I. — ROME ET BYZANCE
§ II. — Types et style des monnaies.
La période qui s'étend du partage de Tempire entre Honorius et Arcadius au milieu du viii^ siècle, se divise, au point de vue de l'aspect extérieur et du type des monnaies, en trois époques.
I. — La première, dans laquelle est compris l'empire d'Occident jusqu'à sa destruction par Odoacre, roi des Hérules (476), va pour rOrient jusqu'au règne d'Anastase P^ C'est la continuation complète des types romains et des procédés de frappe en usage avant la grande division de l'empire.
Arcadius et Honorius utilisent pour le droit de leurs sous d'or deux types différents : 1° le buste casqué en costume militaire, vu de trois quarts, une lance posée sur l'épaule droite et ayant sur la gauche un bouclier orné de la représentation d'un cavalier terrassant un ennemi (fîg. i); 2° le buste de profil à droite, vêtu du paludamentum avec fibule d'attache ;\ l'épaule droite et couronne de lauriers (fig. 2). Le premier type, qui est reproduit par les successeurs d'Arcadius et d'Honorius, en Orient jusque sous Justinien I" et en Occident jusqu'à la chute de l'empire, servira de prototype aux sous d'or de Théodoric, roi des Ostrogoths, de Théodebert I", roi des Francs, et de Gondebaud, roi des Burgondes. La tête de profil est reproduite par les empereurs sur les demi-sous d'or et les tiers de sou; elle restera en Orient la marque essentielle de ces dernières monnaies jusqu'au vii^ siècle, où la remplace le buste de face.
Au revers des sous d'or des fils de Théodose, apparaissent des types variés : tantôt, c'est Rome ou Constantinople assise de face dans diverses attitudes; tantôt une Victoire à demi nue assise à droite sur une cuirasse, et inscrivant la légende commémorative d'un vœu sur un bouclier; tantôt les deux empereurs nimbés assis de face, tenant ensemble un globe crucigère, et surmontés d'une Victoire aux ailes étendues (fig. 3); tantôt, enfin, c'est l'empereur debout à gauche, tenant le labarum et le globe nicéphore et posant le pied sur un captif (fig. 4).
Les demi'Sous d'or ont, aux premiers temps du partage de l'empire.
Fig.
Fig- 3-
Fig. 4.
le revers occupé par une Victoire assise écrivant sur' un bouclier; quant aux triens, ils portent une Victoire marchant à droite et tenant une couronne et un globe crucigère (fig. 5). ^
Sur les sous ^V d'Eudoxie, femme de Théodose II, et sur ceux de Placidie, se montre pour la premi^ire fois, au revers, un type qui jouera un rôle considérable dans le monnayage des Barbares : la Victoire de profil à gauche tenant une longue croix (fig. 6). Cette Victoire revient, en Occident, jusque sous Romulus Augustule, et en Orient jusque sous Anastase I". Avec Léonce (482-488) nous voyons surgir la Victoire de face tenant la croix et le globe crucigêre, type qui détrônera la Victoire de profil jusqu'à devenir le seul F'g- 6- en usage pour les sous d'or de Justin \" et de Justinien.
Parmi les types le plus fréquemment employés pour les subdivisions du sou d'or sous les successeurs d'Arcadius et d'Honorius, on doit citer
le chrisme, tel qu'il se voit par exemple sur un demi-sou d'Anthème (fig. 7), et la croix dans une couronne, dont l'emploi fut exclusif sur les triens d'Avitus et de Majorien, enfin la Victoire à gauche tenant une croix, qui remplaça l'empreinte précédente sur les triens de l'empire d'Occident à partir de Sévère III.
n. — La seconde période débute avec Anastase I" (491-518), dont nous avons rappelé plus haut la réforme introduite dans le monnayage du cuivre. Le « faire » romain est délaissé; les types ordinaires des revers sont remplacés parfois par des empreintes nouvelles ; cette époque, pendant laquelle le monnayage de Byzance reste, somme toute, encore latin, s'arrête au commencement du vir siècle.
L'or d' Anastase est identique à celui des règnes précédents; sous Justin L'', le revers des sous d'or reçoit une Victoire de face tenant de la
Fig. 7.
l-'g- «• Fig. 9.
main droite une croix et de la gauche un globe crucigêre. Sous Justinien P', ce type persiste, mais, au droit, l'empereur abandonne la haste qu'il avait à l'épaule et prend dans la main un globe crucigêre (fig. 8).