‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 123 sur 206 · XI. — LES ARABES · texte numérisé non relu

XI. — LES ARABES

des villes et Ton trouve, en face du mot grec KAAON, un mot arabe dont le sens est le même. Seulement la légende musulmane tend à se faire une place plus grande : la formule au nom de Dieu est introduite et suivie bientôt de la profession de foi que nous trouvons sur les felous au type d'Héraclius, d'Héraclius Constantin et d'Héracléonas, et sur les dinars aux mêmes effigies. La croix a disparu des diadèmes et du globe portés par les trois personnages impériaux, et une croix pommetée haussée sur quatre degrés s'est substituée, en la rappelant encore malgré cette déformation, à la croix potencée des sous d'or de l'empereur et de ses deux fils. ».

L'adoption d'un type entièrement autonome pour l'or et l'argent fut consommée sous le khafifat d'Abd-el-Mâlek, qui pour la forme des pièces emprunta aux Sassanides le flan mince et plat.

Sur ses dinars les plus anciens, et jusque pendant les années 76 et 77 de l'Hégire, Abd-el-Mâlek s'était fait représenter debout, à la mode grecque. Renonçant à ce monnayage, le khafife inaugura l'ornementation monétaire ne consistant qu'en des légendes. L'or porta, d'un côté, en légende circulaire, la date de l'émission de la pièce : Au nom de Dieu, ce dinar a été frappé l'an ...; dans le champ, la formule pieuse suivante est écrite en trois lignes : Dieu est un, Dieu est éternel, il na point enfanté. Au revers, la légende circulaire dit : Mohammed est Venvoyé de Dieu qui Va envoyé avec la bonne direction et la vraie religion pour élever celle-ci au-dessus de toutes les autres, tandis que, dans le champ, nous trouvons cette profession de foi : // ny a de Dieu que le Dieu unique.

Les monnaies d'argent portent, en légende circulaire, le nom de

Fig. 348.

l'atelier monétaire et la date de l'émission : Au nom de Dieu, ce dirhem a été frappé à ... Van ... La légende placée au milieu du champ est. analogue à celle des dinars: // ny a de Dieu que Dieu. Les inscriptions du revers sont très développées : Dieu est un; Dieu est éternel. Il na pas enfanté et na point été enfanté. Il na point d'égal en qui que ce soit, dans le champ, et : Mohammed est l'envoyé de Dieu qui l'a envoyé avec la bonne

direction et la vraie religion pour la faire triompher sur toutes les autres religions, dussent les polythéistes en concevoir du dépit, en légende circulaire.

La monnaie ne portait pas le nom du khalife. Les nombreux ateliers persans frappètent les dirhems au type nouveau. Quant aux dinars, ils ne furent émis qu'à Damas et peut-être en Egypte. De toutes les villes de la Syrie, de la Palestine et de l'Egypte, Damas seule fabriqua des pièces d'argent pendant le gouvernement des Ommeyades.

§ IL — U Afrique et l'Espagne.

La conquête de l'Afrique fut beaucoup moins rapide que ne l'avait été celle de la Syrie, delà Perse et de l'Egypte et la monnaie arabe n'apparut que lorsque le khalife Abd-el-Mâlek eut donné au pays un émir indépendant.

En Afrique, comme en Syrie, comme en Perse, la politique du vainqueur accepta le monnayage du vaincu. Sous Héraclius et les princes de sa famille qui lui succédèrent, Carthage avait frappé des monnaies d'or et de cuivre qui se distinguent des autres espèces byzantines par leur flan épais et en quelque sorte globuleux. Ce furent ces espèces que les Arabes prirent comme modèle des monnaies qu'ils frappèrent dans l'atelier de Kairoun. « Les légendes au début sont entièrement latines et n'admettent que rarement des mots arabes. Obéissant à l'usage arabe, le graveur du coin supprime les voyelles et ne se sert que de consonnes; il grave dans tous les sens, de gauche à droite et de droite à gauche; il oublie des mots; il en répète d'autres; il multiplie par une série de fautes les difficultés de la lecture. » Ces inscriptions qui, il faut bien le dire, tenaient un peu de l'énigme, ont été déchiffrées en grande partie. Les lectures suivantes ne font plus de doute. On lit sur la monnaie: INNDNIMISRCVSDS, c'est-à-dire in nomine domini misericordis unus deus. On trouve le groupe de lettres NNESDSNISIS- DSCVINSA, qui se traduit par non est deus nisi solus deus cui non socius alius, A l'inscription NNESDSNISIVNSCVNNDALISIMILS répond la phrase : non est deus nisi unus cui non deus alius similis.

Le système monétaire des Arabes en Afrique n'obéit pas aux prescriptions de la réforme d' Abd-el-Mâlek.

« Le dinar africain a bien le poids du dinar de la Syrie et de l'Egypte, mais si ces derniers ne mentionnent pas l'atelier moné- ^'s- 5*9- taire, il porte, lui, le nom de la province où

il a été frappé. » La légende qui constate l'émission de la monnaie est

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