LES ARABES
Sources : J.-G. Stickel, Handhuch der morgenlàndische Mûn:(kunde. Leipzig, I845-70, 2 vol. in-4. — J. Sabatier, Description générale des monnaies byzantines, t. I, p. 88. — Baron Marchand, Lettres sur la numismatique, 2^ édition. Paris, 185 1, in-8. Annotations à la Fe lettre par A. de Longpérier. — F. Codera y Zaidin, Tratado de numistnâtica arâhigo-espanola. Madrid, 1879, in-8. — H. Lavoix, Catalogue des monnaies musulmanes du Département des médailles de la Bibliothèque nationale. Paris, 1887, in-8 ; introduction.
Antérieurement à l'islamisme, les monnaies qui couraient usuellement en Arabie était le sou d'or bizantin et la drachme d'argent sassanide. Le besoin d'un monnayage propre ne vint aux Arabes qu'après les conquêtes des successeurs de Mahomet et les premières pièces qu'ils émirent furent des copies serviles des espèces byzantines. Cette circonstance nous force à réserver à la numismatique musulmane un chapitre de ce hvre, mais comme notre plan ne comporte pas l'étude des monnaies orientales, nous arrêterons l'histoire monétaire des khahfes au moment où un système autonome est substiué au monnayage d'imitation.
Dans son récent Catalogue des monnaies musulmanes du Département des médailles, M. H. Lavoix a résumé, d'une façon magistrale, les annales métaUiques des débuts de l'Islam. Les notions que nous donnons ici sont extraites de son livre auquel nous avons emprunté non seulement les faits, mais parfois des phrases.
§ I. — La Syrie,
La première province de l'empire byzantin qui tomba au pouvoir de l'Islam, fut la Syrie. En 632, les Arabes en commencèrent la conquête par la prise de Bostra. La victoire d'Aiznadin leur permit d'assiéger Damas qui se rendit après une longue résistance. Emèse et Balbek suivirent le sort de cette ville et toute la Coelésyrie subit la domination du khaUfe Omar. Effrayé de la marche de l'invasion mahométane, l'empereur Héraclius envoya le patrice Manuel, à la tête d'une armée
nombreuse, au secours de la Syrie, mais les Byzantins furent vaincus définitivement sur les bords de l'Yermouk, près du lac Tibériade. Toutes les villes syriennes tombèrent successivement au pouvoir des Arabes : Antioche, Jérusalem, les cités du littoral de la Méditerranée ouvrirent leurs portes aux troupes du khalife.
Omar conserva aux monnaies syriennes le type de Byzance. Les pièces de bronze, les fdous, frappés après la conquête, portent à Tavers la figure d'Héraclius, debout, de flice, tenant le globe crucigère et la longue croix. Au revers le coin reproduit l'indice monétaire M surmonté du chrisme (fig. 344). Tous les emblèmes chrétiens gravés sur les pièces impériales sont soigneusement conservés. Les plus anciens fclous arabes de Damas portent, en grec, le nom abrégé de l'atelier monétaire AAM et la date de l'émission, AN NO XVII, c'est-à-dire la dix-septième année de l'Hégire. Dans le champ, à côté de l'effigie de l'empereur prennent place trois lettres A60. ACO ou A60 dont 'l'interprétation a soulevé de grandes controverses. M. Lavoix, dont le remarquable travail nous a surtout servi de base pour la rédaction de ce chapitre, considère ces lettres comme l'abréviation de Xî9tcv, mot auquel correspond l'arabe fcJs, qui indique la monnaie de cuivre.
A cette première émission de fclous, en succéda une autre qui marque « la progression d'un système monétaire plus indépendant. La monnaie musulmane obéit toujours au type byzantin, mais, au fur et à mesure
rig. 344
que le pouvoir du conquérant s'impose, elle se dégage de l'imitation commune aux deux peuples, elle devient bilingue : d'un côté le mot grec AAMA2K0I, de l'autre, les mots av:ihcs frappé à Damas, et, de
plus, le mot avahe qui peut passer, adjectif de garantie et par lequel s'affirme le cours légal de la monnaie (fig. 345). Les ateHers d'Emèse, de Balbek, de Kinnasrîn, de Tibériade procèdent de la même façon, soit ri-. 511- qu'ils reproduisent les fclous à l'effigie
d'Héraclius seul, soit qu'ils les reproduisent à celle d'Héraclius avec son lîls liéraclius-Constantin ou ses deux fils Iléraclius-Constantin et Héracléonas (hg. 3 KO- Les noms arabes correspondent aux noms grecs