‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 142 sur 183 · ROMANI PRINCIPES ET SENAT- P- QVE- R · texte numérisé non relu

ROMANI PRINCIPES ET SENAT- P- QVE- R

Urbain V avait importé d'Avignon le type du pape assis (1367). Le blason personnel du pape, son nom propre, les clefs en sautoir se montrent à la fois, et les sigles SPQR sont reléguées à la fin de la légende. Elles s'y maintiennent encore pendant le premier tiers du XV* siècle; en 1439, Eugène IV les supprime.

Lq Jlorin d'or d\i sénat de Rome a été créé en 1350. Il reproduit le

I. Voir p. 794. — Capobianchi(V.), Appttuti per servtre aW ordinamento deîle momie coniate dal Senato di Roma. Ronia, 1895-96.

ducat vénitien : saint Pierre remettant la bannière à un sénateur agenouillé; légendes, plus ou moins abrégées: S. PETRVS-SENATOR VRBIS; différent: le saint suaire; revers: le Christ debout, entouré d'étoiles, dans une bordure ovale (ROMA CAPVT MVNDI SPQR)- Ce type et ces légendes ont duré jusqu'en 1452, et le ROMA C. M figure encore sur les premiers florins d'Eugène IV. Mais il existe une pièce unique, le florin d'or au saint Jean, qui porte au revers l'écusson de Rome avec les sigles 4- SPQR en bande. Il a été publié parCapobianchi, qui le tient pour antérieur au ducat romano-vénitien.

Les Papes. — Après une interruption de presque deux siècles, le monnayage papal recommence sous Nicolas IV (1288-92), dont on possède un beau demi-gros aux armes du Patrimoine de saint Pierre (p. 1383). Nous avons déjà étudié (p. 1019) la numismatique des papes d'Avignon. Urbain V, lors de son voyage à Rome (1367), y ordonne la frappe des gros et demi-gros qui portent la légende FACTA IN ROMA. ou IN ROMA VRBI (sic). Enfin, Grégoire XI (1370-78) rétablit définitivement son trône dans la capitale du monde. On a retrouvé les pièces se rapportant à la vacance de siège qui suivit sa mort (1378) ; puis, entre deux lacunes non encore comblées, ce sont les monnaies de Boniface IX (1389-1404) et d'Innocent VII (1404-06) qui prennent place dans nos médailliers. Alexandre V n'a monnayé qu'à Tagliacozzo(i4io).

A partir de M artin V Colon na (1417-31), il n'y a plus de solution de continuité dans la série romaine. Le florin d'or de Martin porte déjà l'écusson de famille du pape (une colonne); le gros représente deux écussons: celui des Colonna et celui des vieilles monnaies sénatoriales avec ROMA: CAPVT: MVNDI. C'est Eugène I V(i43i-57)qui inaugure l'ère nouvelle, après avoir installé son atelier, la ^ecca, près du Campanile du Vatican. Dorénavant, le florin ou ducat ne montre plus que les armes du pape sous une tiare et l'image de saint Pierre debout, entourée d'abord de la légende S- PETRVS- ROMA- CAPVT- MVNDI. puis de S- PETRVS- ALMA- ROMA. et l'inscription adoptée par les sénateurs de Rome disparaît pour toujours. Le carlin figure tantôt le souverain pontife assis de face et bénissant, avec, au revers, les clefs en sautoir; tantôt l'écusson et les deux apôtres debout. Sur le demicarlin, on ne place que les têtes anVontccs des apôtres. Dix de ces carlins ou grossi papali waWieni un ducat.

Ces types ne sont pas tous maintenus par les successeurs d'Eugène :

'Nicolas V (i447-sO- *I^'C ÎI Piccolomini (1458-64).

*Callistc m (i4SS-S«)- *Paul II (1464-71).

