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netis, forestibus, appenditiis , est celle, dit ce savant, qu'on employait ordinairement dans toutes les concessions féodales. Cette formule laisse dans le vague « si on y désigne la faculté de frapper monnaie au nom du bénéficier ou seulement celle de jouir de certains droits sur la fabrication des monnaies. Cette dernière interprétation, ajoute-t-il, paraît souvent la plus probable, mais, dans la suite des temps, les seigneurs qui frappèrent monnaie en leur nom particulier profitèrent de cette équivoque pour appuyer leur usurpation sur ur titre. »
§11. — Premières tentatives d'affranchissement monétaire des feudataires
ecclésiastiques.
Les premières monnaies sur lesquelles, sous les Carolingiens, se voit une marque trahissant que la fabrication en était laissée aux soins de personnages ecclésiastiques sont des deniers de Charlemagne frappés à Cologne et à Bonn, pendant la première période du règne. On trouve sur ces pièces, glissée dans le champ comme emblème accessoire, comme marque d'émission si Ton veut, une petite crosse parfaitement dessinée (Voyez fig. 382).
Cette tentative des archevêques de Cologne, sans doute réprimée de bonne heure, ne se renouvela plus sous les successeurs de Charlemagne.
Les évêques de Strasbourg imitèrent l'exemple des archevêques colonais, sous Louis le Débonnaire (814-840). Des deniers à la légende
F'g- 494 Fig. 49 j
STRAT-BVR-GVS en trois lignes portent, à la suite de la dernière ligne, la volute d'une crosse (fig. 494).
A Strasbourg l'usurpation épiscopale ne fut pas entravée à son origine, comme elle semble l'avoir été à Cologne. Elle va s'accentuant sans cesse davantage jusqu'à la fin de la dynastie carolingienne. Une série de monnaies de Louis de Germanie, de Charles le Simple et d'Henri l'Oiseleur porte dans le champ du revers une ou deux lettres qui concordent avec le nom des évêques contemporains de ces rois. On voit l'étape parcourue depuis Louis I : à la crosse, emblème vague, impersonnel, les évêques substituent une marque personnelle.
A. de Longpérier a consacré à ce curieux monnayage une dissertation