, portant à la main les armes de sa famille.

ac). Seigneurie de Gîeichen.

Les possessions des seigneurs de Gîeichen s'étendaient entre Arnstadt et Gotha. Bien qu'aucun texte ne parle des droits monétaires de ces seigneurs, on leur a attribué des bractéates au type de saint Martin d'Erfurt.

ad). Seigneurie de Tannrode,

On possède des seigneurs de Tannrode des bractéates imitées de celles au saint Martin d'Erfurt et portant la légende TANRODVS ou TANRODE.

ae). ComU de BramJeuherg,

Le château de Brandenberg était situé sur la Werra, non loin d'Eisenach. On attribue aux comtes des bractéates du xiii* siècle portant leurs armes : une double aigle brochant sur une bande.

af). Comté de Beichlingen,

Ces comtes appartenaient à une famille thuringienne puissante et l'on sait, par des textes, qu'ils possédèrent au xiii* siècle des ateliers

monétaires à Kelbra, à Frankenhausen et à CoUéda. On classe à Frédéric III (1220-75) une grande bractéate à type équestre portant la légende: CONES FRIDERICVS. Un certain nombre de pièces muettes sont données aux comtes de Beichligen, parce que le type rappelle leurs armes : une demi-aigle et une ou deux fasces.

ag). Comié de Bréna,

En 1156, lorsque Conrad I, margrave de Misnie, partagea ses états entre ses fils, le cinquième, Frédéric, obtint le comté de Bréna et le transmit à ses descendants :

Otton I, II 82- 1203. Thierry, 1234-64.

* Frédéric II, 1203-21. Conrad, 1264-78.

•Otton II, 1221-34. •Otton III, 1278-90.

En 12 17, Frédéric II hérita du comté de Wettin. Après la mort d*Otton m, Brena fut donné à la Saxe et Wettin passa aux archevêques de Magdebourg. Les comtes de Brena possédèrent des ateliers à Bréna, à Wettin et à Herzbcrg. Leurs plus anciennes monnaies connues sont les bractéates que Frédéric II et Otton II émirent comme avoués de l'abbaye de Pegau ; le type de ces pièces est la reproduction de la croix des espèces abbatiales ; les légendes sont : COMES FRIDERICVS DE BRENEN ou OV-A- sigles que Ton a traduites par Otto vtntrabilis advocatus. On attribue au règne d' Otton III un certain nombre de petites bractéates et de deniers bifaces de la trouvaille d*Aschersleben*,

Fig. 1186 Fig. 1187

dont quelques spécimens portent la légende BRENEN. Sur ces pièces figurent un écu à trois besants, les cœurs héraldiques des comtes de^ Bréna, deux cœurs et deux croix ou trois cœurs alternant avec trois étoiles, l'image du comte debout, absolument semblable à celle du margrave qu'on relève sur les bractéates brandebourgeoises, et tenant deux cœurs ou l'écu de Bréna (fig. 1186 et 1187).

ah). Abbaye de Wimmelbourg,

Vers le milieu du xi« siècle, le comte de Mansfeld fonda à W^mmelbourg (Wimodeburg, Wimotheburg, Wimedeburg), une abbaye de bénédictins. M. Dannenberg attribue à ce monastère des semi-brac-

I. E. Bahrfeldt, Der Mûn:^fund von AscIjersJeben, dans les Berlitur Mûn^blàtter, de Weyl, no* 107 et 108, juillet-août 1889.

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téates portant le buste de face d'un personnage qui tient une épée et une fleur de lis; le dispositif du revers se compose d*un édifice à deux tours latérales entre lesquelles est placée une crosse. Les légendes sont : OT/////COM et Wl///// DEBY ; la première désigne un comte de Mansfeld, avoué de Wimmelbourg.

ai). ComU de Mansfdd.

