Grote, Mânistudîen, t. V
2, Grote, M unis Indien, t. V, 117,
§ IX. — Comté de la Mark'.
Le type de la « fasce échiquetée » de Mark, dont nous avons parlé p. 660, se maintient sous EngelbertIII (i 347-91) etThierrydeDinslaken (i 568-1406), à côté d'autres types plus anciens, et l'on ne trouve de nouveau, sous ce dernier, qu'une grande étoile dans le champ, cernée d'une bordure gothique. Les ateliers sont Hattingen, Iserlohn, Unna, Dinslaken. Des deux frères de Thierry, Adolphe IV (i 598-1422; nommé duc de Clèves en 1417) et Gérard (1422-61), l'un a frappé un heller au casque couronné et plusieurs pfennings (ateliers: Hattingen, Orsoy, Schwerte) qui portent sur chaque face un écusson. Gérard, dont les officines monétaires étaient à Horde et à Brekerfelde, choisit comme type l'écu parti de Clèves-Mark et emploie le verset biblique : pax domini sît nobis et maneat semper. Du monnayage de Jean II (1481-1 521) on possède un gros au type du prince debout, copié sur le gros de Dortmund de l'empereur Maximilien.
§ X. — Comtés de Mœrs (Meurs) et Saarwerden.
Le fief de Mœrs relevait des comtes de Clèves. Un gros tournois anonyme, de style français, à la légende MOETA COÏT. D. MRI, doit remontera l'époque de Thierry IV (i 556-72). Avant 1365, le comte Jean, dans son atelier de GangeIt (engagé en 1 365 au comte de Looz), fit frapper un gros au type du prince debout, pièce dont l'inscription est en langue vulgaire: HER lOHAN: VAN MOERSCHE. Frédéric III (1 572-1417) obtint en 1 575 la licence de monnayer l'or, et nous avons son florin au saint Jean, sur lequel il prend le titre de C(omes) D. MVIRS Z. SVD'S {Saarverdensis). Le revers de cette monnaie porte cinq écussons dans un quadrilobe, comme les florins de l'alliance rhénane. Le gros tournois offre la légende VRIDERICVS MORSEN; le raderalbus, qualifié de moneta nova, donne la figure de saint André assis sous un dais gothique; de même, le gros, avec ses fractions, frappé pour la seigneurie de Fauquemont (VALKB-, p. 1115); ïesterlin, de l'officine de GangeIt (cédée au Brabant en 1383) porte l'image de saint Pierre.
I. Leitzmann, iVMW. Zeilung, 1855, p. 95. — 'Dxnntnb&r^, Zeitschrift J. Num,, t. XX, 10.
Le fils de Frédéric III, Walram de Meurs (1417-56), a frappe monnaie dans sa seigneurie de Baer en Gueldre (p. 1 147).
On trouvera les derniers produits du monnayage de Moers dans notre Traité de Numismatique moderne, t. I, 242.
5 XI. — Comté de Hohenlimburg (Limbourg-sur-la-Lenne) ' .
Ce fief, très important, était presque enclavé dans le comté de la Mark. Ses armes furent d'abord une rose, plus tard un lion couronné; ses monnaies se divisent en pièces à types régionaux, destinées à la circulation locale, et en pièces à types étrangers, pour l'exportation.
On attribue à Thierry III (1297-1 348) un /or/n rf'or au lis (DEDRI- C: COMES) et un gros tournois avec DIDERICVS COMS; ses billons sont imités des monnaies au grand L de Louis de Crécy et Louis de Mâle. A Thierry IV, on donne les mêmes pièces au grand L; ThierryV (1 372-97) n'a frappé que des deniers d'argent fin, représentant son buste à mi-corps et, au revers, une rose. Le prince y est couronné de roses et tient l'épée et un bouquet de roses.
A la mort de Thierry, Hohenlimburg et la seigneurie de Bruch sont partagés entre ses fils, Guillaume I" et Thierry VL G u il I a u m e I" ( 1 3 97- 1449) continue la frappe des deniers au type employé par son père, et leur exécution est souvent d'une finesse remarquable. L'obole porte un écu penché sous un casque. Comme forte monnaie, le comte fait battre des gros à l'écu, imités de ceux de Juliers, et des gros au lion sur le modèle de ceux de Luxembourg. On a aussi un blanc ressemblant à ceux de Hambourg. Les monnaies de Thierry VI (i397-'4)9)» frappées à Bruch et au monastère de Rellinghausen, sont des copies serviles de celles de Juliers. Enfin, du comte Henri (1478-85), on possède des deniers à la rose (fig. 1830) et des raderalbus copiés sur ceux des comtes palatins de Bavière. Pour le second fils de Thierry VI, Henri (14^,9-43), l'atelier de Bruch continue l'émission de ces mêmes raderalbus (fig. 1851) et frappe des bractéates à quatre écussons disposés en croix. Le frère aîné, Guillaume II (1446-7^ n'a produit que des raderalbus au saint Pierre, également fabriqués à Bruch. Après sa mort, son fils Jean II (1475-1508) prit la succession sous la
