LES ARABES
généralement d'intelligence facile : INNDNIMSRCSHSLDFERTINAFRC pour in nomine domini misericordis hic solidus feritus in Africa. « Parfois les lettres RC qui terminent le mot Africa, faute d'espace pour être gravées dans la légende circulaire, sont rejetées dans le champ de la pièce et suivies des initiales du mot indictio accompagné du nombre qui détermine l'indiction. » C'est par l'indiction, période de quinze années, à dater de la seconde prise de Carthage par Hasan-ben-el-Nômân, en l'an 79 de l'hégire, que se date la monnaie arabe d'Afrique.
Sur les monnaies de bronze figure parfois le nom de l'émir Mousaben-Noseir qui gouverna l'Afrique depuis la fin de 85 jusqu'en 95 (novembre 713). Voici la légende d'une pièce que de Saulcy a, le premier, fait connaître : IN NOMINE DOMINI IVSSIT MVSE AMIRA — IN NOMINE DOMINI NVMVS IN TRIPOLI FAKTVS.
En 92 de l'hégire, Thârik-ben-Ziâd, lieutenant de l'émir Mousa, commença la conquête de l'Espagne. Après s'être emparé du château d'Algésiras et du rocher de Calpé, il marcha à la rencontre du roi Rodrigue. Les Wisigoths furent vaincus sur les bords du Guadalète et cette bataille décida du sort de leur monarchie. Tolède, Séville, Mérida tombèrent successivement au pouvoir des Arabes qui n'eurent qu'à commencer l'organisation de leur nouvelle conquête.
Le système monétaire de l'Afrique fut importé en Espagne par les monnayeurs de Mousa. Les légendes des premiers dinars andalous sont écrites en' latin et conçues dans le même esprit que celles des pièces battues à Kairouan ; la formule HIC SOLIDVS FERITVS IN SPANIA indique l'origine des espèces. F'g- 3so
Vers l'an 98 de l'hégire commence en Espagne et en Afrique le monnayage bihngue. De curieux félons dont nous donnons ici un spécimen très caractéristique reproduisent à l'avers le buste des monnaies d'or wisigothes avec la légende DHEDSQVITIBISIMILIS, Domine deus quis tibi similis, tandis qu'au revers est écrit en arabe : Au nom de Dieu,
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fels frappé à Tanger. Bientôt ces pièces de transition disparaissent et, dans les premiers dix ans du second siècle de l'hégire, un monnayage
purement musulman pourvoira aux nécessités des transactions, et livrera au commerce de belles et bonnes pièces, plates, minces et rondes qui ser-
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viront, quant à la forme et toute proportion de poids gardée, de modèle aux deniers carolingiens. Le dirhem que nous reproduisons ici, à titre de spécimen, est de l'an Ioé^
I. Voici la traduction des légendes de cette pièce: Au nom de Dieu, ce dirhem a été frappé dans VAndlos l'an 106. Il n'y a de Dieu que Dieu: le seul; il n'a pas d'associé. Dieu est un; Dieu est éternel; il n'a point été engendré et n'a point engendré; il n'a point d'égal. Mohammed est l'envoyé de Dieu qui l'a envoyé avec la direction et la vraie religion^ pour la rendre supérieure sur toutes les religions, dussent les polythéistes en concevoir du dépit.