‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 5)Chapitre 29 sur 85 · COLO-NIA · texte numérisé non relu

COLO-NIA

2^ Buste diadème et barbu à droite. Rev. : Même temple avec pili-grim.

30 Croix cantonnée de pi-li-gr-im. Rev. : Temple, de forme carolingienne, à cinq colonnes (fig. 1088).

40 piligrim écrit en croix dans le champ ; dans chaque canton, un croissant. Rev.: Même temple.

I. H. Cappc, Beschreibung lier colmschcn Mûnien des MU telalters. Dresde, 1855, in-8. — \i. Kruse, Kôlnischc Geldgeschichte bis 1386 dans la fVcstdeutschc Zeitschrift fiir Geschichte und Kiinst. Ergdniungsheft IV, 1888. — Nous ne parlons pas dans ce paragraphe des monnaies frappées par les archevêques de Cologne dans le duché de Westphalie ; elles seront l'objet d'un examen spécial.

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Dans Tatelier d'Andernach, les émissions de Piligrim succèdent à celles au nom de Thierry I, duc de Mosellane. Une face des pièces est uniformément occupée par un temple au centre duquel le graveur a mis, suivant son caprice, une croix, un x, un portail cintré, un nœud à trois boucles ou une tête. L'autre face reproduit, avec le nom de l'archevêque, un des dispositifs que nous avons signalés dans les deux derniers groupes de l'atelier de Cologne. Les légendes sont fréquemment altérées.

En 1036, Hermannll, fils d'Ézon, comte palatin, parvint à l'archevêché. Ses plus anciens deniers conservent le nom de l'empereur Conrad II; leur type se compose de la croix cantonnée de globules et du temple chargé de COLO-NIA. A une époque qui concorde sans doute avec la mort de Conrad II, Hermann affranchit ses espèces du contreseing impérial qu'il remplace par CRISTIANA RELIGIO. Le type

Fig. 1089

Fig. 1090

reste d'abord le temple pentastyle, puis le titre ARC-EPS en deux lignes occupe le centre de l'avers; enfin, poussant jusqu'au bout la conquête de l'autonomie, l'archevêque place sur ses deniers son effigie et un édifice. Cet édifice, une église à deux tours latérales, entourée d'une enceinte, résume évidemment, dans la pensée du graveur, la ville de Cologne, COLONIAVRBS (fig. 1089).

Annon (1056-75) était le conseiller d'Henri III auquel il dut son élection. L^empereur mourut la même année après avoir chargé l'archevêque de l'éducation d'Henri IV. Vers 1065, Annon fut supplanté dans l'esprit du jeune prince par Adalbert, archevêque de Brème. Les types monétaires reflètent exactement les rapports de l'archevêque de Cologne avec ses souverains. Au début de son gouvernement, Annon renonce à l'autonomie conquise par son prédécesseur et soumet de nouveau les deniers à la signature impériale ; on en revient au temple pentastyle ou au temple distyle avec AGRIP-PINA. Pendant les premiers temps du règne d'Henri IV, les mêmes empreintes sont reproduites, mais lorsqu'une disgrâce injuste eut afi'ranchi Annon de tout devoir de reconnaissance envers son ingrat élève, le monnayage de Cologne reprend son individuahté et le nom d'Henri IV disparaît désormais. Cette dernière période ne nous donne pas moins de six types diflércnts :

a). SANCTA [c]oLONiA. Croix annelée cantonnée de a-n-n s. Rev. : sca-col— |-ag en trois lignes dans le champ. Curieux retour vers un ancien type.

b). SCT PETRVS ATES, peut être pour apostolus? Tète de face, avec tonsure, accostée de deux annelets. Rev. : sancta colonia.^ Croix annelée cantonnée de a-n-n-o.

c). ANNO ARCHIEPS. Buste de face, avec crosse. Rev. : colonia vrbs. Edifice à deux tours avec enceinte circulaire. C'est la reproduction pure et simple du type autonome d'Hermann II.

d). Même type. Rev. : sancta colonia. Eglise à deux tours avec portail pentastyle.

e). ANNO ARCHIEPS. Buste de face, avec crosse et croix. Rev. : imago s colonie. Eglise à trois tours, dans une enceinte circulaire ; parfois It mot petr est écrit dans l'espace compris entre l'édifice et le mur d'enceinte (fig. 1090).

f). ANNO archiepc. Buste de face avec crosse et livre. Rev. : imago s colonie. Buste de face, nimbé, de saint Pierre, sous un portail au-dessus duquel est écrit PETRVS. Ce reproduit sous les deux premiers successeurs d'Aunon fut également copié par Adolphe III, comte de Berg.

