‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 13 sur 206 · Lcg. IVisigh., liv. VII, tit. VI · texte numérisé non relu

Lcg. IVisigh., liv. VII, tit. VI

5. Voyez la loi d'Aelthelstan dans D. Wilkins, Legcs anglo-saxonicae, Londres, 1721, in-40, p. 59.

LXXII INTRODUCTION

L'ancienne jurisprudence ne réservait pas ses sévérités aux seuls fabricants de fausses monnaies. En France et ailleurs, d'innombrables ordonnances viennent frapper les hillonneurs. Était considéré comme billonnage le rognage et le limage des espèces circulentes ; le surachat des matières d'or et d'argent monnayées, soit pour les porter hors du royaume, soit pour les changer de nature en les fondant ; l'introduction dans le royaume des monnaies étrangères défendues et spécialement de celles à types copiés des espèces nationales, etc. ^

Les collections renferment, pour toutes les époques, de nombreuses monnaies, œuvres de faussaires du temps ; ce sont des pièces de cuivre ou d'argent dorées pour simuler l'or, des pièces de cuivre blanchies ou de bas alliage, pour simuler l'argent. C'est surtout dans les moments de trouble, à la faveur des révolutions ou des guerres, que les fauxmonnayeurs exercent avec sécurité leur industrie : les temps mérovingiens et la première moitié du xiv*^ siècle sont les deux époques pour lesquelles le plus de pièces fausses sont parvenues jusqu'à nous.

Il s'en faut que les fausses monnaies soient toujours la copie correcte de monnaies existantes. Ignorants ou peu soucieux de l'exactitude de leurs copies, destinées qu'elles étaient à circuler chez des gens qui ne savaient pas lire, souvent les £iax-monnayeurs niclangcrent leurs coins de manière à produire des pièces hybrides impossibles, où un avers et un revers complètement disparates sont accouplés.

Nous citons à la p. 129 un triens mérovingien faux du temps qui porte deux noms de lieu CRENO CASTOM et NOVO VICOLO. Parmi les mélanges de coins du xiv'-' siècle, nous rappellerons un gros au cavalier de Guillaume d'Avesnes, comte de Ilainaut, dont le revers reproduit le coin d'un gros d'Alost ; les gros aux noms de Louis de Crécy, comte de riandre, et de Jean l'Aveugle, comte de Luxembourg ; les tiers de gros avec les noms de Gand et de Halen ; les csterlins de Jean l'Aveugle, comte de Luxembourg, ayant au revers le nom d'Aix-la-Chapelle ; le gros à l'aigle de son successeur Charles IV portant au revers l'indication de l'atelier de Bonn ; \c gros an portail d'un seigneur de Hornes ayant au revers, la légende MONi:TA TvlERAYDE, etc., etc. 2. Ces pièces, sans aucune valeur historique, ont parfois, à leur découverte, donné naissance à de savantes, mais bien inutiles dissertations. Lorsque le

1. Abot de Bazinghcn donne du hitlouuDi^e une définition tics complète en neuf articles. Mn Allemagne, les billonneurs s'appelaient Kippcr et IVippcr, c'est-à-dire ceux qui roi^uciit les monnaies et ceux qui les phciit pour refondre les pièces lourdes et remettre en cours les légères.

2. (>f. une note de M. R. Serrure dans laquelle un certain nombre de pièces analogues sont signalées, Revue t)et;^e de iimiiisni., nSKo, p. 3.|i.

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