CHAPITRE QUINZIÈME
L'ARMÉNIE, LA GÉORGIE, ET LES IMITATIONS TURCOMANES DES MONNAIES BYZANTINES.
Sources : V. Langlois, \niuisniaHqitc de l'Aiiiicnic au vioyen âge. Paris, i8)5, m-.\. — V. Lnnglois, Essai de classification des suites monétaires de la Géorgie, depuis Vautiquilè jusqu'il nos jours. Paris, 1860, in-4. — S, L. Poole, The coins of ihe turhuman bouses of Seljooh, Urtuk, Zengec, etc., in the British Muséum. Londres, 1877, in-8. — A. von Sallct, Die griechis hen Mftn:^en dcr tiirkischen Dynastie der Dauischmeude, dans La Zcilschrijt fiir Ku '^uiatih, t. VI, 1878. — G. Schhwwhcï^Qr, Monnaie il légende grecque d'Aniir Gha:;^i, éuiir danischuiendide de Cappadoce, dans la Revue nu)nismatique, 1888.
§1. — Le Royauiiie de Petite- Anticnie.
Le royaume chrétien de Petite-Arménie s'étendait sur la côte de Cilicie, aux environs du mont Taurus. Son monnayage particulier commence sous Léon II (11S5-1218), de la dynastie de Roupène; en 1 197, ce prince, dont les états et la puissance avaient pris de l'accroissement, envoya des ambassadeurs au pape et à l'empereur Henri \l, pour solliciter le titre de roi. On lui accorda ce qu'il demandait et Conrad de Wittelsbach, archevêque de Mayence, fut chargé de le couronner devant les barons d'Arménie.
C'est comme roi, c'est-à-dire après le 6 janvier 1198, date du couronnement, que Léon II frappa ses premières espèces. On a de lui des tabégaiis d\argent et des pièces de 'cuivre. Les plus anciens tahéf^ans reproduisent à l'avers une adaptation du type des luatapans de Venise: le roi agenouillé, ayant la couronne sur la tète et le manteau royal sur les épaules, reçoit des mains du Christ nimbé une grande croix. Le revers porte deux lions adossés séparés par une double croix ou un lion léopardé couronné brochant sur la ménie croix, armes du royaume. Les légendes, écrites en caractères arméniens, sont : Lévou tbdkavor riciL'!:^ — Garoghoulbiaiii peu Asdou::^.'), c'est-à-dire LfC/z, roi des Antithiiens, — par lit puissance de Dieu (hg. 1447).