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FLADRES, type créé par Philippe le Hardi; le mot FLADRES est naturellement remplacé par EPS LEDl (fig- «748)-
Plus haut, p. 1117, nous avons vu un billon d'Arnould, frappé à Wessem, dans la seigneurie de Hornes. Les deniers anonymes à la légende PATER NOSTER (fig- '747) peuvent avoir été frappés au
Fig. 1748
commencement du règne, alors que le nouvel évêque ne se considérait encore que comme administrateur du diocèse; mais déjà, sur un des exemplaires, on trouve les lettres EPI.
En 1 590, le fils d'Albert de Bavière, comte de Hainaut et de Hollande, Jean sans Pitié, reçut la mitre de l'évèché de Liège. Son gouvernement fut une époque de troubles et de désastres. En 1406, la bourgeoisie mécontente le força de se retirer à Maestricht et nomma à sa place Thierry de Perwez (1406-8). Alors la guerre éclata. Elle prit fin, le 2] septembre 1408, par la défaite des gens de métier dans les plaines d'Othée. Thierry de Perwez périt dans la mêlée. Pendant son règne éphémère, il n'avait frappé que des deniers noirs au type de l'évêque à mi-corps et à la légende : THEOD • D • G • ELET (sic) • LEOD.
De Jean de Bavière (1 390-1418) nous avons une longue série de monnaies splendides, en or et en argent, mais aucun document écrit ne nous renseigne sur leur valeur ni sur l'époque précise de leur cmis-
Fig. 1749
sion. Il faut se contenter d'une simple énumération. En or, nous trouvons la chaise, Vécu (fig. 1749) deux variétés du florin au saint Jean, un second florin au prince debout et armé (type hollandais), \q griffon et
le demi-griffon. En argent: le double griffon (fig. 1750), le griffon et le demi-griffon, le double gros à l'aigle (imité des pièces d'Albert de Bavière, comte de Hainaut), le botdraeger (imité de celui de Philippe le Hardi), le gros aux deux écus surmontés d'une aigle (copie des monnaies du même prince), le gros à l'e'cu heaume', etc. Pour le billon noir, Jean de Bavière eut deux coins différents: sur l'un, l'écusson de Bavière-Palatinat est placé droit dans le champ (fig. 1751), sur l'autre il s'incline, attaché à une branche d'arbre (fig. 1752). Ce type fut imité par plusieurs seigneurs limbourgeois.
Les circonstances particulières de son avènement expliquent l'ouverture de plusieurs monnaveries temporaires, car, à côté des ateliers réguliers de Liège et de Hasselt, nous voyons ceux de saint Trond (DE SANCTO TRVDONE), d'Herck-la-Ville et d'Eygenbilsen.
Au point de vue des titres du prince-évêque, ces monnaies se divisent en trois catégories. Sur les plus anciennes on lit: lOHS • DE BAVAR* ELEC • LEOD • Z • CO • LOSS ; les plus récentes portent |OHS • DEI •
Fig- "75 î
GRA • EPIS • Z • CO • LO ; enfin, quelques-unes portent simplement : lOHS-DVX-DE- BAVARIA.
On n'a pas la moindre pièce de Jean de Wallenrode (1418-19), évèque dont le règne dura à peine un an.
L'or de Jean de Heinsberg (1419-1455) est d'un métal moins pur que celui de Jean de Bavière, d'où il résulte que la frappe en est moins nette et l'aspect peu séduisant. Cette réserve faite, la série métallique du prélat est encore fort belle et d'une grande variété. On connaît
aujourd'hui six pièces d'or différentes : lesjlorïfis au saint Lambert et au saint Pierre, le griffon, la chaise, l'ange et le demi-ange.
Même abondance de types dans la série d'argent, où l'on trouve le griffon et le demi-griffon, le cromsteert copié de ceux de Jean sans Peur et de Philippe le Bon, le double gros et le gros à l'écu heaume, la plaque aux armes en plein champ, le gros au saint Pierre assis avec l'écu des Heinsberg à ses pieds, etc. Les billons de Jean demandent aussi à être cités, parce que les petits feudataires les ont souvent imités. Ils ont pour types tantôt le perron liégeois, accosté parfois de deux écussons, tantôt le buste de saint Lambert, patron du diocèse, ou l'écu aux sept quartiers de l'évêque, sinon ses armes disposées dans le champ.
Heinsberg avait ses ateliers à Liège, à Hasselt,à Curangeetà Saint- Pierre. Un billon au perron porte le nom de l'atelier d'Argenteau (MONETA NOVA DE ARKEN). mais il est difficile de dire s'il s'agit d'une pièce épiscopale ou d'une imitation due au seigneur local.
Sur les plaques de l'évêque, nous voyons apparaître la première indication, à Liège, d'un millésime : anno domini millesi(m)o CCCCXXXVII.
Louis de Bourbon (1455-1482) fut chassé trois fois de son siège par ses sujets révoltés; trois fois, Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, intervint pour le rétablir. Dans la dernière guerre, la ville de Liège fut presque entièrement détruite.
