II
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TROISlàME PARTIE
consistent qu'en pièces bifaces de 15 à i6 millim. de diamètre et en bractéates de 20 à 23 millim. Ces monnaies sont presque toujours muettes; aussi les numismates sont-ils dans l'impossibilité de donner pour le plus grand nombre un classement rationnel.
Dans la remarquable monographie qu'il a consacrée à la série brandebourgeoise, M. E. Bahrfeldt réunit les indéterminées en un chapitre spécial et ne cherche à ranger par ordre chronologique que les deniers portant des indications suffisantes pour justifier leur classement. Peutêtre l'auteur a-t-il été encore trop indulgent et faut-il rejeter parmi les incertaines plusieurs pièces qu'il essaie de dater ? Nous donnerons ici» à titre de spécimens, quelques deniers brandebourgeois du xni^ siècle, dont l'attribution paraît probable.
La pièce représentée sous notre fig. 1198 semble appartenir à Jean I et Otton m, soit qu'elle ait été émise au temps de leur minorité, soit qu'elle date de leur gouvernement en commun. Notre fig. 1199 donne un denier d'Otton IV, OTTO MARCHIO, contemporain de la pièce battue à Stendal STENDALE que fait voir la fig. 1200. M. Bahrfeld classe
Fig. II 98
iMg. 1199
Fig. 1200
à Otton V le denier fig.1201 dont le heaume du revers autorise le clasment à la ville de Spandau. Enfin notre fig. 1202 reproduit une pièce de l'association entre Otton V, Albert III et Herman (1296-1298), ainsi que le prouve la légende + OTTO AL H€R.
Outre les ateliers que nous avons mentionnés, les margraves de Brandebourg eurent dans le cours du xiu* siècle au début du xiv*, des
Fig. laoi
Fig. 1202
Fig. 120J
hôtels monétaires à Berlin (cité en 1280), à Schwedt (cité en 1281), à Gôrzke (cité en 1293), à Lychen (cité en 1302), à Prenzlau (cité en 1319) et à Luckau (cité en 1321), mais on ignore les produits de la plupart d'entre eux. A ces diverses localités, vient encore s'ajouter la ville de Crossen en Silésie qui avait été donnée vers 1274 au mar-
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grave Jean H, en gage d'un prêt de 4,000 florins d'or. Le prince de Brandebourg profita de l'engagère pour ouvrir dans sa nouvelle possession un atelier monétaire (fig. 1203).
Par la mort de Waldemar et d'Henri le Jeune, la maison de Brandebourg s'éteignit. L'empereur Louis de Bavière déclara ouverts le margraviat et lesfiefe qui en dépendaient, et en 1324, il les conféra à son fils Louis le Vieux.
b). Seigneuries du Brandebourg.
Quelques seigneuries ecclésiastiques et laïques du Brandebourg exercèrent le droit de battre monnaie, mais leurs émissions ne paraissent jamais avoir atteint une grande importance. Nous les examinerons rapidement en suivant l'ordre adopté par M. E. Bahrfeldt.
EvêcM de Brandebourg, — L'empereur Henri III accorda en 105 1 à Tévôquc Dankwart la moneta d*Ursleben en Thuringe : cette concession fut confirmée en 1161 par Frédéric Barberousse. Les évéques paraissent avoir monnayé à Brandebourg même. Les pièces qu'on leur assigne consistent en bractéates portant une effigie épiscopale de face tenant divers attributs ; Tune d'entre elles a les initiales E-o que M. Dannenberg a interprétées par Ollo episcopus, L'évéquc Otton occupa le siège de 125 1 à 1260.
EvécJjé de Lehus. — On attribue à Conrad IdeSternberg (1284-99) des deniers portant à l'avers un buste mitre et au revers co*kr*ad*i dans les cantons d'une croix à doubles bandes. Cette attribution reste douteuse. ' .
EvécJM de Havelberg. — L'évèché de Havelberg était le plus riche de la Marche brandebourgeoise. Bien qu'on n'ait aucune preuve écrite de son monnayage pour l'époque qui nous concerne, M. E. Bahrfeldt donne à ce siège quelques bractéates ou deniers portant des effigies épiscopales.