Les monnaies d'Hiltolf (1076-79), frappées à Cologne, ne donnent pas lieu à de grandes observations ; leurs types, au nombre de deux, reproduisent ceux que nous avons indiqués sous les lettres cet/ au règne d'Annon ; la seule différence sensible consiste dans le buste de l'archevêque,'parfois placé de profil. La trouvaille de Maestricht de 1856 a fait connaître quelques deniers de petit module, certainement frappés sur les bords de la Meuse et portant le nom d'Hiltolf, HIO ARCHIEPS ou HIT A6H. Le revers représente une tête de face ou deux têtes en regard séparées par une épée, sous un édifice à trois tours d'un dessin

Fig. 1091

■ig. 1092

rudimentaire; la légende COLONIA CIVIS ne nous renseigne pas sur le lieu d'émission (fig. 109 1). M. Dannenberg attribue ces curieuses pièces à l'abbaye de Malmédy, mais cette opinion, récemment combattue par M. de Chestret, contrarie trop les données de l'histoire locale pour pouvoir être admise. En ce qui nous concerne, nous estimons que les deniers à^YiWioM àç: la trouvaille de Maestricht ont été frappés à Wessem, localité du Limbourg hollandais actuel, où l'abbaye de Saint-Pantaléon de Cologne exerçait, assurément sous le contrôle des archevêques, le droit monétaire au w^ siècle ^

I. L'atelier de \Vessem est connu p.ir une charte de 11 iS dans laquelle Otbcrt, évoque de Liège, déclare retirer l'interdiction dont il avait frappé les monnaies frappées dans cette localité. Ce précieux document a été publié sans commentaires, dans la A'a7/6'

L ALLEiMAGNE éoj

Sous Sigewin (1079-89), Tatelier de Cologne fut beaucoup plus actif que sous son prédécesseur. M. Dannenberg constate cinq variétés principales, mais ce sont presque toujours les dispositifs popularisés sous le règne d'Annon qui en font les frais. Notons toutefois une innovation en ce qui concerne le buste placé parfois au-dessus de deux lignes horizontales qui forment le grénetis dans lequel est écrit le mot PIVS (fig. 1092). Un denier à ce type porte au revers, par une singulière réminiscence des temps carolingiens, une croix pattée et la légende 4- HIV- DOVVICVS IMP qui n'a aucune raison d'être d'actualité.

Hermann III de Nordheim (1089-99) monnaya à Cologne et à Xanten. Dans l'atelier de la métropole, les types restent dans la donnée générale de ceux d'Annon, mais parfois une main ouverte prend place au centre de l'édifice du revers. A Xanten, la tête d'Hermann, précédée d'une crosse, est toujours tournée de profil à droite ; au revers, la légende SCA TROIA entoure un temple pentastyle de forme carolingienne.

Sous Frédéric I de Frioul (1099-1131), le besoin des relations commerciales avec la Saxe fit émettre, à côté des deniers colonais traditionnels au buste de face et à l'édifice, des pièces copiées de celles de Goslar. L'efiigie de Frédéric I y occupe l'avers, tandis qu'au revers, deux images de saints, saint Jean et saint Paul, simulent les saints Simon et Jude des prototypes. C'est sous Frédéric I que la monnaie de Cologne est mentionnée pour la première fois dans les textes : un document de 1104 cité par Hontheim établit le rapport suivant : quatuor denarios confluentinos aut duos colonienses.