Les comtes de Mansfeld, qui jouèrent un rôle considérable dans l'histoire de la Thuringe, possédaient dans leurs domaines de riches mines d'argent. Ils monnayèrent dès la fin du xii* siècle et eurent des ateliers à Mansfeld et à Eisleben. On connaît des bractéates de Burcard I (i 184-1229), grandes, minces et belles comme les monnaies contemporaines des landgraves de Thuringe. Le comte y est représenté, soit à cheval portant la bannière et l'écu losange de Mansfeld, soit debout et accosté d'un losange. Ces pièces sont généralement muettes ou pourvues de pseudo-légendes; sur quelques spécimens on lit: BORCHAR- DYS DE MANSFELD. L'ancienne maison comtale s'éteignit avec Burcard I ; la plus grande partie du pays de Mansfeld passa, par mariage, à Burcard H, burgrave de Querfurt, qui fit souche d'une dynastie nouvelle. Le monnayage continua pendant cette nouvelle période. Des bractéates de petit module frappées vers la fin du xiii* siècle portent MANSF///// autour d'un lion couronné, ou un casque de face surmonté de quatre petits pavillons. Comme l'a fait remarquer M. Dannenbcrg, ce dernier type représente le type du sceau des comtes de Mansfeld.

aj.) Comté de Rabenstuaîde.

Cette terre appartenait aux comtes de Kévernbourg; elle fut donnée à Albert (1220-59), second fils, de Gunther. La ligne de Rabenswalde s'éteignit en 13 12 et son héritage fut recueilli par Hermann, comte d'Orlamunde. Parmi les bractéates muettes de fabrique thuringienne, trouvées à Taubach, et frappées au commencement du xiv* siècle, il y en a sur lesquelles figurent des corbeaux, soit comme cantonnements d'une croix, soit comme tenants d'un écu heaume; ces animaux constituent l'emblème parlant de Rabenswalde. Il est probable que l'atelier comtal fonctionnait à Wiehe ; on trouve en efiet, dans un texte de 13 13, la mention de : « octo solidos denariorum Wytnsis monctac, »

ak). Seigneurie de Querfurt,

La seigneurie de Querfurt, située au sud du comté de Mansfeld, avait pour armes : fascé d'argent et de gueules de huit pièces. On possède

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des braccéates frappées au milieu du xiii* siècle par des seigneurs qui, pendant six générations, portèrent le nom de Gebbard. Ces pièces portent soit une tête couronnée de profil, accompagnée du mot QVER- SOrd, soit d'une figure équestre tenant Técu fascé. Ce même écu accompagne Tefligie du seigneur de Querfiirt sur un certain nombre de petits deniers bifaces de la trouvaille d'Aschersleben.

al). Margraviat de HaiiU-Lusace.

En I2S3> Otton III de Brandebourg-Salzwedel épousa Béatrix de Bohême, qui lui apporta en dot la Haute-Lusace avec les villes de Gôrlitz, de Bautzen et de Lobau. A l'extinction de sa maison, en 13 19, la Lusace retourna à la couronne de Bohême.

Fig. II 88 Fig. 1189

Au xiii« siècle, les bractéates de Lusace sont grandes, généralement cupulaircs et à reliefs considérables, d'un aspect uniforme et très caractéristique, présentant de grandes analogies avec celles de la Misnie. Nous avons fait graver (fig. Ii88à 1190) trois spécimens de ces monnaies dont les variétés sont fort nombreuses. Parmi les types les plus fréquents, nous citerons : la tête couronnée de face, — le casque de Brandebourg avec le panache de plumes, — deux casques aflfrontés, — le panache de plumes, seul, étalé de face en éventail, — deux demi-vols parfois séparés par un fer de lance ou une croix, — un demi-vol et une demi-croix, — deux clefs en pal, — deux couronnes opposées, — deux étoiles et deux croissants, — un grand coq,

— une aigle, — deux croix superposées, — grande tête de chien, — grand portail avec tours, — tête de bœuf, de face, etc., etc. Plusieurs

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de cts bractéates portent des initiales qui n'ont pas encore pu être interprétées, mais la plus grande partie sont muettes. L'atelier principal de la Haute-Lusace paraît avoir été établi à Gôrlitz.

am). Margraviat de Basse-Lusace,

En 931, Henri l'Oiseleur institua la Marche des Sorabes ou de Basse-Lusace, dont la possession devint héréditaire dans la maison de Wettin. Celle-ci réunit au xi* siècle la Basse-Lusace et la Misnie. Il est très diflScile de distinguer les bractéates frappées en Lusace par les margraves de Misnie de celles qui y furent émises par les margraves de Brandebourg ; elles ont naturellement le même aspect.

an). Seigtteurie de Strile.

Les seigneurs de Stréle* possédaient à Beeskow un atelier dont un document de 13 14 mentionne les produits en cts termes : « IV marcas in moneta Beskow ». On leur attribue de petites bractéates du commencement du XIV* siècle, portant l'écu à leurs armes: trois fers de faux posés en fasce.

ao). Seigneurie de Cottbus.