I. Krjue belge, 1896 et 1897 (comte de Limburg-Stirum). — Blàtter fur Miln^ fieitiide, 1903, p. 2917 (Buchcnau).
l'empire D ALLEMAGNE
tutèle de son oncle, Henri deLimbourg, dont \qs plaques à l'aigle, imitées de celles de Groningue, portent les dates: ANNO: DOMINI 14?? et 1474. Le millésime 1488 se lit sur deux pièces anonymes (fig. 1852)
Fig. 1851
Fig. 1832
qui rappellent le double briquet et le demi-briquet des Pays-Bas, et qu'on rattache, avec beaucoup de vraisemblance, à la minorité de Jean.
§XIL
Evéché de Munster
Le blason de famille apparaît pour la première fois sur les monnaies de Jeande Virnebourg (1563-64) et de Florent de Wevelinghofen (i 564-79), d'abord sur la poitrine de l'évèque, ensuite seul dans le champ, derrière une crosse en pal. Ces types nouveaux se maintiennent sous Pothode Pothenstein(i 379-81), Heidenreich deLudinghausen (1 581-92), Otton IV de Hoya (i 592-1424). Il n'y a de changement sérieux que sous l'ëpiscopat d'Henri II de Meurs (1424-50), qui était en même temps évêque d'Osnabruck (1442). Son schilling et son demischilling portent le buste de saint Paul sous un tabernacle; au revers de son tiers de schilling on voit son écusson penché sous un heaume à tète de loup. Toutes ces pièces sont de la plus grande rareté. Jean de Hoya (1450-57) n'était pas évêque; ayant pris le gouvernement au nom de son frère Éric, non reconnu par le pape, il ne s'appelle sur ses monnaies que lOHS COMES DE HOIA et choisit pour type un sujet laïc: le prince debout, cuirassé, tenant l'épée et l'écusson. Le premier y7o/'/"« d'or est frappé par J ean III de Sim mern (1457-66). Il porte le buste de saint Paul, et les mots S. PAVLVS APOSTOLVS y remplacent le nom de l'évèque. Le raderalbus du même prélat est une imitation pure et simple des monnaies rhénar^es contemporaines; ses autres pièces (schilling, tiers, quart et bractée) forment déjà une série complète, où le
I. Grote, Mm:^stitdieu, t. I, 255. — Nicsert, Beitnv^e ■:^iir Mûu^mude des chemali^cn Hocbstifts Mïmster (Cocikld, 1838-41), 3 vol. in-i8.
127^ dUATRlÈME PARTIE
buste du saint et les armoiries, tantôt de Munster seul, tantôt de l'évêque (Munster, Palatinat et Bavière) jouent le rôle principal.
Henri III, comte de Schwarzbourg (1466-96), depuis 1465 archevêque de Brème, fut le successeur de Jean et signa, en 1489, une convention monétaire avec Cologne, Osnabruck, Clèves et Dortmund pour la frappe d'une monnaie identique de forme et de titre {schilling, demi, tiers et quart). L'écu penché sous le heaume et les trois écussons disposés en trèfle sont ses types favoris. Sur \t florin d'or, une h gothique, placée au milieu des trois écussons (Schwarzbourg, Brème et Munster) indique le nom de l'évêque', tandis que les pièces d'argent, où le nom est écrit en toutes lettres, mettent à la même place une jp gothique. Les monnaies d'Henri III comptent aussi parmi les raretés.
Conrad II de Rietberg (1497-1 508), depuis 1482 évêque d'Osnabruck, frappe nn florin d'or au buste de saint Pierre, sur le modèle des pièces rhénanes, et crée une espèce nouvelle, le demi-florin d'or. Nous avons classé à l'époque moderne (p. 210) le successeur de Conrad, Éric I^"", duc de Saxe-Lauenbourg (1508-22), parce qu'il a frappé un quart de thaler représentant saint Paul à cheval au moment de sa conversion, et portant la légende Saule Saule quid me persequeris; mais en dehors de cette monnaie, toute sa série appartient au moyen âge, et l'écriture gothique s'emploie à Munster jusqu'en 1539.
^ XIII. — Seigneurie de Ludinghausen '.
Le fief relevait de l'abbé de Werden. Hermann de Ludinghausen, cité dans une charte de 1565, a frappé un esterlin, copié sur celui de Frédéric de Saarwerden (1 370-1414) et portant même le blason de cet archevêque de Cologne. La pièce représente saint Pierre à micorps et, au revers, une croix longue à douze billettes. Légendes : DO- MINVS: HERMANNVS — MONETA: IN LVDINCHVS.
§ XIV. — Évéché d'OsnabruckK
La fabrication des petits deniers el oboles, à Osnabruck et à Wiedenbruck, continue sous Thierry de H orne (1 377-1402), dont les pièces
1. Excepté sur \c florin publié par Buchenau, Blâtter fur Mûn^reundi, 1901, p. 231.