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IX. — LES ANGLO-SAXONS I

création nationale, que deux dessins de provenance mérovingienne occuper l'un le droit, l'autre le revers d'un sceatta.

Ainsi que nous l'avons dit, on n'a pas encorj établi jusqu'à ce jour de classement géographique dans la curieuse numismatique des sceatias de l'heptarchie. La théorie de M. Dirks, qui croit retrouver un type spécial saxon et un type spécial angle, n'a pas résisté aux observations ultérieures. Il est permis toutefois d'affirmer que la Northumbrie resta étrangère à l'émission de la plupart des pièces que nous venons de passer en revue.

§ II. — Royaumes de Kent et d'Essex.

Le royaume de Kent, dont la capitale était Canterbury, fut fondé en 455 par le saxon Hengist. Il comprenait à l'origine le territoire sur lequel s'étendent aujourd'hui les comtés de Kent, de Norfolk, de Suffolk, d'Essex et de Middlesex. En 526, Erkewin détacha du Kent la région septentrionale, qui devint le royaume d'Essex avec Londres pour capitale.

Situés vis-à-vis de la France, en relations continuelles avec les pays mérovingiens, les Saxons du Kent et de l'Essex eurent plus que tous autres un monnayage similaire à celui des Francs. Ils semblent même avoir pris à ces derniers leur organisation administrative, car un certain nombre de pièces frappées sur le littoral anglais de la Manche et du Pas-de-Calais portent des noms de monétaires, et qui plus est, de monétaires mérovingiens. C'est également dans cette région que nous trouvons une émission régulière de pièces d'or.

C'est à de Longpérier que revient l'honneur d'avoir restitué à Can-

F'g- 319 Fig. 320

terbury un trîens portant à l'avers, autour d'un buste : EVSEBII MO- NITA et au revers autour d'une croix 4- DOROVERNIS CIVITAS. La gravure de cette pièce est due, selon toute évidence, à un artiste continental (fig. 319).

Il n'en est pas de même des triens frappés à Londres dont la trouvaille de Crondal est venue permettre l'étude. Ici nous nous trouvons en présence d'œuvres positivement saxonnes et, franchement, l'art n'y gagne rien. Les triens londoniens portent le nom de la ville LONDONIA

lyB PREMIÈRE PARTIE

en demi-cercle autour d'une croix; à l'avers une tête de face affreusement barbare est accostée de deux croisettes (fig. 320). Sur des pièces d'or analogues la tête de face est remplacée par un profil parfois accompagné de la légende ABBONI MANET (fig. 321).

L'atelier de Londres mit en circulation un grand nombre de deniers d'argent portant son nom. Leur type est généralement composé à l'avers d'un buste à droite accompagné de la légende LVNDONIA et au revers

Fig. 321 Fig. 322 Fig. 323

d'un personnage tenant deux croix, debout dans un bateau (fig. 322). Nous avons déjà noté ce type parmi les pièces muettes ; il est probable que ces dernières ont été pour la plupart frappées à Londres.

On n'a pas encore retrouvé de monnaies portant avec certitude le nom d'un roi de Kent. Une pièce attribuée par certains auteurs à Eadwald (616-640) semble porter AVDVABLD REGES. Dans tous les cas, le monnayage des Saxons étant visiblement organisé suivant les habitudes mérovingiennes, il est probable que les signatures royales y constitueront toujours une rare exception. Au revers, la pièce d'Eadwald a le nom d'un monétaire suivi de l'ethnique londonien : ...MBA L-DENVS sur l'exemplaire du Musée Britannique (fig. 323), ...AMBAL LON- DENVS, en caractères très nets, sur l'exemplaire de la collection d'Amécourt.

§ IIL — Royaume de Wessex.

Le Wessex, auquel le Sussex fut annexé au vi^ siècle, semble pouvoir donner lieu aux mêmes observations que le Kent et l'Essex. Son monnayage dut être beaucoup plus restreint que celui de ces deux états ; jusqu'à ce jour aucune pièce certaine n'a été découverte.

M. de Ponton d'Amécourt a publié' un triens qu'il attribuait à Winchester; malheureusement cette pièce, que nous avons vue depuis, est une maladroite invention moderne à laquelle nous ne comprenons pas qu'un numismate de quelque expérience ait pu se laisser prendre.

I. G. de Ponton d'Amécourt, Monnaies de Vhcptarchie anglo-saxonne. Un triens de Winchester, dans V Annuaire de la Soc. franc., de nuniism., t. VII, 1883, p. 326.

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