Brunon II de Berg (113 1-37) s'en tint aux types colonais. Les deniers reproduisent le buste surmontant une exergue avec PIVS, que nous avons décrit pour Sigewin. Le champ du revers est toujours livré à l'édifice symboHque de SANCTA COLON I A. Un nouvel atelier fut ouvert, vers le temps de Brunon II, àNeuss, mais ses produits sont anonymes et portent l'effigie du patron local saint Quirin.

helge de numismatique de 1860, p. 361 ; comme il paraît avoir échappé à l'attention des numismates allemands, nous le reproduisons ici : « Notum sii... qualiter ego, Othertus, Leodiensis episcopiis^ monetam in Wcsheim quoriindam inutili acquiescens consilio in episcopatiL meo niisquam recipiendam preceperim : unde domni d venerabilis^ Hermanni, ecclesie sancli Paiitakonis ahbatis, crebris pulsatus querimoniis ^ et ex domni Brunonis, Coloiiiensis archiepiscopi , qui prefatam ctirtem hereditario iure ad se pertinentem ecclesie Beati Pantahonis, cum omnibus appenditiis, theloneo, moneta, piscatione, portu, contradidit exejus, inquam y prefati archiepiscopi conscriplo, et ecclesie prefate relie to testamento verum recognoscens tanti patris auctoritati et contrcuiitioni obviare timui, et ecclesie Beati Pantaleonis que sua erant restituens prefatam monetam et recipiendam constitui. » — Cf. R. Serrure, Les monnaies frappées à Wessem par l'abbé de Saint-PantaUon de Cologne, dans V Annuaire de la société française de numism. de 1892.

é04 TROISIÈME PARTIE

Le successeur de Brunon II, Hugues de Sponheim, ne régna que deux mois (mai-juin 1137); il n'est donc pas surprenant que '-es monnaies n'aient pas été retrouvées. C'est avec cet épiscopat que se termine l'étude faite par M. Dannenberg, de la numismatique colonaise; nous n'aurons plus, pour nous guider désormais, que le livre incomplet et dépourvu de toute critique de Cappe. Les coins en usage sous Arnould I de Gueldre (1137-1150) sont au même type que ceux de Brunon II, mais ceux de son successeur homonyme, Arn-^uld II de Wied (1150-56) présentent des modifications assez sensibles. Lewdessin des types a un nouvel aspect ; l'archevêque est représenté assis de face, tenant la crosse et le livre. Le revers conserve, immuable, son édifice à trois coupoles, mais la légende devient SCA COLONIA PACIS MATER écrit avec plus ou moins decorrection. Frédéric II d'Altena (1157-59) et Renaud de Dassel (1159-67) n'apportent aucun changement au type ainsi composé. En 1167, Renaud se fit concéder par Frédéric Barberousse les possessions que les empereurs avaient conservées à Andernach: « Ei ejusq 'omnibus successoribus , concedimus, largimur, donamus et in perpetuum confirmamus omne nostrum jus et dominiuin, et totatn nostram curtem in Andernaco, cum hominibus, possessionihus, pratis, ... in moneta et telonio . . . etjustitia eidem curti attinenti concedimus... »

Avec Philippe I de Heinsberg (1167-1191) nous entrons dans une nouvelle période du monnayage. L'archevêque paraissait jusqu'alors sur ses espèces, la tête nue; à partir de Philippe I la tête est toujours coifi"ée de la mitre (fig. 1093). Au revers l'édifice devient d'un dessin plus soigné, plus minutieux. Sur les dernières émissions, les deux tours latérales sont remplacées par des drapeaux. Les légendes sont d'une incorrection singulière. Les pièces qui portent PHILIPP' ARCHIEP sont exceptionnelles ; on trouvera par contre des altérations aussi nombreuses que variées : la plus fréquente, HIT ARCEPISCOPV a donné lieu jadis à une attribution erronée à Hildebolde. Les oboles frappées

Fig. 1095

Fig. 1094

au même type que les deniers sont émises en assez grande quantité. En 1174, Philippe de Heinsberg, ayant besoin de ressources exceptionnelles pour sa participation à la campagne d'Italie, emprunta à la ville de Cologne une somme de mille marcs et lui abandonna en garantie les

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revenus de l'atelier monétaire. Sous cet archiépiscopat, le temporel de l'église colonaise reçut de grands accroissements en Westphalie par l'annexion des territoires confisqués sur Henri le Lion.

A partir de Philippe I de Heinsberg jusqu'à la fin de la période dénariale, les types varient peu. Parfois, l'évêque assis à l'avers a la tête de profil ou de trois quarts au lieu de l'avoir de face ; l'édifice du revers est parfois agrémenté d'un buste nimbé de saint Pierre, placé sous le portail (fig. 1094) ou sur" le toit, mais ce sont là de simples détails qui n'enlèvent rien à l'aspect uniforme du monnayage. La seule innovation sensible est l'émission, à côté des deniers et des oboles, de quarts de denier ou vierling sur lesquels l'édifice du revers trop compliqué pour la petitesse du champ est remplacé par une croix simple. Nous nous bornerons donc, pour ne pas allonger inutilement ce paragraphe ^, à donner la liste des archevêques qui se succédèrent jusqu'au xiv^ siècle :

Brunon III d'Altena, 1 191-1193.

