‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 5)Chapitre 28 sur 85 · I. Pertz, Monumenta Germaniae, t. II · texte numérisé non relu

I. Pertz, Monumenta Germaniae, t. II

convention conclue en 1282 par Rodolphe et l'archevêque de Cologne^ dont nous parlons un peu plus loin.

Adolphe (1292-98) remplaça l'épée par le sceptre et mit au revers des deniers non plus un édifice de fantaisie, mais une reproduction très exacte de l'égHse d'Aix-la-Chapelle. Ce type fut conservé sous Albert I (1298-1308) et sous Henri VII (1309-32), sans autre changement que le nom du souverain (fig. 1084). Nous parlerons dans notre quatrième partie des monnaies de Louis IV de Bavière qui, rompant définitivement avec la tradition, frappa à Aix-la-Chapelle des ester lins et leurs multiples au type d'Angleterre.

Fig. 1084

Fig. 108)

Boppard. — En 1282, le roi Rodolphe de Habsbourg et Sigefroid, archevêque de Cologne, conclurent à Boppard une convention monétaire. Le roi, dans les lieux laissés à son choix, et l'archevêque de Cologne, à Cologne, allaient dorénavant frapper sur le même pied et à raison de 1 3 sous 4 deniers au marc : « ... Quod et nos in loco nobis placito sub ymaginario régie maiestatis, et idem archiepiscopus in civitate coloniensi sub expressione sue ymaginis, in eisdem tamen et equalibus forma, albedine, puritate argenti et ponderis qualitate novam cudi seufieri monetam, de qualibet marca argenti ij sol. et 4 dcn. in pondère. »

Rodolphe installa un de ses ateliers à Boppard même et y forgea les deniers à léo au marc stipulés dans la convention. Leur type (fig. 1085) se compose à l'avers de l'empereur assis de face et tenant l'épée et le globe, au revers d'un édifice à trois arcades surmontées de trois tours. Les légendes sont : RVDCLP' REX — CIVITAS BOBARDENSIS. Ce monnayage fut continué sous Adolphe (1292-98) avec des coins ayant subi d'insensibles modifications.

En 13 14, Louis de Bavière engagea Boppard aux archevêques de Trêves et cette terre leur resta. On trouve encore après cette date quelques stipulations en monnaie de Boppard, notamment en 1323 : xxiij marcae boppardiensis monete valent in Confluentia xxxxiv marcas vi schilling, duos denarios pro tribus computando.

b). Duché de Haute-Lorraine ou de Moseîîane.

En 959, Frédéric I, comte de Bar, fut établi duc bénéficiaire de Haute-Lorraine, par Tarchiduc Brunon. Il mourut en 984. Après lui, la dignité ducale passa aux personnages suivants :

* Thierry, son fils, 984-1028.

Frédéric II, 1028-3^.

*Gothelon I, duc de Basse-Lorraine, 1033-44. *Godefroid II, 1044-45.

Albert d'Alsace, 1047-48.

Nous répéterons ici ce que nous disons des ducs de Basse-Lorraine ; nous ne croyons pas que les personnages investis par les empereurs des fonctions ducales en Lotharingie aient exercé à ce titre le droit de battre monnaie. Les pièces qui portent les noms des ducs de Mosellane ont été émises dans des localités dont ces princes étaient avoués ou seigneurs directs. Nous avons parlé, p. 549 et 550, des deniers que Thierry I (984-1028) signa comme avoué de Saint-Dié et de Remiremont. Ce fut sans doute dans des circonstances analogues que sa signature parut sur les monnaies d'Andernach et sur celles d'une localité indéterminée, peut-être Igel près de Trêves, appelée EU civitas par les inscriptions. Andernach était situé dans le ressort du duché de Basse-Lorraine. Ses monnayeurs employèrent, pour les deniers de Thierry I cinq coins principaux qui se mêlent en combinaisons variées : deux bustes en regard séparés par une longue croix, le mot ANDERNAKA écrit sur les bras d'une grande croix coupant le champ Fig. 1086

(fig. 1086), le même mot disposé en deux lignes horizontales, une tête, parfois couronnée, de profil à gauche, enfin un édifice en forme d'enceinte circulaire. Les deniers de l'atelier de EU reproduisent à l'avers la tête de profil; au revers, les bras d'une grande croix portent EIL CIV SIGIBOD, sans doute le nom d'un monétaire^

Nous avons parlé, p. 554, des monnaies que Gothelon I et Godefroid II frappèrent comme comtes de. Verdun.

I. Un di'iiicr au nom du duc Thicrrv I porte au revers le type de Cologne. M. Dannenberg se basant sur des arguments assez, fragiles, le classe à Andernach au lieu de le laisser à Cologne même. Il y aurait lieu d'examiner si Thierry I de Mosellane ne fut pas avoué de Cologne, auquel cas il serait tout naturel de trouver son nom sur les monnaies frappées dans les deux ateliers du temporel, Cologne et Andernach. L'histoire et la numismatique de cette époque présentent des obscurités que la science allemande n'a pas eiKore dissipées.

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c) Archevêché de Cologne i .

Le premier archevêque de Cologne, dont nous ayons des monnaies signées, est Bru non I (953-65). Ses deniers portent le type ordinaire de Cologne entouré de BRVNO ARCHIEPS. ou simplement BRVNO ARCHEPS en deux lignes (fig. 1087). Le côté de la croix a toujours le nom d'Otton I suivi du titre impérial, ce qui reporte l'émission des pièces aux années 962 à 965, date de la mort de l'archevêque. On ne connaît aucune monnaie des cinq successeurs immédiats de Brunon I et il est peu probable qu'il s'en retrouve jamais. Les numismates allemands sont d'accord pour admettre que la signature des deniers colonais fut accordée à titre personnel par Otton I à son frère Brunon pour reconnaître les services exceptionnels qu'il avait rendus à l'empire comme archiduc et pacificateur de la Lotharingie.

Fig. 1088

A partir de Piligrim (1021-36) le monnayage signé des archevêques de Cologne recommence et présente une série très complète. Les deniers connus pour cet archevêque sont frappés dans les deux ateliers de Cologne et d'Andernach. Tous portent le nom de Conrad le Salique, parfois sans titre, mais généralement accompagné de celui d'empereur, ce qui place leur émission après 1027. A Cologne, les types sont variés; on peut les ramener à quatre groupes :

1° Croix cantonnée de quatre globules. Rev. : sancta colonia. Temple à deux colonnes et à fronton cintré; entre les deux colonnes est écrit en deux lignes : pili-grim. Sur quelques-uns le nom de l'archevêque est mis en légende, tandis que le temple porte

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