Seigneuries de PîotJjo et de Friesach, — La seigneurie de Plotho comprenait les villes de Kyritz et de Wusterhausen. Ses armes étaient formées d'une fleur de Us que l'on retrouve sur quelques deniers bifaces. Les seigneurs de Friesadi portaient dans leur blason des feuilles de nénuphar ; on retrouve cet emblème sur quelques deniers de fabrique brandebourgeoise. Une monnaie frappée vers le milieu du xm* siècle paraît être le résultat d'une entente entre Jean sire de Plotho et Richard sire de Friesach ; cette curieuse pièce porte à l'avers -j~ iohannes de plovc autour d'un lis et au revers -)- ricuardvs de vris autour d'une feuille de nénuphar.
c). Duché de Poméroftiei.
Le monnayage des ducs de Poméranie commence aussitôt après la
I. H. Dannenberg, Pomtnerns Mûn^en im Mitteîaller, dans les Berliner Blàtler fur MûnxrSiegel und Wappaikunde, t. I, 1864. — Le même, Mûn^geschichU Pommerns bis :;um Jahre 1S24, dans les Berliner Mûniblâtter de A. Weyl, no 138, février 1892 et suivants, et, en tiré à part, sous le titre : Mûn^geschichU Pommerns im Mitielalter, Berlin, 1893, 2 vol. pet. in-4.
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conversion du pays au christianisme, c'est-à-dire sous le règne des deux frères Bogislaw I et Casimir I (1156-1180). En 1180, Casimir I mourut sans enfants. Bogislaw I continua à régner seul jusqu'à sa mort arrivée en II 87, laissant ses états à ses deux fils mineurs, Bogislaw II et Casimir II. On possède une série de monnaies ponant le nom de Bogislaw seul ou les deux noms réunis de Bogislaw et de Casimir ; elles appartiennent en partie aux premiers, en partie aux seconds ducs de ces noms et consistent, à l'exception d'une seule, en deniers bifaces. Ces deniers ne sont pas sans analogie avec ceux frappées en Basse-Saxe, vers l'embouchure de l'Elbe. Les plus anciens, d'après M. Dannenberg, qui mentionnent Bogislaw seul et lui attribuent le titre de roi, OGZ- CLOFF REX, BYOGZ////OFF REX, portent un édifice à l'avers et une croix au revers. Les légendes se composent très souvent d'un nom de monétaire. 6ILBERETE, GODEFRIIDEST. GARTEMAN EST.TIODE RIVS 6CT, YALTERE EST ; ces deux derniers noms sont parfois réunis sur le même denier. Les ateliers cités sur les pièces sont : Prenzlau, PE- RENNCELAYE, Stettin, CETIITIINN EST, et Cammin, KAMilN EST. Une curieuse monnaie, dont l'émission paraît un peu postérieure aux pièces à l'édifice porte l'effigie de Bogislaw, B-0-G-Y-Z-L-A-Y*Z, à mi-corps, tenant une épée et une bannière, et le profil d'un évêque avec cette légende : + X-S*S-A-B-I-N-Y-S-. Saint Sabin était particulièrement honoré à Cammin et nous verrons plus loin que les évêques de cette ville possédèrent le droit de battre monnaie.
On a deux variétés de monnaies aux noms réunis de Bogislaw et de Casimir. Les pièces que M. Dannenberg attribue aux premiers de ce nom portent à l'avers : + • M • CASEMAR BYGYZLAYS autour d'un buste avec sceptre et épée, au revers, la même inscription : + • I • ASE- MAR BYGYZLAYS autour d'un édifice à trois tours. Les deniers de Bogislaw n (1187-1220) et Casimir II (1187-1219) ont au droit la tête de saint Jean, SCS lOHANNES et au revers l'édifice avec BY- DIZLAYKAZSMER.
Vers 1200 commence, pour l'histoire monétaire de laPoméranie, une nouvelle période caractérisée par la fabrication exclusive de bractéates. Ces pièces représentent des types que nous avons déjà eu maintes fois l'occasion de décrire et dont l'image du seigneur, vue de face, ou une représentation architecturale font généralement les frais. La statistique des trouvailles et des particularités de fabrication que la vue des pièces peut seules faire sentir sont ici, comme souvent, lorsqu'il s'agit de monnaies muettes, les indices pouvant servir à la localisation.