LITALIE

Le « pape assis et bénissant», copié sur VAmbrosino de Milan, n'est bientôt plus employé, et sur le demi-gros seulement on voit le buste du pape régnant, non encore son portrait. A l'occasion du jubilé (1450)» Nicolas V fait frapper un triple ducat d'or. Calliste III, sur son carlin et sur un de ses florins, fait représenter saint Pierre dans sa barque; un desy7or/;zs de Paul II figure sainte Véronique tenant le suaire'.

§ III. — Villes et souverains de l'Italie centrale.

Ancône. — Le monnayage dont nous avons parlé p. 795 ne s'arrête qu'à la fin du xiv* siècle. Nous possédons le double sequin d'or, le seguin, les grosso, gî-ossetto, ma^^o grossetto avec Vobole d'argent, et le sesino de billon. La série papale commence par quelques imitations de ces pièces, au nom de Benoît XII (1334-42) et par un joli denier de Boniface IX (1389-1404). MARCHIO % "906

A(nco«ae)est le titre du pape (fig. 1906), Le

type le plus original de Paul II (1464-71), saint Pierre dans sa barque, remonte aux monnaies romaines de Calliste III. Sixte V ferma l'atelier.

Are^^o. — La frappe des pièces municipales au type de saint Donat doit avoir continué jusqu'à la reprise de la ville par les Florentins (1384). Quant à la monnaie épiscopale, nous ne connaissons qu'une pièce d'argent de Gui Tarlati de Pietramala (1312-25).

Ascoli. — Dans l'espace d'un siècle, la ville eut jusqu'à neuf gouvernements différents. André-Matteo d'Acquaviva, duc d'Atri, n'exerça la seigneurie que pendant quelques mois (1395-96), assez pour faire frapper un petit billon, sur lequel on lit son titre de DVX ATRIA- N(ws) et le nom de saint Émygde (EMIDIVS)- De 1406 à 1413, Ascoli obéissait, en vertu d'une bulle papale, au roi Ladislas (REX LADIS autour de LAVS), puis aux comtes de Carrare (1413-26) qui mettaient leur blason personnel, un char à quatre roues, sur leurs monnaies (CO D CARARIA). Obizzo de Carrare fut expulsé par le pape, et nous trouvons des pièces frappées à Ascoli par Martin V (1426-31) et Eugène IV (1431-33, 1445-47). Ce dernier donna le fief à François Sforce; la guivre de Milan apparaît donc pendant quelque temps

I. Voir la suite dans notre Traité de ntim. moderne, t. I, 461.

(1433-45) sur le numéraire. La ville ayant été réunie de nouveau aux états du saint-siège, on y voit des pièces frappées pour Sixte IV (1471- 84) et Alexandre VI (1492-1503), sans compter quelques monnaies papales anonymes, aux seules sigles p« p, Léon X supprima l'atelier en 1518. — Voyez aussi notre Traité de num. moderne, t. I, 465.

CamerinoK — Les premières monnaies d'argent et de cuivre de cette petite république datent de la fin du xn^ siècle. Elles portent la figure en pied ou la tête mitrée de l'évèque saint Ansevin (ANSOVINVS)» parfois le nom seul desaint Venanceetungrand A, qui doit être l'initiale du nom de saint Ansevin. Détruite en 1259 par les troupes de Manfred, la ville se donna aux seigneurs de Varano, dont les armes sont gravées sur quelques pièces d'argent, de facture tout à fait barbare, au I^ du saint Venance debout, tenant une bannière et une petite église. En 1434, Camerino recouvra temporairement sa liberté et reprit, pendant dix ans, la frappe de son ancien numéraire au type ou aux noms seuls des deux saints patrons, mais en y ajoutant l'écusson communal. — Voir la suite dans notre Traité de nwn. moderne, t. I, 460.

Chiusi. — Devenue indépendante (1337-55), la ville a frappé quelques gros au type de saint Silvestre DE CLVSIO.

Fabriano. — Droit monétaire accordé par Pie II (1464) et exercé pendant quelques années seulement. Quattrini représentant une enclume et un marteau (DE FABRIANO).

