‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 64 sur 206 · VIII. — LÈS FRANCS · texte numérisé non relu

VIII. — LÈS FRANCS

la première pièce au revers de Tautre. Au même groupe, sur lequel nous reviendrons en parlant des types monétaires, se rattache un triens

Fig. 171.

Fig. 172.

Fig. 173.

frappé à Lausanne, dont Tinscription de Tavers, NESNOChNCEV. est inintelligible, mais dont le revers porte correctement LAN SONNA CIVETATE (fig. 173).

M. A. de Barthélémy a localisé d'une manière définitive d'intéressantes immobilisations du type de Maurice-Tibère fi*appées à Senez et à Venasque^ La croix haussée sur un globe, placée au revers, est accostée soit des lettres SAN pour Samtium, soit de VE ou YEN pour Vendasca. M. de la Sizeranne a reconnu le nom de Die, Dl-A, placé de la même manière sur un triens de sa collection*.

§ V. — Le système monétaire.

Sources: Duchalais, Poids dt Vaureus romain dans la Gaule, dans la Reviu numism. de 1840, p. 261. — B. Guérard, Polyptique de l'abbé Irminon, t. I, Prolégomènes. Paris, 1844, in-4, pp. 109-158. — J.-H. Mùller, Deutsche Mimigeschichte bis ^u der Ottonen\eit . Leipzig, 1860, in-80. — G. Waitz, Veber die Mûn:(verhaltnisse inden alteren Rechtsbùchern des Frankischen ReichSy dans les Abhandlungen der Kœniglichen Gesellschaft der Wissenschaften, de Goettingue, t. IX, 1861. — H. Grote, Die Solidi und Denarii der Merotuinger, dans les Mûn^studien, t. II, 1862, p. 789. — Ad. Soetbeer, Beitrage :^ur Geldgeschichte des Geld- und Mûn:(wesens in DeuSschland, dans les Forschungen :(ur deutscJjen Geschichte, t. I, p. 1862.

Les Francs, comme tous les Barbares, calquèrent leur système monétaire et pondéral sur celui de l'Empire. Depuis Constantin, le sou d'or était taillé à 72 pièces à la livre et, comme celle-ci se subdivisait à Byzance en 1,728 siliques, chaque sou d'or pesait 24 siliques-poids et s'échangeait contre 24 siliques-monnaie d'argent. Le tiers de sou d'or, triens ou tremissis, formait la coupure la plus fréquemment employée.

Le plus ancien monument législatif des Francs, la loi salique codifiée

1. Monnaies mérov. de Semi et de Venasque, dans la Rev. numism., 1885, p. 259.

2. Un tiers de sol frappé à Die, dans Y Annuaire de la Soc. franc, de numism., 1886,

SOUS Clovis avant 486, nous apprend que de son temps la circulation monétaire des Gaules se composait des trois pièces suivantes :

1° Sou d'or, solidus, aureus, valant 40 deniers.

2° Tiers de sou d'or, trietis, valant 13 deniers et un tiers.

3° Denier d'argenté

Il faut naturellement y ajouter les pièces de cuivre de différents modules, mais l'échelle de leurs valeurs respectives nous est inconnue.

Le denier à 40 pour un sou devait correspondre à la pièce qui avait cours à Byzance à 43 pour un sou, c'est-à-dire à la demi-silique. Grote a parfaitement montré la rareté de l'argent en Gaule et la nécessité d'admettre que le rapport entre les deux métaux précieux n'était pas exactement le même dans la monarchie franque que dans l'Empire.

C'est d'après le système indiqué dans la loi salique que furent strictement battues les monnaies anonymes des premiers rois mérovingiens et les excellentes pièces d'or de Théodebert ; mais cette situation n'était pas durable. En effet, dans les régions de la Gaule en relations commerciales habituelles avec l'Orient, les agioteurs devaient inévitablement se livrer à un drainage de l'or et à son remplacement par l'argent apporté de Byzance. Aussi voyons-nous, de bonne heure, les monnayeurs francs affiiblir les sous et les triens en leur conservant toutefois, malgré la réduction ainsi faite, leur taux de 40 deniers. Ainsi que l'a constaté Duchalais, le premier affi\iblissement légal remonte à la seconde partie du vi*" siècle, c'est-à-dire au temps où régnait à Byzance l'empereur Maurice Tibère et, fliit à noter, il commence dans l'atelier de Marseille. Le sou d'or fut descendu au poids de 21 siliques et le triens à 7 siliques, affaiblissement souvent constaté sur les espèces elles-mêmes par des notations numérales inscrites dans le champ du revers^. Cette révolution donna naissance au système franc proprement dit et produisit ces solîdi franci dont parle, dans son Recueil de formules, le moine Marculfe qui vivait, à ce qu'on croit, au vi siècle 3. Quelle que soit la prudence avec laquelle il faille faire usage des pesées, nous constaterons que sous Théodebert le poids des sous d'or varie de 4 gr. 29 à 4 gr. 42, et que sous les rois postérieurs à la réforme, il descendit entre 3 gr. 40

1. Voici les passages de la loi salique qui nous intéressent: « 40 denarii qui faciunt solidnm unnm » (II, 5). — « Trimtem, quod est ter lia pars solidi, id est i ) denarii et ter tia pars tinius denarii (XLI, 15).

2. Quelques-unes des pièces déjà reproduites dans les précédents §§ montrent des indications numérales. Voy. XXI sur la fig. 161 ; VII sur la fig. 184.

3. Voici le passage de Marculfe: « Siniiliter dono tibi in aura vcl argento solidos Francos lanlos ». Cf. Formul. Lindcuhrog. LXXXIl.

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