Les bractéates restent l'unique numéraire de la Poméranie, jusque vers le milieu du xiii* siècle. Alors s'introduit l'usage d'émettre concur-
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remment, de petits deniers bifaces, analogues à ceux du Brandebourg, et de bractéates plus petites que les précédentes. Beaucoup de ces pièces continuent à ne porter aucune légende. Quelques-unes ont le nom de Barnim I (1264-78), BARNIM suivi ou nom du titre DVX ; d'autres ont le nom de l'atelier de Stettin. Le type de ces petites monnaies se compose fréquemment d'un griffon ou de la tête de cet animal fabuleux. Une variété reproduite par notre figure 1204 porte trois têtes de griffon
Fig. 1204 Fig. 120;
autour d'un triangle ; la lettre A de l'avers paraît n'avoir d'autre sens que celui d'un différent d'émission. Les bractéates poméraniennes de cette période, émises en très grand nombre, ont des types qui permettent d'y reconnaître des monnaies municipales. M. Dannenberg les répartit entre les villes suivantes :
Anklam, anciennement Tattklam. — Imitations des pièces de Stralsund : rayon et grand T ; drapeau et grand t ou ta en monogramme ; grand T ou ta en monogramme.
Coîberg. — Deux crosses en sautoir.
Demmin. » Fleur de lis sur un mur ; fleur de lis isolée.
Gari, — Qpatire feuilles aboutées en croix.
GoUtiow, — Deux croissants.
Greifswald. — Tête couronnée de face (fig. 1205) ; tête couronnée au-dessus d*un mur reliant deux tours.
Pasewalk, — Serre d*oiseau.
Pyrit^. — Fleur à six, cinq, quatre ou trois péules.
Siargard. — Etoile à six ou à cinq rais.
SUUin, — Tête de griffon, parfois couronnée.
Stralsund, — Rayon, emblème parlant de la ville ; drapeau ; parfois les deux réunis.
Treptow-sur-la-Réga. — Deux feuilles de trèfle, placées Tune à côté de l'autre, celle de gauche contournée.
Usedom, — Heaume avec cimier à cinq plumes.
Woîgast, — Tête d'évêque au-dessus d'une clef couchée ; dcf ; trois clefs ; fleur de lis entre deux clefs, tête à longs cheveux au-dessus de deux clefs ; deux clefs ; deux clefs posées en croix.
d). Evéché de Cammin.
Indépendamment de l'atelier que les ducs de Poméranie possédaient à Gimminet que les documents mentionnent jusqu'en 1263, cette ville fut le siège d'une Monnaie épiscopale. On possède des deniers de Sige-
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froid, évoque de Cammin (i 186-1202) ; leur type se compose du buste mitre avec crosse et croix et, au revers, d*un édifice religieux; les légendes sont: + SIFRID //////OR- CA ///// lOSII. Au milieu du XIII* siècle, les évoques de Cammin frappèrent des petits rf^wt^i et des bractéates sans légende dont le type habituel consiste en une effigie épiscopale ou une crosse accompagnée de divers attributs.
€),JSeigneurU de Schlawe,
M. Dannenberg signale des deniers frappés par BogislawIII, seigneur de Schlawe, qui mourut en 1220. Leur aspect est analogue à celui des monnaiesdeCammin. L'avers porte : + BOGECCLOFF : ECTS8 autour d'un buste barbu, les mains levées ; le revers, + SELAFI KASTRYM autour d'un édifice.
f). Principauté de Rugen.
Les princes de l'Ile de Rugen se reconnaissaient vassaux de la couronne de Danemark. Leur monnayage commence sousjaromar I (1170 ?-i2i8) sous le règne duquel les insulaires se convertirent au christianisme. On a de lui des deniers bifaces dont les légendes complètes paraissent être : + IGAROMAR REX — RVGIANORVM et dont le type comprend un buste barbu et couronné accompagné de deux étoiles et, au revers, un édifice. Jaromar I émit également des bractéates portant son nom + lAROMARE autour d'une croix.
Au xiii* siècle, les princes de Rugen, Jaromar II (1249-60) ou Wizlaw n (1260-1302), frappèrent de petits deniers portant d'un côte un lion à gauche, de l'autre soit un grand B accosté de trois besants, soit un heaume cime de trois plumes.
g). Seigneurie de Gristow.
