‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 107 sur 206 · VIII. — LES FRANCS · texte numérisé non relu

VIII. — LES FRANCS

d'une sceatta anglo-saxonne (fig. 277). Parmi les types où nous trouvons une invention franque, nous relevons: le corbeau placé au

Fig. 274.

Fig. 27 s.

revers de certains triens de Laon, type parlant de Lugdunum, la rosace qui se voit sur un groupe de pièces normandes, à Rouen, à Jumièges et dans le pays de Tellau, l'ostensoir de Rennes, de Rouen et de Tournai, les coins spéciaux à Cahors : une colombe tenant dans le bec une grappe de raisin ou deux colombes buvant dans un calice, le calice surmonté d'une croisette popularisé par les nombreux tiers de sou du Gévaudan, etc.

Fig. 276.

Fig. 277.

Les types dits épigrapbiques, composés soit d'un monogramme, soit de lettres posées dans le champ, peuvent également être rangés parmi ceux de création originale. Nous avons déjà signalé les lettres AR qui sont pendant toute une période l'apanage des pièces auvergnates, le nom BRI-VAT écrit en deux lignes sur des triens de Brioude, le mot ECL placé dans le champ d'une monnaie de l'église de Bordeaux; nous pouvons y ajouter la lettre A qui constitue le type du revers des triens d'Arras. Les véritables monogrammes sont assez rares pour l'époque des monétaires et, de même que les lettres placées aux côtés de la croix, ils désignent tantôt un nom d'homme, tantôt un nom de Heu.

L'exemple de réserver le revers tout entier à un monogramme avait été donné par Childebert I, sur ses triens frappés à Vienne sous la garantie de Maurentus (voyez fig. 164). Sous Childebert II, nous trouvons le monogramme de la Civitas Riiîcnorum sur les pièces émises dans cette ville (voyez fig. 180), et ce type y persista avec quelques variantes jusqu'à la fin du monnayage.

Dans la cité des Cabales, où la numismatique présente avec celle de Rodez de sensibles analogies, le monogramme de Bannassac s'empare aussi un instant du coin du revers, mais sans réussir à détrôner le type

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essentiellement local du calice. Parmi les autres monogrammes qui désignent, d'une manière incontestable, le lieu de fabrication, nous citerons encore celui d'Angers (fig. 278), dont l'apparition semble également exceptionnelle.

Fig. 278. Fig. 279. Fig. 280.

M. Ch. Robert a vu le nom du monétaire Landulfus dans le monogramme inscrit sur un curieux triens d'Auxerre (fig. 279) ^ Enfin, une pièce de Saint-Jean-de-Losne nous montre le monétaire Aunulfus répéter son nom, combiné avec A et GO, dans un monogramme cruciforme (fîg. 280).

Les types épigraphiques furent d'un emploi peu fréquent, pendant tout le vi*" siècle et la première moitié du vii*^, mais lorsque la frappe de l'argent se généralisa, le monogramme, la légende rectiligne ou la lettre isolée dans le champ devinrent d'un usage à peu près constant dans toute la Gaule : c'était le début d'une ornementation nouvelle qui prit sous les Carolingiens son complet épanouissement.

§ V. — Le Monnayage de V argent

Sources : B. Fillon, Lettres à M. Ch. Dugast-Matifeux sur quelques monnaies françaises inédites^ Paris, 1853, in-8. — V^e G. de Ponton d'Amécourt, Recherches sur l'origine et la filiation des types des premières monnaies carolingiennes dans V Annuaire de la Soc, franc, de numismatique, t. III, 1862-72. — A. de Longpérier, Notice des monnaies françaises composant la collection J. Rousseau. Paris, 1847, in-4. — Carpentin, Marseille, Monnaies des Patrices dans la Revue numismatique, 1864, p. 113.

C'est une erreur généralement répandue que les Mérovingiens ne connurent presque pas la circulation du numéraire d'argent. Certes, pendant tout le vi^ siècle et une grande partie du vu*, l'or fut frappé en quantité immense, sans doute parce que ce métal était le seul servant à l'encaissement des impôts, mais l'argent n'en constituait pas moins le facteur essentiel des transactions de détail. Toutes les fouilles faites dans les nécropoles franques ont amené la découverte de deniers d'argent et de bronzes romains dont l'usure dénotait une

I. P.-Ch. Robert, Monnaies mérovingiennes, dans la Revue numismatique, 1863, pi. XVII, fig. 2.

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