Les monnaies de Louis de Bourbon, dont quelques-unes, les plus anciennes, portent le titre d'electus, sont assez variées. En or, nous avons un florin à la Vierge, un florin au saint Lambert, une pièce sur laquelle l'écu de Bourbon est tenu par un lion accroupi, enfin une quatrième, sur laquelle l'écu de Bourbon, penché sous un heaume lambrequiné, a deux lions debout pour supports (fig. 1753). Les mon-
naies d'argent reproduisent souvent les types de Charles le Téméraire; ce sont des doubles briquets, des briquets simples et des demibriquets ', il y a aussi Xa. plaque et ses subdivisions, où les trois lis
de Bourbon, brisés d'une barre, simulent assez bien le coin du grand blanc frappé à Tournai par le roi Charles VII. Le même prélat contrefait le guenar de Charles VI et le double tournois de Louis XL Son atelier le plus actif est celui de Hasselt; mais quelques monnaies noires portent l'indication: MONETA : FCA : IN: CVRINGEN (Curange).
Liège incendiée commençait à se relever de ses ruines, lorsqu'un événement imprévu vint, de nouveau, jeter le trouble dans le pays. Guillaume de la Marck (1482-84), le Sanglier des Ardennes, envahit subitement, à la tête d'une bande armée, le territoire de la principauté, défit le prélat et le tua dès la première rencontre, puis entra, vainqueur, à Liège.
Le Sanglier prit le titre de mambour (1482) et, en cette qualité, frappa des monnaies d'un type tout nouveau. Ce sont les gros et demi-gros appelés testons, improprement, car le mot teston évoque l'idée d'une pièce à flan épais. La légende est: WILHEL- D • MARH • MAB- LEOD. Le terrible mambour y figure en buste, tourné à droite, les cheveux et la barbe longs, coiffé d'une toque.
Pendant que Guillaume occupait Liège, une partie des chanoines de Saint-Lambert, réfugiés à Louvain, firent choix d'un nouvel évêque, même de deux, car les voix se portèrent à la fois sur Jean de Hornes et Jacques de Croy. Bientôt, le mambour plaça son fils Jean sur le siège épiscopal. Jean de la Marck (1482-1484) ne prend sur ses monnaies que le titre de postulant du siège : lOHS • DEI • GRA • POSTVLAT'- LEODIE(fig- 1754). Pour ses pièces d'argent, dont l'une est appelée dans
Fig. 1754
les textes denier du fils de messire Guillaume^ il conserve le type du double briquet et de ses subdivisions. Ses billons portent l'écusson des de la Marck, entouré de deux perrons et de deux L-
Après que l'évêque Jean de la Marck eut été cassé par le pape et que Jacques de Croy eut abandonné ses prétentions, Jean de Hornes (1483-i^oj) devint le titulaire légitime, mais les frères de l'ancien mambour, Robert et Everard de la Marck (1488-89), continuèrent à lui disputer le pouvoir. Ce dernier prit le titre de protecteur:
EVERARD- D- MARK- PROT- LEOD. H émit un florin d'or au saint Hubert, des demi-briquets, patards, etc., en cette qualité.
Les monnaies de Jean de Hornes sont frappées à Liège, à Hasselt et à Saint-Trond. Des florins d'or au saint Jean et au saint Lambert, d'un métal très altéré, portent son nom. En argent, nous retrouvons le briquet et le double briquet, le gros et le demi-gros à l'écu de Hornes, d'autres pièces où figure un écu penché sous un heaume. Jean de Hornes s'intitule d'abord lOHS-ELE-COF-MAT (conflrmatus) •LEODIEN. puis EPS-LEOD-DVX-BVL-COM-LOS.
Les désastres de son règne furent réparés par le gouvernement paisible d'Erard de la Marck(i 506-1 J38), fils de Robert et neveudu mambour Guillaume. Ce prince, ERARD • DE • MARC- CARDINA • Z • EPS • LEO. fit frapper des florins d'or et même des doubles florins à l'écu, sans compter les florins au saint Lambert debout, analogues à ceux de Jean, et d'autres florins où saint Lambert est assis sur un trône, les pieds posés sur l'écusson des de la Marck, enfin des florins au saint Hubert.
Le monnayage de l'argent s'achemine insensiblement vers l'époque moderne. Si le thaler ne fait son apparition à Liège que sous Georges d'Autriche (1544-15 57), dès le temps d'Erard on frappe, à côté des pièces de flan mince, une pièce de large module et de flan plus épais, appelée snaphan et sur laquelle saint Hubert chevauche vers la droite en soufflant dans un cor de chasse. C'est aussi sous Erard que se montre le premier millésime en chiff'res arabes, 15 10. Les lettres gothiques vont bientôt disparaître sous Corneille de Berghes (1538-1544).
§ XLV. — Duché de Bouillon.
Le duché de Bouillon, après avoir fait partie de la Basse-Lorraine, fut vendu à l'évêque de Liège par Godefroi de Bouillon partant pour la croisade (1096). Mais le pays ne fut jamais incorporé dans le territoire de Liège. L'évêque Jean d'Arkel (1 364-72) est le premier qui place les mots lOH' DUX BVLLONEf^^j sur son double mouton d'or (p. 1129); à partir de Jean de Heinsberg (1419-5$), ce titre se lit souvent sur les monnaies liégeoises, et Jean de Hornes (1483-1 505) y ajoute les armes du duché.