Les seigneurs de Cottbus sont cités dès la première moitié du xii* siècle. Leurs armes se composaient d'une écrevisse; cet emblème figure sur les petites bractéates du .commencement du xiv« siècle qu'on leur attribue.

D. — Brandebourg et Poméranie.

a). — Margraviat de Branddfourg*.

Vers 1127 ou 1130, Przibislaw, prince slave (knaes, cnaes, cnes) du Brandebourg, se convertit au christianisme en môme temps que sa femme. Ils prirent les noms chrétiens d'Henri et de Petrissa. On possède d'Henri un assez grand nombre de deniers de flan mince, semi-bractéates portant d'un côté l'image équestre ou le buste du prince en mime

I. E. Bahrfeldt, Dos Mûn:(wesen dcr Mark Brandenlmrg von den âUesten Zdten bis Xum Anfangeder Regierung der Hohen^oUern. Berlin, 1889, in-4, 2 vol.

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temps que son nom placé souvent à rebours. Le type se compose soit d*un édifice (fig. 1 191), soit d'un buste ecclésiastique dans lequel les numismates d'Allemagne reconnaissent généralement celui de Wigger, évoque de Brandebourg (1138-59). La légende est + BRANDEBYRG, parfois rétrograde. Sur d'intéressants denicrSy l'effigie d'Henri de Brandebourg, + HEIN • BRAND. est accompagnée, au revers, de celle de sa

Fig. 1191 Fig. 1192

femme, + PETRISSA (fig. 1192). Ces pièces, autrefois assez rares, sont répandues dans les collections depuis la trouvaille de Micbendorf qui n'en renfermait pas moins de trois cent cinquante exemplaires, indépendamment d'autres richesses numismatiques du Brandebourg.

Vers II 36, Henri de Brandebourg institua comme son héritier Albert l'Ours, et l'associa peut-être au gouvernement. C'est à cette association que M. A. von Sallet attribue la pièce reproduite dans notre figure 119 1 ; la monnaie semble porter, en effet, d'un côté HIECS, abréviation de Henricus, et de l'autre, l'initiale d'Albert (fig. 11 93). L'attribution du

savant conservateur de Berlin est fort ingé- '*' "^^

nieuse, mais nous attendrons, avec M. E. Bahrfeldt, la découverte de meilleurs exemplaires que ceux de la trouvaille de SchoUehne pour l'admettre définitivement ou la rejeter. Après la mort d'Henri, arrivée en 1x50, un de ses parents, Jakza, prince slave ou knaes de Kôpnick, refusa de reconnaître les droits d'Albert l'Ours.La ville de Brandebourg, prise par ses

Fig. 1194 Fig. 119;

troupes, resta en son pouvoir jusqu'au 11 juin 1157. On s'accorde généralement aujourd'hui à attribuer à Jakza une série de bractéates d'un style remarquable et d'une gravure très fine. Le knaes de Kôpnick y est représenté à mi-corps, tantôt de face dans le champ (fig. 11 94) ou sous

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7i8 TROISIÈME Partie

un portique» tantôt de profil à gauche. Il tient dans les mains une bannière et une palme, une épée et une croix patriarcale. Sur une bractéate différente des précédentes, Jakza figure debout portant une lance et un écu ; sur une autre, il est assis sur une voûte entre deux tourelles crénelées. Les légendes donnent plusieurs variantes, suivant qu'elles sont écrites en slave ou en latin : lACZO • DE • COPNIC, lACZO • DE- COPNINCDENARII, lACZA- DE COPNIC, IAKZA • COPTNIK CNE (pour cneSy cnacs, prince), lAC- KES (pour htes).

Albert l'Ours (1134-70), fils du comte Otton de Ballenstedt, margrave de Nordmark depuis 1134, réunit tout le Brandebourg sous son sceptre après la mort de Przibislaw-Henri et sa guerre heureuse contre Jakza de Kôpnick. En 11 3 8, il était également devenu duc de Saxe. Sa numismatique se compose de quelques deniers scmi-bractéatcs et d'un nombre beaucoup plus grand de bractéates. Les premières de ces pièces, très rares, portent à l'avers la figure du prince, debout, vôtu de sa cotte de mailles, tenant écu et bannière; la légende se compose de son nom écrit à rebours; au revers, le type, formé d'un édifice à deux tours entre lesquelles s'élève une palme, présente une grande analogie avec les premières pièces d'Henri (fig. 1195). Suivant M. Bahrfeldt, ces semi-bractéates seraient contemporaines de ce prince et remonteraient à l'époque où il avait associé Albert l'Ours au gouvernement.