* Adolphe I d'Altena, electus, puis archiepiscopus, 1193-1205. Brunon IV de Sayn, 1205-1208.

* Thierry I de Heinsberg, 1208-12 14.

*EngelbertI d'Altena, niinister, archiepiscopus, 12 16- 1225.

* Henri I de Molenark, 1225-123 5.

* Conrad de Hochstadt, electus, minister, archiepiscopus, 1 237-1 261. *Engelbert II de Fauquemont, 1 261-1275 (fig. 1094). *Sigefroid de Westerbourg, 1275-1297.

*Wichbold de Holten, 1297- 1303.

Le règne de Conrad de Hochstadt fut marqué par de graves démêlés entre le prince et les habitants de Cologne au sujet de l'émission d'une monnaie nouvelle. On sait que la création de nouvelles espèces et le décri des monnaies circulantes était toujours pour le peuple Tapplication d'un impôt onéreux, puisqu'il fallait, pour obtenir les unes, perdre un change élevé sur les autres. En 1250, Conrad ayant voulu procéder à une opération de ce genre, les Colonais se révoltèrent et s'allièrent au comte de Juliers. Les hostilités prirent fin en/i252 par un arbitrage rendu par Hugues, cardinal et légat du pape, et par Albert le Grand,

I. La taille des monnaies de Cologne subit très peu de changements et resta toujours à 168 deniers au marc. C'est ainsi qu'elle est fixée en 12S2 dans le traité monétaire conclu par Rodolphe de Habsbourg et Sigefroid de Westerbourg, et ce traité en parle comme d'une ancienne habitude, antiquorwii solercia. Pendant toute la période dénariale la monnaie de Cologne conserva ainsi une surprenante stabilité. Nous empruntons à M. Kruse les pesées suivantes des deniers colonais: Otton I, i gr. 47 ; Henri III, l gr. 38; Piligrim, i gr. 36; Annon, i gr. 32; Frédéric de Frioul, i gr. 37; Arnould I, i gr. 50; Philippe de Heinsberg, i gr. 38; Thierry de Heinsberg, i gr. 36: Engelbert I, i gr. 43 à i gr. 47.

6o6 TROISIÈME PARTIE

de l'ordre des prêcheurs. La sentence, prononcée au mois d'avril, condamna les habitants à une amende de six mille marcs, mais reconnut toutes leurs prétentions contre le droit que s'arrogeait le prélat de changer les espèces. Le texte de cet arbitrage nous a été conservé; il établit que l'archevêque ne pourra procéder au changement de la monnaie que dans deux circonstances': i° aussitôt après son élection et son investiture, 2° à son retour de toutes les expéditions qu'il devra entreprendre en Italie pour le service de l'empire. Les bourgeois étaient confirmés dans leur droit d'exercer un certain contrôle sur les émissions, et à chaque émission nouvelle, des étalons devaient être remis à la garde des bourgeois et du chapitre métropolitain ^

A part les ateliers de la Westphalie, dont nous nous occuperons plus loin, et l'atelier de Xanten, MON-DE-SANCTONV, ouvert sous le règne de Conrad de Hochstadt^, les archevêques n'eurent pendant le xii'' et le XIII* siècle d'autre atelier que celui de Cologne. Vers la fin de la période dénariale, Sigefroid de Westerbourg, en guerre avec les habitants de la métropole, toujours plus avides de droits, créa un atelier à Bonn, ville dont ses prédécesseurs, depuis Engelbert de Fauquemont, avaient fait leur résidence ordinaire. LçsdeniersdQ Bonn portent BEATA VERONA VINCES autour de l'église du revers, En 1288, la bataille de Woeringen où Sigefroid fut fait prisonnier livra Bonn à Jean I, duc de Brabant, qui y frappa des esterlins au type brabançon. Nous en avons parlé p. 570. L'archiépiscopat de Henri II de Virnenbourg (1306- 1332) concorde avec l'apparition du gros d'argent.

d). Comte de Berg.