On attribue à Jean (1237-89), seigneur de Gristow, de petites bractéates muettes, de fabrique poméranienne, provenant de la trouvaille de Hohenwalde, et portant une tête de cerf entre deux globules. Cette attribution est conjecturale.
h). Ordre teutoniqtu en Prusse « .
L'ordre teutonique fut créé en Terre-Sainte en 11 90 sur le modèle
I. F. Vossberg, Geschichle der Prenssiscîjett Mûn^en und Siegeî bis ^im Enàe der Herrscbaft des Deutschen Ordens. Berlin, 1842, iD-4. — B. Dudik, Des hoben deutschen Ritterordens Mûnisammîung in Wim, Vienne, 1858, in-4.
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de ceux de Saint-Jean de Jérusalem et de celui du Temple. En 1225, le maître de l'Ordre fut sollicité par Conrad duc de Masovie, de venir avec ses chevaliers, au secours de la Pologne que les Borussiens ou Prussiens, peuple barbare de race slave, mettaient à feu et à sang. Le duc de Masovie fît donation à Tordre du territoire envahi et l'empereur d'Allemagne accorda aux chevaliers teutoniques la souveraineté de toute la Prusse s'ils parvenaient à la conquérir. Le maître de l'Ordre, Hermann de Salza, confia à Hermann Balk le soin de diriger la guerre. En 123 1, après de premiers succès, celui-ci fonda la ville de Thom et, en 1232, celle de Culm ; par diplôme du 28 décembre de cette année, il leur concéda les droits municipaux. L'original de ce document fut brûlé, mais lé i*' octobre 125 1, on en fit une rédaction nouvelle. Voici les stipulations qu'elle renferme au sujet de la monnaie : « Siatuitnus, ut una montta (culmensis videlicet) sit per totam terrant, et ut de puro et ntundo argenio denarii fabricentur. Ipsi quoque denarii in tanto valore perpetualiter persévèrent, ut eorum lx solidi ponderunt unam marcam. Et dicta moneta non nisi sentel in singulis decenniis renovetur, et quoties renavatafuerit, xn nummi pro xnii veteribus cambiantur. Statuimus. ut quilibet homo, haereditatem a domo nostra habensy Fratribus nostris solvat exinde unutn nummum Coloniensem vel pro eo quinque Culmenses, » ^'*" '**'*
Les monnaies de l'Ordre teutonique, antérieures à Winrich de Knîprode (1351-82), ne consistent qu'en petites bractéates. Elles portent la croix, l'écu à Ja croix (fig. 1206), une couronne, un drapeau chargé d'une croix ou une lettre.
§ V. — Franconie.
a). Ateliers impériaux ,
Pendant la période saxonne et franconienne, le nom des souverains de l'empire paraît sur des monnaies frappées à Maycnce, Spire, Worms et Wurzbourg. Plus tard, Maycnce redevint temporairement, à la suite de circonstances spéciales, le lieu d'émission de deniers impériaux, et, dans la région appelée la Wetteravie, des ateliers furent établis à Gelnhausen, Wetzlar, Francfort-sur-le-Mein et peut-être à Friedberg.
Mayence. — On possède d'Henri I l'Oiseleur des deniers portant le temple carolingien entouré de MOGONCIA CIVIT, et une croix cantonnée de globules, avec HEINRICVS REX. Sous Otton I, la donnée générale du type resta la même, avec cette différence que la hol:^kirche remplaça le temple. En 953, Mayence tomba aux mains de Conrad le
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Sage, duc de Lotharingie, qui avait suivi son beau-frère Liutolf dans son soulèvement contre rautoriié d'Otton I ; M. Dannenberg ratuche à cette époque un denier dont, à première vue, rémission semblerait plus récente ; ses empreintes se composent, d'un côté, de CVON DVX autour d'une sorte de temple, de Tautre, de + I MOGONTIA autour d'un profil couronné. Les monnaies d'Otton II et d'Otton III reproduisent la hol^kircbe d'Otton I. Sous Henri II et Conrad II, ce même dispositif alterne avec d'autres : à Tavers, l'effigie impériale de face, au revers un édifice avec enceinte ou un temple chargé d'un chrisme. Ce dernier type subsiste sous Henri IIL Enfin, sous Henri IV et Henri V, la té te est posée de profil ou de trois quarts et l'édifice devient la représentation d'une église romane à trois tours ; sur une variété curieuse, cette église fait place aux bustes de saint Martin et du pauvre auquel il donne une part de son manteau. On connaît de cette pièce une épreuve en or; nous avons signalé une particularité analogue à Trêves (p. 613).
