ChâUnoi. Même type; au revers : chastenoi (fig. ion
Pendant la seconde période, qui commence dans les dernières années du xiii^ siècle, Ferry III émet, à côté des deniers, une monnaie plus forte, le double denier. Cette innovation concorde avec une centralisation complète du monnayage dans l'atelier de Nancy et un perfectionnement de l'outillage. Les deniers conservent quelque peu l'ancien rebord, mais leur frappe est plus soignée ; les doubles deniers ont le flan parfaitement ajusté aux dimensions des coins. Depuis l'introduction de la réforme de Ferry III jusqu'à sa mort, il y eut quatre émissions diverses, dont voici les types :
1 . Doubles deniers portant à l'avers un écu de Lorraine placé dans une étoile à six pointes; les lettres du mot ferric occupent les angles extérieurs. Au revers : dvx LOTOREGIE avec Une croix fleuronnéeet à triples bandes coupant la légende (fig. 1012). Les deniers ont le même avers, mais au revers, le type simplifié se compose d'une croix pattée à triples bandes, cantonnée d'un alérion et du mot Dvx.
2. Doubles deniers portant à l'avers le même écu dans la même étoile, mais avec F 'DVX* LOTORENGiE en légende circulaire. Le revers aune épée en pal accostée de deux alérions et moneta de nancei. Sur les deniers, l'avers reproduit celui de l'émission précédente.
Fig. 1012
3. Doi^W^^î if^'niVr;. Même légende. Cavalier tenant une lance munie de son fanion. Au revers, le type de l'épée entre deux alérions est conservé (fig. loi 3). Sur les deniers, les légendes sont simplifiées en F • dvx et nancei.
4. On ne connaît pas de doubles deniers appartenant à l'émission qui semble la dernière du règne de Ferry IIL Les deniers portent F -dvx, le duc en pied tenant une épée et se couvrant de son écu ; au revers, kancei et une épée en pal.
Les premières émissions de Thibaut II (1303-13 12) comprennent les mêmes espèces que les dernières de son père. Les doubles deniers reproduisent complètement le type du cavalier qui caractérise la troisième émission de Ferry III ; les deniers et les oboles portent le duc en pied et l'épée en pal. L'atelier de Nancy est seul en activité pendant ce règne.
A une époque qu'A est difficile de déterminer exactement, Thibaut II introduisit dans ses états la réforme de saint Louis et frappi des gros tournois au type de France. Nous arrêterons donc ici l'examen du monnayage lorrain pour le reprendre dans la quatrième partie de notre livre.
1) Comté de Vaudèmont ' .
Le comté de Vaudèmont, entre Toul et Nar y, fut démembré du duché de Lorraine vers 1070, en faveur de Gérard, second filstle Gérard d'Alsace. Voici la chronologie, parfois très incertaine, de ses successeurs :
Hugues I
ii20?-ii65 ?
Hélisende de Vergy, veuve, tutrice
?*Gérard II
d'Henri III, 1299-1301.
Hugues II
1190-1235 ou 1236.
* Gaucher de Châtillon, 2e mari d'Héli-
Hugues III
1235 ou 1236-1246?
sende, tuteur, 1301-1305.
* Henri I
* Henri III 1305-1339.
* Henri II
Henri IV 1339-1346.
Il n'est pas possible de préciser l'époque à laquelle les comtes de Vaudèmont commencèrent à exercer les droits monétaires. 'M. J. Laurent a proposé, tout en la considérant comme douteuse, l'attribution à Gérard II de deux deniers énigmatiques appartenant à la trouvaille de Diarville, mais on n'a découvert aucun exemplaire lisible de ces pièces confirmant cette conjecture.
Les plus anciens deniers qu'on puisse incontestablement attribuer au comtéde Vaudèmont appartiennentà l'époque d'Henri I et d'Henri II; leur type, copié des monnaies frappées à Neufchâteau par Ferry III, duc de Lorraine, se compose du cavalier armé et de la croix pattée entourée delà légende, + HENRIC • COM. HENRIC: COM : V. ou HENRICVS CO V. Quelques-unes de ces pièces ont été attribuées à tort, par des numismates belges, au duché de Luxembourg.
Gaucher de Châtillon frappa, comme tuteur de son beau-fils Henri III, des doubles deniers au cavalier et des deniers au guerrier debout, également copiés des pièces de Ferry III; les légendes de ces monnaies sont : G • DE CHASTLON — MON WEDEMOTIS et GALCH ou GAVCH — M.VEDEM. Henri III, devenu majeur en 1305, continua le monnayage ; ses deniers et oboles conservent le type du guerrier debout avec ces légendes, 4-b-C-V — hMONCAl, moneta Castelli. L'atelier ainsi indiqué est Châtel-sur-Moselle, localité où Henri III, de concert avec sa femme Isabelle de Lorraine, établit une commune par une charte datée de 1317.
I. J. Laurent, Monnaies lorraines, dans la Revue numism., 1867, p. 27 et suiv.
l' ALLEMAGNE 56 1
m). Seigneurie de Neuf château.
En 1281, Thibaut, fils aîné de Ferry III, duc de Lorraine, épousa Isabelle de Rumigny ; il reçut en dot les seigneuries de Châtenoy, de Frouard et de Neufchâteau. Cette dernière n'était pas située en terre d'empire ; elle formait un fief du comté de Champagne ; en conséquence Thibaut dut prêter hommage au roi de France Philippe le Bel. En juin 1300, le seigneur de Neufchâteau obtint de son suzerain le droit d'y frapper monnaie, mais sous la condition expresse que cette monnaie ne pourrait avoir cours en France. Nous n'avons pas cru devoir séparer l'histoire monétaire de Neufchâteau de celle de la Lorraine.
Thibaut copia dans son atelier les espèces de son père ; nous avons de lui des doubles deniers^ à l'écu de Lorraine brisé d'un lambel, placé dans une étoile à six pointes. Les légendes sontTHEOB — LOTHORENGIE. En 1303, le seigneur de Neufchâteau devint duc de Lorraine sous le nom de Thibaut II .
B. — Pays-Bas.
a). Ateliers impériaux 2.
Les ateliers des Pays-Bas dont il existe des monnaies royales ou impériales sont assez nombreux; mais, livrés aux mains des vassaux, tous produisirent successivement des deniers féodaux autonomes. Après Henri III, il n'y eut plus dans toute la région qu'une seule ville, Maestricht, où les empereurs eussent conservé, sur un territoire faisant partie de leur domaine direct, un étabHssement monétaire qui 'leur fût propre; encore en laissèrent-ils la gérance au chapitre. Le tableau suivant donnera une idée d'ensemble du monnayage impérial tel qu'on peut aujourd'hui le reconstituer ; on ne connaît pas de deniers signés p,ar Henri l'Oiseleur.
Otton I, 936-973. — Huy, Cambrai.
Otton II, 973-983. — Maestricht.
Otton III. 98J-1002. — Dînant, Liège, Huy, Visé, Bruxelles, Maestricht.
Henri II, 1002-1024. — Dinant, Liège, Iluy, Thuin, Anvers, Namur, Maestricht.
1. Cf. F. Mazerolle, Numismatique lorraine, dans la Rcv. belge de numism., 1888, p. 276 et suiv.
2. Ch. Piot, Recherches sur les ateliers monétaires... des empereurs d'Allemagne en Belgique, dans la Rev. belge de numism., 1848, p. 322, et 1850, p. 366. — L. De Coster, Trouvaille de monnaies du xi^ siècle (à Maestricht), dans le même recueil, 1856, p. 398 et suiv.