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Fig. 200.
Un assez grand nombre de variétés dans la forme des lettres résultent de la régularité plus ou moins grande avec laquelle ont été réunis, juxtaposés, les différents poinçons dont se servait le graveur de coins pour l'exécution de chaque caractère. Nous aurions pu augmenter encore ces alphabets si nous avions tenu compte de la forme des jambages. Les graveurs mérovingiens n'ont, en effet, pas moins de six formes diverses pour marquer la fin des jambages droits de leurs lettres : tantôt les extrémités sont marquées en trapèze ; tantôt elles sont tridentées, bouletées ou coupées à pan droit ; tantôt encore le jambage est cunéiforme; tantôt, enfin, le point final est un petit losange plus ou moins allongé (fig. 201).
Fig. 201.
Les variantes que nous venons d'indiquer ne sont jamais rencontrées ensemble sur une même pièce; tel graveur usant de telle forme de lettres n'empiétera pas sur telle autre forme qui reste l'apanage d'un de ses confrères, de sorte que l'étude de la forme des jambages, jointe à l'examen de la forme générale des lettres, peut fournir des indices précieux pour le classement géographique et chronologique des monnaies. On a constaté, par exemple, que l'O en losange est propre à Chalonsur-Saône et que l'M cintré se rencontre spécialement dans la région du Nord-Est, à Metz, à Marsal, à Sarrebourg, etc. Presque toutes les lettres de la même région ont les jambages boulctés, tandis que cette particularité ne se montre jamais dans d'autres parties de la Guulc, telles que la Provence. On pourrait multiplier à l'infini ces observations.
La paléographie monétaire des Mérovingiens offre des incorrections fréquentes et nombreuses. Les lettres retournées, couchées, transposées, incomplètes, émaillent sans cesse les légendes, surtout dans les basses époques. Il ne faut pas cependant mettre toutes les anomaUes sur le compte d'erreurs commises par les artistes mérovingiens. Certaines transpositions ou substitutions de lettres sont voulues; c'est ainsi que lorsque nous rencontrons : OAVALORVM pour Gavalorum, OELLAO pour Vellao, OELLOMONTE pour Bellomonte, CAOILONNO pour Cabilonno, nous sommes en présence d'un phénomène phonétique.
Les légendes les plus anciennes sont en général les plus complètes et les plus explicites. Ainsi que l'a dit fort bien M.' d'Amécourt, une abréviation suppose la connaissance parfaite de la formule tronquée, et cette connaissance suppose l'inscription préalable. A mesure qu'on avance dans les temps, on voit les abréviations apparaître et se développer. Un certain nombre de noms de lieux sont écrits en abrégé; on trouve par exemple TEODERICIA pour TEODERICIACO, TEODE- BERCIA pour TEODEBERCIACO, etc.; mais, à vrai dire, les abréviations ne portent en général que les mots accessoires, tels que le titre de monétaire qui devient MONET. MVNET, MON, MVN, M, ou encore les indications complémentaires du nom de lieu: civitas, viens, etc. Rarement la présence d'un trait abréviatif annonce qu'une lettre ou une syllabe est omise.
La paléographie monétaire des Mérovingiens est assez riche en lettres liées, mais ces ligatures sont toujours d'une inteUigence facile. Nous en avons réuni quelques-unes des plus fréquentes ou des plus intéressantes dans le tableau ci-dessous :
M ^ JD M. €Ê ^ m A^ ^ M/ fMi M# hN^M. ^
Fig. 202.
elles donnent les combinaisons suivantes : A V ou AN. AD, A M, DE, HE, NE. MAR. ME. MV. MVN. MVND, MVNETAR, VA.
b) Les noms d'hommes et les titres
Les légendes des monnaies mérovingiennes comprennent généralement un nom d'homme souvent suivi d'un titre, un nom géographique fréquemment accompagné d'un mot explicatif, enfin diverses formules relatives à la fabrication des espèces, à leur poids, etc.
Les noms d'hommes, si on les classe au point de vue du rang occupé