I. J. Ménadier» Deutsche Mûnxen, 1. 1, p
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lacunes. Elle commence avec Arnould I (1044-65) dont il existe des deniers signés portant son buste et celui de Tempereur Henri III. Sous Adalbéron (1065-70), TefEgie de Tévêque est accompagnée d'une crosse; l'autre face est occupée par une croix cantonnée, dans trois de ses cantons, d'un globule, et dans le quatrième, d'un globule et d'un croissant. Ce détail mérite d'être noté, car il constitue une particularité locale. Les numismates allemands donnent à la croix ainsi cantonnée le nom de « Croix de Worms ». Eppon (. .1090-1105..), successeur d' Adalbéron, conserve le type de celui-ci.
On attribue dubitativement aux évoques de Worms de la seconde moitié du xn* siècle des semi-bractéates, fort minces, portant en général, d'un côté, une effigie mal venue, de l'autre, une croix cantonnée d'initiales et d'emblèmes divers, parmi lesquels figure la clef de Worms. Les légendes, presque toujours absentes, semblent présenter les éléments du nom Canradus. U y eut à Worms deux évêques de ce nom qui se succédèrent: Conrad I (i 150-71) et Conrad II (i 171-92). Ces monnaies sont toutefois très difficiles à séparer de celles que l'on donne aux archevêques de Mayence et dont nous avons parlé (page 707) à propos des ateliers d'Erfurt et de Heiligenstadt.
On a signalé des bractéates de Henri II de Saarbruck (1217-34) et Landolf de Hoheneck (1234-47). Leur type se distingue par une image de l'évêque assis tenant la crosse et le livre ou bénissant; les légendes sont: ///NRICVS EPISC ou EPIS W. LANDOL/////R////. etc. Le monnayage de Worms est mentionné par les documents jusque dans la seconde moitié du xin"" siècle.
f). Abbaye de Limbourg-sur-îe^Hardi 1 .
Cette abbaye fut fondée par Conrad II en 1030. Les comtes de Linange en obtinrent l'avouerie, et l'un d'eux, Emicho III (1157-mort avant 11 89), frappa en qualité d'avoué de grands deniers et de grandes oboles dont l'aspect présente beaucoup d analogie avec celui des monnaies de Worms. A l'avers, ces pièces portent : EMECHO-COMESD- Ll- autour d'une tête accompagnée d'une épée et placée au-dessus d'une arcade à deux tours, sous laquelle est représenté un édifice. Le revers a une croix cantonnée de globules et, en légende, + -L-l-N-B-V- RGENSIS. Vers le temps de Frédéric II de Linange (mort en 1237), ^ous retrouvons ce monnayage, consistant en semi-bractéates
I . P. Joseph, Die Mûn^en des gràjUchen und fùrstlichen Hauses Letningen, dans la NutttismatiscJje Zcitschrift, t. XVI, 1884.
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chargées d'une aigle et au revers d'un lion, d'une effigie comtale avec aigle et sceptre fleurdelisé, ou encore d'une croix. La légende réduite à trois lettres est L*V-A, limburgensis vetierabilis abbas, ou LIN.
g). EvéM de Spire i.
Les monnaies épiscopales commencent à Spire sous Conrad I (1056- 60). Leur type se compose du buste de l'évêque de face, avec CONRA- . DVS EPS. et d'une église avec NEMTIS CIV////. Sous Einhard II de Catzenelnbogen (1060-67), deux bustes tiennent ensemble une crosse à Tavers des deniers, tandis qu'au revers la Vierge à l'enÊint figure en buste, entourée de son nom, SCA MARIA- Les monnaies d'Henri I de Scharfenberg (1067-73) diffèrent peu de celles de son prédécesseur.
Sous Jean I de Kraichgau (1090-1104) les deniers, devenus très minces et larges, sont d'une frappe affreuse. Ils portent d'un côté : + HEINRICVS REX et deux effigies couronnées séparées par une longue croix; de l'autre, lOHANNES EPS et un buste d'évôque avec crosse et livre, dans un bateau et sous un portail. Il faut franchir près d'un siècle pour retrouver sous Ulric II de Rcchberg (1178-89) un numéraire signé, mais les deniers présentent, en l'exagérant encore, la môme barbarie.
lî). Abbaye de Sel^K
L'abbaye de Selz fut fondée par Adélaïde, femme d'Otton I. En 993, Otton III lui reconnut le droit de frapper des monnaies analogues à celles de Spire et de Strasbourg. Le plus ancien denier de Selz, récemment reconnu par M. Ménadier, porte à l'avers le buste couronné, de face, de l'empereur Henri III, et au revers, l'effigie nimbée de l'impératrice Adélaïde, fondatrice du monastère.