Après Henri V, le monnayage impérial paraît avoir pris fin à Mayence ; mais M. Ménadier a publié récemment * un denier d'Henri VI, que l'analogie de son type et de son style permet de ranger, sans conteste, à la série de cette ville. Cette pièce aurait été frappée en II 96, pendant le séjour d'Henri VI à Mayence, conformément à la doctrine du Miroir de Saxe suivant laquelle les rois et les empereurs avaient le droit de monnayer partout où ils s'arrêtaient. Le denier publié par M. Ménadier n'est pas absolument en opposition avec la théorie de Grote que nous avons exposée (p. 522); il force seulement à reculer jusqu'aux dernières années du xii* siècle l'introduction d'une coutume que l'illustre numismate hanovrien plaçait au xiii®.
Spire. — Les premières monnaies frappées à Spire sous les Ottons portent la hol^kirche avec SPIRA Cl ou SCA MARIA et, exceptionnellement, une adaptation du type épigraphique de Cologne : 8-SPIRE-A. écrit en croix dans le champ. Un curieux denier montre les effigies réunies de Conrad II et de son fils Henri III: + CHONRAD IPHEIN- RICI P(ater), et, au revers, le buste nimbé de la Vierge. Sous Henri III, roi, sa tête de face, couronnée, occupe invariablement l'avers; au revers, nous trouvons une embarcation à rames, une croix cantonnée de globules, ou le profil d'une église. Le nom de l'atelier est NEMETIS Cl VIT. Les deniers de la période impériale du règne d'Henri III conservent d'un côté le buste, et portent, de l'autre, soit une église à deux
I. Ein Pfennig Kaiser Heinrict)s VI vom Mainier Reichstage des Jahres iiç6, dans les Berliner MûnihUUUr de V/tyl, n© 145, septembre 1892.
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tours avec un buste dans le portail, soit une croix cantonnée et entourée de la légende S€A TRINITAS. Quelques-unes des premières monnaies épiscopales de Spire portent la mention de l'empereur régnant.
Worms. — On trouve, sur les espèces frappées à Worms, WORM ACI A, sous Otton II ou Otton III et sous Henri II, la hol:(kirchett la croix cantonnée. Sous Henri III et Henri IV, le buste impérial et la croix, parfois remplacés par le profil de saint Pierre, SCS PETRVS APS, se partagent les deux faces des deniers. Comme à Mayence et à Spire, les premières monnaies épiscopales de Worms portent le nom de l'empereur.
Wurzhourg. — Le premier empereur d'Allemagne qui paraisse avoir monnayé à Wurzbourg est Otton II, dont le nom, OTTO, figure en croix à l'avers d'une pièce dont l'autre côté porte la hol^kirche. L'atelier est indiqué par le nom du patron : S-KILIANVS. Sous Otton III et Henri II, le profil du saint et la croix, cantonnée ou non de globules, marquent les coins. Les deniers d'Henri III portent sa tête à droite, accompagnée d'un sceptre, et, au revers, une enceinte circulaire entourée de WIRCIBVRG.
Ateliers de la Wetteravie^. — La Wetteravie comprenait, comme nous l'avons dit plus haut, les villes de Friedberg, Francfort-sur-le-Mcin, Gelnhausen et Wetzlar. Les comtes de Nuringen paraissent avoir obtenu des empereurs l'avouerie de ces domaines impériaux et, après leur extinction, cette avouerie passa aux sires de Mûnzenberg. Les monnaies frappées dans les quatre villes de Wetteravie, « die vier staten in der Wederebe », sont désignées dans les documents sous le nom de denarii Wedereybienses. Un texte de 1291 établit le rapport existant, à cette époque, entre les monnaies wetteraviennes et celles de G)logne et de Souabe : « pro colaniense, très hallenses bonos sive duos wedrebienses, secundum quos in FranJcenford et in Frideberg solutionis temporerecipi consueverunt ».