Le comté de Ber^ était situé au nord-ouest de l'archevêché de Cologne. Sa numismatique a été étudiée par M. H. Grote 3 avec le soin que cet impeccable savant apportait dans tous ses travaux. Les émissions commencent au règne d'Adolphe III (1093-1133), ADOLFVS DE MONTE par des deniers imitant servilement les pièces de Cologne contemporaine. Pendant toute la période dénariale, les coins de Berg res-

1. M. Kruse, auquel on doit un intéressant commentaire de l'arbitrage de 1252 (p. 23 et suiv. desa Kohiische Geldgeschichte), nous apprend que les archives de Cologne renferment encore des bourses de deniers remises aux bourgeois, à titre de spécimensétalons, sous Henri I, Conrad et Sigefroid.

2. Voyez R. Chalon, Curiosités numismatiques dans la' Revue belge de numismatique, 1874. p. 362.

3. H. Grote, Die Mûn:^en der Grafen und Her:;oge von Berg, dans les Mûnistndien, t. VIII, 1868 p. I et suiv.

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tèrent tributaires de ceux de Cologne ; les légendes des prototypes, nom de lieu, SANCTA COLONIA, ou nom d'archevêque, sont parfois littéralement reproduits. La série monétaire présente au surplus de grandes lacunes :

* Adolphe IV, 1133-1160. * Adolphe VI, 1246-1259.

Engelbert, 1160-1189. *AdolpheVII, i2S9''i296. Adolphe V, 1189-1218. Guillaume, 1296-1308.

Ermengarde et Henri, duc de Limbourg, * Adolphe VIII, 1 308- î 348. 1218-1246.

L'atelier des comtes de Berg était situé à Wielberg, mais en 1275, Rodolphe de Habsbourg autorisa Adolphe VII à le transporter à Wipperfurth. Cette localité est mentionnée sur les deniers de ce règne: WIPPEREVVORDE CIVITA. En 1279, l'archevêque Sigefroid de Westerbourg s'opposa à ce monnayage, mais comme les droits monétaires du comte étaient indéniables, Adolphe VII consentit à en suspendre l'exercice moyennant une indemnité annuelle de douze marcs à percevoir sur les revenus de l'atelier de Cologne. Le régne d'Adolp VIII appartient à la période du gros.

e). Comté de Julicrs ' .

Le monnayage des comtes de Juliers ne commence pas avant la fin du XIII* siècle. La cause de cette longue abstention se trouve, comme l'a démontré M. Grote, dans l'opposition des archevêques de Cologne qui prétendaient au monopole des émissions dans tout leur diocèse. En 1237, nous voyons l'archevêque Conrad accorder au comte, en ces termes, une indemnité de quinze cents marcs : « Adfirmanclam inter nos et comitcm juliacensem amicitiam, et ne idem cornes uUudi in moneta nostra haheat actiontm... nos ipsi comiti persolvere promitiinius ijoo marcas denariorum coloniensium. »

Le premier comte de Juliers dont il existe des monnaies est Gérard (1297-1328). On possède de lui des deniers imités des monnaies colonaises contemporaines, des petites pièces appelées kopfchen copiées des deniers à la tête de profil frappées par Florent V, comte de Hollande, enfin des esterlins à Técu au lion imités de ceux de Jean I, duc de Brabant. Les comtes de Juliers portaient d'or au lion d'argent.

I. H. Grote, Die Mïin:^cn der Grafcn und Hcr::^ooe voii Julich dans les Mû 11:^3 Indien, t. VII, i86'S. p. 379 et suiv.

6o8 TROTSIÈME PARTIE

f). Comté de Clèves.

La numismatique de ce comté n'a pas encore fait l'objet d'une monographie et nous n'avons pour en parler que des éléments épars ^. Les comtes de Clèves ne paraissent pas avoir monnayé avant le xiii^ siècle :

Thierry II, ... 1150-1172. *Thierry V, 1260-1275.

Thierry III, ... 1166-1 185... *ThierryVIJ T275-1305.

Thierry IV, ... 1188-1191. *Otton, 1385-1311. Arnould III, 1191-1202. Thierry VIII, 1311-1347.

*Thierry V, 1282-1260.