En 1143, Conrad III confirma le droit monétaire de Selz. On attribue à cette époque des deniers de flan mince et de module déjà réduit, empreints d'un côté d'un grand lis, et portant de l'autre, deux bustes impériaux de face.
1. W. Harster, Versnch einer Speîerer MûnigtschicUe, dans les Mittlmhmgen des Instorischen Vereines der P/al^^ t. X, 1892.
2. J. Ménadier, Deutsche Mùn^efi, 1. 1, p. 60. — A. Engel et E. Lehr, Numisma^ tique de V Alsace, p. 144.
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î). Comté de Rlxitigau '.
Le comté de Rheingau s'étendait sur la rive gauche du Rhin entre Worms et Mayence. On possède des deniers copiés de ceux d'Arnould de Seeienhofen, archevêque de Mayènce, qui furent vraisemblablement frappés parEmicho, comte de Rheingau, mort vers 1157. Us portent à l'avers le nom EMEHO et une figure assise de face, tenant une épée et un sceptre fleurdelisé, au revers un édifice à trois tours sur une arcade. Comme Ta démontré M. P. Joseph, c'est à tort que ces monnaies avaient été classées aux comtes de Linange.
j). Evéché de fVuribourgK
L'évêché de Wurzbourg fut fondé en 741 et placé sous le vocable de saint Kilian. L'empereur Henri II concéda en 1018 le droit monétaire à l'cvûquc Meinhard et, en 1030 et 1037, deux diplômes confirmatife furent donnés à ses successeurs par Conrad II le Salique. Les premières monnaies autonomes appartiennent à Tévêquc Brunon (1034-45), dont nous connaissons deux types différents. Sur les deniers qui paraissent les plus anciens^ Tavers porte le buste de saint Kilian, +SCS KILIANYS, tourné à droite; le revers présente une croix cantonnée, de quatre globules et les mots: +BRVNO EPCS en légende. Le second type comprend d'un côté le nom du saint autour des lettres B-R-V-N-0 disposées en croix; de l'autre, un temple dégénéré du temple carolingien, avec la légende WIRCEBVRG.
Il faut passer au xii* siècle pour retrouver les deniers d'Emicho de Linange (1125-46). Leur type est un buste avec crosse à gauche et le monogramme- immobiUsé de Bruno eps occupant tout le champ du revers. Ce monogramme reparaît fréquemment, jusqu'au XV* siècle, sur les monnaies épiscopales de Wurzbourg, et son emploi, pour Tornementation du revers, alterne avec celui d'un édifice, d'une étoile, d'un lion, etc. L'image de l'évêque occupe le droit des espèces. Voici la liste des évêques pour la période dont nous nous occupons :
Sîgefroid de Querfurt, 1147-50. •Herhold de Hochheim, 1 165-71.
•Gebhard de Henncberg, 1150-59. Reinhard d*Abensberg, 1171-84.
Henri II de Linange, 1159-65. ^Godefroid I de Spitzenberg, 1184-90.
X. P. Joseph, Die Mûnien des gràfiichen und fûrsHicJjen Hanses Ldningen, dans la Numism. Zeilschrift, t. XVI.
2. J. Leitzmann, Numismaiische Zeitung, 1838, p. 48, et 1847, p. 109.
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Henri III de Berg, 1190-97. ^Iring de Rheinstein, 1254-66.
*Godefroid II de Hohenlohc, 1197-98. * Conrad II de Trimberg, 1266-67.
• Conrad I de Qiierfurt, 1 198-1202. [Berthold de Henneberg, 1266-74]. •Henri IV de Kaes, 1202-1207. •Berthold de Stcrnberg, 1267-87.
* Otton I de Lobdebourg, 1207-23. •Mangold de Neuenbourg, 1 287-1 303. Thierry de Hombourg, 1223-25. •André de Gundelfingen, 1303-14.
•Hermann I de Lobdebourg, 1225-54. • Godefroid III de Hohenlohe, 1314-22.
Herhold de Hochheim obtint le titre de duc de Franconie et le droit de porter Tépée. Les monnaies le représentent portant cet insigne, mais le titre de dux ne paraît que plus tard en épigraphie monétaire.
On possède sur le monnayage de Wurzbourg quelques rares renseignements écrits. En 1242, Tévôque Hermann I possédait un atelier à Schweinfurt, en commun avec le comte de Henneberg. En 126 1, les bourgeois de Wurzbourg refusèrent d'accepter les nouveaux deniers épiscopaux.