Le principal atelier de la Wetteravie fut, suivant M. Paul Joseph, celui de Francfort, où furent émises les bractéates impériales de la trouvaille de rOdenwald,contemporaines de Frédéric Barberousse (fig.1207) et d'Henri VI. Une officine importante semble avoir existé également à Gelnhausen, ville qui dut sa création à Frédéric I et qui acquit un développement rapide. La bractéate représentée par notre figure 1208 et qui porte l'empereur assis à côté de sa femme, ofire une frappante analogie avec le sceau de Gelnhausen. En 1349, cette ville fut engagée à Gunther, comte de Schwarzbourg.
I. P. Joseph, DU Wellerauer Brakieaten. Odenwalder Fund, dans les Berliner Mûnihlàtter de Weyl, année 1885.
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La fabrication des braciéates cessa après la mort d'Henri VI (1197), et vingt-cinq ans plus tard, toute la partie méridionale de la Wetteravie, cédant sans doute h des nécessités économiques, reçut comme monnaie
Fig. 1207 Fig. 1208
des deniers bifaces. A Wctzlar, sous les rois Philippe et Otton IV on frappait des semi-bractéates.
b). ArclievêM de MayeiiceK
Le monnayage archiépiscopal commence, suivant M. Dannenberg, sous Willigis (975-101 1). On possède en effet des deniers et des oboles, contresignés par Otton III ou Henri II, à Tavers desquels paraît le buste, à tête nue, d'un personnage ecclésiastique ; le nom de ce personnage fait toutefois défaut et la légende est MOGONCIA. La mention d'un archevêque, sur les espèces, n'est pas antérieure à Bardo d'Oppershofen (103 1-5 1), dont les deniers portent d'un côté la tête de face de l'empereur, de l'autre, une dégénérescence du temple carolingien chargée des lettres B-A-R-D-0.
Le nom de Lupold de Bogen (1051-59) se montre, en légende, suivi de son titre: LIVBOLD ARCHIEPS; le type comprend l'efBgie impériale et une église à deux tours vue de face. Trois empreintes différentes se succèdent sous Sigefroid d'Eppstein (1060-84) •
1. + iiEiNRicvs IMP. Tûte impériale do face. Rev. : -|- sigki-rid Anrs.Typc des deniers de Bardo d*Oppcrshofcn fidèlement reproduit, c'est-à-dire le temple dégénéré,
, garni des lettres du mot bardo entre les colonnes, sur le fronton et sous les marches.
2. 4" HEiNRicvs RX. Bustc dc profil du roi, tenant le globe crucigère. Rev. : 4- sige-
1. H. Cappe, BescJjreihuttg der main\er Mûnien des Miltelalters. Berlin, 1856, in-8. — Nous ne parlons ici que des monnaies frappées dans les possessions occidentales des archevêques de Mayence ; pour les bractéates frappées à Erfurt et à Heiligenstadt, nous prions le lecteur de se reporter à la page 707.
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FRiDvs. Buste de profil de l'archevêque avec crosse (fig. 1209). — Cette émissiou est la dernière sur laquelle paraît le contre-seing du souverain de Tempire. 3. siGEFRiDVS. Même buste de l'archevêque. Rev. : -|- mogoncia. Temple.
Les monnaies des successeurs de Sigefroid, complètement émancipées de la signature impériale, forment une série très intéressante et pouvant presque rivaliser avec celles de Cologne ou de Trêves. Le type se compose généralement du buste avec crosse de Tarchevôque, d'abord de profil, puis de face; enfin, à partir de la seconde moitié. du xu* siècle.
Fig. 1209 Fig. 12 10
l'archevêque est représenté assis de face, tenant la crosse et le livre; au revers, nous trouvons un de ces édifices, de formes variées, comme nous en avons vu, en si grand nombre sur les deniers des régions rhénanes et westphaliennes. Voici les noms des archevêques qui ont occupé le siège de Mayence jusqu'au milieu du xiv* siècle :
•Wczilon, 1084-88. *Lcopold de Schœnfeld, 1200-8.
•Ruthard, 1088-1109. ♦Sigefroid II d'Eppstein, 1200-30.