Faën^a. — Deux seigneurs y ont frappé monnaie : Astorge II Manfredi (1448-68) et Astorge III (1488-1500). L'avers de la pièce d'Astorge II figure un épervier, le revers un saint Pierre à mi-corps; celui d'Astorge III n'a pour type qu'une lancette.

Fano. — Au moment où parut la première monnaie de Fano, la ville appartenait àPandulfeMalatesta (1584-1427), dont le nom (D* PAN- DVLFVS — DOMINVS FANI) se lit sur de petits billons au type de la rose. Plus tard, il y eut des pièces autonomes (1463-72) aux armes de Fano {ii7i râteau) et à la figure de saint Paternien de Bologne. Sur quelques variétés on voit déjà les clefs papales. Le monnayage du saint-siège commence sous Sixte IV (1472-84).

I. Santoni, délia \ecca t délie monete di Camerino. Florence, 1875. — Bull, di niimisviatica e sfragistica (Camerino, 1882), t. I, 20.

~ l' ITALIE 1377

Fermo. — Les monnaies autonomes (1220-1326), en mauvais billon, présentent des types variés. Sur un sesino, la légende marginale S. BAR- TOLOM se termine dans le champ par EVS. selon la coutume italienne; sur un autre, les mots CIVITAS FIRMI entourent un buste.à mi-corps, et la croix du revers a pour légende : S* MARIA* NOSTRA.

L'an 1380, Fermo passa sous la domination du saint-siège, et Boniface IX (1389-1404) fut le premier pape qui y frappa monnaie. Mais bientôt, Louis Migliorati (1405-28) de Sulmona, investi de la seigneurie par son oncle Innocent VIII, mit son propre nom sur quelques gros d'argent. Martin V (1428-31) ne lui donna pas de successeur, et l'atelier de Fermo émit un carlin au nom du pape, avec un grand A dans le champ, terminaison de la légende marginale VR(bs) FIRMAN. En 143 1, François Sforce, duc de Milan, expulsa les troupes du pape et resta maître de la ville jusqu'en 1446. On a toute la série de ses monnaies : gros (bolognïno), denier, demi-gros, piccolo; les types dont il se servit ne subirent pas de changement sous les papes Eugène IV (1446-47) et Sixte IV (1472), qui reprirent possession de Fermo. A la seigneurie de Liverotto Eufreducci (1502-13) appartiennent quelques pièces portant le nom de saint Savin. L'atelier fut supprimé après la mort de Léon X (1513-18).

Ferrare. — En 1332, les frères Rinaldo, Nicolô et Obizzo d'Esté reçurent du souverain pontife, Jean XXII, le vicariat de Ferrare. Après la mort de ses deux frères, Obizzo III (1344-61) commença la frappe de monnaies signées de son nom. Nous possédons une série considérable de pièces émises par ses successeurs :

*Nicol5 II d'Esté, marquis (1361-88). *Borso, duc (1450-71).

♦Albert V (1388-93). 'Hercule I" (1471-1505).

*Nicol6 III (i 393-1441). 'Alfonse I^' (1505-34). *Lionel (1441-50).

Nicolô III était aussi seigneur de Parme et de Reggio (1409). A partir du règne de Lionel, on rencontre une prodigieuse variété de types, sans exemple dans la numismatique du moyen âge. Sur le grossetto, le marquis et saint Maurèle debout tiennent une crosse (I^ buste du Christ, Xps rex venit in pace). Borso, d'abord duc de Modène et de Reggio et comte de Rovigo (1452), puis duc de Ferrare par la volonté du pape, choisit comme coin d'un de ses sequins d'or la Résurrection. Hercule I'^'" recourt à la mythologie grecque, aux exploits de son homonyme, l'Hercule thébain, qu'il représente étreignant le lion ou tuant un taureau, et la même source légendaire lui fournit l'hydre de Lernes. Le portrait du duc figure sur le double seguin d'or, le ieston et le demi-teston. Al-

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