Les plus anciens deniers de Clèves connus appartiennent au temps de Thierry V. Ils reproduisent le type des monnaies d'Engelbert I, archevêque de Cologne, et portent le nom de l'atelier de Wesel. Puis viennent quelques imitations, à légendes embrouillées, des pennies anglais d'Henri IIL

En 1298, Alber le Habsbourg confirma à Thierry VH de Clèves le droit de frapper monnaie, dans son comté, sur le pied de Cologne. On possède de ce comte des hôpfchen de type hollandais frappés à Calcar,

Tb' COME CLEVE — MONETA CALCAR et à Wesel, MONETA WESEL, de petits deniers anonymes imités des pièces brabançonnes et portant Fig. 109; le nom de l'atelier de Huissen, HVSN (fig. 1095),

enfin des ester lins à l'écu au lion frappés en commun avec Jean I, duc de Brabant, sans doute à la suite de l'alliance conclue en 12 87 par les deux souverains.

Otton (1305-13 II), fils de Thierry VII, poursuivit la fabrication des esterlins à l'écu au lion, dans sa Monnaie de Huissen. Les légendes de ces pièces sont, à l'avers: OT-THO CO-MES, au revers: MON- ETA-CLE-VEN et H-V-S-E, dans les cantons de la croix.

g). Comté de Sayn 2.

Le comté de Sayn était situé au sud du comté de Berg. Il appartenait au xii^ siècle à une maison, issue des comtes de Dietz, dont la chronologie est assez embrouillée :

1. R. Chalon dans la Revue hclge de numism., 1856, pi. IV, fig. 3 ; 1860, p. 248 ; 1863, p. 294 ; 1872, p. 224. — V«c B. de Jonghe, dans le même recueil, 1891, p. 236. — Van der Chys, De munten der leciien van Bràbaiid, pi. XXIII, fig. 13, pièce mal attribucc à Rummen.

2. H. Grote, Die Munten der Grafen von Sayn dans les Mïmistudien, t. III, 1865 ; p. 155 et suiv.

*Eberhard I, 1139-1176. Eberhard II, 1 178-1202.

Henri I, 1172-1203. *Henri II, 1205-1246.

Eberhard I nous a laissé une série assez nombreuse de doiicrs copiés des pièces archiépiscopales de Cologne. Il s'y intitule EVERHARD' CO- MES DE Ml? et s'y représente assis, de face, avec une épée sur les genoux et un faucon sur le poing gauche ; au revers, la légende CAS- TRViyi IN SEINE COMIT autour d'un édifice à trois coupoles analogue à celui des prototypes. A ces monnaies en succèdent d'autres, à légendes incorrectes, où le comte tient une palme au lieu d'une épéc.

La première maison de Sayn s'éteignit en 1246 et ses possessions passèrent par héritageà Jean de Spanheim (i 246-1 277), qui fut la sonchc d'une nouvelle lignée :

Godefroid I, 1261-1283. Jean II, 1324-1359.

Jean I, 1285-1324.

Le monnayage ne reprend que sous Jean III (1357-1403), avec lequel nous entrons dans la période au gros.

h). Seigneurie dt Heinslerg ' .

La seigneurie de Heinsbcrg s'étendait près de la Rocr et -e trouvait en partie enclavée dans le comté de Juliers; voici la lis ( de ses seigneurs :

Godefroid I, 1170-1193. Agnès et son mari, Heii'i \c Span-

Adelaïde et son mari, Arnould II licim, 1228-12^8.

de Clèves, 1192-1202. * Thierry II, 1238-13OJ.

Thierry I, 1202-1228. * Godefroid II, 1303-1332.

Le monnayage des seigneurs de Heinsberg commence sous Thierry II, TIDRIC-DNS-D-HNS, par la fabrication d^esterlins au type brabançon de l'écu au lion. Ces pièces sont frappées à Gangelt : MON -ET-D-GAN-GLE. De Godefroid II nous avons en assez grand nombre de petites pièces dites kôpfchen, imitées des deniers hollandais de Florent V à la tète de profil ; les légendes de ces pièces n'indiquent pas d'a*^telier; on y lit GODDNSDE HEINSB. GODEFRID DNS D HESB. et SIG-NVM-CRV-CIS ou IN-NOM-INE-DNI. Avec Thierry III (1332-1361), successeur de Godefroid II, commence dans la seigneurie de Heinsberg l'époque du gros.

I. Ch. Piot, Essai sur les monnaies des seigneurs de Heinsberg, dans la Revue belge de numism., 1849, p. 260 et suiv.

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