‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 10 sur 183 · A. lilaiichct, Hist. rnouilaiic du lii'itni, p · texte numérisé non relu

A. lilaiichct, Hist. rnouilaiic du lii'itni, p

2. A. Blanchct, Im uiounaie du vicomte de Castelbon (1374-78). D.ix, 1891,

LES FIEFS FRANÇAIS

pièces, souvent intéressantes. Celles qui portent le titre de comte d'Évreux, et d'autres qui ne sont que des contrefaçons des espèces françaises, ont été décrites à la p. 991.

Les Jlorins d'or navarrais de Charles, au type du lis épanoui, portent NAVARRA • REX • K, et nous savons qu'en 1 566, pour leur donner la perfection de ceux d'Aragon, le roi fit venir un graveur béarnais, Jean d'Estèbe. De ses doubles Jlorins, aucun n'a été retrouvé. Son gros d'argent offre trois types différents. Le premier, au buste couronné de face (fig. 1569) et à la légende un peu longue: dominus mihi adiutor, non timebo quid faciat mihi homo, imite le gros tournois français ; un autre a le châtel tournois, mais les petits cercles delà bordure, au lieu de ren-

Fig. 1569

Fq. 1570

fermer des lis, renferment les chaînes de Navarre en sautoir ; le troisième porte, entre deux nœuds, un grand K gothique couronné (fig. 1570), et le roi y prend le titre de proprietariiis Nav(ar)r(e), comme s'il s'agissait d'une propriété personnelle. Le même titre figure sur son billon, fabriqué au même coin.

Une jolie pièce, encore unique, le double sol coronat, a pour type une grande couronne royale, remplissant le champ.

Avec Jean II et Blanche (1425-41), le monnayage redevient espagnol. Par son mariage avec la petite-fille de Charles le Mauvais, Jean était

devenu roi de Navarre avant de monter sur le trône d'Aragon. Cela explique les deux initiales Y et B qui apparaissent soit dans le champ, soit dans la légende marginale des pièces émises par le couple royal. De

ioo8

Jean II seul (1441-79'), nous avons quelques belles monnaies : Vécu d'or (fig. 1571) et \c demi-écu, des gros d'argent, le blanc et le demi-blanc, toutes aux armes de Navarre-Évreux, les fleurs de lis avec brisure. Un demi-blanc porte les lettres JOHES sous une couronne, et un denier, le grand J couronné.

Sous le règne du petit-fils de Blanche, François-Phébus (1479- 8 ? ), ces types ne sont maintenus qu'en partie, car le ducat d'or représente l'efligie du prince, et le blanc seulement porte deux F sous une couronne, l'orthographe des deux noms du roi étant FRANCI^CVS FEBVS. Pour les monnaies de la sœurde Phébus, Catherine de Foix (1484-1 512) et de son mari Jean d'Albret. nous renvoyons à notre Traité numismatique moderne, l. I, ^05.

§ XIII

Duché de Bourgogne.

Nous en étions restés (p. 472) à Eudes IV (1515-50), le premier duc de Bourgogne qui ait frappé de la monnaie d'or. Que son florin fût la copie pure et simple de celui de Florence, il fallait s'y attendre; mais son écu d'or aussi, au type du duc debout, tenant le sceptre et l'écusson, ressemble de bien près à celui de Louis de Crécy, comte de Flandre. Il s'y appelle, moitié en français, moitié en latin : EVDES DVX DE BORGVNDIA. 5^n dehors d'un gros d'argent très rare, qui le représente à cheval, et dont une des légendes, MONETA NOSTRA. est empruntée à la Lorraine, on ne voit dans sa série numismatique que des copies de pièces françaises : le gros tournois avec toutes ses fractions, le double au mot FR-AN dans le champ, le double parisis, etc. (fig. 1572-75). Sou-

Fig. 1572

vent, le roi se plaignit de ces contrefaçons, mais sans succès, car le duc avait un atelier à Au.xonne, sur terre d'Empire. Le cimier d'Eudes IV est orné d'une chouette, qui se retrouve sur le heaume de son successeur ; les ducs de la seconde race la remplacent par une fleur de lis.

On est habitué à classer au même règne un groupe de monnaies anonymes qui n'ont que le titre de Comte d'Auxonne. M. de Saulcy les attri-

LÈS FIEFS FRANÇAIS

bue à la minorité de Philippe de Rouvre (1^50-61). Selon lui, elles auraient été frappées par la mère de Philippe, Jeanne d'Auvergne, alors mariée à Jean le Bon, et qui vivait retirée à Auxonne pendant la captivité du roi.

A Jean le Bon lui-même (1550), alors duc de Normandie, mari de Jeanne d'Auvergne depuis 1349 et tuteur du jeune Philippe de Rouvre, appartient un double pai'isis qui porte les légendes : + |0H ■ PGENIT... REG et MONET.. BVRGOD'. La frappe de cette monnaie n'a pu durer que cinq mois tout au plus, car en août 1350 Jean monta sur le trône de France '.

Toutes les pièces de Philippe de Rouvre, mort à seize ans, sont copiées sur les monnaies royales ^ ou sur celles du duc de Lorraine. On lui donne aussi \q florin d'or avec PHS DVX BVRGON. Son nom propre s'écrit tantôt avec un seul P, tantôt avec deux. En considérant la quantité et la variété des espèces attribuées aujourd'hui à ce court règne, on est surpris de la pauvreté de la numismatique bourguignonne après l'avènement de la seconde race.

Philippe le Hardi (1 565-1404), quatrième hls du roi Jean, épouse la veuve de Philippe de Rouvre, Marguerite de Flandre (1 569), et, à la mort de son beau-père, Louis de Mâle (1384), réunit au duché les quatre comtés de Flandre, d'Artois, de Nevers et de Rethel. La série de ses monnaies flamandes est très riche; mais en Bourgogne, malgré la longue durée de son gouvernement, c'est à peine si nous trouvons quelques ^ros tournois qui peuvent ôtrede lui. Son successeur, Jean sans Peur (1404- 19), continue d'abord le même type tournois, puis il introduit l'écu écartelé de Bourgogne ancien et nouveau (demi-blanc, fig. 1 $74). En même temps, il frappe à Auxonne de très curieuses pièces de billon : Vanserne

l'ig- «574

(ANSERNA DE AVXONA. fig. 1575) et l'^n^rog^Me (MONETA ANGRO- GNIE, lig- '576), et ne s'interdit pas de copier en Flandre les espèces

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