Fig. 1196 Fig. 1197

Les coins des bractéates d'Albert présentent de nombreuses variétés : margrave debout dans le champ, tenant bannière, épée et écu ; margrave vu à mi-corps derrière une enceinte fortifiée et entre deux tourelles (fig. 1196); margrave à cheval, la lance à fanon en arrêt; margrave assis sur une voûte entre deux tourelles tenant l'épée et la bannière. La légende se borne parfois, comme sur le spécimen que nous reproduisons ici, à mentionner le pays ou la ville d'origine : + BRAN- DEBYRG, mais souvent elle se compose du nom d'Albert et du titre margravial: MARCHIO AL BE. ADELBERTVS MARHIO DERNTY. Ce dernier mot qui se trouve sous la forme DERNTYS, DERN. n'a pas encore reçu d'explication satisfaisante. M. E. Bahrfeldt présume que

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c'est une abréviation corrompue de Brattdenburgensis, mais la beauté des pièces, le soin évident apporté à leur gravure rendent cette conjecture très problématique. En effet, si les plus anciennes des bractéates d'Albert l'Ours ont encore quelque chose de la rudesse primitive des pièces de Przibislaw-Henri, celles d'une époque plus récente sont d'une exécution réellement supérieure. Sur une pièce remarquable entre toutes, autant par son style que par son type, nous trouvons les images associées du margrave: ADELBERTS MARCHIO. et de sa femme, Sophie de Formbach. Albert est debout, couvert de son armure habituelle et l'écu au côté ; sa femme est à sa gauche, vêtue d'un long manteau d'hermine; ils tiennent ensemble la bannière placée entre eux(fig. 1 197). Otton I (1170-1184), fils aîné d'Albert l'Ours, portadéjà du vivant de son père le titre de margrave. Pendant la croisade d'Albert, en 1158 et 1159, il gouverna le pays et après le retour de son père, il resta probablement associé au gouvernement. Lors du partage qui eut lieu à la mort d'Albert TOurs, entre ses trois fils, le Brandebourg resta à Otton en même temps que le titre de prince palatin. Otton I frappa des bractéates qui ne le cèdent pas en beauté aux. pièces les plus remarquables émises sous son père ; mais dès son règne la décadence survint et aux légendes correctes des premiers temps succèdent bientôt des inscriptions embrouillées. Les types généralement employés consistent dans l'image

Fig. 1198 Fig. 1199

du prince assis (fig. 1 198) ou debout (fig. 1 199). Les inscriptions, parfois très développées, sont conçues en latin ou en allemand : OTTO MAR- CGIO BRANDEBYRGENSIS. OTTO • BRANDEBYRGENSIS. BRANDE- BVRGENS. MARGRAVE • OTTO. Un assez grand nonbre de pièces sont muettes.

Après la mort d'Otton I, le Brandebourg échut à ses trois fils, Otton II, Henri et Albert. On ne sait pas exactement comment le partage eut lieu, mais il semble qu'Otton II eut la rive droite de l'Elbe, Henri le sud du pays, avec les villes de Tangermunde, Stendal, Gardelegen, Albert, le nord avec Salzwedel. L'aîné, Otton II, reçut de plus le titre de margrave, tapdisque les cadets, placés sous sa suzeraineté, s'appelèrent Henri, comte de Gardelegen, et Albert, comte d'Amebourg, d'après les

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villes OÙ ils eurent leur résidence. On n*a pas de documents écrits sur le monnayage des trois frères, mais il résulte des monnaies elles-mêmes qu'Otton monnaya à Brandebourg, à Salzwedel et à Stendal, qu'Henri frappa ses espèces à Salzwedel, ville de son frère Albert, et celui-ci à Stendal, ville de Théritage d'Henri.