•Adalbcrt I dcSaarbruck, 11 11-37. *Sigefroid III d'Eppstcin, 1230-49.
*Adalbert II de Saarbruck, 11 38-41. •Chrétien II de Weissenau, 1249-51.
Marculfc, 1 141-42. • Gérard I Wildgrave, 1251-59. * Henri I, 1142-53. ' Werner d*Eppstein, 1259-84.
•Amould de Scclenhofcn, 11 5 3-60. •Henri II Gurtclknopf, 1286-88.
•Chrétien I de Bûche, 1160-61. •Gérard II d'Eppstein, 1289-1305.
•Conrad I de Wittelsbach, 1162-65. • Pierre d*Aspelt, 1306-1320.
•Chrétien I, rétabH, 1165-83. •Mathieu de Buchegg, 1321-28. ♦Conrad I, rétabli, 1 183-1200. Henri III de Virnebourg, 1328-46.
La plupart des deniers de Mayence sont frappés dans la métropole; cette origine est exprimée par MOGVNTIA CIVIT. puis dans le cours du XII* siècle, par MOGVNTIA AVREA ou MOGVNTIA CRISTI. Sous Léopold de Schoenfeld, un atelier fut ouvert à Bischofeheim-sur-Ie- Tauber(fig. 1210); sous Sigefroid III, de nouvelles Monnaies furent crcccsà Amocncbourg et à Ascliaffenbourg, ASCHAFENBVG'; enfin, à partir de Henri II, une. quatrième localité, Miltenberg, fournit des espèces.
I. R. von Rômer, Deiiar des ErihiscJxfs Siegfried II oder III von Main^^ ans der Munie ^u Ascîjajjenburg, dans les Wiener Numism, Monatsije/U, t. I, 1865, p. 109.
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732 TROISlàlfE PAKTIE
c). PalatimU du Rhin.
Déjà au xii* siècle, les comtes palatins du Rhin étaient de puissants seigneurs; leurs possessions passèrent en 1156 à Gjnrad de Hohenstaufen, frère de Frédéric Barberousse. Voici Ténumération des successeurs de ce prince :
Henri IV le Jeune, mineur, Ii95-X2i4. Rodolphe I le B^ue, 1294-1517.
Henri V le Guelfe, 1195-1227. Adolphe le Simple, 13x7-1327.
•Otton l'Illustre, 1227-1253. Rodolphe II 1* Aveugle, 1327-1353. Louis le Sévère, 1253-1294.
M. R. Serrure a retrouvé, il y a quelques années, un dmier, encore inédit, d'Otton l'Illustre . Cette pièce porte à l'avers le comte à cheval, l'épée au poing, avec cette légende: OTTO FILIVS LODEVI; le revers reproduit exactement celui des monnaies d'Engclbcrt I, archevêque de Cologne. Ce précieux monument se trouve aujourd'hui au Cabinet des médailles de Munich. Otton l'Illustre, fils de Louis, duc de Bavière, devint comte palatin en 1227 et duc de Bavière en 123 1, à la mort de son père. C'est entre ces deux dates que le denier a dû être émis. Toutes les autres monnaies connues des comtes palatins, pour l'époque dénariale, ont été frappées dans le Palatinat supérieur ; nous en parlerons dans notre § Vil consacré à la Bavière.
d). Abbaye de Lorsch 1 .
L'abbaye de Lorsch ou de Laurisheim fut fondée au vin* siècle. Le 1 1 juin 1000, Otton m lui accorda la « moneta, cum omni utilitate suaii,\ Brumat, en Alsace. Le 5 avril 1065, Henri IV fit au monastère une concession analogue pour Weinheim ; enfin, en 1067, il lui donna les droits de monnaie et de marché pour Lorsch même. Dans le cours du XII' et du xni* siècle, le numéraire abbatial est fréquemment mentionné.
M. Ménadier a retrouvé un denier de Tabbé Marquard (1149-50). Il porte à l'avers : + MARQVARDVS et le buste de l'abbé avec la crosse et le livre derrière une estrade sur laquelle est écrit ABBA ; au revers, une effigie royale est entourée de + S NAZARIYS MA(rtyr), légende rappelant le patron du monastère.
e). Evkbé de Worms.
La série monétaire des évèques de Worms présente encore de grandes