V).Ahbayede ThèresK
Cette abbaye, située sur le Mein, non loin de Schweinfurt, obtint les droits monétaires, en 1097, P^*^ concession de l'empereur Henri IV. On attribue à ce monastère divers deniers muets du xiii' siècle portant le buste de face de Tabbé, avec crosse et dextre bénissant, et, au revers, une rosette sous une arcade à deux tourelles.
1). Evklii de Baniherg a.
L'évêché de Bamberg fut créé en 1007 par l'empereur Henri H,, en faveur de son chancelier Eberhard. Un denier reproduit par M. Dannenberg appartient, suivant ce numismate, aux premières années de Texistence de l'évêché; son type est une tète à droite et une croix pattée; ses légendes sont SKILIANVS BABIINBERG.
L'empereur Henri IV fit à l'église de Bamberg d'importantes concessions monétaires relatives à Hersbrûck (1057), à Bamberg (1058), à Villach en Carinthie (1060) et à Fiirth (1062). Nous avons des deniers signés par l'évêque Rudbert (1075-1102); ils portent son buste de face ou à gauche, et un édifice symbolisant tantôt l'église métropolitaine, SCA BABENBERG, tantôt la cité. Ces pièces appartiennent aux
1. J. E. Obermayer, Historische Nachricbt von hayeriscljcn Mûnien, Francfort, 1763, in-4. — Appel, Reperlorium, 1. 1, p. 490.
2. J. Heller, Die bambergischen Mûn^en chronologisch geordnet und htsdiruben, Bamberg, 1839, in-8.
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dernières années du xi* siècle. Les pièces de Thiemon (1191-1202) qui leur succèdent à cent ans d'intervalle, portent le nom de sainte Cunégonde; puis le monnayage subit une nouvelle éclipse jusqu'au milieu du xiv« siècle.
m). Abbaye de Fuîda*.
L'abbaye de Fulda fut fondée en 744 ; elle reçut le droit monétaire de l'empereur Henri II, sous l'abbatiat de Richard (1018-39). Ses premières monnaies sont anonymes et portent à l'avers le buste à droite et le nom du patron : +SCS BONIFACIVS. au revers, un édifice et la légende +FVLDA. L'abbé Egbert (1048-58) conserva le buste de saint Boniface sur un côté des deniers^ mais sur l'autre, il mit son nom autour d'une croix cantonnée de V-IT-A. L'abbaye de Fulda possédait un second atelier à Schwabach, ville qui lui avait été donnée au x® siècle; les pièces qui y furent émises vers le temps d'Egbert sont imitées du type de Cologne.
Au commencement du xii* siècle, les deniers anonymes, marqués de l'effigie de saint Boniface et d'une croix ceinte de FVLDA, se rapprochent déjà des semi-bractéates. Les bractéates complètes font leur apparition sous Conrad I (1134-40) et continuent à former l'unique numéraire abbatial sous ses successeurs :
Alholf, 1140-1148. ^ConradlII, 1216-22.
Rudgar I, 1148. ♦ Conrad IV de Malkos, 1222-49.
Henri II, 1148-49. •Henri IV d'Erthal, 1249-61.
*Marquard I, 1 1 50-65. * Berthold II de Leipolz, 1 261-71.
Gcrnod, 1165. * Berthold III de Mackcnzcll, 1271-74.
♦Hcrniann I, 1165-68. •Berthold IV de Bimbach, 1274-86.
Burcard, 1168-76. Marquard II de Bickenbach, 1286-88.
Rudgar II, 1 176-77. Henri V de Weilnau, 1288-1313.
• Conrad II, 1 177-92. Eberhard de Rotenstein, 1515-15.
• Henri III de Kronberg, 1 1 92- 1 2 16. Henri VI de Hohenbourg, 1315-53. Hartmann I, 12 16.
Les bractéates de Fulda* sont belles et analogues, comme style et comme fabrication, à celles de Hildesheim ou de Hersfeld. Les abbés y figurent en général mitres, assis ou en buste au milieu d'ornements
1 . Hinkelbein, Beschrnbung àer Fuîdahchen Mm^en, dans Bucbonia. Zeitschrift fur valerlàndischc GcschichU, Fulda, 1826-28. — B. Herquet, Mûnien der fùrsllichen Abtd Fulda aus dem 11, Jahrbunderty dans la Zeitschrift des Verdns fur Jjessische Geschichte und Landeskunde, t. IV, 1846, pp. 261-270.
2. La série des bractéates de Fulda est malheureusement une de celles auxquelles s* est adressé le faussaire Seelander.