Otton II (i 184-1205) a laissé des bractéates qui se distinguent de celles de son père par leur module réduit (19 à 24 millim. de diamètre au lieu de 28 et 29 millim») et leur exécution moins bonne. Le type ne subit pas de grandes transformations, du moins dans les ateliers de Brandebourg et de Stendal ; mais dans celui de Salzwedel l'empreinte devient locale par l'apparition de l'emblème de la ville, une clef, que les monnayeurs placent entre deux tourelles ou dans le portique d'un édifice à trois tours. Outre ses bractéates, Otton II frappa quelques deniers bifaces, où le buste margravial marque le droit et un édifice le revers. Les légendes des bractéates présentent des combinaisons assez curieuses; à Brandebourg ou, pour mieux dire, sur les pièces dépourvues d'indication locale, nous lisons OTTO MARCIO, MARIIO EST OTTO, OTO MARCO, OTTO, BERANDEBYR. etc. Les pièces de Stendal donnent MARCGIO SENDALE. Enfin, celles de Salzwedel, parfois muettes, ont OTO MARIIO ZALTYEL, ZALLTWELDEL ESTC. ou MICI • DEDI • ET • EMIETT, phrase en latin barbare dont de Koehne a donné cette traduction : « On me donne et avec moi on achète. »

Henri,comte de Gardelegen(i 184-1205), monnaya, comme nous l'avons dit, à Salzwedel. L'emblème de cette ville, la clef, apparaît comme ornement principal ou accessoire sur toutes les pièces, bractéates ou deniers bifaces, qu'il émit.

Albert II, d'abord comte d'Arnebourg (i 184-1205), réunit, après la mort d'Otton II, tout le margraviat sous son autorité (1205-1220). Ses monnaies, dont il est difiicile de former deux groupes chronologiques, comprennent des bractéates de 20 millimètres environ de diamètre et des deniers bifaces. Le type se compose généralement de l'image du prince, en pied ; le revers des deniers est occupé par une aigle, un édifice, un cavalier, une figure debout, une grande croix. C'est le commencement de cette immense variété de types qui va caractériser le monnayage brandebourgeois du xiii* et du xiv* siècle. Quelques pièces du temps d'Albert II désignent par leurs légendes l'atelier de Éibrication ; + ALBERTYS • BRAND (Brandebourg), ALBERT ESTNAL (Stendal), mais la plupart des monnaies sont entièrement muettes.

Après la mort d'Albert II, sts deux fils, Jean I et Otton III, encore mineurs, montèrent sur le trône sous la tutelle d'Albert H, archevêque de Magdebourg. M. von Graba a classé à cette époque une bractéate

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l'allemagnb

muette représentant saint Maurice, patron de Tarchevêché, debout, tenant devant lui une tête décapitée ; à droite, dans le champ, une clef indique Tatelier de Salzwedel. En 1225 ou 1226, Jean I et Otton III atteignirent leur majorité. Us gouvernèrent d'abord de concert, mais en 1258, ils se partagèrent leurs états qui allèrent à leurs héritiers respectifs. La branche de Jean (Johanneische Linie) reçut les villes de Tangcrmûnde, Gardclegen, Stendal, Osterburg, Wittstock, Kyritz, Havelberg, Rathenow, Wusterhausen, le comté de Ruppin, la vieille ville de Brandebourg, Mûncheberg, Lychen, Prenzlau, Schwedt, Kônigsberg, Morin, Arnswalde. La branche d'Otton (Ottonische Linie) obtint Arnebourg, Sahswedel, Seehausen et le comté de Lûchow, Jérichow, Perleberg, Plauen, la nouvelle ville de Brandebourg, Mittenwalde, Spandau, Berlin, Furstenwalde, Francfort-sur-l'Oder, Straussberg, Eberswalde, Kûstrin, Tavouerie de Drossen, Landsberg, Soldin, Baerwalde et Schiefelbein. Voici, d'après les Stammtûfeln de Grott, la descendance des deux fils d'Albert H :

Albert II 1205-1220

JeanI 1220-1266

O tton III 1220-1267

Jean II Otton IV Conrad Henri

1266-82 dit 1266-1304 margrave

à la flèche 1266- 1308

Jean V 1304-05

Waldemar 1305-19 époux de Agnès de Brandebourg

de

Lansberg

Henri le Jeune 1319-20

Otton V le Long 1267-99

Jean III 1267-68

Otton VI le Petit 1280-86

mort en 1303

Herman

le Long

Albert m 1267- 1300

Jean VI riliustre 1308-17

Agnès épouse Waldemar de Brandebourg

A partir du règne de Jean I et d'Otton III, la numismatique brandebourgcoise devient, malgré l'infinie variété des types et le goût réel qui a présidé à leur choix, d'une désespérante monotonie. Les deniers ne

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